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ISBN : 2020281805
Éditeur : Seuil (02/01/2004)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Nouk est anorexique. C'est ainsi qu'on nomme sa maladie. Mais la souffrance, comment la nommer? Le plus grave, c'est peut-être le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir, jusqu'au vertige. Un jour, Nouk est enfermée dans une clinique où l'on s'applique, méthodiquement, à la briser. La jeune fille semble se soumettre. Mais elle reste indomptée. Si elle guérit, ce sera par d'autres voies...
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  04 janvier 2016
À 13 ans, Nouk décide qu'elle n'aurait plus jamais faim et qu'elle ne grandirait plus. Elle ne mangerait que le minimum pour durer. Fini les bouts de mimolette dans ses poches d'anorak, les galettes bretonnes à la récré, la crêpe aux amandes en rentrant de la piscine. Son plan marche à merveille. Elle arrête de manger en toute discrétion et ses parents ne remarquent rien. Très bonne élève, ses notes augmentent tandis que son poids diminue. Mais peu à peu, les choses deviennent visibles. Ses parents remarquent qu'elle ne touche quasiment rien à ses repas. Ils l'emmènent voir un médecin qui lui dit qu'elle est en danger. Un contrat est passé avec lui: elle doit s'y rendre deux fois par mois pour la pesée. Ses parents surveillent alors ses repas. Mais, Nouk a trouvé une parade: elle découvre qu'elle peut se faire vomir...
Geneviève Brisac, alias Nouk, se livre avec émotion sur ses années d'anorexique. Elle exprime aujourd'hui, avec le regard de l'adulte qu'elle est devenue, sa maladie, son mal-être et ses états d'âme et souligne le fait qu'elle n'était ni folle ni ne voulait faire souffrir sa famille. Dans les années 60, l'on ne cherchait visiblement pas la cause de cette maladie et les soins apportés ne semblaient pas adéquats. L'écriture est épurée et le style original, passant de la première à la troisième personne du singulier, comme si elle semblait se détacher ou prendre du recul par rapport à la petite fille qu'elle était. Un récit émouvant et sensible sur l'anorexie...
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jeunejane
  06 juillet 2015
L'auteure nous livre la douloureuse expérience de son anorexie quand elle avait 14 ans.
Je ne savais pas que c'était aussi douloureux physiquement. Je suppose qu'il existe des cas plus graves que d'autres.
Elle décrit vraiment bien ce qu'elle vit et voici encore un récit qui nous amène à comprendre sans juger.
Nouk (Geneviève) utilise la première personne et puis, au cinquième chapitre, au moment de l'hospitalisation, c'est la troisième personne qui est employée pour parler d'elle. Une prise de distance ou trop de douleur?
Quand elle se rapproche ou se supporte, le "je" revient et au huitième chapitre, lors de sa rencontre bienfaisante avec son grand-père.
Très beau récit, poignant.
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Ziliz
  31 octobre 2013
A l'orée de l'adolescence, Nouk décide de ne plus grandir et arrête progressivement de s'alimenter convenablement. Jeune fille de 14 ans jusqu'alors sans histoires, à la fois excellente élève et/mais très angoissée, elle entre bientôt en conflit avec ses parents lors des repas. Elle cède alors et avale quelques bouchées qu'elle s'empresse d'aller vomir ensuite. Ses subterfuges ne font pas illusion longtemps, elle est hospitalisée lorsque son poids atteint 27 kg. Les "remèdes" proposés à l'hôpital sont vécus comme autant de punitions, de tortures, aussi Nouk joue-t-elle le jeu pour sortir au plus vite et retrouver sa vie, ses proches.
Un magnifique témoignage sur l'anorexie. D'une plume légère et fluide, l'auteur relate cette expérience éprouvante trente ans après l'avoir vécue. C'est poignant, douloureux, effrayant. Le processus d'auto-destruction est terrifiant, mais les méthodes psychiatriques face à l'anorexie semblent révoltantes et inhumaines à l'égard du patient et de ses proches.
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mollymon
  17 mai 2014
Dans ce court roman autobiographique Geneviève Brisac décrit avec beaucoup de simplicité le mécanisme qui l'a enfermée pendant plusieurs années dans une anorexie mortellement dangereuse. La petite, à peine sortie de l'enfance ne veut plus manger pour ne pas être mangée. Elle commence par prendre plaisir à se forger des règles très strictes concernant son alimentation et insidieusement glisse vers l'anorexie pure et dure. J'ai aimé l'écriture sobre, sans pathos. Je me demande comment l'auteur réussi si bien, trente ans après , à se souvenir avec autant de précision des états d'âme propres à l'adolescence, ce mélange confus de nouveaux désirs souvent contradictoires, cette soif de pureté et d'absolu qui peut entraîner vers des dérives..
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SabiSab28
  24 juillet 2018
L'auteure y raconte son anorexie, en prenant au départ la narration à ses 14 ans, puis elle se détache en utilisant le "elle".
Ce livre est assez dur car non seulement on voit cette jeune fille s'enferme dans son anorexie, avec toutes les privations, les conséquences physiques, les vomissements, étourdissements, ... mais surtout on constate l'absence de prise en compte de sa souffrance psychique. Certes, nous sommes dans les années 60 et les techniques étaient plus rudes, mais entendre les parents, les médecins la culpabiliser sur sa santé, sur le bien-être de sa famille, sur le manque de confiance qu'on a en elle, .. c'était tout simplement intolérable.
Après le style d'écriture ne m'a pas emballée, trop enfantin dans l'écriture, des phrases courtes, rapides. Alors qu'au vu des lectures et centres d'intérêt, à 14 ans, cette Nouk devait être une enfant plutôt précoce.
L'auteure ne va pas au fond des choses avec livre, elle narre cette période, mais sans aller au profond de son explication ... encore trop difficile pour l'exposer au grand public.
Je ne connais pas cette auteure, peut-être l'a-t-elle évoqué plus tard ...
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - Court, poignant et d’inspiration autobiographique, Petite fut l’un des premiers récits sur l’anorexie. Bien avant Lucille de L. Debeurme (voir notice 35), Thornytorinx de C. de Peretti (Belfond, 2005), Jusqu’aux os de C. Galea (Rouergue, 2003) ou Sobibor de J. Molla (Gallimard Jeunesse, 2003), il dressait le portrait lacunaire d’une adolescente dévorée par sa volonté de devenir légère, transparente, pure — maigre à faire peur, diront les autres. L’ouvrage reparaît en format poche onze ans plus tard, dans un contexte renouvelé. L’anorexie, régulièrement disséquée sur les plateaux de télévision, n’est plus taboue. Et elle touche désormais 1% de la population, essentiellement des jeunes filles aisées. Nouk est l’une de ces survivantes. Elle absorbe le lecteur dans son monologue intérieur, elle l’enferme dans sa logique implacable. Ignorant les suppliques des parents, les ordres des médecins, la rumeur de la foule, Nouk garde son cap. Nouk n’écoute que la petite voix qui lui dicte de plus en plus fermement qu’il faut contrôler son corps, maîtriser jusqu’à ses fonctions vitales. L’intégrité — la folie, diront les autres — est à ce prix. Le silence insondable dans lequel Nouk se mure est à la mesure du flot de mots trop lourds qui l’emporte. Nouk guérira. Geneviève écrira. _ Gaëlle Glin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   04 janvier 2016
Je vis avec la faim, je la mate, je la dompte, je l'apprivoise, je l'endors. Après avoir été cruelle, elle se calme toute seule, il suffit d'attendre. Je sais qu'un bonbon la trompe. J'aime la sentir toute la journée, juste en dessous du plexus, un courant d'air qui me réunit à l'air du ciel. Je considère que la faim me donne une énergie immense, une légèreté de sarcasme. Mes pieds ont moins à porter, et même si la surveillante générale m'a dit que j'étais longue comme un jour sans pain, et qu'on me trouvait désormais agressive et méchante - alors qu'il me semble ne dire quasi rien à personne et passer comme une danseuse - je suis fière de mon entreprise. J'allège le monde.
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ZilizZiliz   31 octobre 2013
Le docteur est immense et son front est inoubliablement opaque. On ne peut rien sentir de lui. (...) Nouk essaie de lui faire comprendre qu'elle est prête à tout, à manger toute la journée s'il le faut, elle pense qu'elle pourra toujours redevenir elle-même après, rendue à la liberté. Elle dit qu'on doit lui donner des chiffres plus précis, des dates. Elle se trompe, elle n'a rien compris à la méthode des docteurs. On ne doit rien du tout. On ne lui parle pas. Il faut qu'elle se mette bien dans le crâne qu'elle est folle. On ne parle pas aux folles de quatorze ans.
(p. 81).
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jeunejanejeunejane   06 juillet 2015
Peu à peu les choses deviennent visibles. Peu à peu,les gestes secrets, répétés suffisamment souvent, pendant suffisamment longtemps, sont pris au filet de l'attention de ceux qui vous entourent. Toujours. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas quand, ni comment, mes parents m'ont vue.
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Alice_Alice_   02 octobre 2013
Pourquoi suis-je si profondément convaincue que ces filles qui se laissent mourir ont une raison commune et secrète, qu’elles cherchent à savoir où est la vie et où est la mort, à cause de quelque chose qu’il fallait leur dire, qu’on n’a pas pu leur dire, quelque chose qui leur fait peur.
Le poids déplacé d’une faute ?
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marina53marina53   04 janvier 2016
Tout va continuer comme ça, éternellement. Je sais aussi que ça ne peut pas du tout continuer, mais je ne vois rien devant moi, je n'ai aucun espoir. Un petit enfer s'est substitué à la vie d'avant, insensiblement, je ne vois pas la différence.
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Videos de Geneviève Brisac (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Geneviève Brisac
Geneviève Brisac est une "femme-écrivain", comme elle aime à le dire. Également éditrice chez Gallimard et à l'École des Loisirs, elle nous raconte dans cette Masterclasse sa vie au milieu de ceux qu'elle aime le plus au monde : les livres.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/2507-genevieve-brisac
Retrouvez toutes les émissions de France Culture avec Geneviève Brisac : https://www.franceculture.fr/personne/genevieve-brisac
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g
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