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ISBN : 2264061685
Éditeur : 10-18 (21/08/2014)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 191 notes)
Résumé :
Un jeune couple s'installe dans une maison en apparence abandonnée. Leur idée ? La rénover. Tandis qu'elle chantonne et jardine, lui, à pas prudents, essaie - en remuant les murs et la poussière - de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu'il habita enfant, avant que la mort soudaine de son père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d'herbes folles et de rivière, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  20 juillet 2018
De la chaise longue où je me suis installée sous le tilleul, je les regarde, lui et elle, rafistoler cette maison familiale laissée à l'abandon depuis des années. Jolie maison aux dimensions harmonieuses, construite pour durer longtemps et abriter des générations de familles aux enfants turbulents.
Des tuiles sont de guingois, la peinture est partie en lambeaux, l'appentis ne tient plus debout que de mémoire ou grâce à l'enchevêtrement des toiles d'araignées.
Plus loin, jouxtant le jardin rendu à son état sauvage, la rivière, la rivière poissonneuse dans laquelle son père lui avait appris, ainsi qu'à son frère, comment placer les nasses, lancer les lignes et se tenir d'aplomb pour ne pas être emporté par le courant. Car elle coule tranquille en apparence mais cache des remous tumultueux remplis de souvenirs et de blessures.
Pourquoi donc ce départ, pourquoi donc ce retour ? Rien ne le dit vraiment. de temps à autre, deux trois mots esquissés laissent supposer un malheur, un chagrin, une fragilité, une difficulté à vivre pleinement.
Lui a décidé de se donner une nouvelle chance, de réparer ce qui doit l'être, d'ôter ce qui est mort ou envahissant, de faire entrer la lumière et d'alléger son quotidien. Elle, aimante, complice, pleine d'entregent et de courage, ponce, peint, recycle, part à la découverte des environs, échange quelques mots avec la voisine, sauve un ragondin du dépeçage de sa fourrure, rencontre une adorable petite fille handicapée, apprend le nom des arbres, fait mijoter de délicieuses potées avec les plantes aromatiques du potager. Ici ça va.
Tout ce petit livre simple, pudique, silencieux, raconte à pas feutrés l'histoire d'une réparation, d'un retour sur soi, sur l'enfance, sur les blessures qu'emporte l'eau. Et puis, un jour, le frère arrive avec femme et enfants, les sourires renaissent francs, naturels, heureux. Ici ça va ne connaît pas de happy end mais tend vers une paix croisée, authentique. Superbe.
Je ne connaissais pas Thomas Vinau. Quelle simplicité, quelle richesse ! Je le découvre grâce aux chroniques de Terrains Vagues et de Michfred qui m'ont attirée comme une coulée de miel doré.
Tous ces courts moments de vie et de réappropriation laissent beaucoup d'espaces blancs qui, à pratiquement chaque page, ont enflammé mon inspiration. Si j'étais douée pour le dessin, j'aurais rempli ces vides de jolies couleurs, d'arbres, d'animaux, de nids, de ciel, de croisillons de fenêtres, de profils d'elle et de lui. Ici ça va, la formule prend tout son sens.
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marina53
  26 janvier 2015
Avec Ema, il vient tout juste d'emménager dans la maison de son enfance. Une maison encore emplie de silences, de poussière, de toiles d'araignée et de souvenirs. Elle ne demande qu'à être retapée, nettoyée, fleurie, embaumée pour être à nouveau vivante, à l'instar de ce jeune couple. Lui, être fragile, sent qu'il peut à tout moment perdre pied. La mort soudaine de son papa l'a ébranlé. Mais la vie est là, à ses pieds. Il suffit juste de se pencher pour la cueillir. La pêche, la visite de la voisine, le sauvetage d'un ragondin, la visite du frère, autant de moments qui réenchantent la vie...
D'une grande et sincère simplicité, Thomas Vinau nous offre une parenthèse enchantée. de la poésie et un brin de magie se dégage de ce roman dans lequel l'auteur joue avec les mots, nous plonge dans cette rivière et nous aide à panser nos blessures du quotidien. Celles du narrateur sont juste devinées, il n'y a pas besoin de mots parfois pour les décrire. On les ressent, c'est bien là l'essentiel. La maison de son enfance et Ema, qu'il aime regarder jardiner, seront un nouveau départ pour lui. Chaque instant est vécu avec intensité. Thomas Vinau, de par son écriture poétique et maîtrisée, décrit des moments tout simples avec subtilité et intensité. L'on referme ce roman tout doucement comme l'on referme la porte de cette maison et l'on s'éclipse sur la pointe des pieds, de peur de voir le bonheur s'envoler...
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TerrainsVagues
  12 mars 2018
Ici ça va, merci.
Pas un meurtre, pas d'intrigue politicofinansexuelle, pas de tortionnaire ni de sérial taré, pas de fin du monde, pas d'égotique, pas d'épouvante, pas de questions existentielles ni de guerres, pas de pathos ni de tragique, pas de lutte de pouvoir, pas de pouvoir du tout c'est encore mieux, pas de superflu dernier cri, pas de trou dans la couche d'ozone, pas d'accident, pas de sang de pleurs de cris, pas de naufrage, pas d'emprisonnement, pas de flics, pas de militaires, pas de psys, pas de multinationales, pas d'argent, pas d'enquêtes, pas d'extra terrestres ni de méchants envahisseurs ni de savants fous, pas de nasillons ni de fachos, pas de bobos, pas de télé ni de journaux, pas d'enfants martyrs ni d'enfants soldats, aucun tremblement de terre ni volcan en éruption, pas de tsunami, pas de tempête de tornade de cyclone d'inondation, pas de terroristes , pas de religions, pas d'injustices pas de camps, pas d'espionnage, pas de dictature ni de génocide, pas de crimes passionnels ni de chagrin d'amour, pas de divorce, de garde d'enfant, pas de juges ni de procès, pas d'humiliations ni d'esclavage ni asservissement, pas de viol ni torture, pas de psychopathes de psychorigides de psychoses, pas de…
Euh… vous êtes toujours là? Non parce qu'en général pour capter le lecteur il faut un truc qui fasse sensation, on se fout de ce qui va bien. Pire, souvent ça en rend certains agressifs.

Donc ici tout va bien, très bien même. de l'amour en barre saupoudré de petits bonheurs quotidiens tout simples, le tout baignant dans un océan de poésie.
Ici ça va et si les souvenirs de Thomas font parfois l'école buissonnière, sa reconstruction cimentée par l'amour d'Ema et par leur complicité, fait de ce livre une petite merveille prenant à contre pied certaines de nos préoccupations quotidiennes qui nous font trop souvent passer à coté d'un p'tit truc anodin qui pour peu qu'on lui jette un regard différent, ou un regard tout court, a tout pour nous ensoleiller une journée.

Ici ça va, c'est un petit journal, quelques instantanés où perfuse la paix, la sérénité. Rien de spirituel là dedans, c'est du bio, du vrai, du naturel, comme une respiration. Des billets courts et intenses d'émotions simples et tellement belles.
Ici ça va, il n'y a qu'enchantement, joie, plaisir, délice, calme, gaité, charme, grâce, poésie…
Euh… vous êtes toujours là?
Donc les trains qui arrivent à l'heure ça vous intéresse?
Alors n'hésitez pas une seconde, foncez. Ce bouquin est un Sourire. XXL le sourire.
Merci m'sieur Vinau, une fois de plus.
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michfred
  17 février 2018
D'abord j'ai aimé le titre.
Parce qu'il me mettait aussitôt dans la tête une chanson d'Arthur H que j'adore , qui s'appelle je crois le Chercheur d'Or mais dont le refrain est " Ici ça va"...
"Ici ça va,", dit Thomas Vinau lui-même, "est une lettre du front. C'est par ces mots que je commencerais une lettre si j'étais loin, que j'allais bien et que je voulais rassurer quelqu'un".
Une longue lettre, un court récit.
La chronique pudique et poétique d'une reconstruction, après un accident, une dépression, un choc, un deuil...on ne sait pas, et là n'est pas le propos.
Pas de confidence pathétique, pas d'exhibition narcissique, pas d'enlisement névrotique, pas de marasme dépressif.
Juste des gestes de réparation- un toit qui fuit, une cabane qui brinquebale, un couteau qui rouille- , des gestes généreux -semer, délivrer, rassurer- , des gestes qui entretiennent - élaguer, débroussailler, cueillir.
Une certitude: Ema, son amour, son rire, sa confiance. Et tout redevient promesse, élan, chanson. Renaissance.
Un seul lieu: ici, au bord de la rivière d'une enfance perdue, oubliée, enfouie dans un entrelacs de broussailles et de souvenirs.
Thomas Vinau est unique pour donner des ailes à la tristesse, pour la faire envoler, légère, dans la vibration d'une rencontre -un vigneron, une petite fille sourde- , dans la chaleur des affections - celle d'un frère qui revient, celle d'un chien qui vadrouille.
Autant la tristesse d'un Olivier Adam plombe, poisse et s'apesantit, autant celle de Thomas Vinau féconde, caresse et s'évapore en rosée tendre, irisant le monde tout autour.
Car derrière elle, il y a une joie. Pas bébête, pas béate, pas benête.
Une joie faite de petits riens, de moments précieux et fragiles. Petites perles de rien du tout. de quoi se faire un collier.
Un grand collier d'air, comme disait joliment Aragon.

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berni_29
  29 août 2018
Ici ça va est une histoire faite de presque rien. Et pourtant des mots nous viennent à chaque détour des pages avec une poésie émouvante et une force insoupçonnée.
Le narrateur emménage avec sa compagne Ema dans une très vieille maison à la campagne, qui n'a pas été habitée depuis longtemps. Le choix du lieu n'est pas anodin, c'est un endroit qui resurgit de l'enfance du narrateur. C'est un endroit qui s'éveille du sommeil du passé, quelque chose remonte peu à peu comme l'écho d'un caillou jeté au fonds d'un puits.
Il y a ce père qui n'est plus et qui fut là. La perte d'un père redevient quelque chose de douloureux lorsqu'on réveille les souvenirs d'une vieille maison.
Restaurer cette vieille bicoque est le projet qui anime le couple. Aux premières pages du livre nous sentons à fleur de peau la fragilité du narrateur.
Restaurer une vieille maison, c'est un peu comme réapprendre à marcher.
Réapprendre la confiance.
Ne plus perdre pied.
Apprendre ici à recommencer.
Il y a une harmonie entre ce qui est au fond d'eux et ce qu'ils veulent construire, une vie, un couple, une maison, leur histoire.
Fouiller, débroussailler, chercher une rivière dans la végétation épaisse de la forêt.
Ils remuent les pierres et la poussière, écartent les ronces sauvages, soulèvent des toiles d'araignée comme des rideaux, entrent dans les secrets de leurs plis.
Le bruit de la rivière remonte peu à peu à eux comme une résurgence.
L'existence est fragile à chaque pas que nous déroulent les pages de ce livre. Nous avançons entre l'innocence et la gravité du jour.
Au début ils avancent à tâtons, un peu comme nous d'ailleurs dans ce texte. À chaque instant le narrateur sait qu'il peut encore perdre pied.
Mais la joie de ce livre est belle et simple. Elle convoque l'oeil, la main, le coeur. Réapprendre des gestes. Les apprivoiser.
Sauver un bébé ragondin des crocs acérés des chiens.
Pêcher à la mouche.
Ce livre est une résilience, un retour à la lumière.
Le narrateur est maladroit, n'est pas fait pour les travaux d'une maison. Qu'importe.
Il apprend à ne plus se plaindre. Rire de plus en plus fort. Il s'éveille à l'enchantement d'une maison qui se réveille en même temps que lui.
J'ai aimé notamment ce passage où il s'apprête à entrer dans une pharmacie, il est brusquement distrait par des enfants qui se racontent l'histoire d'un lapin à lunettes. Il suit leurs voix comme un cours d'eau qui l'amène à la boulangerie. Alors il reviendra à la maison avec des tartes au citron.
Peu à peu, la maison lui redevient familière, telle qu'il la connaissait quand il était enfant.
Mais brusquement un rien peut le bouleverser, comme une entaille dans un mur telle une blessure qui surgit dans les souvenirs.
Ce livre où le temps semble immobile m'a fait penser à différents endroits à une chanson de Nino Ferrer, la Maison près de la fontaine.
Il y a une petite fille dont le rire en cascade vient se mélanger au visage tout fripé d'un vieil homme.
Un chien aboie au loin.
Nous continuons de soulever des toiles d'araignée comme des pans du passé. Les saisons viennent l'une après l'autre.
En contrebas, il y a cette rivière qui revient comme un écho de l'enfance, rappelle sans cesse le père.
C'est un livre qui appelle le matin, qui appelle des gestes.
Lorsque le frère du narrateur vient rendre visite au couple dans la maison, il y a alors cette très jolie interrogation : est-ce que les souvenirs peuvent se prêter ?
C'est un livre sensuel fait de pleins et de deliés. Le vide n'est rien qu'une courbe, un manque à combler.
Thomas Vinau est un poète, un peintre des mots et des images. Dans ses phrases, un cours d'eau devient un chant, une musique où plonger les mains.
C'est le second livre que je lis de cet auteur, après l'avoir découvert par ce premier récit poétique : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux. Je trouve que les deux textes se suivent et se complètent avec harmonie. Il me tarde déjà de venir à la rencontre d'autres lectures de cet auteur à l'écriture très sensible.
Parfois il nous vient cette question : comment apaiser la blessure d'un parent ou d'un ami ? Ce récit très court est peut-être un livre à offrir et à partager à celles et ceux parmi nos proches qui ont parfois trébuché et veulent revenir à la lumière.
Au fond, chronique après chronique, nous ne cessons de répéter inlassablement la même litanie, celle que les livres peuvent vraiment prendre soin de nous.
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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   25 novembre 2018
Aujourd'hui je veux faire attention à ce que je vois. À ce que je touche. À ce que je goûte. Aux variations de lumière. Aux odeurs. Aux mots. Tout à l'heure je suis allé à la pharmacie du village. Les enfants sortaient de l'école. Leurs cris remplissaient tout l'espace. Tout le ciel. Devant moi une petite fille racontait l'histoire d'un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je les ai suivis tranquillement jusqu'à la fin de l'histoire. Du coup je me suis retrouvé à la boulangerie. J'y ai acheté des tartes au citron. Ema adore les tartes au citron.
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marina53marina53   26 janvier 2015
Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y a un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris.
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NadaelNadael   31 août 2012
Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y a un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris. Si tôt. La perte. Le peu de fois où je l'ai oublié, le boomerang m'est revenu dans les dents. (…) La confiance ne se déclame pas. Il faut l'apprendre. Tout doucement. Il faut que quelqu'un d'autre vous l'apprenne. À grands coups de demains et de câlins.
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ClaireGClaireG   20 juillet 2018
Certains humains sont plus doués que d’autres. Certains sont faits pour accomplir. D’autres pour détruire. D’autres pour sauver. Mais la plupart des humains ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Ils sont là, beaux et inutiles comme des anachronismes. Comme des cheveux sur la tête d’un caillou.

p. 80
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   09 octobre 2018
Savez-vous à quel point il est dur de sauver quoique ce soit ? Ema s'y applique avec dévotion. Elle fait ça très bien. Dans une vraie harmonie entre ce qu'elle est au fond d'elle-même et ce qu'elle construit. Certains humains sont plus doués que d'autres dans ce domaine. Certains sont faits pour accomplir. D'autres pour détruire. D'autres pour sauver. Mais la plupart des hommes ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Ils sont là, beaux et inutiles comme des anachronismes. Comme des cheveux sur la tête d'un caillou. Heureusement, certains d'entre nous sont des anomalies capables de tendresse et de curiosité. C'est ce qui fait que rien n'est écrit. Et qu'un rongeur rose et aveugle peut prétendre à la vie. Malgré les chiens. Malgré l'hiver.
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Une lecture de Thomas Vinau.
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