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Gérard Siary (Traducteur)Mieko Nakajima-Siary (Traducteur)
EAN : 9782877309622
95 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (28/09/2007)

Note moyenne : 3.05/5 (sur 111 notes)
Résumé :
Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tokyo, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain "l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
ericlesapiens
  20 janvier 2019
Sortir pour se poser, dans un grand parc de Tokyo. Sentiment d'arrêter le temps. Faire des rencontres superficielles. Contempler l'environnement. Pas d'intrigues dans ce non-roman. Juste saisir l'instant présent et l'apprécier pleinement. Suivre parfois des inconnu(e)s lors d'accompagnements improbables. Ce livre, c'est le déroulement incertain de le vie, d'instants fugitifs. Ça m'a parfois fait penser au film de Sophia Coppola « Lost in translation ». Ne rien attendre et tout arrive !
Attention, être prêt pour cette non-lecture !
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sandrine57
  04 décembre 2016
''Il ne faut surtout pas relever la tête trop vite. J'ai d'abord desserré ma cravate, siroté une gorgée du café en canette que j'avais acheté dans une boutique du métro. Juste avant de relever la tête, il vaut mieux fermer les yeux, même quelques secondes. Après avoir respiré lentement et profondément, j'ai levé la tête d'un seul trait et écarquillé les yeux. Quand j'écarquille soudain les yeux, le grand jet d'eau, les arbres d'un vert foncé et l'Hôtel Impérial, qui présentent respectivement un paysage proche, à mi-distance et éloigné, font brusquement irruption dans mon champ visuel en chamboulant la perspective. C'est dur pour mes yeux habitués aux étroites voies souterraines. La tête me tourne. Je savoure un léger état de transe.''
C'est pour chaque jour retrouver ce léger vertige qu'un employé passe sa pause déjeuner dans le parc de Hibiya, au coeur de Tokyo. Là, il profite d'une oasis de verdure au milieu des buildings, observe ses contemporains, lie parfois connaissance avec une belle inconnue...
Un roman léger où le protagoniste principal partage la vedette avec un espace vert. Il ne faut pas chercher une histoire ou une intrigue mais accepter de laisser derrière soi le rythme trépidant de la ville pour suivre, le temps d'une lente déambulation, la voie du silence, de la nature et prendre quelques minutes de pause dans un monde sans cesse en mouvement. Une lecture parfois drôle, parfois absurde, toujours juste, qui permet de voir Tokyo autrement, loin du bruit, de la foule et des néons. Un agréable moment.
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Osmanthe
  13 novembre 2019
Park Life a obtenu en 2002 le prix Akutagawa, le Goncourt japonais. Et décidément, j'ai un problème avec ses lauréats. On dit souvent que les romans japonais valent plus pour leur ambiance et leur esthétique particulière que pour l'intrigue souvent assez ténue. Ici, on dira que celle-ci est très très mince.
Le narrateur est un jeune trentenaire encore célibataire, qui nous fait partager ses occupations très banales au pied des tours de bureaux du centre de Tokyo. Dans ce monde tourbillonnant, il nous prête sa peau pendant quelques jours pour descendre au parc de Hibiya, où nous croiserons son collègue de boulot plus âgé M. Kondô, un vieil homme qui tente tant bien que mal de faire voler un aérostat. Lui est un peu passif avec les filles, entre son ancienne petite amie qui a retrouvé un copain et Hikaru, la fille qui le fait rêver secrètement depuis dix ans qui lui apprend du jour au lendemain qu'elle va se marier. A part ça, il se balade avec son petit singe Lagerfeld sur l'épaule, et doit se coltiner sa provinciale de mère qui vient chaque année squatter son petit appartement pour se mettre en vacances de son mari et faire toutes les boutiques de la capitale en guise de cure de remise en forme . Tout cela est trop anodin et insipide, pour être vraiment intéressant, la seule chose qui nous sauve de l'ennui est la taille réduite du récit, 90 pages en édition grand format (et encore, je suis loin de l'avoir lu d'une traite). le seul début de fil conducteur, qui finalement nous laissera à la fin...sur notre faim, c'est cette fille que notre jeune homme aperçoit dans le métro, puis revoit au parc, une fois, deux fois, trois fois, pour échanger quelques mots à la pause sandwich...Peut-être est-on en face d'une idylle naissante, ou peut-être pas finalement.
Ce livre manque de sel à mon goût, notamment parce que ces personnages n'ont pas d'épaisseur, la ville n'en a pas non plus, et les situations manquent de suite...Pour une fois, on espèrerait davantage de descriptions, que le décor soit planté bon sang ! Heureusement, ce roman n'est pas triste, les personnages s'ils sont assez seuls ne sont pas déprimés pour autant, chacun semble trouver son compte à sa situation et se satisfaire de petites gratitudes.
Un roman gentillet, sans grande saveur, et malheureusement bien dans la lignée habituelle des prix Akutagawa. Il y a beaucoup d'autres prix littéraires au Japon, qui ont souvent récompensé des romans plus enthousiasmants.
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isabelleisapure
  03 septembre 2015
Park Life est un petit livre étrange. Pas vraiment un roman, plutôt une promenade dans l'un des plus grands parcs de Tokyo.
L'auteur nous invite à suivre son héros le long des allées à la rencontre de personnages loufoques parfois, comme le vieil homme qui tente de faire voler un aérostat ou cette joggeuse consommatrice de bains moussants.
Park Life est un îlot préservé au milieu de la ville où l'on vient respirer ou rêver.
Un moment de lecture agréable bien qu'il m'ait manqué cette poésie que j'aime tant retrouver dans la littérature japonaise.
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Mimeko
  14 juin 2015
Un peu décontenancée par la lecture de ce court roman, sans réelle action et qui relate les déambulations et rêveries du jeune héros. C'est un kaléidoscope d'impressions, de pensées de réflexions sur la vie, le tout étroitement liés à ces déambulations dans les parcs de Tokyo. Et finalement c'est ce manque d'action, le goût de la flânerie qui devient séduisant car il permet de construire par petites touches impressionnistes la personnalité de ce jeune homme. Avec Park Life, Shuichi Yoshida nous invite à une balade intime mais où ce manque d'action peut décontenancer (comme je l'ai été) au premier abord mais qui peut aussi en faire le charme.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   13 novembre 2019
Là-dessus, elle s'est arrêtée de nouveau, s'est retournée vers moi et, de son index, m'a montré la rue à droite et à gauche en disant : "A droite ? A gauche ?" Lorsque j'ai indiqué la direction derrière moi, elle a levé doucement la main pour dire "A bientôt", a fait volte-face et repris sa marche. Sans doute cela venait-il de ce que nous nous séparions pour la première fois en dehors du parc, mais j'ai eu l'étrange impression, tout en suivant des yeux sa silhouette, que je n'allais plus jamais la revoir. Sans me soucier des regards alentour, je l'ai interpellée : "Dites !" Elle s'est retournée dans la foule. Le visage d'un homme qui avançait vers moi m'a bouché la vue, je n'ai pas bien pu la voir.
"Dites, venez au parc demain, s'il vous plaît !" A ce cri, les gens se sont tous retournés en même temps vers moi. De l'autre côté de la foule, j'ai entrevu ses yeux en amande. J'ai cru une seconde qu'elle hochait la tête, mais elle s'est fondue dans la masse des passants. Comme, tournant le dos à la femme disparue, je marchais seul vers le parc, les mots qu'elle avait murmurés : "Bien...J'ai décidé, moi" me sont revenus à l'esprit. Il m'a semblé que, moi aussi, j'avais décidé quelque chose à mon tour.
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OsmantheOsmanthe   11 novembre 2019
"Dites, cette fille du nom de Hikaru, elle existe pour de bon ?" J'ai été déconcerté une seconde. "Ou...oui, elle existe bien. Vous voulez dire : est-ce qu'elle existe en réalité ?" ai-je demandé en guise de réponse. Elle m'a répondu en souriant : "Tant mieux si elle existe. Ne vous montez pas la tête comme ça."
La conversation prenait un tour vaguement incohérent, nous avons tourné notre regard vers les oiseaux aquatiques de la mare de Shinji.
"C'est pour ça que vous faites cette tête-là ? a-t-elle dit en suivant des yeux les oiseaux aquatiques qui propageaient des rides à la surface de l'eau.
- Cette tête-là ?
- Une tête avec les trois lettres BOF écrites sur le front."
En me voyant effleurer mon front sans y penser, elle m'a jeté un regard en coin et elle a eu un sourire.
"Et voilà, vous passez votre vie à vous laisser bercer par un amour vieux de dix ans qui n'a jamais porté ses fruits !
- N'exagérons rien !
- Ne soyez pas timide. Dites-vous : je pense à la même femme depuis dix ans et bombez le torse !
- Vous dites ça, mais si vous me voyiez allongé par terre, un coussin en forme de ballon de foot dans les bras et riant à gorge déployée devant la télé, vous retireriez aussitôt ces propos."
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tulisquoitulisquoi   14 juillet 2010
Un jour, j’ai demandé à M. Kondô : « Mais pourquoi est-ce que tout ce monde vient au parc ? » Il a médité très sérieusement, chose rare chez lui, avant de me dire nettement : « Ils se sentent soulagés. » Comme ce n’était pas une réponse en l’air, je n’ai pas voulu insisté, mais il a ajouté : « Même si tu ne fais rien dans un parc, personne ne viendra te le reprocher. Au contraire, si tu veux faire quelque chose, comme du racolage ou un discours, on te chassera. »
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ASAIASAI   08 avril 2020
Si je ne rentre pas à pied à mon appartement, qui est à trois minutes à pied, c'est que ma mère , débarquée à Tokyo depuis trois jours, occupe mon lit. Voilà déjà quelques années qu'elle choisit la belle saison : elle monte à Tokyo au printemps et en automne. Elle n'a rien de spécial à y faire, mais elle séjourne près de dix jours dans l'appartement exigu de son fils, sort au théâtre, va au musée, fait du shopping, etc. Puis, après s'être démenée dans tous les sens, elle réintègre sa province, en pleine forme. De vivre chez son fils une fois tous les six mois, maman, ça lui donne l'impression de rajeunir. Si jamais j'insinue que ça m'ennuie, elle menace : "tout ce que je veux, c'est que tu me loges, rien d'autre. Et puis, c'est mieux que si tes parents divorçaient." Elle vient exprès chez moi pour me dire "Ne t"occupe pas de moi". Ce n'est pas poli, je trouve.
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SharonSharon   21 août 2011
Seul l'extérieur de l'individu est sien, tout l'intérieur est propriété commune de l'espèce humane. C'est tout à fait le contraire pour un immeuble : l'intérieur est propriété privée, mais l'extérieur est propriété commune.
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