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ISBN : 2757864718
Éditeur : Points (03/11/2016)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 57 notes)
Résumé :
« Chérie, je vais à Charlie » : tels sont les derniers mots que Georges m’a lancés, en ce matin du 7 janvier. Trois heures plus tard, l’attentat fera douze morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Quarante-sept années de vie commune fracassées. J’oscille entre insomnies et cauchemars, sidération et déni, enfermement et colère, obsédée par cette question : comment une scène de guerre a-t-elle pu se produire, en France, dans les locaux d’un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  24 mars 2016
Sobriété, simplicité, pudeur.
Maryse Wolinski rend un ultime hommage à Georges, l'homme de toute une vie, son repère. Tragiquement disparu, froidement abattu, il aura suffi de quatre balles pour que tout s'effondre. Quatre balles qui n'auraient jamais dû être tirées...
Mercredi 7 janvier 2015. Une journée comme les autres, où rien ne laisse présager que ce sera la dernière pour le couple Wolinski. Maryse Wolinski reconstitue l'inconcevable, l'incompréhensible. Cette journée du 7 janvier est scrupuleusement retracée heure par heure, vue de l'intérieur par les "impliqués", vécue de l'extérieur par cette femme qui espère des nouvelles rassurantes d'un mari qui malheureusement ne se relèvera pas.
Après l'horreur surviennent les premières larmes puis le déni. Comment admettre ce soudain vide dans sa vie? Faire son deuil? Inimaginable. On n'efface pas 47 ans de vie commune d'un coup de gomme tel un mauvais dessin. Les souvenirs affluent, et Maryse se raccroche aux post-it épinglés ça et là, derniers reliquats d'un bonheur détruit, et aux dernières paroles de Georges : "Chérie, je vais à Charlie".
Le coeur tient le stylo et trace les mots qui témoignent de cette solitude et de cette déchirante douleur.
Teinté d'émotions, de larmes, ce récit, poignant d'authenticité, est pourtant loin d'être un simple témoignage de souffrance.
Car derrière la peine gronde la colère, la révolte. Sourde d'abord, puis affirmée et qui ne demande finalement qu'à exploser.
Maryse Wolinski dénonce. Maryse Wolinski accuse.
Accusée, la réduction de la sécurité autour de Charlie Hebdo malgré une oppressante et réelle menace.
Accusés, les dérisoires moyens de défense des forces armées : gilets pare-balles inefficaces, véhicules bons pour la casse et armes aussi légères qu'impuissantes face à des terroristes lourdement armés et entrainés au combat.
Accusé, le laxisme sur le suivi des fiches S (sûreté de l'Etat) : deux frères, fichés, connus des services de renseignement, et pourtant libres de semer la terreur et la mort quand bon leur semble.
La facilité déconcertante avec laquelle eut lieu cet attentat interroge, mais surtout irrite, exaspère.
Et à l'époque de son témoignage, Maryse Wolinski est loin d'imaginer que suivront le 13 novembre 2015, le 22 mars 2016. Et tant d'autres lâches attentats dans le monde. Pourtant, elle pressent déjà le pire : " Combien y-a-t-il d'agents dormants dans notre pays?"
Effondrée, désespérée, révoltée. Mais pas résignée. Que la disparition de Georges ne soit pas vaine.
En une centaine de pages, tout est dit sur le climat actuel : douleur, appréhension et colère cohabitent devant cet acharnement de violence aveugle.
Merci Madame Wolinski.
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alainmartinez
  01 mars 2016
“Chérie, je vais à Charlie” de Maryse Wolinski est une déclaration d'amour d'une femme pour son mari Georges Wolinski.
Un an après l'attentat contre Charlie Hebdo l'auteur tente de reconstituer et de comprendre ce qui s'est passé. Elle revient sur les failles dans la sécurité et les zones d'ombre dans les événements du 7 janvier. Elle accuse le syndicat de police Alliance d'avoir fait pression pour alléger la surveillance et les pouvoirs publics d'avoir minimisé les menaces dont le journal faisait régulièrement l'objet. Elle critique le dessinateur Charb (Directeur de la publication) d'avoir imposé une ligne éditoriale trop politique et d'avoir, faute de moyens financiers, négligé les recommandations d'un audit de sécurité. Une enquête qui soulève de nombreuses questions.
Mais Maryse Wolinski pousse, surtout, à travers ce livre un cri d'amour pour cet homme qui lui manque tant, cet homme qui lui laissait chaque jour des Post-it pour lui dire qu'il l'aimait. Elle revient sur ces quarante-sept ans d'amour et de complicité, et se demande comment continuer sans lui.
Un récit pudique et un très bel hommage à Georges Wolinski, dessinateur de presse, auteur de bandes dessinées, assassiné le 7 janvier 2015 avec ses amis de Charlie Hebdo à l'âge de 80 ans
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blandine5674
  29 novembre 2017
Qu'il est difficile d'exprimer tout le ressenti à la lecture de ce témoignage ! Rarement pleurer autant et après la dernière page,l'angoisse reste. Parce que là, la réalité de la connerie humaine saute à la face. 'Chérie, je vais à Charlie' est la dernière phrase de Georges Wolinski dite à sa femme avant ce que l'on connaît tous. Je vais tenter de ne retenir que la douceur au milieu de cette horreur. J'ai été attendri par les post-it qu'il écrivait à la compagne de sa vie durant 47 ans ainsi que la cigale moulée.
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jg69
  30 mars 2016
De Maryse Wolinski j'avais lu il y a quelques années" Chambre à part" que j'avais bien aimé et j'ai eu envie de la retrouver avec ce récit lié aux attentats de Charlie Hebdo, tout en craignant un peu un récit trop intime qui me mette en position de voyeurisme. Fort heureusement, cela n'a pas été le cas, Maryse Wolinski fait un peu entrer le lecteur dans l'intimité de son couple mais ce n'est vraiment pas l'essentiel de son récit.
Maryse Wolinski commence son récit par ces mots “Mercredi 7 janvier.”, cette date qui a fait basculer sa vie en ôtant la vie à son mari, le dessinateur Georges Wolinski. le livre porte d'ailleurs comme titre les derniers mots de George à son épouse.
Dans les premiers chapitres, Maryse Wolinski reconstitue à la minute près le déroulé de l'attaque contre les locaux de Charlie Hebdo. le massacre est d'abord vu par le biais de témoins comme le personnel du théâtre de la Comédie-Bastille, situé à proximité des locaux du journal satirique. Puis, ce seront les témoignages des "survivants" qui ont vécu l'attaque à l'intérieur des locaux, Sigolène Vinson, la dessinatrice Coco... "Que se passe-t-il dans la tête de Coco, kalachnikov sur la tempe, sommée de conduire ce qu'elle comprend être des terroristes dans les locaux du journal, alors qu'elle est censée aller tout à l'heure chercher son enfant à la crèche ? Sans doute une terrible confusion qu'elle gardera secrète parce que, par pudeur, on ne lui a pas posé la question.”
Elle nous décrit ensuite les sentiments par lesquels elle est passée, tristesse, déni puis colère, révolte et volonté de comprendre ce qui a pu amener à cette tragédie. Elle s'interroge, par exemple, sur le faible niveau de sécurité du nouvel immeuble de la rédaction et sur la faiblesse des effectifs pour les protéger, malgré les nombreuses menaces reçues. Elle souligne les failles dans la sécurité et l'inefficacité des policiers face aux attaques terroristes : “Aujourd'hui, malgré les menaces, les policiers français de base, qui ne relèvent ni du GIGN, ni du Raid, ni de la BRI, ne sont pas en état de répondre à la menace terroriste.”
Elle évoque également les tensions au sein de l'équipe de Charlie Hebdo, entre Wolinski, nostalgique du Charlie de l'époque Cavanna et les nouveaux dont Charb qui ne partageaient pas toujours les mêmes objectifs. Charb partisan de traiter l'actualité politique et Wolsinski désireux d'échapper, à Charlie, à l'actualité, qu'il traitait par ailleurs dans d'autres journaux. "L'ambiance fraternelle et rigolarde de l'ancien Charlie lui manquait".
Maryse Wolinski parle également de l'après 7 janvier, de "l'élan fraternel du 11 janvier", de la difficulté pour les survivants d'écrire et de dessiner à nouveau, de l'arrivée en masse de l'argent, grâce au numéro des survivants ou aux nombreux dons, de l'arrivée surprenante de nouvelles têtes comme celle d'une directrice de communication “star des stars de la com", embauchée “afin de gérer le trop grand nombre de demandes d'interviews”.
Un récit d'une femme déchirée qui mêle travail journalistique et travail littéraire et qui synthétise bien tout ce qu'on a pu lire ou entendre sur cette tragédie.


Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Sanguine
  22 janvier 2016
Comme la plupart des Français, l'attentat qui a été perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo l'année dernière est resté marqué au fer rouge dans ma mémoire. J'ai bien entendu lu des tas d'articles de journaux, je me suis tenue au courant de tout (ou presque) ce qui avait attrait à ce monstrueux assassinat. Lorsque j'ai vu que Maryse Wolinski allait publier un bouquin à ce propos, j'ai eu très envie de le lire. Je me le suis procuré le jour de sa sortie et je l'ai lu dans la foulée (et ma chronique est très en retard, oui je sais).
"Chérie, je vais à Charlie" : tels sont les derniers mots de Georges Wolinski à sa femme, Maryse. Trois heures plus tard, un attentat fera dix morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Nuits sans sommeil, désert de journées sans fin parce que sans lui, sans son regard qui donne confiance, sans sa lumière. Après la sidération, le déni et l'enfermement, la colère : comment une scène de guerre a-t-elle pu avoir lieu dans les locaux d'un journal satyrique, en France, aujourd'hui ? Puisant sa force dans le chagrin, Maryse Wolinski a choisi d'être"celle qui va".
Ce billet sera court je le sais avant même de l'avoir rédigé car comment juger le comportement et les réactions d'une femme meurtrie dont le mari part travailler le matin et ne rentrera pas le soir ? Mais je tenais à lire ce témoignage, ne serait-ce que pour rendre hommage aux Charlie morts ce jour là sous les balles des frères meurtriers.
Maryse Wolinski nous brosse donc le portrait de son mari, le dessinateur bien connu et grivois, et elle nous plante le décor de leur vie commune. On comprend que cette vie est paisible, agréable au possible et que leur couple est lié avec du ciment. Puis tout bascule ... Maryse perd son époux mais elle ne le sait pas immédiatement. Elle nous raconte ensuite le chagrin, le mal être et le besoin de se reconstruire peu à peu.
Ce qui m'a frappé dans ce court livre (137 pages), c'est la gestion de l'événement par nos politiques. Je pensais qu'ils avaient géré tout ça au carré, parfaitement et sans bavure. Mais il s'avère que ce n'est pas le cas. Bien au contraire ! Je trouve inadmissible que personne ne prenne le temps de prévenir les familles des victimes que leur proche est mort ... Certes, ça a sans doute été une belle pagaille, il a fallu venir en aide aux rescapés et sans doute que l'urgence n'était pas de prévenir les familles mais quand même, je pense que ça aurait dû être fait pendant un moment de répit. C'est sans doute le point qui m'a le plus marqué, ce manque de communication.
Je n'en dirai pas plus, c'était prévu. Je vous laisse le soin de découvrir cet essai en forme de témoignage. Un témoignage d'amour de Maryse à Georges. Les mots sont beaux et forts. Un joli moment d'amour.
A découvrir ...
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critiques presse (2)
LeDevoir   14 janvier 2016
Maryse Wolinski voulait écrire un livre d’amour. Elle a écrit un livre sur la perte, la violence et la guerre.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Culturebox   11 janvier 2016
Un an après l'attentat contre Charlie Hebdo, Maryse Wolinski publie "Chérie, je vais à Charlie" au Seuil. Ce sont les derniers mots que lui a adressé Georges, son mari avant de partir au journal. Ce qui devait être le récit de leur dernière journée s'est transformé en enquête. Maryse Wolinski la journaliste a identifié les zones d'ombre de cet événement qui a marqué le monde.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   09 mars 2016
Au-delà de l’émotion et de la sidération de tout un peuple, l’onde de choc a déclenché l’élan fraternel du 11 janvier. Fraternel, un mot désuet que l’attentat du 7 janvier a remis à la mode. Après ce que Pierre Nora, dans Le Débat, qualifiera d’« événement monstre », la France, soudée face aux terroristes, s’est donc mobilisée. Mais quelle France ? Les points de vue divergent. L’essentiel, à mes yeux, aura été le nombre : quatre millions de personnes dans les rues du pays tout entier, défilant en rangs serrés, chantant La Marseillaise, plébiscitant au passage les policiers. Un vrai rassemblement comme on n’en avait plus vu depuis longtemps.
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YassleoYassleo   24 mars 2016
Les "Charlie" survivants, bien que cassés physiquement et psychologiquement, se sont remis au travail. L'humour, la satire, voire le blasphème, se devaient de l'emporter sur la barbarie. N'oublions jamais que depuis Rabelais, en passant par Voltaire, la France est le pays de l'impertinence.
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alainmartinezalainmartinez   27 février 2016
Oui, il y a eu des failles dans la sécurité de Charlie Hebdo, et elles sont nombreuses. Parce que, contrairement au service des sites sensibles de la préfecture, l’État, les autorités policières et les responsables du journal refusaient l’idée que nous étions déjà en guerre. Une guerre de l’ignorance contre la culture. De la liberté tant chérie par Georges contre l’obscurantisme.
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blandine5674blandine5674   29 novembre 2017
L e pire a de l’avenir, tel était le titre prémonitoire d’un livre de Georges.
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RaviRavi   08 octobre 2017
Ces dernières années, les scènes de guerre, il y en a partout dans le monde, sur tous les continents. Les fanatiques sont à l'oeuvre. La télévision et certains journaux en font leur miel. (p.71)
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Video de Maryse Wolinski (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maryse Wolinski
Maryse Wolinski nous raconte son amour
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