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EAN : 9782021024012
264 pages
Éditeur : Seuil (04/10/2012)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Mêlant souvenirs et imagination débordante, ces deux nouvelles que relient l'attachement de Mo Yan à l'enfance, à sa province natale et au monde animal, décrivent une Chine rurale où la débrouillardise permet d'affronter la dure réalité.
Mo Yan lui-même s'y dévoile comme jamais, en adolescent turbulent et bavard aux prises avec la souffrance du veau, la misère, et la ruse infinie des hommes, ou en observateur de dix ans, candide et curieux, de la course de fo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  09 janvier 2013
Dans l'ancienne société , tout était mauvais , dans la nouvelle société , tout va bien , c'est ce qu'on disait en Chine à la fin des années 60 , c'est l'époque où l'auteur , né en 1955 , était adolescent et il nous livre ses souvenirs dans un roman tour à tour truculent , drôle , touchant .
Déjà , à l'époque , son maître d'école , se rend compte qu'il écrit bien , il a un véritable don d'observation , est intelligent et sait faire la part des choses entre réalité et fiction politique .
Tout est raconté avec humour même si en y regardant de plus près il y a une critique de la société , le temps a passé et maintenant on peut commencer à raconter ce qui se passait dans la Chine rurale des années 60-70 .
On n'y mangeait de la viande que très rarement , les ' pauvres ' étaient mis en avant , un balayeur avait plus de valeur qu'un intellectuel , mais cela était poussé à outrance
Luo Han se rend bien compte que ' les droitiers ' , c'est à dire , les intellectuels , les ennemis , sont bien mieux que les paysans , c'est grâce à leur intelligence que tout fonctionne mieux dans le village , c'est grâce à eux que le jeune homme a appris à bien parler , à connaître l'histoire de la Chine antique .
Il fallait absolument que dans chaque village , on trouve des ' droitiers ' , les méthodes pour les débusquer nous paraissent incroyables avec le recul .
Luo Han décrit les championnats de ping-pong , les concours sportifs , les petites anecdotes banales qui mises bout à bout nous apprennent bien plus sur l'époque qu'un livre d'histoire .
Il a un langage imagé , une écriture maîtrisée qui a su garder sa fraîcheur d'enfant , c'est un auteur que je retrouverai avec plaisir .
Un tout petit bémol , dans la deuxième partie ' le coureur de fond ' , il a certains passages assez difficiles si on ne connaît rien à a Chine .
Pour moi , une belle découverte qui me donne envie d'en savoir plus , un livre comme je les aime qui m'ouvre au monde .
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gonewiththegreen
  01 avril 2020
C'est sans doute un réflexe pavlovien que de se retourner vers des valeurs sures en période anxiogène. Mo Yan et sa littérature entrent clairement pour moi dans ce domaine et c'est avec délectation que je me suis plongé dans ces deux nouvelles .
Mo Yan n'est jamais aussi bon que pour décrire le monde paysan sous Mao. Monde paysan d'où il vient.
Si le théâtre des opérations des deux nouvelles est le même, les sujets en sont bien différents.
Dans la première nouvelle, le Veau,un village s'apprête à castrer trois veaux et attend le vétérinaire officiel. Nouvelle très drôle, enfin avec les critères locaux , qui montre très bien le fonctionnement du pouvoir et des hiérarchies sous Mao. L'activité principale en cas de problème est de trouver un bouc émissaire pour sauver ses fesses ! On retrouve les caractéristiques des récits de Mo Yan , insultes entre personnages, situations cocasses, peinture acerbe de la société chinoise sous le communisme, mais aussi grande place à la description de la nature. L'auteur nous confronte aux absurdités du système : Impossible de tuer les veaux parce que le parti ne l'autorise pas , mais impossibilité de les garder en vie parce qu'on ne peut pas les nourrir!
Enfin , on y apprend que dans les campagnes , les paysans mettaient la gnôle dans des bouteilles (vides !!!) d'insecticide . Il parait que ça donne du goût !!!
La deuxième histoire est centré sur un instituteur remplaçant du village en 1968. Laid comme pou, raillé de tous , il s'avère être un grand sportif , avec son air con et sa vue basse !!
La aussi , plongée dans la révolution culturelle avec ce village rempli de "droitiers", ou plus vulgairement d'instruits envoyés se rééduquer à a campagne.
Beaucoup de truculence, d'humour , de situations absurdes et toujours ce regard sans complaisance sur la Chine maoïste.
Merci Mo Yan pour ton aide en ces moments ô combien singuliers.
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Osmanthe
  28 mars 2018
Deux nouvelles de Mo Yan, qui m'ont je dois dire un peu déçu. Au positif, beaucoup de truculence dans le verbe, et des situations plutôt cocasses qui font sourire et même parfois rire. Bref, du Mo Yan, qui pour être un provincial, s'y entend pour rendre hommage à ce monde paysan chinois qui ne s'embarrasse pas de fioritures et utilise à l'envi un langage fleuri.
Donc, on s'amuse un peu dans "Le Veau", où Luo Han est un gamin déluré qui va, devant une lâcheté certaine des adultes, prendre en main le traitement d'un veau qu'on vient de castrer après bien des palabres entre son oncle et un véto à la compétence incertaine...C'est que si les attributs ont été dégustés illico, la santé du veau est négligée par ces gens qui considèrent les animaux comme des objets, des outils de production collectivistes. Leur seule crainte en cas de décès est de provoquer la colère des chefs locaux du Parti parce qu'une unité a été détruite.
Le petit Luo Han, inquiet de l'aggravation de la santé du veau va devoir tenter de le sauver...
Une nouvelle assez bien menée, sans grande prétention mais qui se lit avec plaisir.
Je n'ai en revanche pas du tout accroché à la seconde. Le "Coureur de fond" est un récit à la première personne, où Mo Yan nous raconte sans doute un souvenir d'enfance autour d'un personnage central qui l'a marqué, un certain M. Zhu, qui penche un peu à droite politiquement, et qui, bossu, va réussir quelques beaux exploits sportifs (inventeur avant la lettre d'une nouvelle technique de saut en hauteur, et surtout vainqueur d'un 10 000 m, dans un challenge local annuel auquel participent quelques figures originales que l'auteur nous a présentées au préalable). Les présentations successives sont un peu longues eu égard à la place réelle de ces personnages finalement faible dans le récit, à part Zhu, avec des phénomènes d'aller-retour et digressions qui sèment la confusion. Au final, on comprendra que les exploits de Zhu ne sont peut-être pas dû entièrement à sa nature, mais à un petit coup de main opiacé...
Bref, ça se lit, mais c'est loin d'être le meilleur Mo Yan.
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bilodoh
  09 janvier 2014
Une escapade dans un monde loin de nos réalités, un monde absurde où le gros bon sens des paysans se heurte à la dictature du parti.
Ce sont des histoires d'apparence un peu naïves, relatant des scènes de la vie quotidienne d'adolescents dans la Chine rurale des années soixante, une vie pas facile, soumises à de nombreuses privations. Il ne s'agit pas d'une dénonciation du système politique, mais une illustration imagée et parfois drôle, de ses aberrations.
Un texte facile à lire et beaucoup de légèreté dans ces deux nouvelles, pas vraiment ce qu'on pourrait craindre d'un auteur Chinois récipiendaire du Nobel de littérature.
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Bilonico
  31 décembre 2012
L'ouvrage est composé de deux textes assez courts qui se déroulent chacun dans une communauté agricole organisée selon les modalités prescrites par les dirigeants de la révolution communiste de 1949, Mao et ses lieutenants. Les deux nouvelles se passent début des années 1970.
Ces deux textes ont comme narrateur des enfants ou adolescents, ce qui permet à l'auteur d'emprunter un ton où se mélange de manière harmonieuse la naïveté, la spontanéité, la simplicité mais également un jugement sans concession sur le monde des adultes.
Le veau est l'histoire de la castration et ses conséquences de trois veaux dans une communauté agricole. Un des veaux est déjà mature et l'opération ne se passe pas bien. Mo Yan utilise cet évènement pour décrire de manière juste et drôle les petites bassesses des paysans et notables, la peur des règles communistes qui fait prendre des décisions qui vont à l'encontre de la logique, la vie et le quotidien des paysans "moyennement pauvres" comme le précise le vocable du régime.
Cette histoire m'a fait penser, sous réserve de la qualité de la traduction que je ne peux juger, à un mélange plutôt réussi entre une aventure rabelaisienne et un rapport avec l'animal assez proche des contes rouges et bleus de Marcel Aymé.
Le coureur de fond, d'une veine plus autobiographique, décrit une course (dix mille mètres) lors d'un évènement sportif d'une communauté agricole. Cette course est l'occasion pour le narrateur (l'auteur enfant ?) de faire le portrait des protagonistes directs et indirects. Moins facile à lire que le veau, cette nouvelle a toutefois d'indéniables qualités, notamment certains passages assez drôles sur la vie de village ou d'autres sur la détection des "éléments droitiers" de la société.
En résumé, un ouvrage qui est une bonne introduction à l'oeuvre riche du prix nobel chinois.
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critiques presse (1)
Culturebox   10 décembre 2012
On sent [les adultes] loin des théories marxistes imposées par Mao, qui dictent conduites et organisation de la société jusque dans ces plus petits détails, en faisant fi de la réalité. Ce décalage donne lieu à de merveilleux dialogues, dignes de l'auteur de théâtre Ionesco dans le genre absurde, mais qui en disent long sur l'esprit de l'époque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ChristwChristw   27 février 2013

— On ferait pas mieux de téléphoner au vétérinaire de la commune populaire, le camarade Dong ? demanda Xu.

— Vaut mieux éviter de l'alerter. S'il vient, il fera sûrement une nouvelle piqûre, après quoi il faudra lui donner des médicaments. Après quoi il faudra l'inviter à un gueuleton, et vous savez parfaitement ce qui reste comme argent à la brigade de production.

— Alors qu'est-ce qu'on fait ? demanda le comptable.

— Un animal n'est pas si fragile que ça. Si vraiment ça ne va pas, on lui fera un traitement traditionnel, c'est tout.

Sur les ordres du comptable, nous versâmes une bouteille de vinaigre dans la gorge de Double Échine car, selon le docteur aux pieds nus du village, le vinaigre avait des vertus anti-inflammatoires et anti-douleur. Nous trouvâmes aussi un nid de frelons grand comme un chapeau, le brisâmes et forçâmes Double Échine à l'ingérer car, selon le père du comptable, le nid de frelons avait la vertu de combattre le poison par le poison. Nous fîmes venir aussi de la pommade à base de chaux vive que nous passâmes sur la peau de ses bourses, car la chaux était réputée pour désinfecter et anéantir les virus.

J'espérais de tout mon cœur que Double Échine se rétablirait, sinon on ne nous laisserait pas tranquilles, moi et maître Du. Mais au lieu de s'améliorer, son état s'aggravait.
(...).






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OsmantheOsmanthe   06 mars 2018
Soudain, le camarade Dong s’ecria : « Attendez ! »
Tout le monde s’arrêta. L’oncle grêlé demanda prudemment : « Qu’y a-t-il, camarade Dong ? »
Sans un regard pour nous ni pour l’oncle grêlé, les yeux derrière ses lunettes rivés sur les deux boules de l’arrière-train de Double Échine, il dit en grinçant des dents : « Nom d’une pipe, si je te coupe pas aujourd’hui, qu’on écrive mon nom à l’envers ! »
L’oncle grêlé cligna des yeux et, tirant le camarade Dong par la manche, dit : « Laissez tomber, ça ne fait rien, un grand vétérinaire comme vous ne va pas se fâcher avec un petit veau de rien du tout. Qu’il vous donne un coup de sabot dans les tibias, ça nous fait déjà de la peine, alors s’il vous frappait dans les parties, ça serait trop pour nous... »
Le camarade Dong le regarda dans les yeux.
« Ce n’est pas la peine de m’injurier sans en avoir l’air ni de me ridiculiser. Même si c’etait un éléphant ou un tigre, je le castrerais aujourd’hui.
- Monsieur Dong, je crois qu’il vaut mieux laisser tomber. »
Le camarade Dong retroussa ses manches, serra son ceinturon et s'avança crânement, requinqué. Double Échine s’enfuyait en tirant maître Du, qui essayait de le retenir de toutes ses forces en criant : « Chef, je vais le lâcher... »
L’oncle grêlé gueula : « Si tu le lâches, bordel, c’est toi que je vais châtrer ! »

Extrait de : « Le Veau »
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luocineluocine   02 décembre 2014
L’as, qui avait reçu un entraînement militaire, fit s’aligner M. Zhu et ma sœur et cria: »Garde à vous! ». Il avait une voix puissante et un ton autoritaire. « Regardez devant vous! Marchez! ». Ma sœur et M.Zhu obéirent et se mirent à marcher. Ma sœur relevait la tête et bombait le torse, M.Zhu prenait un air très digne. Dès qu’ils eurent fait quelques pas, avant même de s’être mis en marche, pour ainsi dire, l’as beugla : »Arrêtez-vous! » Et demanda à la cantonade: »Vous avez vu? ».
Nous criâmes à l’unisson

« Nous avons vu!

-Qu’avez-vous vu? »

Tout le monde se regarda, perplexe, consterné,chacun était devenu muet . L’as eu un rire ironique. « Les yeux des masses voient claires, réfléchissez, quand ils se sont mis à marcher à l’instant, ont-ils mis en avant d’abord le pied droit ou le pied gauche? »Tout le monde se regarda en chien de faïence, ne sachant quoi dire. L’as dit « Tous les deux sont, parmi vous tous (Il fit un grand geste circulaire de la main) , les seuls (il montra deux doigts) » qui commencent à marcher par le pied droit. Qu’en dites vous? S’ils ne sont pas de droite qui l’est alors?« .
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littlecatlittlecat   02 février 2015
- Que tu te laves les cheveux ou non, tu as toujours l'air aussi sauvage. Va vite préparer ces testicules, le camarade Dong et moi allons boire deux coupes. Est-ce qu'il reste des oeufs ? Le mieux serait de nous faire une omelette.
- Des oeufs ? Si j'étais une poule, je vous en pondrais quelques-uns tout de suite.

Page34
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mariechmariech   09 janvier 2013
Le jour où le camion arriva , nous étions joyeux comme si c'était le Nouvel-An . dans le village , à part Lei Pibao qui était en terminale , personne n'avait encore jamais vu de camion ;
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