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Bella Arman (Traducteur)
ISBN : 2221099389
Éditeur : Robert Laffont (03/01/2008)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 93 notes)
Résumé :
"Je me demandais dans le taxi si je n'étais pas trop habillée pour la soirée quand j'ai aperçu maman en train de fouiller dans une benne à ordures. (...) Elle s'était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle pendant que son chien, un terrier croisé noir et blanc, jouait à ses pieds. (...) En dépit de ses cheveux gris emmêlés et de ses yeux creusés, elle me rappelait encore la mère de mon enfa... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
litolff
01 juin 2012
Une enfance hors du commun : c'est le moins qu'on puisse dire à la lecture de celle de Jeannette Walls, journaliste et chroniqueuse mondaine à New York.
Des parents aimants mais totalement mais aimants, intelligents mais immatures, excentriques et égocentriques, drôle de passeport pour élever quatre enfants dans les années 60 en Arizona ! C'est pourtant dans ce climat que se déroule l'enfance non-conformiste et non paisible de Jeannette Walls et de ses frères et soeurs, en Arizona d'abord, puis au Nevada et en Virginie de l'Ouest.
Des parents qui ont résolument opté pour le rejet de la société de consommation, la vie proche de la nature, la liberté de vivre et de penser : le père, ancien pilote de chasse, Géo Trouvetout génial et grande gueule charismatique promet à ses enfants de leur construire un château de verre en plein désert ; la mère, institutrice de formation et artiste a un principe d'éducation simple et unique qui lui permet opportunément de se décharger de ses enfants : quel que soit leur âge, les enfants peuvent bien faire tout ce qu'ils veulent (à part se montrer conformistes) car c'est ainsi qu'ils tirent les leçons de leurs erreurs. Une conception de l'éducation toute personnelle qui forcément conduit à certains excès...
Jeannette raconte donc les fuites devant les créanciers, les maisons abandonnées en pleine nuit avec leurs affaires, les fins de mois difficiles qui commençaient le premier jour du mois, l'alcool dévastateur, les promesses jamais tenues, les haillons rapiécés, la faim qui les tenaillait, les sandwiches récupérés dans les poubelles de la cantine, les maisons sans salle de bain, mais aussi les histoires mirobolantes, les étoiles offertes pour les anniversaires et l'amour qui unit une famille : une vie de misère et de privations, de bohème et de honte alors que, le plus souvent, les parents auraient eu les moyens de s'en sortir en travaillant …
Jamais les parents Walls n'ont offert la sécurité la plus élémentaire à leurs 4 enfants ; cependant leur déficience a forgé chez les enfants une volonté et une force de caractère qui leur a permis de s'en sortir. Chacun a réussi à faire sa place au sein d'une société, qu'à la fin de leur vie, leurs parents délaissaient définitivement pour la clochardisation, tout en étant très fiers de leurs enfants !
J'ai lu ce livre le coeur souvent serré, partagée entre l'indignation, l'émotion, l'ahurissement et la tendresse, alors que si la rancoeur ressort quelquefois du terrible récit de Jeannette, jamais il n'y a de misérabilisme.
Et en le refermant, se posent les questions : l'amour sauve-t-il de tout ? Peut-on pardonner à ses parents ?
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Nastie92
21 septembre 2013
Une amie m'avait recommandé ce livre, mais j'avoue l'avoir entamé "du bout des doigts" pensant y trouver le genre de chose déjà lue et relue dans malheureusement tant de récits d'enfance maltraitée. Je me trompais : c'est une véritable petite bombe qui m'a explosé à la figure.
Alors qu'elle se rend à un cocktail mondain, Jeannette Walls, journaliste new-yorkaise habitant l'une des avenues les plus chics de la ville, voit une clocharde fouiller les poubelles... et cette clocharde, c'est sa mère. La honte et la peur se mêlent. Mais cette rencontre va tout déclencher. Son enfance qu'elle a toujours cachée, elle va la raconter. Jusque là, elle pensait "Mais qui va s'intéresser à l'histoire d'une petite fille misérable et de sa famille de dingues ? J'ai eu une enfance tellement bizarre, personne ne va pouvoir s'y reconnaître".
Jeannette Walls a été élevée par des parents complètement hors norme, vivant en marge de la société, refusant tout conformisme. Enfant, elle n'a jamais connu de stabilité, déménageant à tout bout de champ, ne sachant jamais quand serait le prochain repas, scolarisée en pointillé au gré des envies et des possibilités du moment, grelottant les nuits d'hiver avec ses frères et soeurs, les quatre enfants serrés dans un carton.
Mais ce qui est extraordinaire au milieu de cette misère, c'est que la fratrie matériellement démunie, n'a jamais manqué d'amour, au contraire, elle baignait dedans. Les parents n'ont absolument pas maltraité leurs enfants, ou du moins n'ont pas eu conscience de le faire, ils ont simplement vécu cette marginalité choisie. le reproche que l'on peut leur adresser est d'avoir imposé ce mode de vie à des enfants qui n'avaient pas le choix, mais eux-mêmes étaient heureux ainsi et n'envisageaient pas de vivre autrement. Ce qui est très étonnant, c'est de se rendre compte au fur et à mesure que ces parents auraient tout à fait pu faire d'autres choix de vie. Ils sont tous les deux intelligents et cultivés, la mère a des talents artistiques indéniables, et possède un diplôme d'enseignante, et... mais je ne veux pas trop en dire pour vous laisser le plaisir de découvrir.
De tous les récits d'enfance que j'ai lus, celui-ci est de loin le plus fort, le plus étonnant, le plus émouvant et certainement le plus original. Aucun pathos, aucun passage "dégoulinant" pour vous faire sortir vos mouchoirs, mais plein de vie, plein d'amour, plein d'humanité.
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Mia
21 décembre 2011
Alors qu'elle se rend en taxi à un gala, Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine, remarque une SDF en train de faire les poubelles d'une ruelle new-yorkaise. Cette femme n'est autre que sa propre mère.
Jeannette n'a plus vu sa mère depuis plusieurs années et cette vision de déchéance lui restitue tous ses souvenirs d'enfance qu'elle décide d'exorciser dans ce récit hallucinant.
Certes la littérature regorge d'histoires d'enfances rocambolesques, misérables et, dans les meilleurs cas, résilientes. On retrouve ici des traits communs avec "Le destin miraculeux d'Edgard Mint" de Brady Udall, "L'art de pleurer en coeur" d'Erling Jepsen ou "Courir avec des ciseaux" d'Augusten Burroughs mais là où le récit de Jeannette Walls tient une place toute particulière c'est tout d'abord dans la personnalité complètement hors-norme de ses parents.
Car s'ils sont en effet complètement irresponsables, ils sont également cultivés et montrent une vivacité d'esprit au travers de piquantes réparties qui les classeraient plutôt dans la catégorie des marginaux complètement inadaptés à notre société. Des êtres épris de valeurs fortes mais parfois étonnantes de naïveté telle que cette scène ou Jeannette écrit "Maman achetait toujours des boites (de conserve) cabossées, même quand elles n'étaient pas démarquées, parce qu'elles aussi avaient besoin d'être aimées." (p.261).
Des personnalités donc créatives, plutôt intelligentes (la mère est professeur et le père électricien) mais complètement dépourvues d'esprit pratique et de bon sens au quotidien, un profil très destabilisant!
Ce qui frappe ensuite et fait sans doute la force de ce récit, c'est la volonté et la débrouillardise de ces enfants qui font preuve de beaucoup d'ingéniosité au quotidien pour s'adapter au monde qui les entoure.
Jeannette Walls rapporte tous ses souvenirs factuellement sans jugement retrospectif, le tout en fait un récit captivant qui interpelle encore longtemps après sa lecture.
L'auteure a donné une "suite" à son récit familial dans "Des chevaux sauvages ou presque" dans lequel elle dresse le protrait de sa grand-mère maternelle, Lily Casey, née en 1901 au fin fond de l'Arizona.
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doudou94
23 juin 2016
Dans ce livre, Jeannette Walls nous raconte son enfance hors du commun, partagée entre des départs précipités, une scolarité irrégulière, des parents inconscients etc.
Au fil des pages, on éprouve de la compassion pour l'auteur, ainsi qu'envers ses frère et soeurs. Par exemple, Jeannette et Lori sont obligées de faire les devoirs des autres contre de l'argent, et de donner des cours particuliers.
Les parents me font également pitié. Ils n'arrivent malheureusement pas à trouver un emploi durable.

De plus, le père alcoolique entreprend d'inimaginables projets, qui ne sont jamais menés à bout, par exemple, le fameux "Château de Verre", qui ne verra jamais le jour.
Conclusion : Un récit émouvant, mêlant le regard enfantin de Jeanette à son recul acquis au fil des années. Une lecture, agréable, qui convient à tout type de lecteur. 9/10
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ysayounette
05 avril 2008
Le chateau de verre de Jeannette Walls est un livre dont on ressort... troublé! C'est à la fois un vibrant hommage d'amour d'une enfant à ses parents... et un témoignage du manque de maturité de ces parents...
Difficile de ne pas avoir le coeur serré quand elle nous raconte comment elle s'est brulé à 3 ans à cause de la négligence de sa mère qui la laisse cuire des saucisses dans une casserole d'eau bouillante parce qu'elle la trouve "mature" pour son age... difficile de ne pas s'estimer heureux quand elle nous raconte tous les soirs où elle s'est endormi le ventre vide, tous les plans de débrouille qu'elle a monté avec ses frères et soeurs, toutes les moqueries qu'elle a essuyé, toutes les désillusions...
Et avec l'âge qui avance, cette envie, ce besoin immense de s'enfuir, de s'évader, de s'offrir une vie meilleure!!!
Ce récit est écrit sans pathos excessif, tout en pudeur, pas de critique virulente envers ses parents... juste le besoin de raconter, de dire ce qu'elle a vécu et ses mots simples qui touchent plus que toutes les plaintes qu'elle aurait pu écrire!!!
Difficile de décrire la sensation que nous laisse ce livre une fois qu'on l'a terminé... Jeannette ne semble pas avoir manqué d'amour et pourtant elle a connu la faim et le froid à cause de leur nonchalance, jeannette ne leur en veut pas et pourtant elle a tout fait pour fuir la vie qu'ils lui offraient...
J'ai beaucoup aimé le ton sur lequel Jeannette nous dit tout ça, la simplicité de ses mots, la retenue qu'elle observe et cette transmission aussi bien des bons moments que des mauvais, sans insister ni sur les uns ni sur les autres... juste sa vie!
http://les-lectures-d-ysaye.over-blog.com/article-18468264.html
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff01 juin 2012
- C'est quelqu'un de très bien, ai-je répondu.
Ce que j'entendais par là, c'était qu'Eric n'essaierait jamais de me piquer ma paie, ni de me jeter par la fenêtre ; que j'avais toujours eu une peur bleue de tomber amoureuse d'un vaurien charismatique, grand buveur et menant une vie de patachon comme toi, papa, et que je me retrouvais avec quelqu'un qui était ton parfait contraire.
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litolfflitolff30 mai 2012
Maman n'aimait pas beaucoup faire la cuisine : "Pourquoi passer l'après-midi à préparer un repas qui sera avalé en une heure, quand dans le même temps, je pourrais peindre un tableau qui durera toujours ?"
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mosaique92mosaique9206 mars 2016
Papa avait perdu son emploi à la mine de gypse et nous n’avions plus du tout d’argent à la fin de l’année. Le soir de Noël, la nuit tombée, il nous a emmenés l’un après l’autre dans le désert. (…) J’avais cinq ans cette année-là. Je me suis assise près de lui et nous avons regardé le ciel. Papa adorait parler des étoiles. (…).
- Montre-moi ton étoile préférée, m’a-t-il demandé, ajoutant que je pourrais l’avoir pour de bon. C’est mon cadeau de Noël.
- Tu ne peux pas me donner une étoile, ai-je rétorqué. Les étoiles n’appartiennent à personne.
- C’est vrai. A personne d’autre. Il te suffit de déclarer qu’elle t’appartient avant que quelqu’un d’autre ne le fasse, exactement comme ce métèque de Christophe Colomb a proclamé que l’Amérique appartenait à Isabelle de Castille. Déclarer qu’une étoile t’appartient, c’est tout aussi logique.
J’y ai réfléchi un instant, puis j’ai pensé que papa avait raison. Il avait toujours le chic pour tourner les choses de cette façon.
Je pouvais choisir n’importe quelle étoile, sauf Bételgeuse et Rigel, parce que Lori et Brian se les étaient déjà appropriées.
J’ai levé les yeux vers les étoiles en essayant de savoir quelle serait la meilleure. (…) Il y en avait une, en particulier, à l’ouest au-dessus des montagnes mais bas sur l’horizon, qui brillait plus que toutes les autres.
- Je veux celle-là.
Papa a souri.
- C’est Vénus.
(…) J’admirais Vénus bien avant Noël. On la voyait en début de soirée, brillant à l’ouest de l’horizon, et quand on se levait tôt on pouvait encore la voir le matin, quand toutes les étoiles avaient disparu. (…)
Et il m’a donné Vénus.
Ce soir-là, au repas de Noël, nous avons tous discuté de l’espace. (…)
Nous nous sommes moqués de tous ces mômes qui croyaient au mythe du Père Noël et qui n’avaient eu que des jouets en plastique sans valeur.
- Dans bien des années, quand toute la camelote qu’ils ont eue sera cassée et depuis longtemps oubliée, a dit papa, vous aurez encore vos étoiles.
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litolfflitolff29 mai 2012
Maman m'a annoncé qu'elle avait inscrit mon nom dans une tombola et que j'avais gagné une balade en hélicoptère. J'étais tout excitée. Je n'étais jamais montée en hélicoptère ou en avion.
- Quand est-ce-que je ferai la promenade ?
- Oh, on l'a déjà faite. C'était formidable !
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litolfflitolff31 mai 2012
Papa et Maman tenaient beaucoup à ce que nous ne cédions ni à la peur ni aux préjugés, ni ne nous laissions influencer par ces poules mouillées conformistes qui expliquaient aux gens la meilleure façon de marcher.
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Videos de Jeannette Walls (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeannette Walls
Jeannette Walls au National Book Festival de 2009 (en anglais)
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