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ISBN : 236279217X
Éditeur : Alma Editeur (24/08/2017)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Gaspard et son chien s'enfuient dans la forêt.
L'enfant à peur, il a froid, il a faim, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est-ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d'autres récalcitrants - ceux de la caravane à Pépère qui défraya la chronique au début de XXe siècle - Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.
"Je l'ai gardé au chaud cette histoire qui poussait, qui grim... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  12 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Alma...
Blotti sous un buisson d'acacias, le garçon peine à reprendre ses esprits. La peau tuméfiée, quelques traces de sang ici et là sur son visage, la douleur qui lui coupe le souffle. Après une longue course effrénée, c'est au coeur de la forêt qu'il a trouvé refuge. À côté de lui, son chien, couché sur le flanc. Blessé lui aussi, une respiration lente. Gaspard va devoir le porter à bout de bras s'il veut avancer, maintenant qu'il n'a plus peur. Il s'enveloppe dans cette brume de printemps. S'enfonce dans le ventre de cette forêt, à la fois protectrice et hostile...
Comme Gaspard, goûtez, explorez, apprivoisez cette forêt et laissez-vous guider... Partez à la découverte de personnes incroyables, fantasques et généreuses qui, comme ce petit garçon, sauront vous prendre la main et vous emmener vers des horizons inconnus... Que ce soit Jean-le-blanc, le sorcier herboriste au grand coeur, Sarah, l'intrépide prostituée, Fata' ou encore Capello. Au contact de ces gens du voyage, surnommés la Caravane à Pépère, Gaspard apprendra la dureté de la vie, la solidarité, les révoltes sociales, les injustices. de sa plume douce et poétique, Thomas Vinau, ce conteur, dépeint une société vieille de plus de 100 ans et constate combien peu de choses ont changé. Il nous offre un roman lumineux, profondément humain, minéral et ancré dans la terre.
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TerrainsVagues
  13 janvier 2018
« C'est fini!
Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.
Fils des désespérés, tu seras un homme libre! »
Cette citation de Jules Vallès tiré de « l'insurgé » vient clore ce Camp des autres beaucoup trop tôt tant j'aurais aimé prolonger le voyage. Prolonger un voyage au coeur des mots de Thomas Vinau.
La dernière page tournée, je n'ai pas pu fermer le livre. Pas envie de défaire la valise, pas tout de suite, pas comme ça. Pas comme on passe à autre chose, nous les héritiers qui petit à petit dilapidons les combats des anciens… Alors j'ai repris une page au hasard et j'ai relu, puis une deuxième, une troisième et encore, encore, encore… un peu… s'il te plait.
Ce camp des autres, c'est celui que les gens biens, craignent, mettent à l'écart ou aimeraient effacer d'un coup d'oeillère. C'est le camp des exclus de tout horizon, des bandits de grand chemin, des déserteurs, des braconniers, des manouches, des saltimbanques, des rêveurs, des révoltés, des insoumis, des gens de rien. C'est le camp des Robin des bois dont les signes de ralliement sont synonymes de coeur et d'éthique contrairement aux apparences. C'est le camp de ceux pour qui famille est un lien du sans, un choix, une solidarité. C'est le camp de la nature, de la forêt qui accueille ce gibier de potence, le protège des puissants chasseurs bien pensant.
J'avais envie de continuer la route en compagnie de Gaspard, ce gamin chair à malheur, fuyant la noirceur et le drame de ses premières années au début du XXe siècle. Que j'aurais aimé que se prolonge la période où il prend conscience, entre crainte et fascination, que son futur ressemblera au présent de ses compagnons d'infortune. Il connaitra ses premiers instants de bonheur. Un bonheur simple, celui d'être ensemble, d'être dans le camp des autres quoi.
Pas envie de les quitter, je suis si bien avec eux, presque léger malgré le poids du destin, malgré les morsures du froid du coeur de l'homme. Il y a des chaleurs humaines qui pansent bien des plaies, qui protègent bien mieux que toutes les polices.

Inspiré de faits réels, nous sommes au début des brigades du tigre et déjà à l'époque Clemenceau envoyait la police contre les miséreux pour rassurer le bourgeois. Un siècle plus tard rien n'a changé mais je m'égare… si peu.
Quelle belle lecture. Plus qu'un livre, c'est presque un recueil de poésie où chaque portrait est tracé à la sanguine, noirci au charbon, jauni au temps qui passe. Chaque branche, chaque feuille, chaque buisson de ronces est une respiration. Chaque goutte de pluie ou de rosée, chaque souffle de vent est une caresse, un murmure.

L'écriture de Thomas Vinau est juste terrible, belle, magnifique enfin je ne sais pas si elle est très « littéraire » et je m'en tape, elle est poétique à souhait et correspond complètement à ce qui me touche, à une part de ma sensibilité. Que demander de plus? Un prochain bouquin siouplait m'sieur.
J'avais déjà été conquis avec La part des nuages, le camp des autres confirme que Thomas Vinau fait maintenant partie des auteurs dont je vais attendre les prochaines publications avec impatience.
Sinon… j'ai adoré. Merci m'sieur Vinau.
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michfred
  20 janvier 2018
Une ruade libertaire .
Une ode à l'homo selvaticus.
Une échappée belle du côté des anars, des gens de sac et de corde, des insoumis, des marginaux.

Le camp des autres est une secousse salutaire, une rencontre en terre de liberté, un vrai poème.
Mais un poème qui s'ancre dans une réalité historique : la première - et lamentable- expédition punitive des Brigades du Tigre de Clémenceau contre les gens du voyage, à la foire de la Tremblade, en 1907.
On y croise la caravane à Pépère, et Raymond La Science, qui fourbit déjà ses machines explosives pour la bande à Bonnot...
Pour moi, j'ai presque regretté cette tardive incarnation historique d'un récit qui me paraissait, d'abord, affranchi de toutes les règles : la cavale sylvestre de Gaspard, avec son chien blessé, sa rencontre et son lent apprivoisement par Jean-Le-blanc, l'herboriste, ses frasques avec ceux de la caravane à Pépère suffisaient à mon bonheur- emportée que j'étais dans un torrent d'images, d'odeurs, de bruits, et par la langue magique de Thomas Vinau.
Je garde comme un talisman l'évocation puissante de la forêt, la nuit- avec ses mains de fourrure , ses mille bruissements de bêtes et ses caches de feuilles, douces aux fugitifs.
Merci à toi, Terrains Vagues. Je retournerai chez Thomas Vinau voir de quel bois se chauffe la poésie..
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gouelan
  15 janvier 2018
Le camp des autres c'est celui des nuisibles, de ceux qu'on abandonne. Ils vivent sur les chemins, rejoignent l'abri de la forêt.
Un jour Gaspard prend la fuite. Les coups de son père ont eu raison de sa patience. Dans la forêt, affamé et apeuré, il est recueilli par Jean-le-blanc. Ils s'observent et s'apprivoisent, mais toujours avec cette pulsion qui fait déguerpir Gaspard à la moindre méfiance.
Gaspard apprend de son maître les remèdes, les plantes. Il apprend la langue de la forêt et des lettres.
Poussé par sa curiosité, son désir de liberté, il suit une bande de bohémiens, de bandits, de déserteurs.
Un roman qui nous emmène sur des chemins noirs, où les démunis marchent sur le monde, se servant au passage sans demander la permission.
C'est l'histoire de la caravane à Pépère, arrêtée par les brigades mobiles en 1907 à la Tremblade.
C'est l'histoire d'une liberté sauvage qui brûle et fait grimper des notes de violon jusqu'aux étoiles.
Une écriture d'écorce et de dentelle à la fois qui illumine le monde sauvage.
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Dionysos89
  24 décembre 2017
Les éditions Alma ont proposé pour la rentrée littéraire 2017 un roman d'un auteur qui a déjà écrit plusieurs fois pour eux : Thomas Vinau, avec le Camp des autres.
Le Camp des autres narre les errements de Gaspard, enfant fuyard à travers la forêt. Il rencontre bon gré mal gré différents protagonistes qui l'embringuent toujours plus loin. La peur, la solitude et la survie sont les trois orientations majeures qui guident ses faits et gestes. Ce sont ces rencontres qui forgent sa situation et, clairement, il n'a pas la meilleure vie qui soit, ce petit. À commencer par le duo cocasse qu'il forme avec Jean-le-blanc, que le récit tente de rendre mystérieux par ses activités, mais qui semble être tout simplement un braconnier solitaire cherchant à vivre en marge. Chaque rencontre en amène une autre, plus angoissante que la précédente, en tout cas pour le petit Gaspard.
Pour tout dire, ce n'est pas tellement le sujet qui peut faire tomber ce roman des mains du lecteur, mais le style utilisé lourd, redondant, assez pompeux, sans ponctuation de dialogue, finalement pataud. C'est agaçant déjà cette liste d'adjectifs qui ne se complètent qu'avec peine, hein ? Eh bien, imaginons environ quatre-vingts chapitres d'une page où se juxtaposeraient (dans la plupart d'entre eux) des listes d'expressions de cette nature et où l'intérêt de chaque chapitre est, semble-t-il, de jouer avec force de l'anaphore multirécidiviste. Il est compliqué d'apprécier ce type de style si on ne rentre pas tout de suite dans l'idée que se fait l'auteur de son récit. de toute façon, le lecteur doit déjà se méfier quand la quatrième de couverture promet un roman « puissant, urgent, minéral ». Minéral ? Il y a de quoi se questionner sur l'aspect minéral de ce texte. Est-ce un récit froid, rigide, immobile ? Tout au contraire, il y a de quoi le trouver très organique ce texte, mais malheureusement pas forcément dans le bon sens du terme. Il tente de s'appuyer sur quantité de détails animaliers et végétaux qui composent le décor de la fuite en avant du petit héros ; bien sûr, cela se fonde le plus souvent sur une liste d'animaux de la forêt ou bien une suite de plantes forestières. Par contre, le vocabulaire est choisi et touffu (sans jeu de mots), mais qu'il soit juxtaposé ainsi est sidérant. Il suffit de prendre un chapitre en exemple pour comprendre ce qui peut être particulièrement gênant à la lecture.
Pour autant, le fonds historique vanté par le synopsis est méconnu et intéressant. le Camp des autres tente de construire un récit autour de l'histoire de la Caravane à Pépère, cette bande organisée qui organisa vols et braquages pendant les années 1906 et 1907 à travers la France. Elle ne se fait arrêter qu'en Charente-Maritime (La Tremblade, pour ceux qui connaissent) par les brigades mobiles, prémisses des fameuses Brigades du Tigre de Georges Clémenceau. Certes, celui-ci comme d'autres personnages (Capello notamment) sont bien présents et identifiables, même si c'est surtout dans la deuxième partie de ce court roman, mais de là à y voir un récit « urgent », qui utiliserait efficacement cet épisode historique pour questionner notre monde actuel, il y a de quoi fortement douter, car la lecture en est bien floue.
Bref, autant ne pas épiloguer trop longtemps, le Camp des autres m'a davantage exaspéré que passionné, alors même que l'épisode historique choisi pose des questions intéressantes. L'excès de minéraux est dangereux pour la santé.
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   14 janvier 2018
Nous Romani Tchavé on a le cœur aux pieds. Est-ce qu’au vent qui vavacre ils vont faire un carnet? A chaque route il y a une barrière, à chaque rivière un guet, les prés sont clos et les bois encagés. Des douanes et des frontières plus pourrissantes que les douves d’antan. Et quoi aux oies ils mettront un passeport, et aux ours un tampon, et la laisse à nos mères comme à des chiens errants? On bouchonne leurs artères. Soi-disant qu’on menace le brave avec nos tours de cartes, nos bêtes funambules et nos langues de loin? Soi-disant qu’on est tout le mal et toute la peste, et toute la bêtise des bêtes. Des chaines à la musique et des fers à la magie. Moi j’ai jamais vu de diable en roulotte! La vérité c’est qu’ils nous craignent comme des mioches enfiévrés et qu’ils dressent leurs hauts murs pour nous donner le pas à défaut de pain blanc. Ils nous craignent et ils nous admirent, comme un prêtre devant le mérens sauvage, ou une bourgeoise chapeau fleuri et joues empourprées devant nos têtes de turcs et nos jeux de baraques? Nous Romani Tchavé nous sommes le rouge qui monte aux joues des pucelles du monde. Nous sommes l’éclair de la lumière sur la peau du serpent. Sainte Madeleine et sainte Sarah protègent nos petits bouts! Nous sommes le chemin dans leurs rêves trop courts. Et la faim et la gale et la crève. Ah ça c’est bon pour nous! Qu’on est une meute de loups, de nègres et d’apaches à blanchir au ripolin! Qu’on est le vice et la rapine, la crasse et le blasphème, la souris dans le grain! Vous savez pourquoi ils ont peur? Parce que nous sommes les vrais pénitents du monde, enfants des pharaons et des juifs errants, la parole du bon Dieu, c’est dans nos plaies qu’elle se recueille. On en fait des chansons.
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michfredmichfred   14 janvier 2018
Tu sais ce que nous avons tous en commun? Nous sommes des fuyards debout. C'est le Non qui nous tient. Ne renonce jamais à refuser.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   11 janvier 2018
Il y a quelque chose qui brûle qui n’est pas le jour. Il y a quelque chose qui naît dans les langes souillés du monde. Là où la terre et le ciel ont fait leur petite affaire. Une flamme sans lumière. Saisie dans le sang. Forgée de rosée. Glaireux et sublime. Puis un cri arrive. Le premier souffle est un premier cri. La douleur est une couverture. La caresse une morsure. Le temps quelque part en bas commence sa grouillance. L’eau pleine de sang de l’aurore. L’eau du bain sale. On nous a jetés là. Rats sans poils. Cauchemars à chair rose frissonnant déjà de perpétuelle perte. On nous a jetés là. A vos pieds. Nos pères ont dévoré nos mères. Nous sommes un élevage de vers pour la soie de vos gilets. Vous nous élevez comme de la viande. Vous suçotez notre jus noir pour une nouvelle couche de graisse. Nous sommes le détail de la farce. Je connais le bruit que font vos bouches lorsque vous nous mâchez. Je connais vos mensonges. Des couches et des couches de graisse. Un oignon de saindoux suant. Une charogne qui se digère. Même les porcs n’en font pas autant. Dans l’auge nous pataugeons. Et quoi? Votre guerre. Votre champ. Votre messe. Votre progrès, votre empereur, votre république. Rien n’est à nous à part le vent dans les ventres et le noir dans les dents. Nos enfants viendront au monde avec des canines plein la gueule. Nous avons faim et c’est vous que nous mangerons.
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michfredmichfred   14 janvier 2018
Mais ĺa forêt n'a jamais perdu ses propres règles, son propre règne, son ventre de nuit sauvage. Elle est restée le souffle archaïque de nos cycles, l'haleine musquée de nos origines, la reine ombragée du vivant, la ruade.
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michfredmichfred   14 janvier 2018
Exactement petit, tu ne crois pas si bien dire. Tout est là justement, dans la différence entre croire et savoir. C'est là qu'habite la peur, pas loin de l'ignorance. Il faut apprendre à s'en servir.
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Videos de Thomas Vinau (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Vinau
Que lisent les écrivains ? (5/11) Timothée de Fombelle présente « Ici ça va » de Thomas Vinau .Timothée de Fombelle : « On m'a donné « Ici ça va » de Thomas Vinau. Je l'ai lu et en ai aussitôt acheté douze pour les offrir. » À lire Ici ça va de Thomas Vinau aux éditions Alma Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle aux éditions Gallimard Réalisation : Michel Abescat, Pierrick Allain, Christine Ferniot Pour suivre nos vidéos, abonnez-vous à la chaîne Télérama ou rejoignez-nous sur : https://www.facebook.com/Telerama https://twitter.com/Telerama?
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