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ISBN : 2264072679
Éditeur : 10-18 (06/09/2018)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Gaspard et son chien s'enfuient dans la forêt.
L'enfant à peur, il a froid, il a faim, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est-ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d'autres récalcitrants - ceux de la caravane à Pépère qui défraya la chronique au début de XXe siècle - Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.
"Je l'ai gardé au chaud cette histoire qui poussait, qui grim... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  02 juin 2018
Encore un roman-fable ?! Encore la fugue d'un enfant, en danger, et de surcroît martyrisé ?... Non, il s'agit d'un récit d'aventures et d'une biographie romancée à la fois, inspirés de faits réels, historiques (début du XXe siècle, persécution de tous ceux vivant en marge de la société).
Le jeune Gaspard, malgré une histoire originelle tragique, incarne un beau mélange de vulnérabilité et de courage, d'ignorance et de savoir, de honte et de dignité. Après son "sauvetage" dans la forêt par un braconnier-guérisseur, il devra (ré) apprendre la confiance, le partage, l'entraide, et que toute parole donnée ne se reprend jamais chez les gens du voyage, qu'il n'a pas à choisir de camp si ce n'est celui de la foi en son destin...
Les mots vous kidnappent dès les premières lignes. Un récit initiatique de six courts chapitres dénonçant l'individualisme, les préjugés, le racisme, l'injustice et l'oppression exercée par une élite, un pouvoir majoritaire (moral, socio-économique, politique) sur une minorité indocile et indésirable.
C'est également un hymne à l'indépendance, la marginalité, la solidarité, la ténacité, la liberté de penser et d'agir, une célébration de la nature aussi, de la forêt... Une plume virtigineuse, ciselée et efficace, pas toujours fluide parfois (ex : descriptions "végétales"), mais si percutante et absolument incarnée !!
(Merci à Pascal, Lolo, Marina, pour vos critiques et pour la magnifique découverte ! :D)
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marina53
  12 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Alma...
Blotti sous un buisson d'acacias, le garçon peine à reprendre ses esprits. La peau tuméfiée, quelques traces de sang ici et là sur son visage, la douleur qui lui coupe le souffle. Après une longue course effrénée, c'est au coeur de la forêt qu'il a trouvé refuge. À côté de lui, son chien, couché sur le flanc. Blessé lui aussi, une respiration lente. Gaspard va devoir le porter à bout de bras s'il veut avancer, maintenant qu'il n'a plus peur. Il s'enveloppe dans cette brume de printemps. S'enfonce dans le ventre de cette forêt, à la fois protectrice et hostile...
Comme Gaspard, goûtez, explorez, apprivoisez cette forêt et laissez-vous guider... Partez à la découverte de personnes incroyables, fantasques et généreuses qui, comme ce petit garçon, sauront vous prendre la main et vous emmener vers des horizons inconnus... Que ce soit Jean-le-blanc, le sorcier herboriste au grand coeur, Sarah, l'intrépide prostituée, Fata' ou encore Capello. Au contact de ces gens du voyage, surnommés la Caravane à Pépère, Gaspard apprendra la dureté de la vie, la solidarité, les révoltes sociales, les injustices. de sa plume douce et poétique, Thomas Vinau, ce conteur, dépeint une société vieille de plus de 100 ans et constate combien peu de choses ont changé. Il nous offre un roman lumineux, profondément humain, minéral et ancré dans la terre.
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TerrainsVagues
  13 janvier 2018
« C'est fini!
Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.
Fils des désespérés, tu seras un homme libre! »
Cette citation de Jules Vallès tiré de « l'insurgé » vient clore ce Camp des autres beaucoup trop tôt tant j'aurais aimé prolonger le voyage. Prolonger un voyage au coeur des mots de Thomas Vinau.
La dernière page tournée, je n'ai pas pu fermer le livre. Pas envie de défaire la valise, pas tout de suite, pas comme ça. Pas comme on passe à autre chose, nous les héritiers qui petit à petit dilapidons les combats des anciens… Alors j'ai repris une page au hasard et j'ai relu, puis une deuxième, une troisième et encore, encore, encore… un peu… s'il te plait.
Ce camp des autres, c'est celui que les gens biens, craignent, mettent à l'écart ou aimeraient effacer d'un coup d'oeillère. C'est le camp des exclus de tout horizon, des bandits de grand chemin, des déserteurs, des braconniers, des manouches, des saltimbanques, des rêveurs, des révoltés, des insoumis, des gens de rien. C'est le camp des Robin des bois dont les signes de ralliement sont synonymes de coeur et d'éthique contrairement aux apparences. C'est le camp de ceux pour qui famille est un lien du sans, un choix, une solidarité. C'est le camp de la nature, de la forêt qui accueille ce gibier de potence, le protège des puissants chasseurs bien pensant.
J'avais envie de continuer la route en compagnie de Gaspard, ce gamin chair à malheur, fuyant la noirceur et le drame de ses premières années au début du XXe siècle. Que j'aurais aimé que se prolonge la période où il prend conscience, entre crainte et fascination, que son futur ressemblera au présent de ses compagnons d'infortune. Il connaitra ses premiers instants de bonheur. Un bonheur simple, celui d'être ensemble, d'être dans le camp des autres quoi.
Pas envie de les quitter, je suis si bien avec eux, presque léger malgré le poids du destin, malgré les morsures du froid du coeur de l'homme. Il y a des chaleurs humaines qui pansent bien des plaies, qui protègent bien mieux que toutes les polices.

Inspiré de faits réels, nous sommes au début des brigades du tigre et déjà à l'époque Clemenceau envoyait la police contre les miséreux pour rassurer le bourgeois. Un siècle plus tard rien n'a changé mais je m'égare… si peu.
Quelle belle lecture. Plus qu'un livre, c'est presque un recueil de poésie où chaque portrait est tracé à la sanguine, noirci au charbon, jauni au temps qui passe. Chaque branche, chaque feuille, chaque buisson de ronces est une respiration. Chaque goutte de pluie ou de rosée, chaque souffle de vent est une caresse, un murmure.

L'écriture de Thomas Vinau est juste terrible, belle, magnifique enfin je ne sais pas si elle est très « littéraire » et je m'en tape, elle est poétique à souhait et correspond complètement à ce qui me touche, à une part de ma sensibilité. Que demander de plus? Un prochain bouquin siouplait m'sieur.
J'avais déjà été conquis avec La part des nuages, le camp des autres confirme que Thomas Vinau fait maintenant partie des auteurs dont je vais attendre les prochaines publications avec impatience.
Sinon… j'ai adoré. Merci m'sieur Vinau.
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Lolokili
  26 mai 2018
« Donc il y a des gentils qui sont méchants et des méchants qui sont gentils, la vie est une coquine confuse qui se cache dans les gris »
Hop, j'ai terminé mon petit commentaire, puisque cette simple phrase résume idéalement l'esprit de ce roman.
Nan mais j'ai quand même envie de m'attarder encore un peu dans ce Camp des autres (mon deuxième Thomas Vinau). Car ici, comme dans La part des nuages (mon premier Thomas Vinau), il y a des arbres. Plein. Toute une forêt même, abri providentiel d'un enfant en fuite, et royaume clandestin de la Caravane à Pépère, cohorte hétéroclite de marginaux, insoumis, exclus, excentriques, excommuniés, récalcitrants et autres ébréchés de l'existence en rupture de ban.
Ça grouille de vie au fond des bois, et là chaque mot de Vinau donne à les vivre, à en humer l'humus, à en effleurer les mousses.
Ça grouille de vie aussi dans la Caravane à Pépère, et c'est une galerie de portraits formidables qui se déploie par la langue inspirée de Vinau et sous les yeux d'un enfant ébloui par la puissance de cette liberté noble et farouche.
Liberté, Thomas Vinau écrit à nouveau ton nom dans les frondaisons. Et c'est encore très bon.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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lecassin
  06 février 2018
1907. Clémenceau vient de créer les « Brigades Régionales de Police Mobile », les célèbres « Brigades du tigre ». Brigades qui s'illustreront par le démantèlement de la Bande à Bonnot…
Point de bande de malfaiteurs ici. Non : juste la « caravane à Pépère », un regroupement de « chevaux de retour, de propres à rien » aurait chanté Brassens ; en fait un agrégat de traîne-savate, de gitans, trimardeurs, voleurs de poules, et Gaspard… On est à la foire de la Tremblade qui verra la première action spectaculaire des fameuses brigades.
Mais avant ça, on suit Gaspard : il s'enfuit. Il court. Il est blessé, son chien aussi, qu'il doit porter. Il se cache. Braconne… Il sera « récupéré » par une espèce de sorcier herboriste, Jean-le-blanc, avant de partir sur la route avec Sarah la belle, « belle parce qu'elle est libre… », de « la caravane à pépère ».
« Le camp des autres », mon second coup de cœur de 2018, et nous entamons tout juste février ! Ça commence fort…
« Le camp des autres », un petit bouquin dont les courts « chapitres » amènent un rythme fou : d'abord celui de la fuite de Gaspard, après un drame. Ensuite celui de la fuite devant les brigades de police chères à Clémenceau et à son compère Sébille, le tout de la forêt à l'océan…
Une découverte pour ce qui me concerne, alors qu'il s'agit du quatrième romande Thomas Vinau. Il me tarde de découvrir rapidement les précédents, de même que sa « production » poétique… Une vingtaine d'ouvrages…
L'auteur se réclame de Giono, Bosco, London… sans doute pour le côté nature…
Il évoque également Woody Guthrie … pour le côté trimardeur et révolté, probablement, Jules Vallès, aussi…
Bref : Un beau texte remarquable par le style, une histoire vraie magnifiquement menée… Un joli coup de coeur qui sent le sous-bois après la pluie ; et le vent vivifiant de la révolte sur fond de débrouille…
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critiques presse (1)
Actualitte   13 avril 2018
Une bouffée de bonheur dès les premières pages : un bonheur de lecteur exigeant comme vous l’êtes sans doute, avide de textes forts et bien tournés ! Sur six chapitres courts, mais denses, l’auteur vous attrape et ne vous lâche plus.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   14 janvier 2018
Nous Romani Tchavé on a le cœur aux pieds. Est-ce qu’au vent qui vavacre ils vont faire un carnet? A chaque route il y a une barrière, à chaque rivière un guet, les prés sont clos et les bois encagés. Des douanes et des frontières plus pourrissantes que les douves d’antan. Et quoi aux oies ils mettront un passeport, et aux ours un tampon, et la laisse à nos mères comme à des chiens errants? On bouchonne leurs artères. Soi-disant qu’on menace le brave avec nos tours de cartes, nos bêtes funambules et nos langues de loin? Soi-disant qu’on est tout le mal et toute la peste, et toute la bêtise des bêtes. Des chaines à la musique et des fers à la magie. Moi j’ai jamais vu de diable en roulotte! La vérité c’est qu’ils nous craignent comme des mioches enfiévrés et qu’ils dressent leurs hauts murs pour nous donner le pas à défaut de pain blanc. Ils nous craignent et ils nous admirent, comme un prêtre devant le mérens sauvage, ou une bourgeoise chapeau fleuri et joues empourprées devant nos têtes de turcs et nos jeux de baraques? Nous Romani Tchavé nous sommes le rouge qui monte aux joues des pucelles du monde. Nous sommes l’éclair de la lumière sur la peau du serpent. Sainte Madeleine et sainte Sarah protègent nos petits bouts! Nous sommes le chemin dans leurs rêves trop courts. Et la faim et la gale et la crève. Ah ça c’est bon pour nous! Qu’on est une meute de loups, de nègres et d’apaches à blanchir au ripolin! Qu’on est le vice et la rapine, la crasse et le blasphème, la souris dans le grain! Vous savez pourquoi ils ont peur? Parce que nous sommes les vrais pénitents du monde, enfants des pharaons et des juifs errants, la parole du bon Dieu, c’est dans nos plaies qu’elle se recueille. On en fait des chansons.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   08 janvier 2018
La clarté que l'on nous refuse nous la volerons avec le feu. Nous coiffons la nuit au poteau. Nous rallumons les nues. Nous sommes la suie qui ne mérite pas l'azur. Nous sommes la chair rouge des braises. La petite viande perdue. Au début le sang et le feu ont la même couleur. Au début seulement. Ensuite il ne reste que la nuit. Il y a des oiseaux qui n'ont pas droit au ciel. Ils le voleront. Nous partagerons de force. Nous prendrons ce qu'on nous refuse. Nous sommes la faim des flammes. Le feu qui se tord. Le feu affamé d'air. L'esprit affamé de la justice. Nous sommes les flammes sans lumière. C'est la nuit que nous voyons le mieux, car c'est elle qui nous accueille. C'est le noir qui nous éclaire. La nuit est notre règne, la forêt notre patrie. Nous sommes les fils des bois perdus, de la route, de la boue des chemins. Nous sommes les fauves en exil. Les apatrides. Les moins que chien. Nous sommes les rats et les renards, les hérissons, les ailes tranchantes de grand-duc. Nous sommes les yeux de la mule aux flancs lacérés. La chair à canon et à usine, la viande pour leurs grosses dents. Nous sommes les invisibles, le choléra, le nègre, l'ongle noir de Satan. Nous sommes la famille de vos sacrifices, les cornus, les sauvages, les bouffeurs d'ombre, les récalcitrants. Nous sommes le vent qui souffle sur les braises, les morts pour rien dans la brume de l'Empire, la rage des chiens. Venez avec moi, je vous offre l'outrage, le brûlure, la ruade, le galop. Je vous offre la liberté des flammes sans lumière.
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Dionysos89Dionysos89   16 mai 2018
Ils ont continué à parler à l’aplomb cru du soleil de mai. Ils ont continué à jongler leurs méfiances, leurs silences, leurs regards, sans jamais être certains de savoir s’ils jouaient finalement dans la même équipe ou l’un contre l’autre. Jean-le-blanc a respecté les distances de sécurité le temps qu’il fallait pour que l’enfant se rende compte qu’ils étaient déjà ensemble à parler la même langue. Mais rien ne put et ne pourrait jamais faire disparaître les deux pas de recul au fon des yeux de Gaspard, cet arrière-goût dans la bouche, cette manière particulière de poser son corps sans être jamais vraiment en sûreté. Une attitude que l’homme partageait avec l’enfant tout comme le bâtard, tout comme le furet, tout comme chaque être qui a eu un jour à tremper sa langue dans la cruauté des autres. Cette impression qu’inéluctablement bientôt, la douceur de la pause cesserait et l’entourloupe pointerait son nez. Ce qui-vive de bête blessée. Jean-le-blanc a utilisé des mots simples, pour dire des choses simples. Il a dit J’ai choisi un camp. Le camp de ceux dont on ne veut pas. Le camp des nuisibles, des renards, des furets, des serpents, des hérissons. Le camp de la forêt. Le camp de la route et des chemins aussi. De ceux qui vivent sur les chemins. De la trime et de la cloche. Des romanichels et des bohémiens. Ceux qui parlent aux bêtes et aux nuits. Ceux qui n’ont pas peur de la lune. Ceux qui dressent l’indressable et apprivoisent l’inapprivoisable. Ceux qui connaissent la langue des fantômes. Le secret des plantes et des champignons. Les chants païens et antiques. Les proscris aussi. Les fuyards. Les insoumis. Les orphelins. Je viens d’un pays près d’Avignon. J’ai le sang mêlé. Mon père était un gitan. Ma mère une paysanne. J’ai fait tous les métiers de la route. Ferblantier, rémouleur, rempailleur, montreur d’ours, colporteur, musicien et acteur. J’ai travaillé dans les champs d’olive et dans les mines de houille. Je sais soigner ou tuer avec les plantes. J’ai marché de l’Espagne à la Hollande. Mon père croyait en la Vierge noire, ma mère en la Vierge Marie. Les deux ont été tués par des hommes. Aujourd'hui je vis là. Je suis un bâtard libre. Je ne suis d’aucun camp et ceux qui ne sont d’aucun camp sont les bienvenus ici.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   11 janvier 2018
Il y a quelque chose qui brûle qui n’est pas le jour. Il y a quelque chose qui naît dans les langes souillés du monde. Là où la terre et le ciel ont fait leur petite affaire. Une flamme sans lumière. Saisie dans le sang. Forgée de rosée. Glaireux et sublime. Puis un cri arrive. Le premier souffle est un premier cri. La douleur est une couverture. La caresse une morsure. Le temps quelque part en bas commence sa grouillance. L’eau pleine de sang de l’aurore. L’eau du bain sale. On nous a jetés là. Rats sans poils. Cauchemars à chair rose frissonnant déjà de perpétuelle perte. On nous a jetés là. A vos pieds. Nos pères ont dévoré nos mères. Nous sommes un élevage de vers pour la soie de vos gilets. Vous nous élevez comme de la viande. Vous suçotez notre jus noir pour une nouvelle couche de graisse. Nous sommes le détail de la farce. Je connais le bruit que font vos bouches lorsque vous nous mâchez. Je connais vos mensonges. Des couches et des couches de graisse. Un oignon de saindoux suant. Une charogne qui se digère. Même les porcs n’en font pas autant. Dans l’auge nous pataugeons. Et quoi? Votre guerre. Votre champ. Votre messe. Votre progrès, votre empereur, votre république. Rien n’est à nous à part le vent dans les ventres et le noir dans les dents. Nos enfants viendront au monde avec des canines plein la gueule. Nous avons faim et c’est vous que nous mangerons.
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AllantversAllantvers   03 février 2018
Ce qui grouille, ce qui fouille, ce qui bondit, ce qui se déploie, ce qui attaque, ce qui ronge, ce qui creuse, ce qui mord, ce qui broie est à la forêt. L'argent mort de la lune est à la forêt. La glaise, le vent, la brume et la rosée, toutes les obscurités appartiennent à la forêt. Elle est le foyer de tous ceux qui n'en ont pas. De tous les chassés, les fuyard, les proies. (...) Longtemps elle a été l'ennemie des hommes, son piège, sa mère cruelle. Il s'en est extrait en s'unissant, à force de courage et de lutte, pour se déployer sous le ciel, à découvert. Il est devenu son conquérant. De ça comme du reste. Il l'a coupée en morceaux, l'a exploitée, l'a annihilée, a tenté de la domestiquer comme une vache. Mais la forêt n'a jamais perdu ses propres règles, son propre règne,, son ventre de nuit sauvage. Elle est restée le souffle archaïque de nos cycles, l'haleine musquée de nos origines, la reine ombragée du vivant, la ruade. Nous nous sommes tenus à l'écart pour inventer nos propres nuits, nos propres lois de bêtes orphelines, nos merveilles, nos désastres, nos propres dieux, et nos propres monstres, sans jamais cesser de la craindre avec vénération. Elle est alors devenue le refuge de ceux qui se refusaient à l'homme, et de tous ceux que l'homme refusait. Elle est l'autre camp. Le camp des autres.
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Une lecture de Thomas Vinau.
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