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Gérard Siary (Traducteur)Mieko Nakajima-Siary (Traducteur)
ISBN : 2809701504
Éditeur : Editions Philippe Picquier (21/01/2010)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Comme à la parade !

Quatre jeunes gens, qui partagent un appartement dans Tokyo, se racontent à tour de rôle : sa vie, son passé, ses amours, ses travers, ses folies, ses manies, ses secrets. Et lorsqu’un cinquième entre par hasard dans le jeu, son intrusion change la donne et révèle ce qui se trame sous les règles tacites de la communication humaine.

La petite musique de Yoshida Shuichi excelle à décrire ce qui se jour dans le phénomèn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Rosehip31
  09 mai 2014
Parade relate l'histoire du quotidien de cinq colocataires (Sugimoto Ryôsuke, Okômichi Kotomi, Sôma Mirai, Kokubo Satoru et Ihara Naoki) plus ou moins dans la même tranche d'âge qui vont être confrontés aux aléas de la vie.
La particularité de cette histoire contemporaine est que l'auteur nous présente cinq points de vue différents (d'où le titre du livre, car nous voyons « défiler » plusieurs personnages). Il y a ainsi non pas un mais cinq personnages principaux et malgré cela, le livre garde son unité.
Parfois l'auteur revient sur certains évènements racontés dans les chapitres précédents et nous donne à cette occasion la vision qu'un autre personnage en a eu. Ce concept d'écriture « à plusieurs voix » est extrêmement intéressant dans le sens où il permet au lecteur de comprendre combien les apparences peuvent être trompeuses et à quel point on peut être influencé par l'opinion des autres.
Bien entendu, il est très difficile de saisir l'ampleur d'une situation si on ne l'a pas vécue soi-même. Et même lorsqu'on vit la même expérience que d'autres, nous avons tous une façon bien à nous d'aborder les choses.
L'objectif de l'auteur est de démontrer qu'il faut dépasser les stéréotypes. Il va même jusqu'à pousser le lecteur à se faire une idée globale des personnages avant même d'avoir commencé sa lecture et on se rend souvent compte au fil de l'ouvrage que cette vision est généralement fausse. Pour se faire, il fait des descriptions paradoxalement sommaires de ses personnages (exemple : Sugimoto Ryôsuke, 21 ans, 3ème année d'économie, université H; actuellement, employé à temps partiel dans un restaurant mexicain à Shimokitazawa). Ainsi, ce sera le croisement de leurs narrations qui remettra en cause la simplicité apparente de leur vie et de leurs pensées.
Parade est donc un roman aux multiples facettes et là où cette confrontation des opinions devient encore plus intéressante est qu'il s'agit de cinq colocataires. Des personnes qui se fréquentent donc tous au quotidien, connaissent une part importante de la vie des uns et des autres et sont censés savoir comment chacun réagit.
Yoshida Shuishi abordera alors la complexité des relations humaines en nous opposant deux points de vue. D'un côté nous pourrons voir évoluer cette petite communauté, qui donnera l'impression, par certains aspects, que les liens qui les unissent ressemblent plus à ceux d'une famille. C'est notamment Satoru, le personnage qui rejoindra le groupe en cours de route, qui nous le fera le mieux comprendre.
Quel que soit les déboires de chacun, ils finiront tous par se confier, demander conseil ou un service à l'un de leur colocataire. Chaque fois, ce dernier lui viendra en aide sans pour autant lui demander de contrepartie.
C'est cette ambiance qui attirera Satoru et lui donnera l'impression de se sentir, là-bas, comme chez lui.
Pourtant, Yoshida Shuichi nous fait comprendre que ce n'est pas parce que nous vivons avec quelqu'un que nous connaissons forcément bien cette personne ou que nous cherchons à nous impliquer dans sa vie. Chaque être humain renferme un jardin secret inaccessible à tous, même à ceux qui nous sont proches. A plusieurs reprise, bien que voyant un de leur camarade souffrir, le reste du groupe préférera ne pas intervenir. Seul Satoru s'y risquera à un moment, ce qui lui vaudra d'être chassé du groupe. Yoshida va même plus loin en nous montrant à la fin que bien qu'ils soient tous au courant du terrible secret que cache l'un de leurs compagnons, ils préfèreront fermer les yeux sur ses actions plutôt que de rompre le semblant de vie paisible qu'ils ont réussi à bâtir jusqu'ici. L'auteur laisse alors planer le doute quant aux motivations de chacun : ont-ils gardé le silence par égard pour leur camarade car leur amitié pour lui les pousse à vouloir à tout prix le protéger ou alors préfèrent-ils ne pas se mêler de ses affaires bien qu'ils soient au courant des atrocités qu'il commet ? L'autre question qui se pose alors est jusqu'où chacun peut intervenir dans la vie d'autrui ? Y a-t-il réellement une barrière à ne pas franchir ?
L'approche psychologique est, ici, la qualité principale du livre, excellemment mise en scène par le choix du type de narration dans lequel les voix se croisent. Ce qui m'a plu dans « Parade » c'est cette interaction entre les personnages. le fait de voir ces personnes qui n'ont pas pris le même chemin dans la vie et qui pourtant se retrouvent à habiter ensemble et à partager le quotidien d'individus qu'ils n'auraient peut-être jamais croisé dans la rue.
Lien : http://sumire-chroniques.ove..
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LN
  16 novembre 2010
L'alternance de points de vue permet de mieux connaître chacun des protagonistes. Chacun se cache derrière un masque dans cet appartement, se cantonnant à l'image qu'il souhaite renvoyer aux autres, mais sans se dévoiler plus avant.

« Pour bien vivre ici, il n'y a rien d'autre à faire que d'adopter le moi qui paraît le mieux adapté au lieu. (…) le moi qui s'entend bien avec les autres colocataires (…) » dira Mirai.

Satoru, le cinquième locataire qui s'est greffé on ne sait comment dans cette petite communauté, est l'exemple – type de ce processus :

« Au fond, koto et Ryösuke projettent sur Satoru l'image de la personne avec laquelle ils veulent être. ( …) Je ne peux m'empêcher de comparer son existence à une flaque d'eau qui se formerait au sein de l'eau elle-même. » (p. 150)

- Les relations que les colocataires ont instaurées presque naturellement restent superficielles, chacun respectant l'espace de liberté et d'opacité de l'autre. L'une des protagonistes compare leur colocation aux relations nouées sur Internet par l'intermédiaire de forums. Les internautes ont l'impression de se connaître, mais cela reste un leurre confortable pour chacun d'eux.

Dans la postface Gérard SIARY exprime brillamment ces ambivalences :

« La petite musique de Yoshida Shuichi, qui s'entend si bien à orchestrer le drame latent jusque dans la répétition stylistique appuyée et quasi formulaire du monde comme il va, nous ramène constamment au mystère de l'autre, celui que nous côtoyons et pensons connaître, celui que nous jouons vis-à-vis d'autrui et de nous-mêmes et qui s'impose à nous, comme si nous nous attachions à démultiplier nos sphères d'existence au sein d'une monde désarticulé. » (p.261)

Une analyse très fine des rapports humains...

Lien : http://lecturissime.over-blo..
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Ladilae
  18 mars 2016
Parade est le quotidien de 5 tokyoïtes, entre 18 et 28 ans, qui ont des parcours très divers mais qui se trouvent réunis dans le même appartement qu'ils partagent. Ils représentent une jeunesse un peu perdu et qui vit au jour le jour.Ce qui m'a surpris le plus est que, fiction ou non, on est loin du stéréotype de la société japonaise, très droite, respectueuse et acharnée au travail que, naïvement, j'avais. Ils passent leur temps entre le boulot ou les études, les aventures plus ou moins sérieuses, les beuveries, sans vraiment avoir de projet d'avenir concret. Ils offrent aussi une réflexion sur la personne que l'on est avec les autres. Sommes-nous sincères ou transformons-nous en la personne que l'autre s'attend à trouver?Un livre assez déroutant.
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nath45
  25 mai 2014
Un roman en cinq chapitres qui fait parler à tour de rôle les 4 colocataires qui occupent un appartement de la banlieue de Tokyo. Ils ont entre 21 et 28 ans, ils racontent tout simplement leur vie, de leur passé, leurs amours, amitiés...
Ryôsuke est étudiant et tombe amoureux de la petite amie de son tuteur. Koto est folle amoureuse de son acteur vedette. Mirai est une artiste. Naoki est employé dans une société de distribution de films.
A ceux-ci vient s'ajouter un cinquième protagoniste, le jeune Satoru dont le travail nocturne soulèvera bien des interrogations.
Ce roman se lit facilement, il ne me laissera pas un grand souvenir.
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kathel
  20 décembre 2010
Dans ces tranches de vie quotidienne tokyoïte, cinq jeunes gens de dix-huit à vingt-huit ans partagent une colocation. Garçons ou filles, ils sont originaires de régions différentes, étudient, travaillent ou vivent de petits boulots. La volonté de l'auteur semble avoir été de les choisir aussi différents que possible. le côté intéressant étant que chacun donne aux autres une image qui ne correspond pas à ce qu'ils sont vraiment, la personnalité de chacun se construit ainsi sous nos yeux, par leur propre vision d'eux-mêmes, ainsi que par celle des autres. Leurs points de vue se succèdent dans le temps, sur plusieurs semaines, ce qui évite de voir les mêmes scènes redites par l'un puis par l'autre. Récit plutôt en demi-teintes, même si quelques scènes se font plus féroces, la violence n'étant jamais loin. L'un d'entre eux tombe amoureux de la petite amie de son tuteur, une autre passe ses journées à attendre un coup de fil de son amant, acteur dans des séries télé, l'une cherche à percer en tant qu'artiste plasticienne, plusieurs d'entre eux se posent des questions sur des allées et venues dans l'appartement voisin. Cette vie somme toute routinière va être perturbée par l'arrivée impromptue d'un cinquième colocataire. le roman recèlera encore des surprises à la fin, mais bien sûr je ne pourrai rien en dire. Au final, une chronique plaisante, avec sa part de drame, qui se lit facilement, mais sans être très marquante, peut-être à cause du style (ou de la traduction ?) un tout petit peu plat.
Lien : http://lettres-expres.over-b..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   20 septembre 2014
La vue de ce montage de viols exerçait sur moi un étrange effet calmant. Mon sentiment premier, celui de trouver ces scènes cruelles, tragiques, pitoyables, disparaissait petit à petit, et ces figures de femmes violées en venaient à arborer un air de joie festive à mes yeux. Je sentais se paralyser petit à petit en moi cette angoisse qui m'empêchait de dormir parce que j'avais peur de quelque chose. Ces femmes bâillonnées de la main de l'homme, pieds et mains liés, jambes écartées, qui se débattaient sans pouvoir hurler, mais qui n'étaient pas moi, je continuais à les regarder jusqu'à ce que je leur trouve un air heureux, comme si elles dansaient au rythme de la musique.
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kathelkathel   20 décembre 2010
Sakuma, c’est mon ami depuis le jour de la cérémonie d’entrée à l’université qui avait lieu au Budôkan, où nous nous sommes retrouvés assis côte à côte ; je peux bien dire que c’est mon seul intime sur la fac. Quand j’y pense, c’est lui qui m’a appris la vie à Tokyo. Rien que des petits trucs, par exemple monter dans le train (il n’y a pas de train dans ma province), s’habiller classe (sinon, côté jogging et survêtement, mon apprentissage est fait), repérer les bars branchés, trouver un petit job lucratif… C’est lui qui m’a tout appris là-dessus. Cela dit, ce n’était pas un enseignement soutenu et complet. Tenez, pour le train. Peu après mon entrée en fac, je rentrais des cours avec Sakuma par la ligne Yamanote. Depuis que j’étais monté à Tokyo, quelque chose me turlupinait.
— Mais où vont tous ces gens ?
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lespetitsrienslespetitsriens   08 décembre 2012
Si chacun est le héros de ce monde, nul ne l'est en fin de compte. Ça fait l'effet d'un monde égal, très proche de celui de notre vie actuelle, mais stricto sensu, pour qu'advienne un monde dont nul n'est le héros, il faut d'abord un monde dont chacun soit le héros. Hum... J'ai perdu le fil.
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Payot - Marque Page - Shuichi Yoshida - le mauvais
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