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EAN : 9782879298641
228 pages
Editions de l'Olivier (06/10/2011)
3.74/5   840 notes
Résumé :
Paul Sneijder est l'unique survivant d'un accident d'ascenseur. Sa fille y a perdu la vie. Depuis ce jour, sa perception de la réalité s'est affinée, comme si quelqu'un avait monté le son du vacarme du monde. Comment continuer à vivre, avec une épouse tyrannique qui ramène un poulet rôti les jours où elle voit son amant ? En changeant de métier : promener des chiens, voilà une activité attrayante.

"On passe du rire aux larmes, de la fantaisie la plus ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (160) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 840 notes
Oui, Paul Sneijder est un cas. Un cas auquel tu t'attaches, lentement mais sûrement.

Un peu comme un confident, te voilà témoin de son existence et de ses ''accommodements raisonnables'' si chers à JP. Dubois. Mais depuis qu'un ''accident d'ascenseur'' a bouleversé nombre de ses repères, Paul Sneijder n'en finit pas de se remettre en question et aborde sa toute nouvelle perception de la vie avec l'élégance fragile et désenchantée d'un poète incompris. Tout y passe : femme, enfants, amis, boulot... le présent mais aussi l'inventaire du passé et les perspectives d'avenir sont parfois cruels, souvent cocasses, toujours désespérément lucides. Entre dérision et mélancolie, voilà en substance le tendre et délicat portrait d'une âme solitaire victime du conformisme social.

Moi, Dubois, j'aime bien, mais le cas Sneijder est vraiment son roman le plus juste et le plus touchant que j'aie pu lire de lui à ce jour. Après, c'est toi qui vois.*


* Autrement dit : Ce n'est que mon avis c'est-à-dire pas grand-chose, mais il semble que la formule fasse déjà l'objet d'un brevet nastasiesque exclusif...


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J'ai la phobie des ascenseurs…. !
Mais ce livre époustouflant m'a littéralement emmenée dans leurs engrenages, dans leur mode de fonctionnement spécifique…, ainsi que dans celui du narrateur.
Celui-ci, Paul Sneijder, est un homme de 60 ans à qui il est arrivé 2 évènements horribles : le premier, il y a une vingtaine d'années, lorsque sa seconde femme lui interdit de voir sa fille (qu'il a eue lors d'un premier mariage) dans ses murs ; le deuxième, tout récent, lorsqu'il perd cette fille dans un terrible accident d'ascenseur, dont il est le seul survivant.
Il enclenche alors un système de survie, d'essai de compréhension de cet accident imprévisible : il consulte des tas de revues spécialisées, des articles de journaux, des livres relatant des accidents…
Il change de métier car il a des crises d'angoisse lorsqu'il se trouve dans un espace clos en compagnie de plusieurs personnes, il est enrôlé en tant que « promeneur de chiens ».

J'ai opiné à chacune de ses pensées, à chaque moment de sa réflexion sur les ascenseurs, comme ici :
« Nous sommes tous, à des degrés divers, les obligés des ascenseurs. Nous dépendons d'eux chaque jour et pour chaque chose. Nous croyons les commander, alors qu'ils nous ont depuis longtemps asservis (…) L'ascenseur est bien plus qu'un objet de confort, il est le miracle mécanique qui a un jour permis aux villes de se redresser sur leurs pattes arrière et de se tenir debout. Il a inventé la verticalité, les grandes orgues architecturales mais aussi toutes les maladies dégénératives qu'elles ont engendrées ».

J'ai été horrifiée de voir la réaction de sa femme carriériste, totalement égocentrique, ainsi que celle de ses jumeaux, jeunes adultes criants d'égoïsme, le reflet de leur mère.

J'ai été attendrie lorsqu'il promène les chiens car il se crée une espèce de symbiose, de compréhension sans paroles entre eux et lui.

J'ai été totalement subjuguée par cette façon de raconter, ou plutôt de décortiquer ses réactions de survie : il mêle à la fois la légèreté (que de passages où j'ai souri !) et la grande souffrance, et ce à l'aide d'un style recherché, un vocabulaire assez soutenu et des images débordantes de réalisme.

Bref, j'ai accompagné cet homme en deuil, en deuil de sa fille, de sa vie, de ses repères.

Oui, je continuerai à prendre les ascenseurs la peur au ventre, comme d'habitude. Mais j'aurai dorénavant une petite pensée émue pour Paul Sneijder, le personnage sorti tout droit du cerveau tortueux et… clairvoyant de Jean-Paul Dubois.

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Pauvre Paul Sneijder, voilà bien toute la peine que je ressens après avoir lu son étrange et triste cas.
C'est que Paul est somme toute pas moins que vous et moi. Il cherche juste à être peinard, tranquille, pourquoi pas un peu heureux lui aussi. C'est que Paul n'a guère eu de chance. Il rencontre sa première femme Gladys qui après lui avoir donné une fille, voit le divorce annoncé deux jours plus tard, la dame préférant l'alcool à l'amour.
Sa fille c'est Marie. Gentille, intelligente, joyeuse, Paul est heureux à ses côtés. Mais quand il rencontre sa seconde épouse Anna, son bonheur sombre à nouveau. Anna ne veut pas du passé de son mari, rejetant ainsi sa douce fille, qui ne pourra voir son père qu'à l'exterieur et ne rencontrera jamais ses demi frères.
Paul s'accroche pourtant à sa fille qui le rend bien plus heureux que ses deux fils, portrait jumeau de leur mère. Jusqu'au jour où l'ascenceur débloque, c'est le drame. Trois morts, dont sa fille, Paul dans le coma.

Le cas Sneijder, c'est la traversée d'un homme banal dans les tumultes d'une vie décrépie. L'égocentrisme exacerbé de son épouse et de ses fils l'amène peu à peu à s'isoler. Que ce soit dans le souvenir de sa fille, dans ses livres sur les ascenseurs, ou auprès des chiens abec lesquels il trouvera un certain réconfort.

Paul Sneijder a ce côté frappant que devant de mauvaises personnes, devant une épreuve traumatisante, il est un peu comme beaucoup, seul et incompris.

La plume de Jean-Paul Dubois est percutante, précise et nous offre ici un roman terriblement bien écrit sur fond de déboires existentiels.
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Si peu de gens sont réellement perturbés par les trajets en ascenseur, si en revanche beaucoup craignent de se retrouver coincés entre deux étages, rares sont ceux qui pensent à une chute de la cabine, un évènement envisageable mais tellement exceptionnel.

Sauf Jean-Paul Dubois qui nous raconte comment la vie d'un exilé à Montréal, Paul Sneijder, a été chamboulée par cet effroyable accident d'ascenseur. Un homme, qui après un coma de plusieurs mois, unique survivant et endeuillé de sa fille née d'un premier mariage, reste avec sa femme tyrannique et ses jumeaux odieux, mais se livre à une enquête approfondie sur les ascenseurs et abandonne son métier de cadre pour celui de promeneur de chiens.

Jean-Paul Dubois manie avec virtuosité l'humour noir pour décrire son héros aux prises avec ses problèmes familiaux, conjugaux et professionnels. Son angoisse existentielle, dont toute l'ampleur apparaît à l'occasion d'un accident, nous renvoie à la nôtre quand un grain de sable enraie une mécanique que l'on croit bien huilée. Un roman qui marque, sensible et un peu désespéré.
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Avis mitigé sur ce roman mais comme j'apprécie les qualités d'auteur de Jean-Paul Dubois, je l'ai lu. Je ne m'attendais pas à cette fin que j'ai trouvée très à propos vu les caractères égocentriques de la seconde épouse et des jumeaux.
Paul est le seul survivant d'une chute d'ascenseur dans lequel, outre les autres occupants, sa fille aînée venue lui rendre visite est morte. Paul a ramené l'urne contenant les cendres de sa fille à la maison ce qui dérange son épouse Anna qui n'a jamais admis la présence de la fille de Paul. Après sa sortie du coma, sa rentrée au domicile conjugal, Paul démissionne, il éprouve des malaises dans certaines situations. Désormais, il lit tout ce qui a trait aux ascenseurs. Il change de métier et devient promeneur de chiens au grand dam de son épouse et des jumeaux avocats. Jean-Paul Dubois met l'accent sur le nombrilisme et le carriérisme de l'épouse représentative d'une société aveugle et avide de profits.

Challenge Petits plaisirs 2016
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critiques presse (10)
LaPresse
28 novembre 2011
Entre le Jardin botanique et L'Île-des-Soeurs, la ville sert de toile de fond et Jean-Paul Dubois évite le cliché du Français qui observe de l'extérieur sa société d'adoption. Son héros y vit, y travaille et utilise son réseau d'autobus, et cela va simplement de soi.
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LePoint
22 novembre 2011
Dubois instille le mystère, l'angoisse, évoque l'absence à la façon d'un poison délicieux. Il écrit à l'économie. Ne s'embarrasse pas de fioritures. Il transperce, bouleverse. Le cas Paul, sa confession, celle d'un homme aux prises avec ses troubles, sa vie, son avenir brouillé, voilà le sujet de ce livre fort, déroutant, obsédant.
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LeSoir
14 novembre 2011
Virtuose de l’humour noir et de l’usage de la langue française, Jean-Paul Dubois nous entraîne dans une comédie en dix chapitres aussi brillante que mélancolique.
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Lexpress
18 octobre 2011
L'auteur d'Une vie française, prix Femina 2004, excelle plus que jamais à passer du grave au léger, du triste au drôle, de l'anecdotique au philosophique. Qui plus est d'une écriture très fluide, très affûtée - s'autorisant les rares "ductile", "sycophante", "univitellins", etc.
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LaLibreBelgique
18 octobre 2011
Malgré des digressions en tous sens et des considérations sur les vitesses d’ascenseurs ou les humeurs de chiens qui s’avèrent à la longue lassantes, on aime ce livre pour son acuité. Pour les questions qu’il pose. Pour les coups de boutoir portés aux systèmes dans lesquels nous nous enfermons sans réagir.
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LeMonde
14 octobre 2011
La forme romanesque qui s'autorise bien des arborescences ignore pourtant la beauté des lézardes, le genre se veut solide, rassurant, familial, et installe volontiers le lecteur dans un récit qui le transporte justement comme une cabine d'ascenseur glissant en douceur sur ses rails, tant et si bien que celui-ci se surprend parfois, pour varier son quotidien, à espérer l'accident.
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Lexpress
12 octobre 2011
Comment surmonter le désastre d'une existence ? Dans Le Cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, le héros vient de perdre sa fille. Entre désenchantement et fantaisie, une très belle leçon de vie.
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LesEchos
11 octobre 2011
Très sombre, mais aussi très drôle, cette fable philosophique est un brûlot contre la société libérale et ses idéaux de réussite sociale. Anna et ses deux fils avocats sont une caricature de « l'horreur économique » mondialisée […] Jean-Paul Dubois dénonce l'absurdité d'un monde qui a pris le mauvais « ascenseur » - trop rapide et sans arrêt. Junior ou senior, une retraite s'impose. Sinon, plus dure sera la chute...
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Culturebox
10 octobre 2011
"Le cas Sneijder" illustre le combat perdu contre toutes les modernités qui broient l'homme contemporain. Mais il rappelle aussi que si "les marges de nos vies sont trop étroites pour contenir la somme de nos rêves et le miroir de nos intuitions», seules ces marges comptent. Noir et moqueur, ce livre qui a le sens de l'image et de l'absurde, se sauve et nous sauve par une immense poésie.
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Telerama
05 octobre 2011
Observateur aigu de nos vies étriquées et de nos accommodements ­misérables, Jean-Paul Dubois réussit un de ses meilleurs livres, aussi désespéré que drôle. Une oeuvre de moraliste un peu désabusé, poète discret de l'intranquillité. Et de la solitude foncière de l'homme.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
Je pense à la mémoire, à son emprise accablante, à ces lests écrasants qu'elle dépose en nous avec une constance désarmante.
Parfois lorsque je suis en haut, à ma table, ou dans mon lit, à attendre le sommeil, je la sens se glisser à mon côté, serpent à l'épiderme glacial, afin de m'infliger les films de ses archives, tout ce que je n'aurais pas dû voir, tout ce que je redoutais d'entendre, le sang de mon enfant, les lèvres mortes de ma mère qui pour la première fois ne me rendent pas mon baiser, mon père qui pleure dans sa voiture, Gladys qui part de la maison.
Et moi, greffier calamiteux, prenant note de tout cela, je mentionne les détails, répertorie les morts, et surtout, immobile et vivant, je continue de me souvenir encore et encore dès que tombe le soir et tarde le sommeil.
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Vous voulez que je vous raconte une histoire? Depuis 1990, les boutons censés commander [les ascenseurs] n'ont plus aucun effet sur la fermeture et l'ouverture de leurs portes. Absolument plus aucun. Et pourtant toutes les cabines, même les plus modernes, continuent à être fabriquées avec cet accessoire. On a même conservé le petit éclairage à l'intérieur de ce bouton. Et vous savez pourquoi? Parce que les psychologues, justement, se sont aperçus que les ascenseurs ainsi automatisés accroissaient l'inquiétude à l'intérieur de leur cabine, close, étroite, et par essence anxiogène. Chacun, ont-ils noté, se sentait privé de décider de quelque chose par lui-même, et surtout de commander à la machine. Alors on a laissé le petit bouton. Mais il n'y a rien derrière. Les portes s'ouvrent et se ferment selon des programmes informatiques préétablis. Aveugles aux mouvements nerveux de nos index. Parfois il arrive que le hasard synchronise notre geste avec l'impulsion électronique. Alors se produit un petit miracle, les portes se ferment et nous sommes intimement convaincus d'avoir dirigé, dominé la machinerie. Et notre foi en notre liberté, en notre pouvoir, s'en trouve d'autant plus renforcée.
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Il était établi qu'à l'intérieur d'une cabine les passagers changeaient souvent de place en fonction des entrées et sorties des occupants. Et cela dans l'unique but de se réapproprier un espace supplémentaire, d'optimiser leur « sphère de confort ». Pauvres de nous. Insectes prospères et négligeables. Soumis et sournois. Toujours en train d'opérer des calculs invisibles, de médiocres menées. De recalibrer subrepticement des surfaces. D'analyser la pertinence des déplacements. D'espérer des réappropriations. Nous étions ainsi, mesquins, avides, manœuvriers, dans les ascenseurs, comme dans la vie.
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Avant de s'endormir, Ana s'était mise à mastiquer du chewing-gum au lit. Et chaque soir, pendant une dizaine de minutes, j'entendais le bruit de ses maxillaires et de ses dents s'acharner sur la gomme, la broyer, j'imaginais sa langue tournant et retournant cette masse humide et malléable, cet agrégat d'aspartame. J'écoutais cela en silence et avec une attention soutenue pour ne rien perdre des subtilités d'un pareil concerto.
Et je pensai : " Pourquoi mâche-t-elle ainsi, qui veut-elle mordre à ce point?"
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je n'aime pas la viande. Ni blanche, ni rouge. Il y a trop de souffrance à l'intérieur. A chaque bouchée, à chaque fois que je mastique, je la sens. Parfois c'est si écoeurant. Ca pèse sur ta langue comme un billot de bois. Et parfois tu ne peux même plus avaler.
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