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EAN : 9782362790980
282 pages
Alma Editeur (30/01/2014)
4.18/5   84 notes
Résumé :
Tandis que d’autres s’étirent et ouvrent les volets Thomas Vinau, depuis longtemps, écrit de la poésie. Chaque matin. Après "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" (2011), "Ici ça va" et "Le Bric à brac hopperien", (2012) voici donc, écrit dans la même veine que les romans, un gros livre de petits poèmes conçu comme un livre d’usage et de combat pour tous les jours. Un livre qui caresse, tempête et tient tête. Tout ceci mine de rien évidemment. « Je défends une poés... >Voir plus
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Juste après la pluie, c'est une copieuse averse de poèmes, deux cent quatre-vingts pour être précis, certains très courts, voire minuscules quand d'autres s'étalent sur deux pages. Ils sont tendres, ou bien audacieux parfois effrontés et rebelles, mais jamais ils ne laissent indifférent. On sourit ou on rit, on s'émeut et on en redemande. Ce sont des petits bonbons acidulés, piquants ou moelleux qui parfois ont un gout de caramel venu de l'enfance. « ce monde est un bonbon au piment ».
On y croise tout une animalerie : des baleines souriantes ou encore « un éléphant qui marche tranquillement sur la lune ». Il a des mauvaises herbes qu'on n'arrache pas pendant qu'on fait l'amour derrière les volets clos et que « le pot-au-feu [qui] popote dans la grande nuit qui tombe » parfume la nuit et la vie.

Certains poèmes ont la concision d'un haïku
« Les mauvaises herbes
Elles en auront sauvé
Des paysages »

« Je suis un écririen » nous dit encore le poète qui tisse les mots, croque le quotidien et multiplie les petits rien comme des petits pains pour nous en offrir les miettes.
Vous l'aurez compris, la poésie de Thomas Vinau est une poésie du quotidien, une poésie sans affèteries qui va à l'essentiel en s'ouvrant sur le merveilleux, une poésie vivante qui bouscule parfois car elle prend racine dans la condition humaine.
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Juste après la pluie, me voilà égaré, hagard, oscillant entre les pages de ce recueil de poèmes de Thomas Vinau. Je me promène entre ces pages, cherchant à tâtons non pas une sortie mais une façon d'y revenir encore.
En ce moment, je passe des jours d'été avec cet auteur et justement il pleut depuis deux jours en Bretagne, un tel sort pourrait être plus pénible à d'autres personnes, ici je me délecte de cette pluie délicieuse pendant les vacances, car je lis.
C'est un recueil ample, deux cent soixante-douze pages, deux cent quatre-vingt poèmes. Des poèmes très courts, certains à la dimension d'un quatrain. J'ai découvert cet écrivain depuis peu. Je retrouve ici son ambiance, sa façon de caresser le jour qui vient, la vie, appréhender la lumière à travers les nuages et les tempêtes, nos tumultes, nos fuites, nos renoncements.
On peut se passer de poésie, comme on peut se passer d'amour. Non cette phrase me fait mal. J'en tente une autre : on ne peut se passer de poésie, tout comme on ne peut se passer d'amour. Oui, voilà ! Comme ces choses-là brusquement sonnent si vraies au coeur ! Comme une harmonie évidente, l'accord parfait...
Ici les poèmes de Thomas Vinau sont des vers qui parlent du quotidien, des mots de tous les jours,
une fêlure vient dans un mur et c'est une promenade qui commence,
j'adore les fêlures, les murs qui se lézardent,
les interstices par où entre la lumière,
j'adore le matin où l'on redevient enfant.
Des animaux insolites parfois se promènent dans les phrases du poète.
Il y a aussi des joies fulgurantes qui remplissent le jour, s'engouffrent dans les mots, nous disloquent,
des chagrins, des cauchemars,
écouter le ciel tandis que nos yeux sont encore absents, ou bien s'ouvrent sur ce vertige,
écouter la vie...
Captant l'éphémère et l'ironie, la poésie de Thomas Vinau nous dit ce qu'il y a Juste après la pluie, c'est-à-dire quelque chose de minuscule et d'insignifiant, une sorte de manuel de survie dans un temps devenu absurde qui broie l'essentiel. C'est une bouée de sauvetage, il nous faut plus que jamais nous arrimer à la poésie sous peine de sombrer dans le néant.
Les poèmes de Thomas Vinau viennent Juste après la pluie. Ce n'est pas n'importe quand. S'ils étaient venus avant, ce serait tout simplement différent.
Êtes-vous entrés dans une forêt juste après la pluie ? Avez-vous humé ce parfum qui vient tout doucement, remontant de la terre et des arbres ?
Avez-vous fait l'amour dans une forêt Juste après la pluie ? Sublime !
Juste après la pluie, c'est un chuchotement, une caresse, une poésie du présent, de l'instant, qui nous ramène à soi, au geste primal, à l'essentiel.
Chaque matin a son odeur particulière. Sa joie et ses doutes aussi. Les vers de Thomas Vinau disent cela.
De manière vivante.
« Une grand-mère
et un enfant
se sont endormis
dans le même visage. »
Beau, non ?
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" Je défends une poésie du présent. Je travaille beaucoup à sa simplicité" . Voilà ce qu'écrit Thomas Vinau à propos de ce recueil dense et varié, mais qui effectivement s'inscrit dans le quotidien, le banal, l'humain au coeur des jours.

C'est en cela qu'il touche le lecteur, c'est un partage d'instants à la fois anecdotiques et essentiels dans une vie. On retrouve ici son attrait pour la nature,sa préservation, les petits bonheurs amoureux et familiaux comme dans ses romans, je pense en particulier à " Ici ça va" ou" Nos cheveux blanchiront avec nos yeux".

J'aime son humour, ses jongleries de mots, mais surtout la tendresse et l'émotion qui affleurent souvent. Je ne goûte pas toujours son recours aux mots crus, même si certains me font sourire. Ce qui est sûr, c'est que cette poésie me parle parce qu'elle est sincère, ancrée dans le vivant, dénuée d'artifices.

Je conclurai par une note d'auto-dérision de l'auteur, à travers ces mots savoureux:

" Mon chien
est le plus trouillard
de la galaxie

j'ai souvent pu constater
que ces animaux
ressemblaient à leurs maîtres

quand j'y pense

ça me fait peur"
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J'ai découvert Thomas Vinau dans « C'est un beau jour pour ne pas mourir », paru après cet ouvrage. D'une manière générale, je trouve cet auteur épatant de simplicité et de justesse, d'une concision minutieuse. Une précision musicale, bercée de rythmes courts. Moins l'auteur pose de mots par ver, plus ils prennent leur ampleur.


« Les choses
qui tombent
les gens
qui partent
la
vie
va
vers
le
bas
il faut
se débrouiller
avec ça »


La mise en ver remplace autant la ponctuation que l'intonation. Et les mots claquent au gré des lignes. Leur sens s'impacte sur les rétines, infiltre les cerveaux et s'insinuent dans les coeurs. Pas de mot doublon pour en rattraper un autre. Si on lit trop vite, le sens s'enfuit.
Ici, le ralentissement est de mise, comme l'imprégnation du sens de chaque mot.
Il faut prendre
le temps
de les accueillir
en soi


un
poème
à la fois


Selon ses propres mots, sa poésie est « militante du minuscule », « une poésie sans chichi, sans lyrisme excessif, une poésie du présent ». Il veut « qu'elle écope cet essentiel, ce qu'il nous reste après la tempête et les mensonges, mais sans grands gestes » et « travaille beaucoup à la simplicité ».
« Je ne tords pas la langue, je l'élague », dit-il encore, et c'est ce qui fait ressortir le peu de mots qu'il utilise. IIs sont là, seuls, sur leur portée ; ils éclatent lorsque nos yeux les frôlent.


En se libérant des contraintes de la poésie classique, Thomas Vinau m'a percutée, éveillée à une nouvelle forme de poésie. Plutôt que de compliquer ses phrases, il les dépouille, troquant la technique contre le simple souffle de l'existence. Il prouve que chaque chose du quotidien peut contenir sa propre poésie, qu'il suffit de quelques mots pour en capturer l'essence. Ce faisant, il rend la poésie de nos vies visible et accessible à tous.


J'avais lu « c'est un beau jour pour ne pas mourir » comme un recueil d'éclats de vers, un miroir d'émotions qui se serait brisé en mille poèmes. Inégaux en taille et en intensité, ils me renvoyaient presque tous, au fil des pages, le reflet de sensations que je pouvais toucher du doigt en les caressant des yeux. J'étais frappée de l'intensité et du sens que certains vers portaient pour moi.
Cette sensibilité à fleur de mot, comme intuitive et spontanée, fait de Thomas Vinau mon poète « doudou ». « Je ne chante pas le monde, je le chuchote », nous confie-t-il ». Et je le chuchotais à mon tour, quand je le lisais.


Impatiente, je n'ai pas retrouvé le même plaisir immédiat et éclatant dans « Juste après la pluie ». J'ai cru tout d'abord que nombre d'expériences décrites dans ce volume n'étaient pas les miennes. Insatisfaite, je l'ai relu.
Plus
lentement.
Pour me rendre compte que, trop gourmande, je l'avais simplement lu trop vite.

Je me demande aussi si « Juste après la pluie » ne ferait pas une économie de mots encore plus grande, et demanderait donc plus de lenteur pour appréhender les scènes capturées, analysées et brillamment dépeintes. La précision chirurgicale dans la dissection de l'essence de l'instant demande parfois un moment à l'émotion pour s'épanouir.
Ainsi c'est seulement dans le ralentissement que j'ai retrouvé, au fil de ces presque 500 pages, cette émouvante évidence et cette pertinence dans le coup d'oeil (même si mes poèmes coup de coeur demeurent dans l'autre recueil).


Une expérience pleine de jolies surprises que je vous recommande sans hésiter.
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Sous le regard bienveillant et clairvoyant du poète, nous entrons dans ce recueil avec douceur et délicatesse, comme s'il nous murmurait ses mots à l'oreille. Nous l'écoutons nous raconter ces petits riens qui parsèment nos existences, la lourdeur du quotidien, la légèreté des rêves, un monde qui marche parfois sur la tête, des instants de grâce, l'écoulement indomptable du temps, notre condition de terrien mortel, les joies de l'amour et de l'amitié, l'émerveillement de l'enfance, les tourments intérieurs, la grandeur de la nature et la petitesse de l'homme, la colère, la bêtise, le mensonge...
Ainsi, le poète nous parle du ciel, de son immensité, de son mystère, du calme après la tempête et vice versa. du vent qui souffle plus ou moins fort et balaye nos idées noires tout comme la pluie qui lave et estompe. Et les bulles de savons s'envolent et éclatent. Contemplation.
Et au fil des pages, tout un bestiaire défile ; héron, araignée, rat, éléphant, abeille, chien... le monde végétal aussi ; l'herbe grasse, les plantes, les fleurs, leurs couleurs, leurs parfums... c'est la vie qui va et vient. Naît et meurt. La nature est luxuriante ou désertique, le soleil réparateur ou querelleur, les rivières indociles ou taries, la nuit délivre ses cauchemars ou ses secrets, les plaisirs minuscules ou les grandes terreurs jaillissent quand on ne s'y attend pas.
Les poèmes sont brefs, les mots y courent comme un flot, sans obstacle, sans ponctuation. L'auteur joue avec eux, selon leurs sens, leur beauté, leur laideur, leur puissance, leur faiblesse, leurs destinataires. Pas d'envolée lyrique, pas de phrase alambiquée. Juste un murmure. Un bruissement de mots. L'essentiel.
Un grand livre de petits poèmes à lire et relire sans modération.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
Pendant ma pause je vais rentrer
et nous ferons l'amour
dans la chambre aux volets fermés
dehors la pluie continuera de tomber
la terre de tourner et les hommes
de dégringoler entre deux mensonges
mais ce n'est pas bien grave puisqu'il reste quelque part
une chambre aux volets fermés
où faire valser nos deux pénombres
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Quelque chose

Il y a quelque chose en lui
d'un enfant mort
qui se battrait
avec un vieux chat

quelque chose de poussière et de cendre
de murmure et d'oubli

il y a quelque chose en lui
qui chante
comme un Indien qui s'en va

quelque chose
de la bête qui fuit
de l'ironie du ciel
d'une petite brûlure

quelque chose
d'un méandre qui gonfle
d'un complot qui s'ourdit
d'une tempête perdue
dans les yeux d'une fille

quelque chose de tendre
qui crie
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Bredouille

Toi
qui n'arrives pas
la pluie
qui ne tombe pas
les mots
qui ne viennent pas
j'attends
quelque chose
et je reviens
bredouille
de cette longue
marche blanche
à l'intérieur du jour
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Il arrive au fil du temps
et des événements
qui nous submergent
que certains de nos actes
fassent de nous un peu moins
que ce que nous étions
c'est comme arracher soi-même
un petit lambeau de son cœur
Il arrive au fil du temps
qu'on nous pardonne
qu'on se pardonne
qu'on vive avec
qu'on vive sans
mais jamais
que la chair
ne revienne
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La nuit s'allume

J'éteins les dernières lumières
la nuit s'allume
je rejoins le lit à tâtons
m'asseois sans faire de bruit
elle dort déjà
elle respire
comme un ange fatigué
un ange qui a trop donné
je me glisse sous les draps
il s'agit de frôler sa chaleur
sans risquer de la réveiller
on ne réveille pas
un ange fatigué
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Videos de Thomas Vinau (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Vinau
« Nul dieu ne t'aidera, nul programme, nul parti, nul bulletin de vote, nulle masse, nulle unité. Je suis le seul capable de m'aider. Et c'est en moi-même que j'aiderai tous les hommes dont les larmes débordent. » B. Traven est Traven Torsvan qui est Berick Torsvan qui est Otto Feige qui est Hal Croves, qui est Ret Marut, enfin, je crois. B. Traven est né un an avant la mort de Karl Marx, enfin, je crois. B. Traven est un romancier allemand et un activiste anarchiste, un de ces hommes de l'ombre au petit chapeau rond qui font bouger l'histoire sans perche à selfie. […] Il a pris un nom différent partout où il a fait de la prison. Il a fait de la prison partout où il a incité à la révolution. […] » (Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque, Éditions le Castor Astral, 2016)
« L'homme qui a tant fait couler d'encre dans les dernières décennies de sa vie est mort le 26 mars 1969 dans la ville de Mexico à des âges différents, non sans avoir épuisé plusieurs identités dont aucune ne paraît être la vraie. le succès des romans de Traven […] a déclenché une « chasse » à un individu qui ne se laissait pas photographier […]. La seule chose prouvée est que B. Traven ne fait qu'un avec Ret Marut […]. […] le proscrit réussira à débarquer, dans des conditions ignorées, sur les côtes du Mexique au cours de l'été 1924. La vie qu'il va mener sous le nom de Torsvan, ingénieur américain, pour être moins mystérieuse, n'en reste pas moins secrète […]. […] Cet apatride sans identité obtient finalement la nationalité mexicaine en 1951. […] Il faut considérer le romancier […] comme un aventurier écrivain qui a passé la majeure partie de sa vie à égarer les soupçons – pour mieux enfoncer les preuves de son humanité comme autant de clous dans les têtes molles du siècle. […] » (B. Traven, le gros capitaliste et autres textes, traduit par Adèle Zwicker, Éditions Libertalia, 2018)
« […] Quoique mes oeuvres soient traduites en dix-sept langues, je n'ai ni maison ni argent et je ne possède qu'un minimum de vêtements indispensables. […] » (B. Traven, Lettre à Solidaridad Internacional Antifascista)
0:00 - L'art des Indiens 4:27 - 2e extrait 4:45 - 3e extrait 4:59 - 4e extrait 5:32 - Générique
Référence bibliographique : B. Traven, le gros capitaliste et autres textes, traduit par Adèle Zwicker, Éditions Libertalia, 2018
Image d'illustration : https://www.gettyimages.fi/detail/news-photo/traven-schriftsteller-d-portrait-im-profil-undatiert-news-photo/537147851
Bande sonore originale : Bensound - Tomorrow Tomorrow by Bensound is licensed under a CC BY 4.0 Attribution International license.
Site : https://www.bensound.com/royalty-free-music/track/tomorrow
#BTraven #LeGrosCapitaliste&AutresTextes #LittératureAllemande
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