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ISBN : 2757869582
Éditeur : Points (05/04/2018)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 47 notes)
Résumé :
À quelques jours de Noël, alors que la morsure du froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini, la vieille propriétaire d'une pension du centre-ville est retrouvée assassinée dans son appartement. L'enquête est confiée au commissaire Soneri mais cette affaire fait ressurgir un drame enfoui : c'est dans cette pension pour étudiants de la via Saffi qu'il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue peu après leur mariage.
En s'enfonçant dans le brouillard ép... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  27 mars 2019
Je n'avais pas encore rencontré le commissaire Soneri, et j'ai été ravie de faire sa connaissance!
Deux atouts majeurs de ce roman policier : l'écriture, entre nostalgie et désabusement, et sa poésie du brouillard , qui hante Parme, en cette période d'avant Noël. Il y a une véritable atmosphère dans cette enquête, sinueuse et complexe, comme les silhouettes qui disparaissent dans la brume...
Et aussi bien sûr le personnage principal, Soneri, qui se trouve confronté à un passé douloureux, mettant en jeu sa femme disparue. Tout revient à un seul endroit stratégique : la pension tenue par Ghitta, où lui-même logeait étudiant. La vieille propriétaire, qui se révélera détentrice de nombreux biens ( et de secrets...) vient d'être retrouvée assassinée. Elle avait beaucoup d'ennemis...
A travers Soneri, c'est une radiographie sans concession de la ville de Parme qui est livrée, entre trafics d'argent, d'influence, affaires immobilières illégales, mépris ou utilisation mercantile des étrangers.
Un bemol quand même: on se perd un peu dans le vague de l'enquête, un tantinet trop lente. Et la chappe de brouillard finit aussi par s'abattre sur nous... Mais je pense que je lirai d'autres enquêtes d'un commissaire aussi attachant.

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JIEMDE
  23 décembre 2018
Après avoir découvert Valério Varesi par le très attachant Les ombres de Montelupo, je remonte à rebours ses autres livres avec La pension de la via Saffi, traduit par Florence Rigollet.
C'est un pur délice que de se replonger aux côtés du commissaire Soneri dans cette ambiance particulière et si intimiste que donne Varesi à ses livres. Car au-delà de l'intrigue policière somme toute assez convenue et parfois un peu trop embrouillée (une vieille dame retrouvée assassinée, un mobile en lien avec le passé qui resurgit, des VIP et élus véreux...), c'est le soin apporté par Varesi à ses personnages et à son décor qui fait tout l'intérêt du livre.
Et au coeur de ces personnages, Soneri bien sûr, que l'enquête ramène à son passé parmi la jeunesse rouge, cette période d'insouciance, de fête et de folies, vécues avec Ada, sa femme trop vite décédée par la suite. Mais la fête est finie et a laissé un goût amer à Soneri, qui oscillant entre mélancolie et nostalgie a bien du mal à désynchroniser ses hémisphères personnelles et professionnelles.
Les autres personnages ne sont pas en reste avec Varesi : convenus quand il s'agit de politiciens corrompus ; attachants lorsqu'il évoque les vieux commerçants Parmigianis d'autrefois, cafetiers, barbiers, restaurateurs... ; interpellants enfin sur la place de ces étrangers que personne ne veut voir et encore moins intégrer.
Varesi nous décrit ici un monde qui se meurt peu à peu de ne pas avoir vu les codes changer, face à un nouveau qui peine à trouver sa place dans une ville dont l'âme est la clé.
Car quand Varesi évoque la ville, c'est un peu comme s'il écrivait le Dictionnaire amoureux de Parme. Lire La pension de la via Saffi, c'est accepter de s'abandonner à Soneri pour le suivre dans ses pérégrinations sans fin dans les brumes de Parme... jusqu'à l'éclaircie finale, qui ne masquera qu'un temps, l'ombre mélancolique qui règne sur l'esprit du commissaire.
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monromannoir
  02 avril 2017
Bien plus épaisse que son manteau Montgomery, la brume semble suivre les pas du commissaire Soneri en se cramponnant aux rives mystérieuses du Pô dans le Fleuve Des Brumes puis en s'insinuant dans les rues tortueuses de cette ville provinciale de Parme où l'on rencontre, pour la seconde fois, ce policier solitaire chargé de l'enquête du meurtre de la tenancière de la Pension de la Via Saffi. L'occasion de faire plus ample connaissance avec un personnage familier que l'on prend plaisir à retrouver et dont on va découvrir les affres d'un passé tourmenté. Ainsi, en l'espace de deux volumes, Valerio Varesi parvient à entraîner le lecteur francophone dans la jubilation de la découverte d'une nouvelle série aussi dense que prometteuse.
A quelques jours de Noël, Ghitta Tavgliavini, la vieille tenancière de la pension de la via Saffi, ne répond plus. Et pour cause, on retrouve son corps sans vie, étendu dans la cuisine de son appartement. En charge de l'enquête, le commissaire Soneri parcourt les rues de la ville en mettant à jour, au fil de ses pérégrinations, tout un réseau de corruption dont les connections transitent par la pension. Mais au-delà des accointances et des compromissions, le commissaire Soneri se replonge dans les dédales troubles des souvenirs douloureux de sa jeunesse. Car c'est à la pension de la via Saffi qu'il a rencontré sa femme Ada, décédée en accouchant d'un enfant mort-né. le brouillard trouble la mémoire mais n'atténue pas la douleur et le désir de vengeance.
C'est sur une succession des portraits dressés dans l'atmosphère déliquescente d'une ville embrumée, troublée par le passé de combats idéologiques d'autrefois et dont les réminiscences n'ont de cesse de vouloir s'inviter dans un présent idéalisé que le commissaire Soneri va se charger de résoudre l'énigme que représente ce meurtre oscillant entre les mobiles crapuleux d'une constellation d'édiles corrompus ou le désir de vengeance d'hommes et de femmes en proie aux regrets lancinants et destructeurs d'une insupportable compromission.
En se confrontant au passé d'une épouse disparue tragiquement, idéalisée par la somme d'un chagrin aveugle qu'il porte en lui, le commissaire Soneri va devoir remettre en question ses certitudes et s'impliquer plus qu'il ne le voudrait dans les tréfonds sordides des secrets que détenait la vieille Ghitta Tavgliavini. Montagnarde honnie par les habitants de son village d'origine, cette redoutable rebouteuse n'a eu de cesse, toute sa vie durant, de mettre en place un réseau tentaculaire, constitué de secrets d'alcôve et de biens immobiliers dont la fortune devient l'unique source de respectabilité. Une quête aussi vaine qu'inassouvie puisque la vieille dame ne fait qu'attiser rancoeur et haine qui causeront sa perte. Une succession de portraits peu flatteurs mais foncièrement humains hantent ainsi les rues de cette cité rongée par la brume incarnant la nostalgie, les faux-fuyants et les regrets qui assèchent les coeurs de ses habitants. Dans un jeu de filatures nocturnes, le commissaire Soneri arpente les rues d'une ville animée par les rencontres occultes de protagonistes sournois dont les idéaux paraissent avoir été relégué aux oubliettes. L'enquête devient incertaine, presque trouble et vaporeuse au point tel que le policier semble parfois vouloir s'en détacher complètement. Pour ne pas perdre pied, le commissaire Soreni pourra compter sur Angela qui s'extirpe du rôle volage qu'elle endossait dans le Fleuve de Brumes pour incarner une femme bien plus consistante et bien plus ensorcelante que dans l'opus précédent.
La ville de Parme prend également une place importante dans le coeur du récit en alimentant les thématiques liées aux idéologies d'un passé qui ne restitue désormais plus qu'une succession de monuments à la gloire des rouges et des noirs alors que les convictions d'autrefois se sont délitées dans la convoitise d'un pouvoir qui a laissé place à la compromission. Elle permet également d'appréhender ces quartiers populaires du centre-ville qui se sont désertifiés avant que les vagues d'immigrés prennent possession des lieux pour être délogés à leur tour par la convoitise des promoteurs immobiliers. Un lieu incertain où ne subsistent plus que quelques vagues souvenirs et que quelques petits commerçants qui entretiennent le mythe à l'exemple du barbier Bettati. D'autres personnages originaux vont agrémenter ce récit qui prend quelques consonances chaleureuses par le biais des plats mitonnés par Alceste, le restaurateur du Milord où le commissaire Soneri a ses habitudes en dégustant les recettes typiques d'une région qu'il affectionne et qu'il arrose avec quelques bonnes bouteilles de vin.
Souvent comparé à l'illustre commissaire Maigret, Soneri présente davantage de similitudes avec Duca Lamberti le personnage emblématique du romancier Giorgio Scerbanenco. En effet, ce sont des événements personnels dramatiques qui donnent cette stature si particulière à ces deux enquêteurs qui sortent résolument de l'ordinaire. Néanmoins, les récits de Valerio Varesi empruntent quelques tonalités poétiques pour mettre en scène une vision nostalgique et désenchantée d'un pays embrumé par les remords et les regrets à l'instar des locataires de la Pension de la Via Saffi. Envoûtante et maîtrisée, la série mettant en scène le commissaire Soneri se révèle être l'un des très belles découvertes de la maison d'édition Agullo.

Valerio Varesio : La Pension de la Via Saffi (L'Affittacamere). Editions Agullo 2017. Traduit de l'italien par Florence Rigollet.
A lire en écoutant : Una Notte Disperata de Musica Nuda. Album : Complici. Bonsaï Music 2011.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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R2N2
  07 janvier 2019
À quelques jours de Noël, alors que la morsure du froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini, la vieille propriétaire d'une pension du centre-ville est retrouvée assassinée dans son appartement. L'enquête est confiée au commissaire Soneri mais cette affaire fait ressurgir un drame enfoui : c'est dans cette pension pour étudiants de la via Saffi qu'il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue peu après leur mariage.
En s'enfonçant dans le brouillard épais comme on traverserait un miroir, Soneri va découvrir un univers bien plus sordide que ses souvenirs. L'aimable logeuse se révèle être une femme sans scrupules, enrichie par la pratique d'avortements clandestins et derrière la modeste pension, se cache en réalité un monde vivant de haine et de chantage, frayant avec le cynisme de cercles politiques corrompus.
Pour trouver l'assassin, le commissaire devra se confronter à l'épreuve du temps et à la vérité sur la vie et la mort d'Ada. Car qui est cet homme qui pose à côté d'elle sur cette photographie jaunie ?
Voilà pour le résumé éditeur. J'avais une bonne intuition concernant ce roman. Intuition plus rationnellement étayée par les critiques positives de blogueurs dont je partage souvent les avis. Aussi, ayant du mal à emprunter ce livre, je n'étais pas gêné à l'idée d'en faire ma dernière chronique de la série consacrée aux trophées 813; bien que n'ayant jamais lu autre chose de Valerio Varesi, j'allais aimer ce livre, et c'est toujours mieux de finir une série de chroniques sur une note positive. Quand j'eus La pension de la Via Saffi enfin en main, la légère excitation qui accompagne toujours la découverte d'un nouveau livre était renforcée par l'attente qui avait été longue.
C'est alors que survint le pire drame qui puisse m'arriver en tant que lecteur: l'ennui. Cet ennui n'était pas du à une mauvaise intrigue, à une écriture poussive ou à un rythme trop lent (ce que je peux parfois beaucoup apprécier). Non, c'est simplement que rien ne me donnait envie de tourner la page. Je lis par de très nombreuses micro-sessions quotidiennes de souvent moins de dix minutes. Et habituellement, même quand c'est la dixième de la journée, je ressens chaque fois la petite augmentation du rythme cardiaque qui accompagne la joie de me replonger dans la lecture. Mais chaque fois, c'était suivi par une déception en me rappelant que le livre que je rouvrais était celui-ci et j'étais obligé de faire preuve d'auto-discipline pour ne pas en ouvrir un autre à la place. L'ambiance parmesane décrite ne me transportait pas, la poésie me passait au-dessus, les pensées et ressentis du commissaire Soneri ne me touchaient pas, le personnage se contentant de m'irriter. Je ne ressentais pas l'urgence de démêler l'intrigue centrale, mais ça ce n'est pas ce qui m'a dérangé car c'est rarement mon principal moteur dans la lecture. Par contre, le fait que la partie intimiste du roman ne m'atteigne pas est sûrement responsable de cet ennui. Même les descriptions des bons plats avalés par le commissaire, si plaisantes dans d'autres romans noirs italiens où elles sont courantes, ne me faisaient pas saliver c'est dire.
Il en faut beaucoup pour me faire refermer un roman sans être allé au bout, j'ai donc lu celui-ci entièrement. Quand l'enquête se politisa, que firent leur apparition les années de plomb et les affaires autour des marchés immobiliers, mon intérêt connut un léger regain, question d'atavisme. Mais celui-ci s'avéra de faible intensité et de faible durée.
Comme on dit, ce n'est pas parce qu'on n'aime pas qu'on doit en dégoûter les autres. C'est d'autant plus vrai pour ce roman qui, je le répète, n'est ni mal écrit, ni mal construit, mais je n'ai pas accroché.
Chronique initialement publiée sur https://romancerougenouvellesnoires.wordpress.com/2018/10/24/trophees-813-prix-michele-witta-5-la-pension-de-la-via-saffi/
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lehibook
  23 mai 2019
Amateurs d'Italie solaire et exubérante passez votre chemin . Parme l'hiver ,chez Varesi, c'est nuit et brouillard et le commissaire Soneri un « taiseux » amer et nostalgique . Surtout que l'assassinat de la Ghitta , sorcière, faiseuse d'anges, usurière et spéculatrice , le confronte à son propre passé , politique et amoureux . « Et quand il eut dépassé le pont les fantômes vinrent à sa rencontre » pourrait être l'épigraphe de cet excellent polar qui mêle à l'enquête une réflexion profonde sur les transformations sociales et les mensonges qui fondent notre mémoire. Pour amateurs de bons romans policiers denses et forts comme le « parmigiano reggiano » .
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   27 mars 2019
Quand on se souvient de sa jeunesse, on est toujours très indulgent, répliqua-t-elle. On la falsifie inconsciemment, et tout nous semble beau, y compris les choses mesquines. C'est un besoin consolateur. Ça nous porte à croire qu'une partie de notre vie a été vécue intensément.
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sabine59sabine59   26 mars 2019
La ville dans le brouillard. Sans aucune dimension certaine,au coeur sinué des ruelles, là où un voile d'eau déforme les distances comme un verre mal poli et les transforme en perspectives trompeuses. Là où les pas qui résonnent semblent attirés par un gouffre tout proche .Et où les hommes seuls se sentent encore plus seuls.
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encoredunoirencoredunoir   23 mars 2017
Cet appartement le troublait, superposant un passé plein d’espoir et un présent de mort. Il avait du mal à croire que le même décor puisse renfermer des scénarios aussi différents. Mais toutes ces années avaient modifié ce qui, au début, paraissait intact. Et aujourd’hui, son métier le ramenait sur un lieu de sa jeunesse. Il savait qu’il ne fallait jamais revenir là où l’on avait été heureux.
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JIEMDEJIEMDE   22 décembre 2018
Il vit les tripes ajoutées en bas, au crayon. Il y tremperait la moitié d'une miquette. Puis il commanda une bouteille de bonarda. Il ne comprenait jamais aussi bien les buveurs qui avaient besoin d'au moins deux verres pour affronter le monde et se donner l'illusion de le dominer, qu'à des moments comme celui-là.
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laurannslauranns   14 décembre 2017
Quand on se souvient de sa jeunesse, on est toujours très indulgent, répliqua-t-elle, prise d'une sorte de petit rire étouffé. On la falsifie inconsciemment, et tout nous semble beau, y compris les choses mesquines. C'est un besoin consolateur, ça nous porte à croire qu'un partie de notre vie a été vécue intensément, alors que maintenant…Tout le monde a besoin d'imaginer son âge d'or pour évacuer l'idée d'avoir seulement souffert sans avoir vécu pleinement.
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