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ISBN : 2264061685
Éditeur : 10-18 (21/08/2014)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 195 notes)
Résumé :
Un jeune couple s'installe dans une maison en apparence abandonnée. Leur idée ? La rénover. Tandis qu'elle chantonne et jardine, lui, à pas prudents, essaie - en remuant les murs et la poussière - de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu'il habita enfant, avant que la mort soudaine de son père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d'herbes folles et de rivière, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  20 juillet 2018
De la chaise longue où je me suis installée sous le tilleul, je les regarde, lui et elle, rafistoler cette maison familiale laissée à l'abandon depuis des années. Jolie maison aux dimensions harmonieuses, construite pour durer longtemps et abriter des générations de familles aux enfants turbulents.
Des tuiles sont de guingois, la peinture est partie en lambeaux, l'appentis ne tient plus debout que de mémoire ou grâce à l'enchevêtrement des toiles d'araignées.
Plus loin, jouxtant le jardin rendu à son état sauvage, la rivière, la rivière poissonneuse dans laquelle son père lui avait appris, ainsi qu'à son frère, comment placer les nasses, lancer les lignes et se tenir d'aplomb pour ne pas être emporté par le courant. Car elle coule tranquille en apparence mais cache des remous tumultueux remplis de souvenirs et de blessures.
Pourquoi donc ce départ, pourquoi donc ce retour ? Rien ne le dit vraiment. de temps à autre, deux trois mots esquissés laissent supposer un malheur, un chagrin, une fragilité, une difficulté à vivre pleinement.
Lui a décidé de se donner une nouvelle chance, de réparer ce qui doit l'être, d'ôter ce qui est mort ou envahissant, de faire entrer la lumière et d'alléger son quotidien. Elle, aimante, complice, pleine d'entregent et de courage, ponce, peint, recycle, part à la découverte des environs, échange quelques mots avec la voisine, sauve un ragondin du dépeçage de sa fourrure, rencontre une adorable petite fille handicapée, apprend le nom des arbres, fait mijoter de délicieuses potées avec les plantes aromatiques du potager. Ici ça va.
Tout ce petit livre simple, pudique, silencieux, raconte à pas feutrés l'histoire d'une réparation, d'un retour sur soi, sur l'enfance, sur les blessures qu'emporte l'eau. Et puis, un jour, le frère arrive avec femme et enfants, les sourires renaissent francs, naturels, heureux. Ici ça va ne connaît pas de happy end mais tend vers une paix croisée, authentique. Superbe.
Je ne connaissais pas Thomas Vinau. Quelle simplicité, quelle richesse ! Je le découvre grâce aux chroniques de Terrains Vagues et de Michfred qui m'ont attirée comme une coulée de miel doré.
Tous ces courts moments de vie et de réappropriation laissent beaucoup d'espaces blancs qui, à pratiquement chaque page, ont enflammé mon inspiration. Si j'étais douée pour le dessin, j'aurais rempli ces vides de jolies couleurs, d'arbres, d'animaux, de nids, de ciel, de croisillons de fenêtres, de profils d'elle et de lui. Ici ça va, la formule prend tout son sens.
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marina53
  26 janvier 2015
Avec Ema, il vient tout juste d'emménager dans la maison de son enfance. Une maison encore emplie de silences, de poussière, de toiles d'araignée et de souvenirs. Elle ne demande qu'à être retapée, nettoyée, fleurie, embaumée pour être à nouveau vivante, à l'instar de ce jeune couple. Lui, être fragile, sent qu'il peut à tout moment perdre pied. La mort soudaine de son papa l'a ébranlé. Mais la vie est là, à ses pieds. Il suffit juste de se pencher pour la cueillir. La pêche, la visite de la voisine, le sauvetage d'un ragondin, la visite du frère, autant de moments qui réenchantent la vie...
D'une grande et sincère simplicité, Thomas Vinau nous offre une parenthèse enchantée. de la poésie et un brin de magie se dégage de ce roman dans lequel l'auteur joue avec les mots, nous plonge dans cette rivière et nous aide à panser nos blessures du quotidien. Celles du narrateur sont juste devinées, il n'y a pas besoin de mots parfois pour les décrire. On les ressent, c'est bien là l'essentiel. La maison de son enfance et Ema, qu'il aime regarder jardiner, seront un nouveau départ pour lui. Chaque instant est vécu avec intensité. Thomas Vinau, de par son écriture poétique et maîtrisée, décrit des moments tout simples avec subtilité et intensité. L'on referme ce roman tout doucement comme l'on referme la porte de cette maison et l'on s'éclipse sur la pointe des pieds, de peur de voir le bonheur s'envoler...
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TerrainsVagues
  12 mars 2018
Ici ça va, merci.
Pas un meurtre, pas d'intrigue politicofinansexuelle, pas de tortionnaire ni de sérial taré, pas de fin du monde, pas d'égotique, pas d'épouvante, pas de questions existentielles ni de guerres, pas de pathos ni de tragique, pas de lutte de pouvoir, pas de pouvoir du tout c'est encore mieux, pas de superflu dernier cri, pas de trou dans la couche d'ozone, pas d'accident, pas de sang de pleurs de cris, pas de naufrage, pas d'emprisonnement, pas de flics, pas de militaires, pas de psys, pas de multinationales, pas d'argent, pas d'enquêtes, pas d'extra terrestres ni de méchants envahisseurs ni de savants fous, pas de nasillons ni de fachos, pas de bobos, pas de télé ni de journaux, pas d'enfants martyrs ni d'enfants soldats, aucun tremblement de terre ni volcan en éruption, pas de tsunami, pas de tempête de tornade de cyclone d'inondation, pas de terroristes , pas de religions, pas d'injustices pas de camps, pas d'espionnage, pas de dictature ni de génocide, pas de crimes passionnels ni de chagrin d'amour, pas de divorce, de garde d'enfant, pas de juges ni de procès, pas d'humiliations ni d'esclavage ni asservissement, pas de viol ni torture, pas de psychopathes de psychorigides de psychoses, pas de…
Euh… vous êtes toujours là? Non parce qu'en général pour capter le lecteur il faut un truc qui fasse sensation, on se fout de ce qui va bien. Pire, souvent ça en rend certains agressifs.

Donc ici tout va bien, très bien même. de l'amour en barre saupoudré de petits bonheurs quotidiens tout simples, le tout baignant dans un océan de poésie.
Ici ça va et si les souvenirs de Thomas font parfois l'école buissonnière, sa reconstruction cimentée par l'amour d'Ema et par leur complicité, fait de ce livre une petite merveille prenant à contre pied certaines de nos préoccupations quotidiennes qui nous font trop souvent passer à coté d'un p'tit truc anodin qui pour peu qu'on lui jette un regard différent, ou un regard tout court, a tout pour nous ensoleiller une journée.

Ici ça va, c'est un petit journal, quelques instantanés où perfuse la paix, la sérénité. Rien de spirituel là dedans, c'est du bio, du vrai, du naturel, comme une respiration. Des billets courts et intenses d'émotions simples et tellement belles.
Ici ça va, il n'y a qu'enchantement, joie, plaisir, délice, calme, gaité, charme, grâce, poésie…
Euh… vous êtes toujours là?
Donc les trains qui arrivent à l'heure ça vous intéresse?
Alors n'hésitez pas une seconde, foncez. Ce bouquin est un Sourire. XXL le sourire.
Merci m'sieur Vinau, une fois de plus.
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michfred
  17 février 2018
D'abord j'ai aimé le titre.
Parce qu'il me mettait aussitôt dans la tête une chanson d'Arthur H que j'adore , qui s'appelle je crois le Chercheur d'Or mais dont le refrain est " Ici ça va"...
"Ici ça va,", dit Thomas Vinau lui-même, "est une lettre du front. C'est par ces mots que je commencerais une lettre si j'étais loin, que j'allais bien et que je voulais rassurer quelqu'un".
Une longue lettre, un court récit.
La chronique pudique et poétique d'une reconstruction, après un accident, une dépression, un choc, un deuil...on ne sait pas, et là n'est pas le propos.
Pas de confidence pathétique, pas d'exhibition narcissique, pas d'enlisement névrotique, pas de marasme dépressif.
Juste des gestes de réparation- un toit qui fuit, une cabane qui brinquebale, un couteau qui rouille- , des gestes généreux -semer, délivrer, rassurer- , des gestes qui entretiennent - élaguer, débroussailler, cueillir.
Une certitude: Ema, son amour, son rire, sa confiance. Et tout redevient promesse, élan, chanson. Renaissance.
Un seul lieu: ici, au bord de la rivière d'une enfance perdue, oubliée, enfouie dans un entrelacs de broussailles et de souvenirs.
Thomas Vinau est unique pour donner des ailes à la tristesse, pour la faire envoler, légère, dans la vibration d'une rencontre -un vigneron, une petite fille sourde- , dans la chaleur des affections - celle d'un frère qui revient, celle d'un chien qui vadrouille.
Autant la tristesse d'un Olivier Adam plombe, poisse et s'apesantit, autant celle de Thomas Vinau féconde, caresse et s'évapore en rosée tendre, irisant le monde tout autour.
Car derrière elle, il y a une joie. Pas bébête, pas béate, pas benête.
Une joie faite de petits riens, de moments précieux et fragiles. Petites perles de rien du tout. de quoi se faire un collier.
Un grand collier d'air, comme disait joliment Aragon.

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Sirenna
  24 décembre 2018
Rien à cacher,
Rien à perdre,
Rien à attendre.

Une vie faite de tous ces petits Riens
Qui pourtant :
reconstruisent,
bâtissent,
cicatrisent les
blessures du passé…
A pudeur délicate,
A quotidien ouvert,
Vinau nous raconte
Un père qui n'est plus.
Juste se rapproprier
Cette maison dont il faut
S'occuper ensemble
Pour la brandir comme
Un victoire sur son
Passé et ses blessures.
Suivre ce chemin de reconstruction
Pierre par pierre.
Une maison d'enfance qui
Permet d'enlever l'armure de son âme ‘mure
D'enlever ses masques,
Qui lui marque la vie de
Bal'hiver'ne(s) …
Il clos ce carnaval des
Faux semblants,
Faux-fuyants,
Faux vivants…
Dans l'enclos des fétichismes de mots .
Il laissé aller,
Il laisse partir,
En étant divinement présent à sa vie
Dans ce carpe diem de chaque instant,
Il ne retiens pas la virtualité virtuose
Des mots qui ne veulent plus
rien dire
A part l'impératif du :
Vire'tu'oses?
Vie et ose ?
Oui c'est ça ...
Vie en rose
En couple avec Ema
Un projet en commun…
Égrener ce temps que conte si bien Vinau
Celui qu'il mature au fil des actions toute simple
Dans cet ailleurs qui l'accueille .
Libre de son authenticité
Qui se déploie avec force et émotion
Et imprègne ce livre de pétales de délicatesse !
Plaisir maximum que de se faufiler dans
Les interstices de ces mots dans lesquels
je me suis engouffrée avec passion
loin de ces vies insipides, ennuyeuses et blessées
qui blasent… quand on n'a pas le plaisir de lire Vinau ^^
(à mettre absolument dans la hotte du père Noël ce soir )^^

PS : un grand merci à TerrainsVagues qui m'a confié ce livre-trésor !
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Citations et extraits (100) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   26 janvier 2015
Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y a un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris.
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ssstellassstella   25 novembre 2018
Aujourd'hui je veux faire attention à ce que je vois. À ce que je touche. À ce que je goûte. Aux variations de lumière. Aux odeurs. Aux mots. Tout à l'heure je suis allé à la pharmacie du village. Les enfants sortaient de l'école. Leurs cris remplissaient tout l'espace. Tout le ciel. Devant moi une petite fille racontait l'histoire d'un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je les ai suivis tranquillement jusqu'à la fin de l'histoire. Du coup je me suis retrouvé à la boulangerie. J'y ai acheté des tartes au citron. Ema adore les tartes au citron.
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NadaelNadael   31 août 2012
Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y a un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris. Si tôt. La perte. Le peu de fois où je l'ai oublié, le boomerang m'est revenu dans les dents. (…) La confiance ne se déclame pas. Il faut l'apprendre. Tout doucement. Il faut que quelqu'un d'autre vous l'apprenne. À grands coups de demains et de câlins.
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ClaireGClaireG   20 juillet 2018
Certains humains sont plus doués que d’autres. Certains sont faits pour accomplir. D’autres pour détruire. D’autres pour sauver. Mais la plupart des humains ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Ils sont là, beaux et inutiles comme des anachronismes. Comme des cheveux sur la tête d’un caillou.

p. 80
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   09 octobre 2018
Savez-vous à quel point il est dur de sauver quoique ce soit ? Ema s'y applique avec dévotion. Elle fait ça très bien. Dans une vraie harmonie entre ce qu'elle est au fond d'elle-même et ce qu'elle construit. Certains humains sont plus doués que d'autres dans ce domaine. Certains sont faits pour accomplir. D'autres pour détruire. D'autres pour sauver. Mais la plupart des hommes ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Ils sont là, beaux et inutiles comme des anachronismes. Comme des cheveux sur la tête d'un caillou. Heureusement, certains d'entre nous sont des anomalies capables de tendresse et de curiosité. C'est ce qui fait que rien n'est écrit. Et qu'un rongeur rose et aveugle peut prétendre à la vie. Malgré les chiens. Malgré l'hiver.
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