AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757836919
Éditeur : Points (03/10/2013)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Mêlant souvenirs et imagination débordante, ces deux nouvelles que relient l'attachement de Mo Yan à l'enfance, à sa province natale et au monde animal, décrivent une Chine rurale où la débrouillardise permet d'affronter la dure réalité.
Mo Yan lui-même s'y dévoile comme jamais, en adolescent turbulent et bavard aux prises avec la souffrance du veau, la misère, et la ruse infinie des hommes, ou en observateur de dix ans, candide et curieux, de la course de fo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  09 janvier 2013
Dans l'ancienne société , tout était mauvais , dans la nouvelle société , tout va bien , c'est ce qu'on disait en Chine à la fin des années 60 , c'est l'époque où l'auteur , né en 1955 , était adolescent et il nous livre ses souvenirs dans un roman tour à tour truculent , drôle , touchant .
Déjà , à l'époque , son maître d'école , se rend compte qu'il écrit bien , il a un véritable don d'observation , est intelligent et sait faire la part des choses entre réalité et fiction politique .
Tout est raconté avec humour même si en y regardant de plus près il y a une critique de la société , le temps a passé et maintenant on peut commencer à raconter ce qui se passait dans la Chine rurale des années 60-70 .
On n'y mangeait de la viande que très rarement , les ' pauvres ' étaient mis en avant , un balayeur avait plus de valeur qu'un intellectuel , mais cela était poussé à outrance
Luo Han se rend bien compte que ' les droitiers ' , c'est à dire , les intellectuels , les ennemis , sont bien mieux que les paysans , c'est grâce à leur intelligence que tout fonctionne mieux dans le village , c'est grâce à eux que le jeune homme a appris à bien parler , à connaître l'histoire de la Chine antique .
Il fallait absolument que dans chaque village , on trouve des ' droitiers ' , les méthodes pour les débusquer nous paraissent incroyables avec le recul .
Luo Han décrit les championnats de ping-pong , les concours sportifs , les petites anecdotes banales qui mises bout à bout nous apprennent bien plus sur l'époque qu'un livre d'histoire .
Il a un langage imagé , une écriture maîtrisée qui a su garder sa fraîcheur d'enfant , c'est un auteur que je retrouverai avec plaisir .
Un tout petit bémol , dans la deuxième partie ' le coureur de fond ' , il a certains passages assez difficiles si on ne connaît rien à a Chine .
Pour moi , une belle découverte qui me donne envie d'en savoir plus , un livre comme je les aime qui m'ouvre au monde .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
Osmanthe
  28 mars 2018
Deux nouvelles de Mo Yan, qui m'ont je dois dire un peu déçu. Au positif, beaucoup de truculence dans le verbe, et des situations plutôt cocasses qui font sourire et même parfois rire. Bref, du Mo Yan, qui pour être un provincial, s'y entend pour rendre hommage à ce monde paysan chinois qui ne s'embarrasse pas de fioritures et utilise à l'envi un langage fleuri.
Donc, on s'amuse un peu dans "Le Veau", où Luo Han est un gamin déluré qui va, devant une lâcheté certaine des adultes, prendre en main le traitement d'un veau qu'on vient de castrer après bien des palabres entre son oncle et un véto à la compétence incertaine...C'est que si les attributs ont été dégustés illico, la santé du veau est négligée par ces gens qui considèrent les animaux comme des objets, des outils de production collectivistes. Leur seule crainte en cas de décès est de provoquer la colère des chefs locaux du Parti parce qu'une unité a été détruite.
Le petit Luo Han, inquiet de l'aggravation de la santé du veau va devoir tenter de le sauver...
Une nouvelle assez bien menée, sans grande prétention mais qui se lit avec plaisir.
Je n'ai en revanche pas du tout accroché à la seconde. Le "Coureur de fond" est un récit à la première personne, où Mo Yan nous raconte sans doute un souvenir d'enfance autour d'un personnage central qui l'a marqué, un certain M. Zhu, qui penche un peu à droite politiquement, et qui, bossu, va réussir quelques beaux exploits sportifs (inventeur avant la lettre d'une nouvelle technique de saut en hauteur, et surtout vainqueur d'un 10 000 m, dans un challenge local annuel auquel participent quelques figures originales que l'auteur nous a présentées au préalable). Les présentations successives sont un peu longues eu égard à la place réelle de ces personnages finalement faible dans le récit, à part Zhu, avec des phénomènes d'aller-retour et digressions qui sèment la confusion. Au final, on comprendra que les exploits de Zhu ne sont peut-être pas dû entièrement à sa nature, mais à un petit coup de main opiacé...
Bref, ça se lit, mais c'est loin d'être le meilleur Mo Yan.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
bilodoh
  09 janvier 2014
Une escapade dans un monde loin de nos réalités, un monde absurde où le gros bon sens des paysans se heurte à la dictature du parti.
Ce sont des histoires d'apparence un peu naïves, relatant des scènes de la vie quotidienne d'adolescents dans la Chine rurale des années soixante, une vie pas facile, soumises à de nombreuses privations. Il ne s'agit pas d'une dénonciation du système politique, mais une illustration imagée et parfois drôle, de ses aberrations.
Un texte facile à lire et beaucoup de légèreté dans ces deux nouvelles, pas vraiment ce qu'on pourrait craindre d'un auteur Chinois récipiendaire du Nobel de littérature.
Commenter  J’apprécie          190
Bilonico
  31 décembre 2012
L'ouvrage est composé de deux textes assez courts qui se déroulent chacun dans une communauté agricole organisée selon les modalités prescrites par les dirigeants de la révolution communiste de 1949, Mao et ses lieutenants. Les deux nouvelles se passent début des années 1970.
Ces deux textes ont comme narrateur des enfants ou adolescents, ce qui permet à l'auteur d'emprunter un ton où se mélange de manière harmonieuse la naïveté, la spontanéité, la simplicité mais également un jugement sans concession sur le monde des adultes.
Le veau est l'histoire de la castration et ses conséquences de trois veaux dans une communauté agricole. Un des veaux est déjà mature et l'opération ne se passe pas bien. Mo Yan utilise cet évènement pour décrire de manière juste et drôle les petites bassesses des paysans et notables, la peur des règles communistes qui fait prendre des décisions qui vont à l'encontre de la logique, la vie et le quotidien des paysans "moyennement pauvres" comme le précise le vocable du régime.
Cette histoire m'a fait penser, sous réserve de la qualité de la traduction que je ne peux juger, à un mélange plutôt réussi entre une aventure rabelaisienne et un rapport avec l'animal assez proche des contes rouges et bleus de Marcel Aymé.
Le coureur de fond, d'une veine plus autobiographique, décrit une course (dix mille mètres) lors d'un évènement sportif d'une communauté agricole. Cette course est l'occasion pour le narrateur (l'auteur enfant ?) de faire le portrait des protagonistes directs et indirects. Moins facile à lire que le veau, cette nouvelle a toutefois d'indéniables qualités, notamment certains passages assez drôles sur la vie de village ou d'autres sur la détection des "éléments droitiers" de la société.
En résumé, un ouvrage qui est une bonne introduction à l'oeuvre riche du prix nobel chinois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Christw
  26 février 2013

Mo Yan est né en 1955 en Chine et a douze ans lorsque la révolution culturelle est à son apogée. Les souvenirs de jeunesse qu'il narre dans ces deux récits, mêlés aux produits d'une imagination féconde, s'appuient dès lors sur une observation sociale de l'époque maoïste. le veau, raconté avec malice par Luo Han, un enfant turbulent et farceur, se déroule dans un milieu rural où chacun essaie de tirer la couverture à lui, avec courage et ruse, dans l'esprit d'une communauté paysanne soumise aux lois absurdes du régime communiste. On sourit en apprenant que Mo Yan signifie en chinois celui qui ne parle pas, alors que, outre qu'il est un des écrivains les plus productifs et les plus traduits dans le monde, cette histoire est essentiellement charpentée sur des dialogues très animés.

Le fourrage manque et la multiplication des animaux devient problème, de sorte que le vétérinaire Dong est amené auprès de trois veaux afin de les castrer. Parmi eux Double Échine, deux bosses sur le dos, un animal vigoureux qui essaie de monter toutes les vaches, sa mère y compris. Lorsque vient pour celui-ci le tour de passer au scalpel, le vétérinaire hésite car ses vaisseaux dilatés font courir le danger d'un saignement fatal. Il finit par se lancer dans l'opération après maints palabres pittoresques mais Double Échine se montre rétif, et l'opération mémorable qui suit est décrite d'une plume alerte au burlesque évocateur. En fin de compte la plaie du boeuf s'infecte et Luo Han doit le conduire à la commune populaire voisine, à vingt lis[1] de marche, car son état s'aggrave. Une histoire vivante et éloquente agrémentée d'humour, mais aussi une critique acerbe des communes populaires.

Mo Yan a suscité la polémique lors de son prix Nobel de littérature en 2012, pour une oeuvre qui mêle réalité et imagination, perspectives historique et sociale: certains déplorent qu'on ait choisi un membre du parti communiste, d'autres reprochent à l'écrivain son attitude modérée face au PC chinois et son absence de soutien aux dissidents. Un article intéressant de Rue89 rappelle qu'il a reçu un prix littéraire et non le prix Nobel de la Paix. En lisant Mo Yan, il ne donne pas du tout l'impression de manquer d'esprit critique. Néanmoins il est clair que, face à la presse, il préfère parler de ses livres plutôt que d'attitudes politiques où il reconnaîtrait les pressions qu'il subit.

Les noms de familles des personnages chinois finissent par tous se ressembler pour un oeil accoutumé aux patronymes occidentaux. Si ce n'est pas préoccupant dans le récit du veau, ce le devient dans la seconde histoire proposée, le coureur de fond, où les protagonistes sont nombreux. Les dialogues y sont rares car presque tout est narration. On y découvre, via les performances sportives d'un instituteur, l'organisation dans une communauté villageoise d'épreuves sportives sous le régime communiste. L'ensemble apparaît décousu, truffé d'anecdotes, comme s'il s'agissait d'un journal ou d'un projet qui aurait dû aboutir dans un écrit plus vaste.

La traduction de François Sastourné mérite cependant les éloges car elle restitue magnifiquement la nature d'une société que nous connaissons peu. Belles adaptations favorisées sans doute en partie par la féconde spontanéité de l'écrivain chinois, surtout dans le premier récit.
Mo Yan donne avec empathie, à travers ces deux histoires, une version orientale de la comédie humaine où commandent le pouvoir, l'argent et la reconnaissance. La critique politique s'y dissimule tantôt subrepticement, tantôt ouvertement comme dans l'épilogue narquois de l'histoire de Double Échine, le veau à qui il arrive de chuchoter à l'oreille d'un adolescent.


[1] le li est une mesure chinoise aujourd'hui standardisée à 500m.
Lien : http://www.christianwery.be/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          112

critiques presse (1)
Culturebox   10 décembre 2012
On sent [les adultes] loin des théories marxistes imposées par Mao, qui dictent conduites et organisation de la société jusque dans ces plus petits détails, en faisant fi de la réalité. Ce décalage donne lieu à de merveilleux dialogues, dignes de l'auteur de théâtre Ionesco dans le genre absurde, mais qui en disent long sur l'esprit de l'époque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ChristwChristw   27 février 2013

— On ferait pas mieux de téléphoner au vétérinaire de la commune populaire, le camarade Dong ? demanda Xu.

— Vaut mieux éviter de l'alerter. S'il vient, il fera sûrement une nouvelle piqûre, après quoi il faudra lui donner des médicaments. Après quoi il faudra l'inviter à un gueuleton, et vous savez parfaitement ce qui reste comme argent à la brigade de production.

— Alors qu'est-ce qu'on fait ? demanda le comptable.

— Un animal n'est pas si fragile que ça. Si vraiment ça ne va pas, on lui fera un traitement traditionnel, c'est tout.

Sur les ordres du comptable, nous versâmes une bouteille de vinaigre dans la gorge de Double Échine car, selon le docteur aux pieds nus du village, le vinaigre avait des vertus anti-inflammatoires et anti-douleur. Nous trouvâmes aussi un nid de frelons grand comme un chapeau, le brisâmes et forçâmes Double Échine à l'ingérer car, selon le père du comptable, le nid de frelons avait la vertu de combattre le poison par le poison. Nous fîmes venir aussi de la pommade à base de chaux vive que nous passâmes sur la peau de ses bourses, car la chaux était réputée pour désinfecter et anéantir les virus.

J'espérais de tout mon cœur que Double Échine se rétablirait, sinon on ne nous laisserait pas tranquilles, moi et maître Du. Mais au lieu de s'améliorer, son état s'aggravait.
(...).






+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
OsmantheOsmanthe   06 mars 2018
Soudain, le camarade Dong s’ecria : « Attendez ! »
Tout le monde s’arrêta. L’oncle grêlé demanda prudemment : « Qu’y a-t-il, camarade Dong ? »
Sans un regard pour nous ni pour l’oncle grêlé, les yeux derrière ses lunettes rivés sur les deux boules de l’arrière-train de Double Échine, il dit en grinçant des dents : « Nom d’une pipe, si je te coupe pas aujourd’hui, qu’on écrive mon nom à l’envers ! »
L’oncle grêlé cligna des yeux et, tirant le camarade Dong par la manche, dit : « Laissez tomber, ça ne fait rien, un grand vétérinaire comme vous ne va pas se fâcher avec un petit veau de rien du tout. Qu’il vous donne un coup de sabot dans les tibias, ça nous fait déjà de la peine, alors s’il vous frappait dans les parties, ça serait trop pour nous... »
Le camarade Dong le regarda dans les yeux.
« Ce n’est pas la peine de m’injurier sans en avoir l’air ni de me ridiculiser. Même si c’etait un éléphant ou un tigre, je le castrerais aujourd’hui.
- Monsieur Dong, je crois qu’il vaut mieux laisser tomber. »
Le camarade Dong retroussa ses manches, serra son ceinturon et s'avança crânement, requinqué. Double Échine s’enfuyait en tirant maître Du, qui essayait de le retenir de toutes ses forces en criant : « Chef, je vais le lâcher... »
L’oncle grêlé gueula : « Si tu le lâches, bordel, c’est toi que je vais châtrer ! »

Extrait de : « Le Veau »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
luocineluocine   02 décembre 2014
L’as, qui avait reçu un entraînement militaire, fit s’aligner M. Zhu et ma sœur et cria: »Garde à vous! ». Il avait une voix puissante et un ton autoritaire. « Regardez devant vous! Marchez! ». Ma sœur et M.Zhu obéirent et se mirent à marcher. Ma sœur relevait la tête et bombait le torse, M.Zhu prenait un air très digne. Dès qu’ils eurent fait quelques pas, avant même de s’être mis en marche, pour ainsi dire, l’as beugla : »Arrêtez-vous! » Et demanda à la cantonade: »Vous avez vu? ».
Nous criâmes à l’unisson

« Nous avons vu!

-Qu’avez-vous vu? »

Tout le monde se regarda, perplexe, consterné,chacun était devenu muet . L’as eu un rire ironique. « Les yeux des masses voient claires, réfléchissez, quand ils se sont mis à marcher à l’instant, ont-ils mis en avant d’abord le pied droit ou le pied gauche? »Tout le monde se regarda en chien de faïence, ne sachant quoi dire. L’as dit « Tous les deux sont, parmi vous tous (Il fit un grand geste circulaire de la main) , les seuls (il montra deux doigts) » qui commencent à marcher par le pied droit. Qu’en dites vous? S’ils ne sont pas de droite qui l’est alors?« .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
littlecatlittlecat   02 février 2015
- Que tu te laves les cheveux ou non, tu as toujours l'air aussi sauvage. Va vite préparer ces testicules, le camarade Dong et moi allons boire deux coupes. Est-ce qu'il reste des oeufs ? Le mieux serait de nous faire une omelette.
- Des oeufs ? Si j'étais une poule, je vous en pondrais quelques-uns tout de suite.

Page34
Commenter  J’apprécie          150
mariechmariech   09 janvier 2013
Le jour où le camion arriva , nous étions joyeux comme si c'était le Nouvel-An . dans le village , à part Lei Pibao qui était en terminale , personne n'avait encore jamais vu de camion ;
Commenter  J’apprécie          180
Video de Mo Yan (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mo Yan
Mo Yan prix Nobel de littérature .Annonce du 11 octobre 2012
autres livres classés : chineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Classiques en Chine

Hymne aux femmes de toute condition dans une société féodale, ce chef d'oeuvre de la littérature classique chinoise fait évoluer plus de 400 personnages. De quel roman s'agit-il ?

L'histoire des trois Royaumes
La Cité des femmes
Epouses et Concubines
Le rêve dans le pavillon rouge

10 questions
69 lecteurs ont répondu
Thèmes : chine , littérature chinoise , culture chinoiseCréer un quiz sur ce livre