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ISBN : 2710305798
Éditeur : La Table ronde (14/10/1993)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Dans les romans et les nouvelles de Vesaas, la mort, le plus souvent violente, ou la folie furieuse surgissent sans prévenir au détour d'un chemin. Contraste saisissant : l'auteur nous promène dans des décors de rêve ou de labeur tranquille, entre des gaillards solides et des petites filles modèles, avant de nous faire entrevoir quelques-unes des plus sombres virtualités de l'homme. Le diable rôde jusque sous la magnifique lumière boréale, semble vouloir nous dire V... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
dourvach
  12 juillet 2015
L'ancienne couverture du poignant recueil de treize nouvelles de Tarjei VESAAS ,"Le Vent du Nord" ("Vindane" ou "Les Vents", 1952, Gyldendal Nork Forlag, Oslo), édité très vite dans la collection "La petite Vermillon" (éditions La Table Ronde", 1954 pour la traduction française) nous montrait la petite famille du fermier-écrivain Vesaas au grand complet, installée sur les marches de ciment brut de leur maison du Telemark. Cliché pris en 1950. Tarjei (53 ans alors) sourit, ainsi que sa femme sur sa droite, et ses deux enfants (1 fille, 1 gars : d'une dizaine d'années tous les deux). Impression saisissante de bonheur fugace que nous offre cet aperçu en regard de la plus sombre et la plus longue nouvelle de cet ensemble : "Le cavalier sauvage" (44 pages sur les 220 du recueil). "L'argument" ? Des parents confrontés à la mort prochaine de leur enfant. Maladie inguérissable, ils le savent. L'enfant, lui, ne sait rien. On l'amène peu à peu, par prises de conscience succcessives, à accepter une "réalité dégradée". Réalité de son corps -- et sa situation -- qui se dégrade de semaine en semaine ; puis de jour en jour... On utilise toutes les ressources de son imaginaire pour la lui faire admettre, cette"nouvelle réalité" dont les conséquences s'accélèrent. Alors, l'hôpital ne sera pas l'hôpital. Simplement une nouvelle maison de vacances, à découvrir sans tous ses détails. L'abandon qu'il pourrait ressentir : quel abandon ? L'opération chirurgicale (qu'il savent vaine) ne sera qu'un bref moment à partir duquel "de nouvelles choses" arriveront... L'enfant a confiance. Confiance en ses parents qui l'aiment. Confiance en ce monde sensible qui l'entoure. Totale confiance. La fragile frontière entre existence et mort, si ténue... Et qu'est-ce que la mort, au fond ? Nous prenons peu à peu le point de vue de l'enfant "condamné" et y retrouvons les veritges saisissants de son "Palais de Glace" ("Is-Slottet", 1963) : soit une poésie étrange du réel, y compris de ce "réel" le plus terrifiant... Vertigineux et incomparable Vesaas ! Treize nouvelles, treize [*] ...
[*] Ce recueil comprend les treize nouvelles suivantes :
-- "La fourmi intrépide"
-- "Le cavalier sauvage"
-- "Le bonhomme de pain d'épice"
-- "L'anniversaire"
-- "Le petit Trask"
-- "Celui qui rentra le dernier"
-- "Samedi soir"
-- "Le blé qui vient"
-- "Le petit être sans nom"
-- "La chute"
-- "Le Redoux"
-- "Arne"
-- "Tusten"
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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VanessaV
  25 décembre 2016
A chaque fois, vous êtes sur le fil. Nous ne savons jamais si l'issue sera belle et douce, l'atmosphère est pesante. Cela peut venir d'une présence mystérieuse, symbolique, de la nature belle et effroyable, des ressentiments... ou d'une certaine folie.
Avec "Le vent du nord", recueil de nouvelles, je renoue avec le meilleur de ce que je pense de l'auteur.
Il nous entraine souvent dans les pas d'enfants. Ils sont spontanés et souvent insouciants. Mais rien n'est idyllique. Ni la relation aux parents. La relation filiale semble belle et douce, les adultes sont certes occupés mais aiment leurs enfants et pourtant il y a un instant de peur. Ni l'atmosphère, sous ce beau tableau il y a une fulgurance de tous les dangers. Les enfants jouent avec le feu ou découvrent le voile pessimiste de la vie. "Samedi soir" est une frayeur du quotidien, les peurs d'un accident et la vie qui va bon en mal en. le pire étant la découverte d'une vie où tout n'est pas beau et rose. "Le redoux" est attendu par une fillette: sa chatte accouchera après le gel lui a assuré son papa adoré. Elle est impatiente, coupable et, malgré elle, source de confrontation.
Il y a bien ses petits moments de joie, de picotements, de tiraillements, de prises de risque limitées ou de vrais dangers comme dans "La fourmi intrépide", "Le bonhomme de pain d'épice", "L'anniversaire", " Celui qui rentra le dernier" ou "Arne".
Et puis il y a les nouvelles qui vous laissent sans voix. "Le cavalier sauvage" où cet enfant échappe avec joie à l'école pour aller en ville avec son père. Sa mère ne les accompagne pas. Et puis un accident à côté du bus, un taureau qui se rebelle contre le destin. Un magasin de jouets fermés. Tout dérape... ou tout avait déjà dérapé! "Le petit Trask" connait toute sa leçon par coeur, il n'attend qu'une chose c'est que sa maitresse l'interroge. Mais elle a peur d'être prise à défaut, c'est son jour de validation. Eux deux sont dans la tourmente. Ou "Le petit être sans nom" qui vit une journée de plus.
Ces 13 nouvelle se terminent par "Tusten", qui nous présente doucement le héros des "Oiseaux".
Tout peut être doux et chaleureux et pourtant Tarjei VESAAS laisse apercevoir toutes les failles possibles, toutes les voies du malheur. Rien n'est beau par dessus tout. La lecture est sous tension, poétique et un brin cynique. Mais c'est bon!
Lien : http://1pageluechaquesoir.bl..
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Tombetoile
  16 octobre 2018
Tarjei Vesaas est l'un de mes auteurs favoris. Ces nouvelles me comblent de bonheur. Elles traitent de l'enfance autour de nombreuses thématiques : la perte d'un enfant, l'adolescence, l'abandon, la jalousie, le premier émoi … La nouvelle que je préfère est sans conteste le petit Trask, un pur moment de poésie. Tusten est, il me semble, un prélude de Mattis dans le roman « les Oiseaux ».
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crapahutevida
  27 juin 2017
Vesaas maîtrise également l'art de la nouvelle....
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   05 octobre 2015
Le petit Trask tremble d'impatience. Il essaie de l'influencer par son désir: "Raconte donc l'histoire des baguettes!"
Sa pensée ne s'écarte pas d'elle un seul instant: "Les baguettes! les baguettes!" dit-il tout bas, et il ne cesse de répéter ces mots. En la voyant tournée vers le peuplier, il sent battre son coeur avec violence.
Il regarde les branches du peuplier: elles lui appartiennent, en somme à lui, Trask, car il y a en lui cette musique de flûte, et sur sa langue la saveur de l'écorce fraîche. Et puis il y a ces baguettes que l'on finit par fabriquer, et que l'on tient par la main pour jouer. Et, à présent, dans la tête du petit Trask les images se multiplient. Il voit des nappes d'eau transparentes, pleines de baguettes striées, tandis que des brebis blanches s'ébattent et boivent; après quoi leurs agneaux sont noirs. Le soleil pique; les ombres sont précieuses. Jacob le rusé fabrique quantité de baguettes, et les plus belles brebis blanches sautent droit dans l'eau et boivent celles ou plongent les baguettes, et tous les agneaux sont ou bien tachetés, ou bien noirs, de sorte qu'ils reviennent de droit à Jacob.
"Raconte!..." insiste le désir du petit Trask. On dirait qu'il s'agit de sa vie: "Je vous dirai ensuite ma leçon, mais raconte tout de suite!"
Le petit Trask ne se rend même pas compte de ses voisins; il ne voit pas leur agitation. Il ne voit pas davantage les inspecteurs. Il ne voit que la jeune fille apeurée, qui s'appuie contre la vitre, et dont le visage a une expression inquiète.
- Viens! dit une voix au fond de lui même. Viens!
Et la jeune fille s'émeut.
Le petit Trask est fort.
Elle se détourne de la fenêtre et du peuplier, et vient vers le petit Trask, comme en rêve. Il la voit venir, tandis qu'il l'appelle: "Viens! Viens!", tout bas, en lui-même.
Maintenant son visage ne rougit plus. Elle est pâle, et son front est couvert de sueur. Il y a une place à l'extrémité du banc, à côté de lui, et elle s'y assied, puis elle se tourne vers lui; il voit les gouttes de sueur sur son front.
"Les baguettes" murmure-t-il dans un souffle, à côté même de la jeune fille. C'est à elle qu'il parle.
Les mots qu'il dit sont des paroles magiques, et ils ont réellement un effet magique. Elle cède à l'impulsion de ces mots.
Que devine-elle tout à coup? A quoi se raccroche-t-elle? Elle se relève d'un bond. Tous les regards se fixent sur elle avec surprise; ils vont comprendre qu'après tout elle n'est pas si incapable que cela!
Elle s'avance devant la rangée des bancs. Son pas est libre, dégagé. En un clin d'oeil, elle a repris la maîtrise de ses nerfs. La joie l'emplit; la peur de tout à l'heure a disparu. Ce qu'elle croyait perdu ne l'est pas. Voici les petits! La voici, elle, comme auparavant!
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Alice_Alice_   23 août 2015
Mais une autre conversation suivait son cours dans la voiture, une conversation singulière, sans paroles, sans gestes.
Cette conversation cessait, reprenait, cessait, reprenait: premiers balbutiements d'une timide adoration.
"Je ne savais pas.... - Moi non plus je ne savais pas, mais je vais.... - C'est moi qui vais.. - Je voudrais te dire bientôt... bientôt j'en serai capable... - Je souhaiterais rouler ainsi indéfiniment dans cet autocar... - Je te sens contre moi, je... - Regarde-moi, regarde-moi bien... - Mais c'est ce que je fais... -As-tu dit quelque chose?... - J'ai envie de te prendre dans mes bras... Mes mains tremblent du désir de te toucher... - Je voudrais que tu poses ta main sur moi et ne la retires pas... - Que dis-tu?... - Je pense que tu as des mains bienfaisantes... J'en suis sûre... J'aspire après tes caresses.... - Les autres t'observent... Je ne sais pas qui tu es ; il faut que je le sache... - Je me demande qui tu peux être, toi?... - Maintenant, c'est le moment.... - Ne renonce pas ; il faut aller de l'avant... de l'avant..."
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mesrivesmesrives   27 août 2015
Entre les branches vertes, surgit la tête noire d'un chien: de sa gueule pendent les entrailles du taureau. Les babines retroussées, et les yeux qui brillent d'un éclat sinistre, font un spectacle, qui n'est pas de ce monde. Derniers restes de cet animal plein de feu...
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dourvachdourvach   12 juillet 2015
La lourde cuve posée sur le fourneau bout si fort que toute la surface de l'eau n'est plus que bulles crépitantes. Les volutes de vapeur s'amassent sous le plafond.
Le père a fait un feu d'enfer, tant parce qu'il est rentré tout mouillé de son travail dans la forêt que pour faire chauffer l'eau du bain d'Anne et de Berit.
C'est le samedi soir.

[Tarjei VESAAS, "Le Vent du Nord", nouvelles -- "Samedi soir" [incipit], Gyldendal Norsk Forlag, 1952 -- traduit du nynorsk au français par Mme Metzger, La Table Ronde, 1954, page 101]
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CielvariableCielvariable   29 janvier 2019
Tout cela est bien singulier, dénué de tout sens, de tout sens, songeait Arne. Ce n’est pas naturel. Pourquoi faut-il qu’elles ne fassent qu’apparaître et disparaître ; qu’elles appartiennent toujours à d’autres lieux ?
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Videos de Tarjei Vesaas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tarjei Vesaas
Pour ceux qui entende le tchéque ;)
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