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Noël Dutrait (Traducteur)
ISBN : 2020859564
Éditeur : Points (20/04/2006)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Lorsque Lao Ding, à l'âge de soixante ans, est licencié de l'usine Étoile rouge pour cause de faillite, c'est un monde qui s'effondre. Mais une nouvelle Chine est en train de naître, fondée sur l'initiative privée, où se déploient tout ensemble l'ingéniosité du petit peuple, la corruption des cadres, la solidarité des générations et le chacun-pour-soi... Maître Ding retrouve l'enthousiasme et la vigueur grâce à une idée géniale, bien audacieuse, et à l'infaillible s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
iz43
  11 mai 2019
Pour être franche , s 'il n y avait pas eu le multi défis 2019 et son item livre d un auteur chinois ou qui se passe en Chine, je n aurais jamais lu ce livre.
4 étoiles et demie. Autant vous dire que changer ses habitudes ça permet parfois de belles découvertes.
J ai beaucoup aimé cette lecture. En particulier parce que je me suis beaucoup attachée au héros. d'origine ouvrière, maître Dinh qui se retrouve licencié à un mois de la retraite après une vie de labeur, ça a touché mon âme. l'usine de machine agricole pour laquelle maître Dinh travaillait s apprête à fermer. Les larmes, les belles médailles reçues tout au long de sa carrière, être l exemple pour les autres, tout cela ne change rien.
Maître Dinh est poussé vers la sortie. Comment se reconvertir alors? Comment rebondir? Surtout que l argent fond comme neige au soleil.
Maître Dinh est dépassé. Lui qui a passé sa vie à trimer à l usine découvre avec stupeur que même aller au toilette n est pas gratuit. Où va le monde?
Mais maître Dinh n est pas un homme à se laisser abattre. Alors qu' il repère un vieux car déglingué vers le cimetière qui surplombe son ancienne usine, il a une idée pour survivre. Avec son fidèle apprenti, il entreprend de transformer le car pour le consacrer à un usage bien particulier. Bientôt la clientèle se fait florissante.
On ne sombre jamais dans le pathos. J ai apprécié l humour de l auteur qui avec un personnage plutôt naïf mais pas bête nous livre une petite critique bien sentie du capitalisme. Culture tradition se heurtent à la modernité et au capitalisme.
C est frais, drôle, un brin loufoque. Bien écrit.
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sandrine57
  05 novembre 2012
Après 43 ans de bons et loyaux services dans l'Usine de fabrication de matériel agricole de sa ville, Maître Ding est licencié à un mois de la retraite. Les larmes ou la colère n'y changent rien, l'usine a fait faillite et il lui faut désormais trouvé une nouvelle source de revenus. Mais Maître Ding est un vieil homme, usé par son dur labeur et les opportunités s'en trouvent réduites. après des jours d'errance désespérée dans les rues de la ville, le salut arrive lors d'une promenade entre le cimetière et le lac artificiel. Maître Ding trouve l'idée qui, sans efforts physiques, pourra lui assurer un revenu suffisamment confortable pour assurer ses vieux jours. Mais saura-t-il faire taire ses scrupules et dépasser le sentiment de honte qu'il ressent?

Sous ses airs faussement naïfs, ce petit conte sans prétention cache une critique acerbe du néo-capitalisme chinois. Il décrit cette nouvelle société où l'Etat n'est plus providence, où c'est le profit qui commande, où les patrons s'enrichissent sur le dos des ouvriers. Rude constat pour Maître Ding, vieux communiste, ouvrier exemplaire plusieurs fois médaillé qui s'est voué corps et âme à son usine et qui n'a aucune valeur au regard du profit et de la productivité. Pour les ouvriers comme lui, c'est désormais le règne de la débrouillardise. Les salaires et les pensions sont versés de façon aléatoire et pour vivre décemment on trouve un petit boulot plus ou moins légal. Maître Ding qui avait placé toute sa confiance en son patron découvre les nouvelles lois de la société où l'individualisme a pris le pouvoir. Pour lui, c'est un choc mais il ne se révolte pas, il a honte d'être un poids et finalement il s'adapte.
Ce court récit plein de tendresse, d'humour et d'optimisme est une ode à ce peuple chinois si souvent opprimé mais qui ne baisse jamais les bras et, de petites combines en bouts de ficelle, se construit un avenir qui se veut radieux.
Ecrit par le Nobel de littérature 2012, c'est un petit livre abordable et plaisant que je conseille pour qui veut appréhender l'oeuvre de Mo YAN en douceur.
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kuroineko
  15 septembre 2017
Le maître a de plus en plus d'humour marque mes premiers pas dans l'univers littéraire de Mo Yan. J'ai commencé petit...
Certes petit format mais qui donne un aperçu intéressant et alléchant de la prose du Nobel chinois.
Dans un récit entre le conte et la satire sociale, l'auteur dépeint le brave Ding, employé modèle aux multiples récompenses dans l'usine d'État de matériel agricole. La Chine se mettant à l'heure du capitalisme, le pauvre bonhomme, tout de mesure, se retrouve licencié à un mois de sa retraite. Dure chute s'il en est... Force est de devoir vivre et faire bouillir la marmite. Lui vient une idée invraisemblable au terme d'une déambulation mais qu'il va mettre en pratique avec l'aide de son fidèle Lü Xiaohu, son ancien apprenti à l'usine. Peu orthodoxe et sans doute moralement bancale, sa solution ne lui donne pas moins satisfaction... et de plus confortables revenus.
Drôle et cynique, Mo Yan décrit dans ce court roman les dérives du capitalisme, les systèmes hiérarchiques dans la société et l'évolution de celle-ci en cette veille du XXIème siècle. La plume de l'auteur est pleine de verve et de mordant, émaillée de proverbes plein de bon sens ou de type confucéen. Une véritable invitation à découvrir plus avant l'oeuvre de cet écrivain.
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GabyH
  06 mai 2014
Après avoir lu (et adoré !) son roman Grenouilles, j'ai eu envie de me replonger dans l'univers de Mo Yan et son humour pince-sans-rire d'un philosophe qui scrute avec des yeux faussement naïfs les habitudes de ses contemporains.
L'histoire est simple : un vieil homme, ouvrier méritant et reconnu par ses pairs dans l'usine où il a travaillé toute sa vie, est licencié du jour au lendemain. Pour ce héraut du miracle économique chinois, le coup est dur. D'un coup, tout son système de valeurs, inspiré du communisme version chinoise, s'effondre. En métaphore de la Chine contemporaine, le vieil homme, entraînant dans son sillage son apprenti, plonge (malgré lui) dans le capitalisme le plus sauvage : pour continuer à gagner sa vie, il n'hésite pas à privatiser une caravane abandonnée pour en faire l'abri d'amours clandestines. Il vend ainsi doublement son âme au diable, se laissant aller à la cupidité pour gagner sa vie grâce aux élans de luxure des autres.
Comme à son habitude, Mo Yan adopte un point de vue presque naïf et, c'est là son tour de force qui lui permet de nous plonger dans la Chine contemporaine, loin des clichés, près des petites gens. Comment une société peut-elle faire la synthèse entre des croyances traditionnelles encore bien ancrées et une modernisation menée à marche forcée par un pouvoir autoritaire depuis plusieurs décennies ? Comment les chinois, à qui la liberté d'expression est cruellement déniée, réussissent-ils à trouver des échappatoires ? Quelles combines mettent-ils en place pour tirer leur épingle du jeu dans ce néo-capitalisme sauvage ? C'est un peu à ces grandes questions que ce court roman tente de répondre, et avec humour s'il vous plaît.
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Marcelline
  30 novembre 2012
Curieuse mais pas téméraire, c'est par ce petit livre, parmi tous les autres mis en avant à la librairie, que j'ai choisi de découvrir le dernier prix Nobel de littérature.
Mi-fable, mi-nouvelle, ce court roman m'a été facile à lire même si, parfois, j'ai eu la sensation qu'il me manquait quelques références culturelles pour pouvoir pleinement goûter le sel de l'humour de l'auteur.
Et, en fait, c'est peut-être bien là tout l'intérêt de cette lecture: se plonger dans un autre monde, une autre culture, d'autres valeurs et s'ouvrir à une autre façon de penser et d'appréhender le monde, de vivre les rapports entre personnes...
Relations hiérarchiques dans le monde du travail ou entre des personnes aux différents âges de la vie, position de la femme dans la société et dans la famille ou le couple... les thèmes abordés sont nombreux et les sources de curiosités innombrables pour moi! L'écriture m'étant accessible, cela me donne de nombreuses raisons d'avoir envie d'explorer plus avant la bibliographie de Mo Yan!
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
samir_t7samir_t7   30 septembre 2019
C’est sûr, un saint ne ferait pas ce genre de chose, mais il suffisait largement qu’il y en ait déjà un au monde.
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samir_t7samir_t7   30 septembre 2019
À voir ces vieilles personnes nageant dans le bonheur, il se sentit déprimé. S’il avait eu un garçon ou même une fille, une fois au chômage, il ne se serait pas retrouvé assis ici à une heure si matinale, tel l’idiot du conte qui attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans la bouche.
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le_Bisonle_Bison   23 octobre 2012
C’était déjà le coucher de soleil quand insensiblement ses pas le menèrent sur la petite colline derrière l’Usine de fabrication de machines agricoles. Le soleil rouge sang irisait de milles couleurs la surface de l’eau du lac artificiel en bas de la colline. Sur le chemin qui faisait le tour du lac, des hommes et des femmes se promenaient tranquillement en couple. Il avait travaillé tout près des dizaines d’années, mais il n’était jamais monté une seule fois sur cette hauteur et s’était encore moins promené autour du lac. Durant tout ce temps, sa vraie famille avait été l’usine, et, derrière ses dizaines de diplômes d’honneur, il y avait des seaux et des seaux de sueur. Il tourna son regard vers son usine, les ateliers d’ordinaire en pleine effervescence étaient à l’abandon, les bruits de coups de marteau sur le métal n’étaient plus qu’un rêve du passé, la cheminée qui avait craché sa fumée noire pendant des années ne fumait plus, sur les terrains vides aux alentours s’entassaient des canettes défectueuses et des moissonneuses rouillées. Derrière la petite cantine s’empilaient des bouteilles d’alcool...
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OsmantheOsmanthe   11 octobre 2017
Dans le fracas de l'eau, il demanda doucement : "Pourquoi faut-il payer pour aller aux toilettes ?
- Maître, on dirait que vous débarquez de la planète Mars, vous croyez que de nos jours il y a encore des choses gratuites ? dit l'apprenti en haussant les épaules. Mais payer a aussi son avantage. Si c'était gratuit, même en rêve, des petites gens comme nous n'iraient pas dans des W.-C. luxueux comme ceux-ci !".
L'apprenti le guida pour se laver les mains et les passer sous le sèche-mains, puis ils sortirent des toilettes.
Assis dans le triporteur, frottant ses mains rugueuses adoucies par le séchage, il dit en soupirant : "Xiaohu, on s'est fait une pisse de luxe tous les deux.
- Vous ne manquez pas d'humour maître !
- Je te dois un yuan, je te le rendrai demain !
- Vous avez de plus en plus d'humour, maître !"
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OsmantheOsmanthe   09 octobre 2017
Lü Xiaohu lui suggéra : "Maître, vous devriez aller manifester devant la porte de la mairie en vous asseyant par terre, ou même en vous immolant par le feu !
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Bien sûr, je ne veux pas que vous vous mettiez vraiment le feu, dit Lü Xiaohu en riant, vous devriez leur faire peur, ils tiennent par-dessus tout à sauver la face.
- Tu parles d'une idée, tu veux que ton maître aille jouer les voyous !
- A ce stade-là, c'est tout ce qu'il vous reste à faire. Maître, vous êtes vieux, ce n'est pas comme nous qui sommes encore jeunes et avons de l'énergie, en faisant n'importe quel boulot, on pourra nourrir une famille, mais vous, vous ne pouvez compter que sur la mairie."
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Mo Yan prix Nobel de littérature .Annonce du 11 octobre 2012
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