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ISBN : 236279217X
Éditeur : Alma Editeur (24/08/2017)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Gaspard et son chien s'enfuient dans la forêt.
L'enfant à peur, il a froid, il a faim, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est-ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d'autres récalcitrants - ceux de la caravane à Pépère qui défraya la chronique au début de XXe siècle - Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.
"Je l'ai gardé au chaud cette histoire qui poussait, qui grim... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  12 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Alma...
Blotti sous un buisson d'acacias, le garçon peine à reprendre ses esprits. La peau tuméfiée, quelques traces de sang ici et là sur son visage, la douleur qui lui coupe le souffle. Après une longue course effrénée, c'est au coeur de la forêt qu'il a trouvé refuge. À côté de lui, son chien, couché sur le flanc. Blessé lui aussi, une respiration lente. Gaspard va devoir le porter à bout de bras s'il veut avancer, maintenant qu'il n'a plus peur. Il s'enveloppe dans cette brume de printemps. S'enfonce dans le ventre de cette forêt, à la fois protectrice et hostile...
Comme Gaspard, goûtez, explorez, apprivoisez cette forêt et laissez-vous guider... Partez à la découverte de personnes incroyables, fantasques et généreuses qui, comme ce petit garçon, sauront vous prendre la main et vous emmener vers des horizons inconnus... Que ce soit Jean-le-blanc, le sorcier herboriste au grand coeur, Sarah, l'intrépide prostituée, Fata' ou encore Capello. Au contact de ces gens du voyage, surnommés la Caravane à Pépère, Gaspard apprendra la dureté de la vie, la solidarité, les révoltes sociales, les injustices. de sa plume douce et poétique, Thomas Vinau, ce conteur, dépeint une société vieille de plus de 100 ans et constate combien peu de choses ont changé. Il nous offre un roman lumineux, profondément humain, minéral et ancré dans la terre.
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TerrainsVagues
  13 janvier 2018
« C'est fini!
Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.
Fils des désespérés, tu seras un homme libre! »
Cette citation de Jules Vallès tiré de « l'insurgé » vient clore ce Camp des autres beaucoup trop tôt tant j'aurais aimé prolonger le voyage. Prolonger un voyage au coeur des mots de Thomas Vinau.
La dernière page tournée, je n'ai pas pu fermer le livre. Pas envie de défaire la valise, pas tout de suite, pas comme ça. Pas comme on passe à autre chose, nous les héritiers qui petit à petit dilapidons les combats des anciens… Alors j'ai repris une page au hasard et j'ai relu, puis une deuxième, une troisième et encore, encore, encore… un peu… s'il te plait.
Ce camp des autres, c'est celui que les gens biens, craignent, mettent à l'écart ou aimeraient effacer d'un coup d'oeillère. C'est le camp des exclus de tout horizon, des bandits de grand chemin, des déserteurs, des braconniers, des manouches, des saltimbanques, des rêveurs, des révoltés, des insoumis, des gens de rien. C'est le camp des Robin des bois dont les signes de ralliement sont synonymes de coeur et d'éthique contrairement aux apparences. C'est le camp de ceux pour qui famille est un lien du sans, un choix, une solidarité. C'est le camp de la nature, de la forêt qui accueille ce gibier de potence, le protège des puissants chasseurs bien pensant.
J'avais envie de continuer la route en compagnie de Gaspard, ce gamin chair à malheur, fuyant la noirceur et le drame de ses premières années au début du XXe siècle. Que j'aurais aimé que se prolonge la période où il prend conscience, entre crainte et fascination, que son futur ressemblera au présent de ses compagnons d'infortune. Il connaitra ses premiers instants de bonheur. Un bonheur simple, celui d'être ensemble, d'être dans le camp des autres quoi.
Pas envie de les quitter, je suis si bien avec eux, presque léger malgré le poids du destin, malgré les morsures du froid du coeur de l'homme. Il y a des chaleurs humaines qui pansent bien des plaies, qui protègent bien mieux que toutes les polices.

Inspiré de faits réels, nous sommes au début des brigades du tigre et déjà à l'époque Clemenceau envoyait la police contre les miséreux pour rassurer le bourgeois. Un siècle plus tard rien n'a changé mais je m'égare… si peu.
Quelle belle lecture. Plus qu'un livre, c'est presque un recueil de poésie où chaque portrait est tracé à la sanguine, noirci au charbon, jauni au temps qui passe. Chaque branche, chaque feuille, chaque buisson de ronces est une respiration. Chaque goutte de pluie ou de rosée, chaque souffle de vent est une caresse, un murmure.

L'écriture de Thomas Vinau est juste terrible, belle, magnifique enfin je ne sais pas si elle est très « littéraire » et je m'en tape, elle est poétique à souhait et correspond complètement à ce qui me touche, à une part de ma sensibilité. Que demander de plus? Un prochain bouquin siouplait m'sieur.
J'avais déjà été conquis avec La part des nuages, le camp des autres confirme que Thomas Vinau fait maintenant partie des auteurs dont je vais attendre les prochaines publications avec impatience.
Sinon… j'ai adoré. Merci m'sieur Vinau.
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lecassin
  06 février 2018
1907. Clémenceau vient de créer les « Brigades Régionales de Police Mobile », les célèbres « Brigades du tigre ». Brigades qui s'illustreront par le démantèlement de la Bande à Bonnot…
Point de bande de malfaiteurs ici. Non : juste la « caravane à Pépère », un regroupement de « chevaux de retour, de propres à rien » aurait chanté Brassens ; en fait un agrégat de traîne-savate, de gitans, trimardeurs, voleurs de poules, et Gaspard… On est à la foire de la Tremblade qui verra la première action spectaculaire des fameuses brigades.
Mais avant ça, on suit Gaspard : il s'enfuit. Il court. Il est blessé, son chien aussi, qu'il doit porter. Il se cache. Braconne… Il sera « récupéré » par une espèce de sorcier herboriste, Jean-le-blanc, avant de partir sur la route avec Sarah la belle, « belle parce qu'elle est libre… », de « la caravane à pépère ».
« Le camp des autres », mon second coup de cœur de 2018, et nous entamons tout juste février ! Ça commence fort…
« Le camp des autres », un petit bouquin dont les courts « chapitres » amènent un rythme fou : d'abord celui de la fuite de Gaspard, après un drame. Ensuite celui de la fuite devant les brigades de police chères à Clémenceau et à son compère Sébille, le tout de la forêt à l'océan…
Une découverte pour ce qui me concerne, alors qu'il s'agit du quatrième romande Thomas Vinau. Il me tarde de découvrir rapidement les précédents, de même que sa « production » poétique… Une vingtaine d'ouvrages…
L'auteur se réclame de Giono, Bosco, London… sans doute pour le côté nature…
Il évoque également Woody Guthrie … pour le côté trimardeur et révolté, probablement, Jules Vallès, aussi…
Bref : Un beau texte remarquable par le style, une histoire vraie magnifiquement menée… Un joli coup de coeur qui sent le sous-bois après la pluie ; et le vent vivifiant de la révolte sur fond de débrouille…
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gouelan
  15 janvier 2018
Le camp des autres c'est celui des nuisibles, de ceux qu'on abandonne. Ils vivent sur les chemins, rejoignent l'abri de la forêt.
Un jour Gaspard prend la fuite. Les coups de son père ont eu raison de sa patience. Dans la forêt, affamé et apeuré, il est recueilli par Jean-le-blanc. Ils s'observent et s'apprivoisent, mais toujours avec cette pulsion qui fait déguerpir Gaspard à la moindre méfiance.
Gaspard apprend de son maître les remèdes, les plantes. Il apprend la langue de la forêt et des lettres.
Poussé par sa curiosité, son désir de liberté, il suit une bande de bohémiens, de bandits, de déserteurs.
Un roman qui nous emmène sur des chemins noirs, où les démunis marchent sur le monde, se servant au passage sans demander la permission.
C'est l'histoire de la caravane à Pépère, arrêtée par les brigades mobiles en 1907 à la Tremblade.
C'est l'histoire d'une liberté sauvage qui brûle et fait grimper des notes de violon jusqu'aux étoiles.
Une écriture d'écorce et de dentelle à la fois qui illumine le monde sauvage.
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michfred
  20 janvier 2018
Une ruade libertaire .
Une ode à l'homo selvaticus.
Une échappée belle du côté des anars, des gens de sac et de corde, des insoumis, des marginaux.

Le camp des autres est une secousse salutaire, une rencontre en terre de liberté, un vrai poème.
Mais un poème qui s'ancre dans une réalité historique : la première - et lamentable- expédition punitive des Brigades du Tigre de Clémenceau contre les gens du voyage, à la foire de la Tremblade, en 1907.
On y croise la caravane à Pépère, et Raymond La Science, qui fourbit déjà ses machines explosives pour la bande à Bonnot...
Pour moi, j'ai presque regretté cette tardive incarnation historique d'un récit qui me paraissait, d'abord, affranchi de toutes les règles : la cavale sylvestre de Gaspard, avec son chien blessé, sa rencontre et son lent apprivoisement par Jean-Le-blanc, l'herboriste, ses frasques avec ceux de la caravane à Pépère suffisaient à mon bonheur- emportée que j'étais dans un torrent d'images, d'odeurs, de bruits, et par la langue magique de Thomas Vinau.
Je garde comme un talisman l'évocation puissante de la forêt, la nuit- avec ses mains de fourrure , ses mille bruissements de bêtes et ses caches de feuilles, douces aux fugitifs.
Merci à toi, Terrains Vagues. Je retournerai chez Thomas Vinau voir de quel bois se chauffe la poésie..
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critiques presse (1)
Actualitte   13 avril 2018
Une bouffée de bonheur dès les premières pages : un bonheur de lecteur exigeant comme vous l’êtes sans doute, avide de textes forts et bien tournés ! Sur six chapitres courts, mais denses, l’auteur vous attrape et ne vous lâche plus.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   24 avril 2018
Le gars a eu une idée simple, l'unité. Il a formé légion avec tous les laissés pour compte. Trimards, putes, bagnards, déserteurs, romanichels. La lie pour le cogne et le bourgeois. Ce n'est pas une mauvaise idée. Imagine, tous les fils de rien, ensemble, à marcher sur le monde. Napoléon serait allé jusqu'en Chine de cette façon.
C'est des voleurs, quoi ! répond Gaspard. Des bohémiens !
Oui, des voleurs comme toi, des bohémiens comme moi. Des voleurs comme tous ceux qui ont faim. Des bohémiens comme tous les fils du chemin. Tu lis trop les journaux, petit. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'on mange les enfants ? Qu'on porte le choléra ? Qu'on lèche le pain tous les matins dans la main du malin ? Pas une semaine sans une histoire de vagabond qui assassine un curé, ou de gitan qui mange un pauvre paysan. Tu crois que c'est bon à becqueter, un bouseux ?
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canelcanel   22 avril 2018
Il y a toujours un jour à mettre devant l'autre. Et il est bien rempli, ce jour, d'enfants, de labeur, de corvées, de soucis, d'horaires, de besoins, de livres, de plaisirs. Un jour de privilégié.
(p. 190)
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canelcanel   20 avril 2018
Les gens triment et crèvent de faim entre deux guerres et deux impôts. Toujours plus de cognes, de maisons de correction, de bagnes. Moi j'ai fait trois mois de cachot pour un vol à la tire et pendant ce temps tout ce beau monde se pavane avec du gras autour des lèvres en prononçant les mots Progrès, Peuple ou République. Oui, je veux bien, y en a qui auront droit à la gamelle comme le chien de la fable, mais ils seront loin d'être les premiers servis, crois-moi, et avant faudra faire ses heures de galère et de front. De toute façon, y a rien pour nous. Pis c'est toujours la faute aux mêmes. Y a arnaque dans cette musique-là et les vrais bonimenteurs sont ceux des banques et des parlements.
(p. 93)
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Tricia12Tricia12   18 avril 2018
La glaise, le vent, la brume et la rosée, toutes les obscurités appartiennent à la forêt. Elle est le foyer de tous ceux qui n'en ont pas. De tous ceux qu'on ne veut pas. De tous les chassés, les fuyards, les proies. L'ombre est à la forêt. L'ortie et la ronce, la chouette et le goupil, l'ours et le coucou, le loup et le hérisson, le givre et l'orage, la larve et le serpent. Longtemps elle a été l'ennemie des hommes, son piège, sa mère cruelle. Il s'en est extrait en s'unissant, à force de courage et de lutte, pour se déployer sous le ciel, à découvert. Il est devenu son conquérant. De ça comme du reste. Il l'a coupée en morceaux, l'a exploitée, l'a annihilée, a tenté de la domestiquer comme une vache. Mais la forêt n'a jamais perdu ses propres règles, son propre règne, son ventre de nuit sauvage. Elle est restée le souffle archaïque de nos cycles, l'haleine musquée de nos origines, la reine ombragée du vivant, la ruade. Nous nous sommes tenus à l'écart pour inventer nos propres nuits, nos propres lois de bêtes orphelines, nos merveilles, nos désastres, nos propres dieux et nos propres monstres, sans jamais cesser de la craindre avec vénération. Elle est alors devenue le refuge de ceux qui se refusaient à l'homme et de tous ceux que l'homme refusait. Elle est l'autre camp. Le camp des autres.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   14 janvier 2018
Nous Romani Tchavé on a le cœur aux pieds. Est-ce qu’au vent qui vavacre ils vont faire un carnet? A chaque route il y a une barrière, à chaque rivière un guet, les prés sont clos et les bois encagés. Des douanes et des frontières plus pourrissantes que les douves d’antan. Et quoi aux oies ils mettront un passeport, et aux ours un tampon, et la laisse à nos mères comme à des chiens errants? On bouchonne leurs artères. Soi-disant qu’on menace le brave avec nos tours de cartes, nos bêtes funambules et nos langues de loin? Soi-disant qu’on est tout le mal et toute la peste, et toute la bêtise des bêtes. Des chaines à la musique et des fers à la magie. Moi j’ai jamais vu de diable en roulotte! La vérité c’est qu’ils nous craignent comme des mioches enfiévrés et qu’ils dressent leurs hauts murs pour nous donner le pas à défaut de pain blanc. Ils nous craignent et ils nous admirent, comme un prêtre devant le mérens sauvage, ou une bourgeoise chapeau fleuri et joues empourprées devant nos têtes de turcs et nos jeux de baraques? Nous Romani Tchavé nous sommes le rouge qui monte aux joues des pucelles du monde. Nous sommes l’éclair de la lumière sur la peau du serpent. Sainte Madeleine et sainte Sarah protègent nos petits bouts! Nous sommes le chemin dans leurs rêves trop courts. Et la faim et la gale et la crève. Ah ça c’est bon pour nous! Qu’on est une meute de loups, de nègres et d’apaches à blanchir au ripolin! Qu’on est le vice et la rapine, la crasse et le blasphème, la souris dans le grain! Vous savez pourquoi ils ont peur? Parce que nous sommes les vrais pénitents du monde, enfants des pharaons et des juifs errants, la parole du bon Dieu, c’est dans nos plaies qu’elle se recueille. On en fait des chansons.
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