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ISBN : 2742760180
Éditeur : Actes Sud (03/03/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.13/5 (sur 3230 notes)
Résumé :
Lorsque commence le récit, Luciano Mascalzone, un traîne-savate vivant de petites rapines, revient après quinze années de prison à Montepuccio, un village des Pouilles aux façades sales où les heures passent dans une fournaise qui abolit les couleurs. Autour, ce ne sont que collines et mer enchevêtrées. « Il m'a fallu du temps mais je reviens. Je suis là. Vous ne le savez pas encore puisque vous dormez. Je longe la façade de vos maisons. Je passe sous vos fenêtres. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (381) Voir plus Ajouter une critique
Larsen_Sideral
  12 novembre 2016
J'écris cette critique à 3 h du matin donc pardonnez d'avance le style probablement un peu spécial. Je ne suis pas insomniaque mais lorsque je laisse derrière moi une journée exceptionnelle j'aime la voir empiéter sur celle d'après. Aujourd'hui je me suis levé, j'ai pris un thé, j'ai pris un bain, j'ai pris le métro ou plutôt le métro m'a pris, j'ai enfilé mes boules quies et j'ai ouvert « le soleil des Scorta ».
J'étais entouré comme d'hab de passagers à l'air austère, qui se regardaient sans se regarder, volant les images des autres par le biais de leur réflexion dans la vitre d'en face. Soudain, derrière l'odeur de transpiration métallique j'ai perçu autre chose. L'odeur d'abord très subtile, s'est accentuée arrêts après arrêts. Un parfum d'olive. Alors les néons blancs clignotants qui éclairaient les pages se sont réchauffés. J'étais resté trop longtemps dans le métro, j'avais raté mon stop et il m'avait emmené en Italie, bien avant l'invention du métro. Je suis descendu de la rame, j'ai déposé mon sac sur la terre brulante et craquelée et j'ai regardé au loin. Une silhouette difforme et ondulante se profilait à l'horizon.
Un homme et un âne se promenaient sur des phrases magnifiques.
Ce livre est presque impossible à lire. Je m'explique. Les phrases sont tellement bien façonnées, tellement percutantes que le texte en lui-même disparaît presque complètement au profit d'images jaunes orangées trempées dans la mer. Il se voit et il se goûte. Il ne se lit pas.
Toujours pas sommeil… j'ai tous les symptômes d'une insolation.
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Ladybird123
  06 janvier 2019
Mon premier Gaudé et certainement pas le dernier ! Mais quel roman ! Sublime. Merveilleux. Puissant. Brûlant.
Le soleil des pouilles, je l'ai senti dés les premières pages. Brûlant, lumineux, dangereux. le village de Montepuccio, je l'ai vu avec ses oliviers à perte de vue, ses cailloux, sa sécheresse, le jaune éclatant sur la place, les vieilles bâtisses collées ensemble comme cette population unie dans la violence ou l'humanité.
Les Scorta, un nom pour une famille, pour des générations, un nom pour grandir, s'implanter, se nourrir, se tenir, défier le destin, narguer le temps, les regards venimeux.
Ça, c'est un roman ! Parfaitement maîtrisé, une plume subliminale où le soleil frappe de toute sa grandeur, où les personnages prennent forme devant vous pour confier leur histoire, c'est un roman-terre, un roman-solaire, c'est l'Italie du sud dans ses coutumes, ses règlements de compte, ses affaires, sa misère, sa grandeur.
Un grand roman que je ne suis pas prête d'oublier !
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Dionysos89
  03 juin 2013
Me revoilà dans les pas de Laurent Gaudé, sur la piste pesante du Soleil des Scorta.
Nous retrouvons là le ton pesant, lourd de sens, si intense, qui était déjà présent dans La Mort du roi Tsongor. L'auteur décrit la destinée particulière des Scorta, clan bâtard du fin fond de l'Italie du XXe siècle. Si le pitch n'est pas des plus bandants, le style estampillé Gaudé nous fait remonter la barre plus haut que je ne l'espérais au vu des premières pages, je l'avoue. J'avoue aussi que cette dernière phrase sonne un peu sale, mais j'ai finalement l'impression de rester dans l'ambiance chaude, sensuelle et tendue que dépeint l'auteur. Par l'entremise de cette contrée, de cette Montepuccio et de ces familles que l'auteur semble si bien connaître, il nous délivre de fortes réflexions sur la mort, le sens de la famille et l'importance de la transmission entre les générations : d'une certaine façon, comme dans La Mort du roi Tsongor, c'est sur le poids de l'héritage familial que Laurent Gaudé nous fait intensément réfléchir. Si intensément qu'à l'image de la mort pour la plupart des Scorta, la fin du Soleil des Scorta survient comme une délivrance exutoire, où le malaise côtoie une forte envie de transmettre, nous aussi, ce que nous avons pu apprendre de la vie jusque là.
Un roman qui m'a touché donc, et il me semble bien que c'est, par la même occasion, le premier Goncourt que je lis (il faut bien un début à tout) ! Mérité, il faut le reconnaître.
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michemuche
  17 octobre 2016
Depuis quelques temps j'avais perdu l'envie de lire les auteurs français. J'avais l'impression de tourner en rond, les thèmes ne m'inspiraient pas , bref un manque d'envie.
Après avoir lu " Profanes " de Jeanne Benameur, j'ai redécouvert la joie de lire français.
Le hasard m'a fait rencontrer la plume de Laurent Gaudé et son immense roman " le soleil des Scorta ".
Ce récit est l'histoire d'une famille italienne dans la région des pouilles au sud de l'Italie.
Laurent Gaudé nous fait rencontrer grâce à la vieille Carmela quatre générations d'hommes et de femmes, leurs joies leurs peines, leurs secrets.
Venez découvrir ce petit bijou de tendresse, de sensibilité, cette ode à la famille et à ses valeurs.
Venez découvrir le petit village de Montepuccio, ce soleil écrasant, ces parfums de tomates séchées et d'olives....
un grand moment de lecture et une belle réconciliation avec la littérature française.
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Crossroads
  21 avril 2012
Au p'tit bonheur chantait J'Veux du Soleil . Celui des Scorta me laissera le souvenir indélébile d'un pur moment de lecture ! Pourtant , le pari était loin d'etre gagné : style de l'auteur totalement inconnu , bandeau «  prix Goncourt 2004 «  fierement arboré sur la couverture ce qui aurait plutot tendance à me freiner qu'autre chose , habituellement . Au final , le constat est sans appel , j'ai tutoyé le bonheur , je me suis vautré dans la félicité et l'extase en espérant méchamment que tous les romans de l'auteur soient du meme acabit !
Bienvenue en Italie du sud , à Montepuccio plus précisement . Petit village brulé par un soleil de plomb considéré comme le plus grand tueur en série de la région ! Luciano Mascalzone est de retour apres de nombreuses années d'exil , bien décidé à prendre , de force s'il le faut , ce qu'il estime lui revenir de droit ! Ambiance à la Sergio Léone avec cet homme solitaire , déterminé , prêt à en découdre avec quiconque se dresserait sur son chemin ! Une vie traversée d'orages , une mort éclair sur un dernier coup du sort , un ultime pied de nez du destin aliénant à jamais les Scorta en devenir à cette région oubliée des Dieux .
Alors à tous ceux s'imaginant un récit prenant des airs du Parrain , oubliez ! La Famille d'Ettore Scola s'en rapprocherait beaucoup plus...Et de famille , il n'est question que de cela ici ! Trois générations de Scorta confessées par la matriarche , Carmela , au curé de son village , avant de pousser son dernier soupir . Un magistral récit sur l'héritage , la filiation , l'appartenance viscérale à une terre aride n'offrant que misere et tourment et ce , malgré tous les efforts pour s'en émanciper .
Un récit haut en couleurs dans ce petit village des Pouilles ou le curé , figure emblématique , participe activement , de façon fortuite ou pas , à la destinée de cette famille marquée par le sceau du malheur . Paradoxalement , les protagonistes sont bourrés de défauts – voleur , meurtrier , aliéné – mais dégagent une telle solidarité , un tel amour familial qu'ils ne peuvent que susciter la sympathie et l'attachement du lecteur ! Ici , point d'action mais la méticuleuse description de tranches de vie intergénérationnelles d'une beauté saisissante ! Gaudé maitrise le verbe , pourtant simple , et va droit au coeur ! Il ne s'embarrasse pas d'effets stylistiques parasitants en évoquant , avec un réalisme saisissant , ce pays gorgé d'astre solaire sous lequel se démenent ces forçats de la vie . Il nous transporte en Italie , nous integre à cette famille liée par les liens du sang mais surtout par les liens de l'ame ! Pauvres , malheureux , mais toujours transcendés par ce sentiment prégnant d'appartenir à une famile , celle des Scorta ! La puissance de ce lien indestructible est une source de fierté et d'envie à laquelle ils s'abreuvent inlassablement . Rien ne compte plus que la volonté de transmettre cela aux générations à venir , garantes toutes désignées de la pérennité patronymique !
Les déboires s'enchainent , les déconvenues foisonnent mais ne sont jamais rien au regard de l'amour qu'ils se portent .
Je m'attendais à tout sauf à etre séché ( encore que sous un tel soleil...) de la sorte ! Une «  saga « familiale aboutie et touchante pronant des valeurs en passe de devenir collector en un siecle glorifiant la réussite jusqu'au boutiste et l'individualisme forcené...
Gaudé jeu , set et match ! A noter que l'application d'une petite creme solaire , indice 100 - 110 , est fortement conseillée à la lecture de ce roman au risque de froler les brulures au 12e degré en le refermant :)
Le Soleil des Scorta , plus qu'un coup de coeur , un coup de poing !
Il ne reste plus qu'à espérer que son Ouragan soit aussi dévastateur...
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Citations et extraits (292) Voir plus Ajouter une citation
DavidG75DavidG75   07 février 2019
C’est de l’or, disait l’oncle. Ceux qui disent que nous sommes pauvres n’ont jamais mangé un bout de pain baigné de l’huile de chez nous. C’est comme croquer dans les collines d’ici. Ça sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L’huile d’olive, c’est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de culs-terreux n’ont qu’à regarder le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c’est ce que nous sommes : des culs-terreux au sang pur. De pauvres bougres à la face ravinée par le soleil, aux mains calleuses, mais au regard droit. Regarde la sécheresse de cette terre tout autour de nous et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent cela aussi, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses de nos femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c’est noble. C’est pour cela qu’elle est bonne. Nous sommes peut-être des miséreux et des ignares, mais pour avoir fait de l’huile avec des caillasses, pour avoir fait tant avec si peu, nous serons sauvés. Dieu sait reconnaître l’effort. Et notre huile d’olive plaidera pour nous.
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DavidG75DavidG75   07 février 2019
Je suis la fille de Rocco, don Salvatore. N’attendez de moi aucune confession. Le pacte entre l’Eglise et les Scorta est rompu. Je vous ai amené jusqu’à ce confessionnal à ciel ouvert parce que je ne voulais pas vous parler tête baissée, avec la voix tremblante des pénitents. C’est un lieu comme celui-là qui convient aux Scorta. Le vent souffle. La nuit nous entoure. Personne ne nous entend que les pierres sur lesquelles ricochent nos voix. Nous sommes assis sur un bois maltraité par les années. Ces planches vernies ont entendu tant de confessions que les douleurs du monde les ont patinées. Des milliers de voix timides ont murmuré leurs crimes, ont avoué leurs fautes, ont dévoilé leur laideur. C’est ici que don Giorgio les écoutait. C’est ici qu’il a écouté mon père, jusqu’à la nausée, le soir de sa confession. Tous ces mots, don Salvatore, ont imprégné ces planches de bois. Les soirs de vent comme aujourd’hui, je les entends ressurgir. Les milliers de murmures fautifs accumulés au fil des années, les pleurs ravalés, les confessions honteuses, tout ressort. Comme de longues brumes de douleur dont le vent parfume les collines. Cela m’aide, moi. Je ne peux parler qu’ici. Sur ce vieux banc. Je ne peux parler qu’ici. Mais je ne me confesse pas. Parce que je n’attends de vous aucune bénédiction. Je ne cherche pas à être lavée de mes fautes. Elles sont là, en moi. Je les emmènerai dans la mort. Mais je veux que les choses soient dites. Puis je disparaîtrai. Il restera peut-être un parfum dans le vent, les soirs d’été. Le parfum de la vie qui se mêlera aux odeurs de rocailles et d’herbes sauvages.
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DavidG75DavidG75   07 février 2019
Il était impossible que tu partes. Lorsque le soleil règne dans le ciel, à faire claquer les pierres, il n’y a rien à faire. Nous l’aimons trop, cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil, Elia. Sa chaleur, nous l’avons en nous. D’aussi loin que nos corps se souviennent, il était là, réchauffant nos peaux de nourrissons. Et nous ne cessons de le manger, de le croquer à pleines dents. Il est là, dans les fruits que nous mangeons. Les pêches. Les olives. Les oranges. C’est son parfum. Avec l’huile que nous buvons, il coule dans nos gorges. Il est en nous. Nous sommes les mangeurs de soleil. Je savais que tu ne partirais pas.
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Dionysos89Dionysos89   22 juin 2013
Les olives sont éternelles. Une olive ne dure pas. Elle mûrit et se gâte. Mais les olives se succèdent les unes aux autres, de façon infinie et répétitive. Elles sont toutes différentes, mais leur longue chaîne n’a pas de fin. Elles ont la même forme, la même couleur, elles ont été mûries par le même soleil et on le même goût. Alors oui, les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. La longue chaîne des hommes ne se brise pas. Ce sera bientôt mon tour de disparaître. La vie s’achève. Mais tout continue pour d’autres que nous.

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Dionysos89Dionysos89   24 mai 2013
Tu n’es rien, Elia Ni moi non plus. C’est la famille qui compte. Sans elle tu serais mort et le monde aurait continué de tourner sans même s’apercevoir de ta disparition. Nous naissons. Nous mourons. Et dans l’intervalle, il n’y a qu’une chose qui compte. Toi et moi, pris seuls, nous ne sommes rien. Mais les Scorta, les Scorta, ça, c’est quelque chose.

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Videos de Laurent Gaudé (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Gaudé
Entretien animé par Maya Michalon Lecture par Ariane Ascaride.
D?Alexandre le Grand aux migrants de Lampedusa, de l?Afrique mythique au tremblement de terre d?Haïti, d?Hannibal le Carthaginois au terrorisme islamique, Laurent Gaudé entremêle dans son ?uvre les siècles et les continents, les guerres et les catastrophes, pour mieux révéler les convulsions et les possibles de notre temps. Cet écrivain n?a de cesse, au fil de ses récits, de mettre ses idées humanistes à l?épreuve de la fiction et de plonger avec douceur dans l?horreur du réel.
Dramaturge, romancier, nouvelliste, poète, il s?empare de l?écriture sous toutes ses formes afin d?explorer le vaste territoire de l?imaginaire. Prix Goncourt des lycéens et Prix des libraires pour La Mort du roi Tsongor en 2002, prix Goncourt en 2004 pour le Soleil des Scorta (traduit dans 34 pays), Laurent Gaudé est aujourd?hui l?un des plus grands écrivains français qui figure dans les programmes scolaires et enchaîne les succès en librairie.
Sur la scène de la Criée, avec la générosité qui le caractérise, il convie la comédienne Ariane Ascaride à lire ses textes, et le photographe Gaël Turine à projeter une série d?images réalisées en Haïti au cours d?un voyage commun qui l?a profondément marqué. Il évoquera sa passion pour le théâtre, son goût pour les voyages, mais aussi ses convictions et ses engagements, en premier lieu pour SOS Méditerranée et la question des migrants qu?il avait abordée dans son roman Eldorado, une ?uvre visionnaire, écrite il y a plus de dix ans. Un grand entretien tourné vers l?ailleurs et vers cet Autre que Laurent Gaudé sait si bien décrire en jonglant avec le pouvoir narratif de l?Histoire et la sonorité poétique d?une langue qui lui est propre. _
En savoir plus : ohlesbeauxjours.fr
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