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EAN : 9782221130810
384 pages
Éditeur : Robert Laffont (23/08/2012)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 14 notes)
Résumé :
« La famille, c'est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique. Chez nous, on ne s'embrassait pas, ça gueulait politique et j'étais toujours tenu à l'écart. »
Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l'été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt che... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Adrienne
  26 octobre 2012
C'est grâce au site Babelio - que je remercie ici - que j'ai pu, en échange d'une chronique, recevoir ce livre d'Eric Valmir.
Eric Valmir, ce nom ne me disait rien du tout, ni en littérature, ni en journalisme radio: je n'écoute pas France Inter. Si j'ai sélectionné ce livre dans la longue liste offerte par Babelio, c'est pour son titre "Magari".
La première fois que j'ai été en contact avec des Italiens, je ne connaissais de leur langue que deux ou trois livrets d'opéra, Don Giovanni, Così fan tutte, le Nozze di Figaro... de sorte que je savais ce qu'était un farfallone (amoroso ;-)) mais pas ce que signifiait ce mot qui revenait tout le temps dans leur conversation: magari!
C'est sur l'explication de magari que s'ouvre le livre, après les dédicaces et petites phrases en exergue qui semblent être la norme - à tous les échelons! - du roman d'aujourd'hui.
Ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est d'abord l'évocation bien faite et bien complète de toute une période récente de l'histoire italienne, comme le promet le bandeau publicitaire orange qui entoure la couverture. Je me demande juste comment un homme étendu à terre dans un état comateux peut se refaire toute cette leçon d'histoire dans la tête, avec les noms, les dates et les faits bien détaillés en 376 pages ;-)
J'ai aimé aussi, à travers les petites pérégrinations du narrateur, retrouver des endroits où je suis allée: Rome, bien sûr, la Feltrinelli de la via del Babuino et ses autres lieux mythiques... mais aussi la côte amalfitaine (Manarola, dans les Cinque Terre) et l'Ombrie du grand-père, avec les virées à San Feliciano sur le lago Trasimeno.
Et puis il y a l'évocation d'une autre région où j'aimerais aller un jour, la Sicile.
Enfin, il y a le style de l'auteur qui est souvent très "sensuel" dans le sens premier du terme: on sent l'eau froide sur la peau, on entend son clapotis, on sent les odeurs de la terre sous l'olivier, le soleil, le chapeau du grand-père, le bras de l'ami...
Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre, ce sont des choses que certains jugeront sans doute "détails sans importance" mais je vous les livre quand même :-).
D'abord, quelques fautes de grammaire: mais où sont les correcteurs de Robert Laffont, me suis-je demandé... je croyais que ça se faisait, dans l'édition?
- les gens telles des fourmis (page 106)
- cette eau statique devenu miroir (page 134)
- une fois arrivé, elle ne m'a pas questionné (page 143)
Il y a aussi quelques barbarismes, dont un qui me gêne particulièrement mais que l'auteur utilise énormément: j'ai arrêté de compter à la page 73 ;-) et j'en étais déjà au quatrième "au final" (http://www.barbarisme.com/a3.htm)
Je n'aime pas non plus quand un personnage s'appelle Ali à la page 54 et Sabri à la page 55. A la page 182 il est redevenu Ali.
Je ne vous dévoilerai pas la fin de l'histoire: les malins la devineront dès la page 16, moi il m'a fallu attendre la page 41 ou 44, je ne me souviens plus :-D
Enfin, il m'a semblé déceler quelques anachronismes dans l'évocation de la période la plus éloignée. Les souvenirs du narrateur remontent jusqu'au printemps de 1978. Eric Valmir avait dix ans à l'époque, moi dix de plus et je ne crois pas me souvenir que les cadenas d'amour étaient déjà en usage... mais bien sûr je peux me tromper!
Le plaisir de la lecture a donc consisté en un agréable plongeon dans l'histoire de l'Italie de la fin du vingtième siècle... agréable et instructif!
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zazy
  30 octobre 2012
Magari, quel mystère caches-tu derrière ce mot intraduisible en français « Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot. C'est un sentiment d'incertitude, de désirs de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. » Voici l''explication d'Eric Valmir.
Lorenzo, depuis tout petit, baigne dans la politique à son corps défendant. Son père, communiste pur et dur vit dans un monde binaire : communiste versus fasciste. Alors que tous ses copains ont une vie avec des repas de famille chaque dimanche en compagnie des oncles, tantes et grands-parents, lui a des dimanches tristes et houleux entre ses parents.
Nous sommes en pleine période des brigades rouges, ses parents refusent de le laisser jouer dehors par peur des attentats et des fusillades. Il ne peut même pas aller voir les matches de la Roma, l'équipe de foot romaine dont il est fervent supporter. Il s'échappe en regardant la télévision dans ce qu'elle a de pire aux yeux paternels
Il adore passer ses vacances en Ombrie chez son grand-père maternel et là, quel bonheur de parcourir la région avec Nonno et ses copains, la liberté quoi. L'ombre au tableau, il ne sait pas pourquoi ses parents et lui sont fâchés, irrémédiablement fâchés.
Lorenzo grandit, travaille, quitte ses parents, pense s'engager à droite sous la pulsion de Matteo, Magari….
En suivant Lorenzo, le fil rouge de ce roman, Eric Valmir nous parle de la vie quotidienne et politique de l'Italie des années de plomb pour arriver à l'avènement de Berlusconi. On retrouve le reporter qui fut le correspondant, dans ce pays, pour France-Inter.
Le parti pris romanesque, à savoir l'accident de Lorenzo, ne nuit pas à sa lecture, au contraire (la fin est surprenante). La plume alerte, gaie, romanesque d'Eric Valmir, sa connaissance de la vie politique italienne m'ont fait passer un très agréable moment de lecture.
Vraiment un très bon livre profond mais qui sait se faire léger.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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dref
  31 octobre 2012
Au départ, Renzo, c'est le petit garçon que l'on aurait tous voulu être. Un petit garçon espiègle qui a une très jolie relation avec son pepppe et aussi avec les oiseaux. A défaut de pouvoir jouer dehors, la faute aux attentats, aux fascistes, …
Lorenzo sait surtout apprécier les moments simples et vivants qu'il passe avec Nonno donc et aussi avec les oiseaux qui sont libres, eux. On aime sa clairvoyance, on se dit que plus tard, quand il sera grand, il n'aura pas de regret.
Et puis tout s'emballe. de clairvoyance, il n'y en a plus lorsqu'il s'agit de grandir entre la crise politique, sociale, idéologique de l'Italie durant ces trente dernières années. le petit Renzo semble alors porté par le vent, au gré des rencontres, des événements. C'est un petit garçon, et il le restera semble-t-il longtemps, coincé entre son père communiste et sa mère migraineuse, son grand-père idéal et son grand-père peut être mussolinien. Entre son amitié sincère et son amitié trop vite envolée avec Youssef, entre son amour profond pour le foot et son ignorance du monde qui l'entoure.
Et l'on assiste à une longue dérive, au gré du vent, au gré du mot intraduisible « Magari », si seulement, …
On assiste un peu stupéfaits à cette dérive, à cette clairvoyance envolée et à tous les regrets qui naissent lorsqu'on meurt.
Ce livre est beau car il est plein de vie(s), touchantes et complexes.
Ce livre est beau car il donne à découvrir l'Italie de l'intérieur comme on aimerait la rencontrer et l'entendre.
Ce livre est beau car il parle de la vie, de ce que l'on en fait, ou pas, de ce que l'on transmet, des choix que l'on doit faire, et aussi de l'amour.
Ce livre aborde beaucoup de sujets, on l'impression parfois de « livraison en vrac », de prétextes à histoires un peu trop voyants parfois (le petit garçon dans la grotte, par exemple),
En résumé, c'est un livre qu'on lit avec impatience, la construction est intelligente (relire sa vie). Les personnages sont tellement Italiens. Et on se dit « si seulement » on prenait le temps de vivre, de traverser la route, d'être attentif à son meilleur ami, à son enfant, à son père, si on prenait aussi le temps de pardonner...
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littleone
  26 août 2013
Beni soit le mauvais temps de ce dernier dimanche ! j'ai terminé ce roman sans reprendre mon souffle tant il m'a captivée. J'allais un peu de déception en déception, indécise, lorsque j'ai déniché "Magari", si je puis dire encore vierge, sur un rayon de ma petite bibliothèque !
Et c'est pour moi un coup de coeur, l'Italie des 30 dernières années est entrée chez moi... pourtant je ne suis pas particulièrement intéressée par le foot, ni branchée politique, l'exubérance Italienne m'a parfois agacée... mais il m'a donné envie de visiter Rome, passer un été en Ombrie, et pourquoi pas en Sicile ? Il m'a rappelé des souvenirs lointains, des Italiens venus pour travailler ont égayé mon enfance... il n'est pas question de cela dans ce roman même si les problèmes des migrants est également abordé, il parle de la vie et des hommes indécis ou butés sur leurs choix, dont ils ne connaitront que bien plus tard les conséquences. Même si parfois on peut trouver quelque chose à redire, c'est pour moi un livre dépaysant, touchant, évocateur, il aborde bien des sujets toujours d'actualité, et il sort des sentiers battus. Je ne peux que le recommander.
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mireille.lefustec
  17 octobre 2012
Une enfance romaine; Eric Valmir a recours au roman ,à la littérature, pour expliquer la société de l'&poque.
Enfant,le petit Lorenzo ne pouvait pas jouer dans la rue. Les parents avaient peur des attentats,des fusillades ,ils récupéraient leurs rejetons à la sortie de l'école et les ramenaient à la maison. C'était une existence cloisonnée avec la télé pour compagne.
Ses moments de bonheur intense ,Lorenzo les doit à son grand-père maternel ,chez lequel il passait des vacances en Ombrie. Mais il ignorait pour quelle raison ses parents s'étaient fächés avec lui et ne le recevaient pas à Rome.
Plus tard,n'ayant que l'exemple d'une société corrompue,d'un gouvernement social-démocrate accoquiné avec la mafia,il ne pourra,comme ceux de son âge,que se désintéresser de la politique ,de cette société désespérante qui ne leur permet pas de se réaliser. ;
Le passé glorieux de Rome le laisse indifférent en dépit des efforts de sa mère pour le lui faire découvrir.
Reste la Roma,l'équipe de foot intramuros ,celle qui perd très souvent, mais que l'on va encourager en famille le dimanche après midi et dont on parle et reparle. Cette équipe qui,comme la Louve est le symbole de Rome. Et lorsqu'elle gagne enfin ,c'est un véritable défouloir ,c'est l'éclatante revanche sur la vie.
Lorsque Lorenzo quitte la maison paternelle, quitte ce père communiste vitupérant sans cesse contre la télévision et contre tout ce qui a relent de fascisme,c'est pour une autre vie,une vie certes ingrate car sans appui,pas de travail , c'est pour tenter de se construire, essayer de se réaliser.
Attention,ce roman n"est pas triste. Je l'ai trouvé très intéressant,plein de vie et d'amour.Je le crois pour tout public. Donc: je le conseille.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
zazyzazy   30 octobre 2012
Ensuite, il y avait Silvio Berlusconi. Le patron de la télé voulait se lancer en politique pour le bien de l’Italie. Une des plus grosses fortunes du pays, on ne pouvait le soupçonner de vouloir voler. C’est le crédo qu’il défendait.
Là, tout le monde éclatait de rire, c’était la minute détente. Vous imaginez… Berlu président du Conseil. Ce type n’a peur de rien ! En plus, il surfe sur la même idée que nous, celle de l’antipolitique avec une campagne orchestrée par son département publicité. Comme si avec deux filles à poil et trois sourires, on pouvait être élu.
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AdrienneAdrienne   21 octobre 2012
Je suis dans le noir et je pense à toi.
C'est étrange, il y a encore quelques secondes le tumulte de la ville était en moi; moteurs, marteaux-piqueurs, perceuses, cris, insultes, klaxons; et le temps d'un éclair, ce mix urbain familier s'est réduit à un bourdonnement lointain.
Désormais, seule une sonorité d'eau s'impose nettement; celle qui jaillit de la source, caresse les pierres et se love dans le lit qu'elle a foré. Bruit limpide, qui éveille les images bucoliques de l'enfance (...)
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zazyzazy   30 octobre 2012
La salle était debout. Elle scandait le nom de Luigi. Le Centre droit naissait au milieu des bombes, des attentats, du sang, des suicides de chefs d’entreprise, des meurtres, des voitures bourrées d’explosifs à Florence, Milan et Rome, des victimes. Le climat de terreur était revenu. Le pays avançait comme un funambule qui a peur de tomber.
Tous les anciens de la Démocratie chrétienne, le clan des Caruso, étaient ceux qui tiraient les ficelles du futur CD, ils négociaient en coulisses. Eux se contenteraient au mieux de portefeuilles ministériels.
Luigi Squallocci voulait rénover la vie politique. Son analyse était simple : la corruption, les affaires et les croisements d’intérêts avaient entamé la confiance des citoyens.
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littleonelittleone   26 août 2013
Je serai ornithologue dans une réserve naturelle de Sicile, sur l'île de ma Francesca. Ma fille grandira dans des bouquets de baisers. Le dimanche, elle mangera les sardines palermitaines de sa grand-mère. La vie est ici.
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zazyzazy   30 octobre 2012
Disons qu’on est le 24 juillet… et tu vois des reportages sur la splendide tenue du peuple italien autour de son Duce… Dans la nuit, le roi démet Mussolini de ses fonctions… Deux carabiniers l’emmènent… Le lendemain soir, le 25, dans le même journal d’information, tu entends les mêmes reporters de la veille qui s’extasient désormais devant la dissolution de la Chambre des faisceaux, se félicitant de l’arrestation du monstrueux Mussolini qui a mis la nation à genoux… Et toi, à ce moment-à, que fais-tu de tout ça ? Que dois-tu penser ? Que deviennent tes repères ? Toutes les valeurs qu’on t’a enseignées depuis que tu es né ?
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Eric Valmir - Pêcheurs d'hommes
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