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ISBN : 2081390337
Éditeur : Flammarion (05/10/2016)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 19 notes)
Résumé :


On attend d’un médecin qu’il écoute, rassure, explique et s’efforce de « Guérir parfois. Soulager souvent. Consoler toujours ».

On attend d’un médecin qu’il soigne.

En France, la réalité est autre : de la violence verbale aux jugements de valeurs, de la discrimination au refus de prescription, des épisiotomies arbitraires à la chimiothérapie imposée, bon nombre de médecins brutalisent les patients, à commencer par les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
pyrouette
23 avril 2017
Il est très difficile de partager sur ce livre. Nous avons tous fait l'expérience d'une maltraitance médicale qu'elle soit voulue ou non.
L'auteur nous informe sur une spécialité qu'il connaît et pratique : la gynécologie. le domaine des femmes. Mais aussi sur la psychiatrie, les soins de fin de vie, la gériatrie, la médecine en général.
Le système français donne le pouvoir aux médecins ; savez-vous que votre médecin traitant déclaré peut être un spécialiste et non un médecin généraliste ?
Votre déclaration est faite auprès de la cpam et vous dépendez maintenant du bon vouloir de ce médecin. S'il ne vous coupe pas la parole quand vous exposerez votre souffrance, c'est un bon médecin et c'est rare. Savez-vous que quand on vous laisse la parole sans vous interrompre, en moins de deux minutes, votre cas sera exposé ? Alors qu'après maintes questions, interruptions, à force de reprendre à chaque fois un récit déjà difficile, il sera remis en cause par le praticien : c'est dans votre tête.
Dans votre dossier il y aura les comptes rendus médicaux mais aussi des réflexions personnelles du médecin : est venu avec son mari/sa femme/sa mère/sa fille. Il faut savoir qu'un médecin a horreur de voir son patient accompagné. Il se sent déjà en faute, il doit justifier et garder pour lui toutes ces petites phrases assassines qui démontent un malade. Il propose un parcours de soins tenant compte des visiteurs de laboratoires qu'il a reçus.
Si vous osez vous rebeller, il sera noté dans ce fameux dossier : est agressif.
Parfois des annotations sur votre vie personnelle et intime.
Vous comprenez la rétention de votre dossier médical quand vous le demandez ? Votre dossier vous appartient selon la loi. Seulement en théorie.
Vous n'avez pas le droit d'arriver en retard alors que le médecin ne se gêne pas.
Il est temps de dire non et stop, de remettre un médecin à sa place, de refuser des examens coûteux et inutiles la plupart du temps. Il est temps de refuser une opération, de demander des précisions, des explications.
Nous sommes tellement conditionnés par ce système médical que la description des faits de cet auteur et médecin ne nous surprend pas, c'est une évidence !
J'ai vécu cette maltraitance pendant des années. Il y a deux ans, une gynécologue bretonne a jeté son spéculum qu'elle n'arrivait pas à installer car énervée, il est passé à deux centimètres de mon visage. Passant sa rage sur mon corps l'examen a été très douloureux, les propos désagréables et aucun soin proposé. Quelques semaines plus tard j'ai frôlé la catastrophe. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.
J'avais acheté ce livre aussi pour ma fille qui souffre de deux pathologies graves. Je ne lui donnerai pas. Je n'en parlerai pas ou plus. Il sera rangé dans ma bibliothèque dans la rangée du fond. J'ai eu le tort de l'accompagner chez le spécialiste et chez son médecin traitant étant alertée par son état. C'était dans sa tête, elle n'avait rien ou presque et les deux médecins hommes qui regardaient plus ma fille dans les seins qu'ailleurs étaient presque moqueurs et cyniques la détruisant un peu plus. Il a fallu du temps, faire des recherches pour trouver des médecins bienveillants. le diagnostic est tombé : deux pathologies graves. Sa souffrance est réelle, une première opération nécessaire et utile est programmée.
Mais de toute façon, le rôle du médecin est de soulager quelque soit la souffrance. Et c'est toute la démonstration de l'auteur dans ce livre.
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jaiuneheurealire
30 octobre 2016
Je termine "Les brutes en blanc".
Livre polémiste, livre dénonciateur, livre à lire en tout cas.
Quand on est extérieur à l'hôpital ou tout système de santé, on ne peut se rendre compte réellement des comportements déviants (j'ose le mot) avant d'y être soi-même confronté. Quand on est "dedans", on s'en rend compte, on crée une carapace pour exorciser le "mal", on se satisfait, on démissionne, on accepte. Et on perd forcément de cette humanité qui un jour nous a fait choisir cette voie: soigner.
Bien évidemment, tous les médecins ne sont pas comme ceux décrits dans cet ouvrage. J'aurais envie de dire à tous: "vous vous sentez impliqués ou vous sentez-vous concernés?"
De cet étrange remarque découle l'attitude que chaque soignant montre envers la maltraitante d'un patient fragilisé, qu'il soit en simple consultation ou hospitalisé.
Aurais-je une autre attitude envers "les brutes" à la lecture de cet essai. Un sentiment de pitié certainement.
Mais à y bien regarder, n'avons-nous pas tous le choix? le choix d'agir selon nos valeurs, le choix de l'altruisme, de la bonté. Ce n'est pas à moi, individu, que le patient s'adresse, mais à moi, soignant, et dans ce miroir de connaissances de la maladie dont il vient s'ouvrir, il attend l'aide, la réponse, un mot qui soulagera sa souffrance. Il attend un mot, il n'attend pas des maux supplémentaires.
Le système hospitalier est ainsi fait qu'en France, comme le précise Martin Winckler, le patient devient une pathologie dès qu'il franchit la porte de l'établissement. Là où l'auteur aurait pu porter son regard, au delà des carabins de toutes sortes, et de ceux qui ne le sont pas mais s'y identifient quand même, c'est sur l'ensemble du dispositif. Une allusion en filigrane de l'ouvrage dénonce le manque de moyens, ou une mauvaise répartition des moyens. C'est clair! Ce qui l'est moins, c'est le mouvement qui s'installe dans les autres professions de l'hôpital, une forme de hiérarchie brutale justifiée par un "contexte contraint" qui veut tout dire et peu dire en même temps.
Les médecins ne sont pas les seuls à supporter les dépassements d'horaires et la charge de travail. Pour palier cet état, les organisations sont restreintes à l'acte et la procédure (de soin) vient remplacer l'accueil, la rencontre avec le patient. Comment peut-on faire entrer un patient dans une procédure sans nier son identité. Cette indifférence est déjà de la maltraitance.
Et les politiques de santé n'y sont pas toujours les seules responsables... On a toujours le choix!
Je suis entièrement d'accord avec le constat établi par M. Winckler.
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topocl
29 décembre 2016
Je ne suis pas suspecte de ne pas être (ou en tout cas avoir été) une fan de Martin Winckler, dont j'ai tant aimé de nombreux livres. Mais il me faut dire à quel point ce livre m'a exaspérée, alors-même que je partage pleinement son idée que le patient doit être entouré d'une bienveillance attentive. Qu'il faut pourchasser la malveillance, la maltraitance, les petites ironies, les gros sarcasmes, les remarques désobligeantes, racistes, sexistes… et j'en passe… dont il est parfois l'objet.
Qu'il y a de gros crétins dans notre profession(je suis médecin), mais je ne suis pas sûre qu'il y en ait beaucoup plus que dans d'autres secteurs.
Que les laboratoires ont plus facilement l'oeil braqué sur le pôle commercial que sur le pôle du soin. Que la formation des médecins est à revoir. Qu'il faut repenser d'urgence l'organisation de la médecine.
Mais, mais, mais…pour défendre cette cause...
Il ne faut pas prendre l'anecdote pour preuve,
Il faut refuser la généralisation,
Il faut se rappeler que la citation hors contexte est sujette à critique
Il faut conserver une humilité, ne pas se prendre pour un asseneur de leçons ou un distributeur de bons points,
il faut arrêter de répéter que les médecins sont sans cervelle, sans libre arbitre, cupides, avides de pouvoir, j'en passe et des meilleures. Ah! oui incompétents, et ne se forment pas au fil de leur carrière. Et bêtes accessoirement.
Il faut envisager ne serait-ce qu'un soupçon de présomption d'innocence avant de juger.
Il faut parler aussi des situations de bientraitance au côté des exemples de maltraitance, les seuls comportement positifs évoqués dans les livres étant ceux de Saint Winckler.
Il faut dire la vérité et non les vérités qui vous arrangent.
Il ne faut pas mentir ce qui rend impossible de prendre pour argent comptant tout ce qui est asséné à côté dans ces pages. (Un exemple parmi d'autres "En France, il [le statut d'infirmier clinicien]n'existe pas")
Il faut faire preuve d'un peu de nuance. Et de compassion, pas seulement vis à vis des patients, mais aussi vis-à-vis des médecins, et oui.

Le message n'en passera que mieux.
Je ne pense pas défendre une caste en étant terriblement gênée de lire:
"Ils [les médecins] oublient, surtout, que leur principal outil diagnostic, c'est leur cerveau. Sans doute parce qu'on ne les a jamais encouragés à s'en servir."
...que si beaucoup de médecins français sont opposés à une législation de l'aide à mourir, ce n'est pas pour protéger les patients, mais protéger: "leur liberté de décider seuls s'ils vont les aider ou non à mourir !"
"En France, aujourd'hui encore, les « valeurs, » de nombreux médecins restent furieusement coincées entre une conception vaniteuse de la vertu-inhérente-au-fait-d'être-médecin et des notions de déontologie paternalistes, dogmatiques et pétries de catholicisme. Cette mentalité archaïque reflète l'appartenance effective du corps médical à une aristocratie sociale."
"Quarante ans après, les problèmes sont les mêmes, car les institutions n'ont pas changé."

Je reconnais les abus, les dérives, les pratiques intolérables, la nécessité de les combattre. Je reconnais aussi que ces attitudes peuvent être miennes, parfois, même si j'y suis vigilante. Mais s'il y a dans le fond un message intéressant et des problèmes qu'il est opportun de soulever, il n'en demeure pas moins que ce livre est une provocation manifeste, une amplification perverse, une autocélébration très malvenues. Il est dommage qu'autant de mauvaise foi biaise un sujet sensible et important, au risque qu'on le néglige ou s'en détourne..
Je suis en colère face à tant de parti-pris, de démagogie et d'outrecuidance. Je suis en colère de devoir dire ça de Martin Winckler.
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ande
15 février 2017
Un livre qui révèle une triste réalité du milieu médical, la façon dont des médecins qui se veulent soignant maltraitent en toute impunité leurs patients.
Les témoignages qui composent le dernier livre de Martin WINCKLER sont pleins de violence, Une violence physique, verbale et surtout psychologique. Dans ce livre, il est beaucoup question de confiance, la confiance que des millions de malades accordent à leur médecin.
Martin WINCKLER dénonce un manque de formation continue, la pression des labos pharmaceutiques, un sentiment de supériorité. le système médical français va mal mais ce sont avant tout les patients qui en souffrent le plus.
L'auteur nous invite à prendre en main notre santé car, si le médecin possède le savoir, toute décision revient au patient.
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padedieu
09 décembre 2016
Adoré ce livre! Certes, pas une lecture divertissante de premier abord. Mais vraiment un sujet passionnant, et traité de telle sorte qu'il est difficile de reposer le livre. Nous pouvons nous reconnaître ou reconnaître nos proches parmi les personnes dont les difficultés rencontrées avec des médecins sont décrites dans le livre. A lire, donc! Pour une vraie prise de conscience!
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette23 avril 2017
Le “c’est dans votre tête !” que trop de praticiens décochent aux patients invoquant un symptôme “non répertorié” est l’une des expressions les plus manifestes de l’obscurantisme médical français.
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pyrouettepyrouette23 mars 2017
La douleur et la peur sont intimement liées : la douleur accentue la peur, et la peur accentue la perception et l'intensité de la douleur.
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pyrouettepyrouette22 mars 2017
Même quand on a choisi de s'engager dans une profession de santé, le fait d'avoir été formé au soin ne confère aucune supériorité morale sur le commun des mortels.
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pyrouettepyrouette27 mars 2017
Un soignant n'est pas un sauveur de vie, mais quelqu'un qui aide la plupart des patients à vivre le moins mal possible.
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rkhettaouirkhettaoui30 octobre 2016
Ce que je nomme son « aura », c’est la manière dont il était perçu par ceux et celles qu’il avait soignés. C’est une construction mentale dont nous n’avons pas toujours conscience, tissée par les émotions. Quand il s’agit d’un soignant, elle est faite de reconnaissance et d’admiration, d’apaisement et, parfois, de crainte. Car nous associons au soignant la crainte de ce qui nous fait mal, et nous ne pouvons jamais nous détacher de l’idée qu’il pourrait aggraver ce mal – ou nous annoncer qu’il est irrémédiable.
L’aura du soignant, nous la ressentons comme bénéfique ou maléfique selon les circonstances.
Cette « aura », tous les soignants la portent ; elle est d’autant plus nette que la réputation du soignant est affirmée, que les attentes à son égard sont grandes et que ses aptitudes – on devrait peut-être même dire ses « pouvoirs » – semblent impressionnantes. Mais le fait que ce savoir et ces « pouvoirs » soient ancrés ou non dans des connaissances scientifiques ne change rien à l’affaire. C’est la perception des autres qui compte.
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Videos de Martin Winckler (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Martin Winckler
Martin Winckler en écrivant, en soignant: où Martin Winckler tente de dire pourquoi c'est plus ou moins la même chose d'écrire et de soigner, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Abraham et fils" à Paris le 19 février 2016 "Printemps 1963. Sur la Grand-Place de Tilliers-en- Beauce, une Dauphine jaune se gare à l?ombre du monument aux morts. Ses passagers reviennent de loin. Abraham est médecin et il cherche du travail. Son fils Franz n?a pas dix ans et aucun souvenir de leur vie passée. Bientôt, ils emménagent dans une maison trop grande pour eux. Ensemble et séparément, ils vont découvrir la France du Général, de la télévision d?État, du Canard Enchaîné, des commémorations et des secrets empoussiérés."
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