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Bella Arman (Traducteur)
ISBN : 2221099389
Éditeur : Robert Laffont (03/01/2008)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 120 notes)
Résumé :
"Je me demandais dans le taxi si je n'étais pas trop habillée pour la soirée quand j'ai aperçu maman en train de fouiller dans une benne à ordures. (...) Elle s'était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle pendant que son chien, un terrier croisé noir et blanc, jouait à ses pieds. (...) En dépit de ses cheveux gris emmêlés et de ses yeux creusés, elle me rappelait encore la mère de mon enfa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
pyrouette
  26 février 2018
Je n'avais pas envie de sortir de cette histoire et je ne sais pas comment vous donner envie de la lire. le récit de Jeannette n'est pas très gai pour nous lecteur mais il n'est pas non plus triste pour la fratrie de cette famille. Il est. C'est l'enfance de Jeannette, Lori, Brian et Maureen avec leurs parents Rose Mary et Rex.
Jeannette aurait pu continuer sa vie, comme ça, en gardant ses souvenirs, mais chroniqueuse mondaine, elle se rend à une soirée quand elle voit sa mère fouiller dans une benne-à-ordures. Choquée elle fait demi-tour et rentre chez elle. Entre la honte, la colère, la peur, elle entreprend ce récit avec les encouragements et la présence réconfortante de son frère Brian.
Ses premiers souvenirs remontent à ses trois ans. Elle est juchée sur une chaise et fait cuire des saucisses pour son repas. La casserole tombe, elle est brûlée et passera des semaines à l'hôpital pour ses soins. Elle partira en catimini avec son père car il ne peut payer la facture des soins.
Rose Mary la mère, issue d'une famille bourgeoise ne supporte pas les contraintes. Elle se dit artiste, peint et écrit. Elle dit que les gens se font trop de souci à propos de leurs enfants et qu'il est bien de souffrir quand on est jeune. Rose Mary a grandi dans le désert.
Le père Rex vient des montagnes, de Virginie Occidentale, je crois, de Welch, patelin boueux et glacial et d'une famille d'alcooliques. Il est doué pourtant, brillant mathématicien. Mais aussi alcoolique.
La famille déménage à peu près quatre fois par an, la plupart du temps en se sauvant pour une facture impayée, la police qui poursuit le père ou les services sociaux qui commencent à s'intéresser à eux.
Ils vivent dans des cabanes, les lits des enfants sont en carton, ils ont faim et froid et souvent sont en danger.
Rex ne garde aucun boulot et Rose Mary enseignante refuse de travailler car elle a l'impression de beaucoup s'occuper des autres et pas assez d'elle.
Quand la grand-mère maternelle décède, ils héritent d'une maison, grande et confortable qu'ils arriveront à rendre insalubre en très peu de temps. Les enfants, pourtant ont cru à une trêve, une normalité, une stabilité. Les services sociaux arrivent et ils fuient une fois de plus.
Ils décident de se rendre à Welch sans un sou en poche. le père, après des mois de péripéties chez sa mère, achète une masure, sans électricité, sans eau courante, sans commodités avec un toit qui fuit et Brian sera obligé de dormir sous des bâches pendant des années. La cabane a trois pièces et les parents ont choisi celle du milieu avec le poêle, la cuisine est dangereuse, et l'autre pièce est la chambre des enfants. le trou des sanitaires est en dessous de la maison.
Jeannette essayera toujours d'améliorer leur quotidien, malgré la faim qui lui tenaille le ventre et le froid. Brian et elle seront obligés de fouiller dans les poubelles de l'école pour avoir une chance de se nourrir. Ils sont sales, habillés de fripes.
Quand ils ont trop faim et à plusieurs reprises dans leur enfance ils demandent à leur mère de trouver un travail. Mais Lori et Jeannette sont obligées de corriger les copies et de préparer les cours. Elles sont pauvres mais cultivées. Malheureusement la mère quitte toujours ses postes d'enseignante.
Rex et Rose Mary sont des marginaux irresponsables et immatures qui aiment leurs enfants. On peut rajouter l'égoïsme aussi car dans une période où toute la famille à faim, les enfants découvrent que leur mère cache de grandes barres chocolatées dans son lit. de toute façon, même quand les parents travaillent, ils dépensent l'argent à leur usage personnel et pas pour le confort de leurs enfants.
Lycéenne, Jeannette planifie le départ ou plutôt la fuite de Lori à New York. Avec Brian ils ont économisé l'argent qu'ils ont mis dans une tirelire. Oui, oui, ils ne s'attendaient pas à ce que leur père casse la tirelire et vole l'argent. Ils vont de nouveau économiser et partir chacun leur tour. Lori d'abord puis Jeannette et Brian. Ils feront venir Maureen aussi.
Ils s'organisent, trouvent du boulot, on est dans les années 70, un appartement et savourent de manger à leur faim, de pouvoir prendre une douche, de se coucher dans un vrai lit. le vrai luxe est là.
Quand on a des parents immatures et irresponsables tels que ceux-là, vous portez en vous un sentiment d'insécurité toute votre vie. le genre de connaissances qui vous laissent sur vos gardes pour toujours dit Jeannette.
Quand on a des parents irresponsables et immatures tels que ceux-là, n'espérez pas que même en fuyant à l'autre bout du pays vous allez vous en débarrasser. Non, non, non, ils vous rejoindront, croyez-moi ! Jamais ils ne lâcheront leurs enfants qui les ont pris en charge très tôt.
Ce récit est plein de rage, d'incompréhension mais aussi d'amour et de résilience.
La forte personnalité de Jeannette fait que la fratrie s'en sortira. Enfin presque. La petite dernière Maureen deviendra comme ses parents cumulant l'irresponsabilité, la fainéantise, l'alcoolisme. Les parents sans leurs enfants deviendront des sans-abris. et Malgré tout ce que je vous ai raconté, vous pouvez lire ce témoignage car d'une enfance pareille on en sort différent mais plus fort.
Récit sublime.


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litolff
  01 juin 2012
Une enfance hors du commun : c'est le moins qu'on puisse dire à la lecture de celle de Jeannette Walls, journaliste et chroniqueuse mondaine à New York.
Des parents aimants mais totalement mais aimants, intelligents mais immatures, excentriques et égocentriques, drôle de passeport pour élever quatre enfants dans les années 60 en Arizona ! C'est pourtant dans ce climat que se déroule l'enfance non-conformiste et non paisible de Jeannette Walls et de ses frères et soeurs, en Arizona d'abord, puis au Nevada et en Virginie de l'Ouest.
Des parents qui ont résolument opté pour le rejet de la société de consommation, la vie proche de la nature, la liberté de vivre et de penser : le père, ancien pilote de chasse, Géo Trouvetout génial et grande gueule charismatique promet à ses enfants de leur construire un château de verre en plein désert ; la mère, institutrice de formation et artiste a un principe d'éducation simple et unique qui lui permet opportunément de se décharger de ses enfants : quel que soit leur âge, les enfants peuvent bien faire tout ce qu'ils veulent (à part se montrer conformistes) car c'est ainsi qu'ils tirent les leçons de leurs erreurs. Une conception de l'éducation toute personnelle qui forcément conduit à certains excès...
Jeannette raconte donc les fuites devant les créanciers, les maisons abandonnées en pleine nuit avec leurs affaires, les fins de mois difficiles qui commençaient le premier jour du mois, l'alcool dévastateur, les promesses jamais tenues, les haillons rapiécés, la faim qui les tenaillait, les sandwiches récupérés dans les poubelles de la cantine, les maisons sans salle de bain, mais aussi les histoires mirobolantes, les étoiles offertes pour les anniversaires et l'amour qui unit une famille : une vie de misère et de privations, de bohème et de honte alors que, le plus souvent, les parents auraient eu les moyens de s'en sortir en travaillant …
Jamais les parents Walls n'ont offert la sécurité la plus élémentaire à leurs 4 enfants ; cependant leur déficience a forgé chez les enfants une volonté et une force de caractère qui leur a permis de s'en sortir. Chacun a réussi à faire sa place au sein d'une société, qu'à la fin de leur vie, leurs parents délaissaient définitivement pour la clochardisation, tout en étant très fiers de leurs enfants !
J'ai lu ce livre le coeur souvent serré, partagée entre l'indignation, l'émotion, l'ahurissement et la tendresse, alors que si la rancoeur ressort quelquefois du terrible récit de Jeannette, jamais il n'y a de misérabilisme.
Et en le refermant, se posent les questions : l'amour sauve-t-il de tout ? Peut-on pardonner à ses parents ?
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Nastie92
  21 septembre 2013
Une amie m'avait recommandé ce livre, mais j'avoue l'avoir entamé "du bout des doigts" pensant y trouver le genre de chose déjà lue et relue dans malheureusement tant de récits d'enfance maltraitée. Je me trompais : c'est une véritable petite bombe qui m'a explosé à la figure.
Alors qu'elle se rend à un cocktail mondain, Jeannette Walls, journaliste new-yorkaise habitant l'une des avenues les plus chics de la ville, voit une clocharde fouiller les poubelles... et cette clocharde, c'est sa mère. La honte et la peur se mêlent. Mais cette rencontre va tout déclencher. Son enfance qu'elle a toujours cachée, elle va la raconter. Jusque là, elle pensait "Mais qui va s'intéresser à l'histoire d'une petite fille misérable et de sa famille de dingues ? J'ai eu une enfance tellement bizarre, personne ne va pouvoir s'y reconnaître".
Jeannette Walls a été élevée par des parents complètement hors norme, vivant en marge de la société, refusant tout conformisme. Enfant, elle n'a jamais connu de stabilité, déménageant à tout bout de champ, ne sachant jamais quand serait le prochain repas, scolarisée en pointillé au gré des envies et des possibilités du moment, grelottant les nuits d'hiver avec ses frères et soeurs, les quatre enfants serrés dans un carton.
Mais ce qui est extraordinaire au milieu de cette misère, c'est que la fratrie matériellement démunie, n'a jamais manqué d'amour, au contraire, elle baignait dedans. Les parents n'ont absolument pas maltraité leurs enfants, ou du moins n'ont pas eu conscience de le faire, ils ont simplement vécu cette marginalité choisie. le reproche que l'on peut leur adresser est d'avoir imposé ce mode de vie à des enfants qui n'avaient pas le choix, mais eux-mêmes étaient heureux ainsi et n'envisageaient pas de vivre autrement. Ce qui est très étonnant, c'est de se rendre compte au fur et à mesure que ces parents auraient tout à fait pu faire d'autres choix de vie. Ils sont tous les deux intelligents et cultivés, la mère a des talents artistiques indéniables, et possède un diplôme d'enseignante, et... mais je ne veux pas trop en dire pour vous laisser le plaisir de découvrir.
De tous les récits d'enfance que j'ai lus, celui-ci est de loin le plus fort, le plus étonnant, le plus émouvant et certainement le plus original. Aucun pathos, aucun passage "dégoulinant" pour vous faire sortir vos mouchoirs, mais plein de vie, plein d'amour, plein d'humanité.
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mumuboc
  05 février 2018
Un livre que j'avais depuis des mois sur l'étagère, qui ne m'attirait pas plus que cela et dans le cadre d'une prochaine rencontre du club de lecture, je cherchais dans mes "trésors" un livre sur le thème de : Mémoires. Souvenirs d'enfance le sujet correspondait, j'attrape ce gros livre (en volume) et je me lance et dès le démarrage on ne pense qu'à aller plus loin ..... Découvrir un soir, alors qu'on se rend à cocktail mondain dans les beaux quartiers de New York, sa mère qui fouille les poubelles.....  Pas commun comme situation et cette rencontre lui remet en mémoire son enfance et ses parents en particulier. 
Famille peu commune : les parents Rex Walls et Rose Mary, lui figure forte, chercheur à ses heures, elle, artiste : peintre, poétesse, élèvent leurs 4 enfants dans un esprit de liberté, de responsabilité, pas de barrière autre que celles qu'ils se mettent, ils doivent se prendre en charge, assumer leurs actes, ne pas se plaindre, vivre l'instant, manger quand l'argent est là, se soigner si possible sans médecin ni médicaments, se laver rarement. 
Le clan vit de bric et de broc, plus souvent dans le dénuement complet, partent à la "cloche de bois" dès que les créanciers sont trop pressants, dorment à la belle étoile, dans la voiture, une belle aventure quand vous vivez dans une région ensoleillée, plus compliquée quand c'est dans un état où l'hiver est rude, où la pluie vous arrose dans votre lit (enfin lit disons plutôt carton....). La faim est souvent présente et même quand l'argent rentre on préfère acheter du matériel pour peindre, de l'alcool pour le père qui rêve de construire un château de verre pour sa famille où la lumière serait omniprésente, rêve de démanteler la mafia des syndicats, joue, gagne, perd, filoute, cherche à mettre au point le Prospecteur, machine à trouver de l'or :
En outre, il avait besoin d'argent pour financer ses recherches sur les techniques d'extraction de l'or.
- Les seules recherches que tu mènes portent sur la capacité hépatique d'absorption d'alcool, rétorquait maman. (p109)
Les enfants : Lori, Jeanette (l'auteure), Brian et Maureen s'accommodent comme ils peuvent de ce contexte, car il y a de l'amour malgré tout, beaucoup d'amour en particulier entre Rex et Jeanette : il est son maître, elle est sa plus belle réussite. Mais c'est une éducation à la "dur" comme on dit, Jeanette à 3 ans aura une grave brûlure suite à la chute d'une casserole d'eau bouillante alors qu'elle faisait cuire les saucisses, Lori sera révélée tardivement comme myope et découvrira enfin les détails du monde grâce à une paire de lunettes gagnée de haute lutte par une enseignante.
Elle (la mère) n'était pas pour les lunettes. Quand on avait de mauvais yeux, il fallait les exercer pour qu'ils se renforcent. Les lunettes c'était les béquilles. Cela empêchait les gens à vue basse d'apprendre à voir le monde par eux-mêmes.(p132)
Les enfants malgré le contexte sont une intelligents voir surdoués, lisent beaucoup, souffrent parfois de la faim, du regard des autres sur leur aspect : vêtements, saleté, odeurs etc..... mais il n'y a jamais de violence au sein de la famille. On est libre, on s'accepte tel que l'on est. Surtout qu'ils ont des trésors et que la vie aurait pu être bien autre et je vous laisse découvrir cela. On est ébahi, révolté, on découvre un univers familial assez particulier et déroutant.
Une telle enfance laisse bien sûr des traces et la fratrie n'aura qu'une idée s'est de fuir afin de survivre et s'offrir un futur possible. Il y a une vraie solidarité entre eux et c'est ce qui va leur permettre de s'en sortir, plus ou moins bien.
Attention ne vous faites pas de fausse idée : Rex, malgré son alcoolisme qui le mènera jusqu'au délirium tremens, aime ses enfants, Rose Mary vit dans un monde, son monde, peut être aurait-elle préféré ne pas avoir d'enfants, mais ils sont là et ils n'ont qu'à se débrouiller car elle, elle a un autre destin. Bien sûr ils ne voient pas leur déchéance comme un échec, pour eux c'est une richesse, c'est un choix, ils ne savent jamais de quoi  sera fait le lendemain et sont en fin de compte eux aussi de "grands enfants" mais il faut peut-être aller chercher les causes dans leur passé et ils refusent même d'entrer dans le système établi
On est parfois horrifié des conditions dans lesquelles sont élevés ces enfants, se demandant comment ils ont pu échapper au pire, comment ils ont pu surmonter cela, peut-être comme des sortes d'animaux avec un instinct de survie.
Roman autobiographique, se déroulant dans les années 1960, dont un film a été tiré très récemment et dont je vous mets la bande annonce 
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=y91hbjzs0gk&w=560&h=315]
elle reflète totalement l'ambiance du roman et une certaine idée de la vie pour ces deux parents totalement décalés.
J'ai beaucoup aimé : l'auteure est toujours partagée entre l'amour de ses parents "différents",  et son désir d'avoir une vie plus stable, manger à sa faim, avoir un confort de vie, être une enfant comme les autres. Mais une telle éducation fait grandir bien plus vite et il y a un moment où la survie exige l'éloignement.
Récit découpé en 5 parties, 5 étapes de cette vie cahotique.
Et comme le dit Rose Mary à la fin du récit :
Je ne me suis jamais ennuyée avec votre père
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Mia
  21 décembre 2011
Alors qu'elle se rend en taxi à un gala, Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine, remarque une SDF en train de faire les poubelles d'une ruelle new-yorkaise. Cette femme n'est autre que sa propre mère.
Jeannette n'a plus vu sa mère depuis plusieurs années et cette vision de déchéance lui restitue tous ses souvenirs d'enfance qu'elle décide d'exorciser dans ce récit hallucinant.
Certes la littérature regorge d'histoires d'enfances rocambolesques, misérables et, dans les meilleurs cas, résilientes. On retrouve ici des traits communs avec "Le destin miraculeux d'Edgard Mint" de Brady Udall, "L'art de pleurer en coeur" d'Erling Jepsen ou "Courir avec des ciseaux" d'Augusten Burroughs mais là où le récit de Jeannette Walls tient une place toute particulière c'est tout d'abord dans la personnalité complètement hors-norme de ses parents.
Car s'ils sont en effet complètement irresponsables, ils sont également cultivés et montrent une vivacité d'esprit au travers de piquantes réparties qui les classeraient plutôt dans la catégorie des marginaux complètement inadaptés à notre société. Des êtres épris de valeurs fortes mais parfois étonnantes de naïveté telle que cette scène ou Jeannette écrit "Maman achetait toujours des boites (de conserve) cabossées, même quand elles n'étaient pas démarquées, parce qu'elles aussi avaient besoin d'être aimées." (p.261).
Des personnalités donc créatives, plutôt intelligentes (la mère est professeur et le père électricien) mais complètement dépourvues d'esprit pratique et de bon sens au quotidien, un profil très destabilisant!
Ce qui frappe ensuite et fait sans doute la force de ce récit, c'est la volonté et la débrouillardise de ces enfants qui font preuve de beaucoup d'ingéniosité au quotidien pour s'adapter au monde qui les entoure.
Jeannette Walls rapporte tous ses souvenirs factuellement sans jugement retrospectif, le tout en fait un récit captivant qui interpelle encore longtemps après sa lecture.
L'auteure a donné une "suite" à son récit familial dans "Des chevaux sauvages ou presque" dans lequel elle dresse le protrait de sa grand-mère maternelle, Lily Casey, née en 1901 au fin fond de l'Arizona.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Lucrese1Lucrese1   10 décembre 2018
Dans ce récit d'une enfance extraordinaire avec des parents "marginaux" , il est surtout question d'amour pour ce père et cette mère loin d'être parfaits: papa Walsh boit, maman fait souvent passer sa peinture avant les besoins matériels de leurs enfants mais ils sont fous l'un de l'autre et aiment profondément les enfants même si leur façon de leur prouver cet amour est souvent très égoïste ! Mais il y a des passages dans le livre qui pourtant me persuadent que Jeannette Walls ne serait pas la femme sympathique et ouverte qu' elle est devenue sans ses parents et son enfance hors du commun ! Le plus bel exemple est lorsque le papa les appelle tous un soir de Noël pour parler avec eux dehors et observer les étoiles et chaque enfant peut en en guise de cadeau de Noël en choisir une ! J'imagine que beaucoup de gens, surtout les plus jeunes d'entre nous qui font préfèreraient de loin recevoir le dernier PlayStation mais avoir un père qui prend le temps de parler seul avec chacun de ses enfants et de leur dire qu'il les aime en leur demandant de choisir une étoile ne vaut-il pas tous les cadeaux chers qui ne vont faire qu'agrandir le gouffre entre parents et enfants ? J'ai adoré ce livre, j'ai adoré cette famille et oui j'ai eu beaucoup de sympathie pour les parents aussi même si par moment on a envie de les secouer et de les traiter de tous les noms ! La façon de raconter ses souvenirs, les bons comme les mauvais avec une certaine poésie et une touche d'humour font de ce roman autobiographique de Jeannette Walls un très beau roman qui rappelle par moments "Angela's ashes" de Franck McCourt. Je conseille aussi vivement les deux autres livres de Jeannette Walls, surtout "Des chevaux sauvages ou presque" !
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litolfflitolff   01 juin 2012
- C'est quelqu'un de très bien, ai-je répondu.
Ce que j'entendais par là, c'était qu'Eric n'essaierait jamais de me piquer ma paie, ni de me jeter par la fenêtre ; que j'avais toujours eu une peur bleue de tomber amoureuse d'un vaurien charismatique, grand buveur et menant une vie de patachon comme toi, papa, et que je me retrouvais avec quelqu'un qui était ton parfait contraire.
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mosaique92mosaique92   06 mars 2016
Papa avait perdu son emploi à la mine de gypse et nous n’avions plus du tout d’argent à la fin de l’année. Le soir de Noël, la nuit tombée, il nous a emmenés l’un après l’autre dans le désert. (…) J’avais cinq ans cette année-là. Je me suis assise près de lui et nous avons regardé le ciel. Papa adorait parler des étoiles. (…).
- Montre-moi ton étoile préférée, m’a-t-il demandé, ajoutant que je pourrais l’avoir pour de bon. C’est mon cadeau de Noël.
- Tu ne peux pas me donner une étoile, ai-je rétorqué. Les étoiles n’appartiennent à personne.
- C’est vrai. A personne d’autre. Il te suffit de déclarer qu’elle t’appartient avant que quelqu’un d’autre ne le fasse, exactement comme ce métèque de Christophe Colomb a proclamé que l’Amérique appartenait à Isabelle de Castille. Déclarer qu’une étoile t’appartient, c’est tout aussi logique.
J’y ai réfléchi un instant, puis j’ai pensé que papa avait raison. Il avait toujours le chic pour tourner les choses de cette façon.
Je pouvais choisir n’importe quelle étoile, sauf Bételgeuse et Rigel, parce que Lori et Brian se les étaient déjà appropriées.
J’ai levé les yeux vers les étoiles en essayant de savoir quelle serait la meilleure. (…) Il y en avait une, en particulier, à l’ouest au-dessus des montagnes mais bas sur l’horizon, qui brillait plus que toutes les autres.
- Je veux celle-là.
Papa a souri.
- C’est Vénus.
(…) J’admirais Vénus bien avant Noël. On la voyait en début de soirée, brillant à l’ouest de l’horizon, et quand on se levait tôt on pouvait encore la voir le matin, quand toutes les étoiles avaient disparu. (…)
Et il m’a donné Vénus.
Ce soir-là, au repas de Noël, nous avons tous discuté de l’espace. (…)
Nous nous sommes moqués de tous ces mômes qui croyaient au mythe du Père Noël et qui n’avaient eu que des jouets en plastique sans valeur.
- Dans bien des années, quand toute la camelote qu’ils ont eue sera cassée et depuis longtemps oubliée, a dit papa, vous aurez encore vos étoiles.
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litolfflitolff   30 mai 2012
Maman n'aimait pas beaucoup faire la cuisine : "Pourquoi passer l'après-midi à préparer un repas qui sera avalé en une heure, quand dans le même temps, je pourrais peindre un tableau qui durera toujours ?"
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litolfflitolff   29 mai 2012
Maman m'a annoncé qu'elle avait inscrit mon nom dans une tombola et que j'avais gagné une balade en hélicoptère. J'étais tout excitée. Je n'étais jamais montée en hélicoptère ou en avion.
- Quand est-ce-que je ferai la promenade ?
- Oh, on l'a déjà faite. C'était formidable !
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