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Gérard Siary (Traducteur)Mieko Nakajima-Siary (Traducteur)
EAN : 9782877309622
95 pages
Editions Philippe Picquier (28/09/2007)
3.12/5   148 notes
Résumé :
Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tokyo, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain "l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
3,12

sur 148 notes
J'ai beaucoup aimé ce court roman qui propose une immersion dans le corps et l'esprit d'un trentenaire solitaire -un tantinet excentrique- en quête de sens. le jeune homme est un commercial anonyme qui vend du gel-douches et des parfums. Chaque jour à l'heure de la pause déjeuner, il s'échappe de la jungle urbaine surchargée de publicités, s'affranchit des convenances et pénètre dans le parc Hibiya à Tôkyô. Là Il desserre sa cravate, ferme les yeux à peine quelques secondes puis relève d'un trait la tête en direction du ciel. Il savoure alors un délicieux vertige. M Kondo son voisin de banc qui s'y essaye avec application n'y arrive pas. (Quant à moi j'essayerai demain ou après-demain). Or donc, ce jour là, dans le métro malodorant, le narrateur a regardé vaguement une publicité morbide pour un réseau de greffes d'organes de l'autre côté de la vitre. le slogan en était « Même après votre mort, une partie de vous continue à vivre ». le jeune homme a pointé son doigt sur la vitre et a souri sans le vouloir à une inconnue. Elle lui a sauvé la mise en partageant son malaise à voix haute. Il n'a pas osé poursuivre la conversation. Cette occasion manquée lui rappelle un amour de jeunesse. le narrateur est indécis, incapable d'agir et de vivre avec quelqu'un. Quand sa mère débarque à Tokyo pour faire des emplettes, il s'en va loger chez un couple d'amis qui ont déserté leur vaste appartement pour vivre chacun de leur côté. Ils lui ont laissé Lagerfeld, leur ouistiti indocile. Pendant qu'il marche, devise avec M. Kondo et d'autres habitués du parc tous un peu excentriques, le narrateur retrouve l'inconnue du métro, tenant un gobelet de Starbucks…
Le livre m'a plu car il parle de mal être, de solitude profonde d'une manière originale. On suit par bribes les perceptions du narrateur, ses rêveries, ses réminiscences. On saute du coq à l'âne comme dans la vraie vie. Sous les situations cocasses ou derrière l'excentricité des personnages se devinent détresse et angoisse. On perçoit l'impuissance du narrateur à survoler longtemps le parc et à faire partager son ivresse. On parle beaucoup du corps qui lui échappe, qui ne lui appartient pas. le récit use beaucoup des métaphores. le parc est un personnage vivant à part entière avec son étang en forme de coeur. Les personnages s'y croisent, se parlent, se séparent sans se comprendre. Ils semblent interchangeables comme les organes des poupées mannequins anatomiques que le narrateur regarde dans la vitrine du marchand de couleur. le narrateur semble ne pouvoir s'attacher à personne. Il paraît toujours fuir et se fuir. Et pourtant et pourtant il y a cette inconnue qu'il cherche et cherche encore.
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Difficile de résumer ce roman japonais. Un peu décontenancée par le début au point d'abandonner cette lecture, je suis peu à peu rentrée dedans. C'est une lente déambulation, un peu comme le film de Sophia Coppola "Lost in translation". Un jeune homme, se promène régulièrement dans le parc de Hibiya à Tokyo et y vit de mini-rencontres hommes et femmes. C'est une douce errance.
Il ne faut rien attendre de ce roman du point de vue de l'action. C'est plutôt un roman contemplatif. Un peu étonnée que ce récit ai eut le prix Akutagawa, le Goncourt japonais. L'écriture est agréable, le rythme est lent, si vous aimez ce genre de roman, je pense qu'il vous plaira.
Pour ma part, la lecture de ce roman en fut laborieuse au début puis peu à peu, est devenue une lecture un peu plus agréable.
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Sortir pour se poser, dans un grand parc de Tokyo. Sentiment d'arrêter le temps. Faire des rencontres superficielles. Contempler l'environnement. Pas d'intrigues dans ce non-roman. Juste saisir l'instant présent et l'apprécier pleinement. Suivre parfois des inconnu(e)s lors d'accompagnements improbables. Ce livre, c'est le déroulement incertain de le vie, d'instants fugitifs. Ça m'a parfois fait penser au film de Sophia Coppola « Lost in translation ». Ne rien attendre et tout arrive !
Attention, être prêt pour cette non-lecture !
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Park Life a obtenu en 2002 le prix Akutagawa, le Goncourt japonais. Et décidément, j'ai un problème avec ses lauréats. On dit souvent que les romans japonais valent plus pour leur ambiance et leur esthétique particulière que pour l'intrigue souvent assez ténue. Ici, on dira que celle-ci est très très mince.

Le narrateur est un jeune trentenaire encore célibataire, qui nous fait partager ses occupations très banales au pied des tours de bureaux du centre de Tokyo. Dans ce monde tourbillonnant, il nous prête sa peau pendant quelques jours pour descendre au parc de Hibiya, où nous croiserons son collègue de boulot plus âgé M. Kondô, un vieil homme qui tente tant bien que mal de faire voler un aérostat. Lui est un peu passif avec les filles, entre son ancienne petite amie qui a retrouvé un copain et Hikaru, la fille qui le fait rêver secrètement depuis dix ans qui lui apprend du jour au lendemain qu'elle va se marier. A part ça, il se balade avec son petit singe Lagerfeld sur l'épaule, et doit se coltiner sa provinciale de mère qui vient chaque année squatter son petit appartement pour se mettre en vacances de son mari et faire toutes les boutiques de la capitale en guise de cure de remise en forme . Tout cela est trop anodin et insipide, pour être vraiment intéressant, la seule chose qui nous sauve de l'ennui est la taille réduite du récit, 90 pages en édition grand format (et encore, je suis loin de l'avoir lu d'une traite). le seul début de fil conducteur, qui finalement nous laissera à la fin...sur notre faim, c'est cette fille que notre jeune homme aperçoit dans le métro, puis revoit au parc, une fois, deux fois, trois fois, pour échanger quelques mots à la pause sandwich...Peut-être est-on en face d'une idylle naissante, ou peut-être pas finalement.

Ce livre manque de sel à mon goût, notamment parce que ces personnages n'ont pas d'épaisseur, la ville n'en a pas non plus, et les situations manquent de suite...Pour une fois, on espèrerait davantage de descriptions, que le décor soit planté bon sang ! Heureusement, ce roman n'est pas triste, les personnages s'ils sont assez seuls ne sont pas déprimés pour autant, chacun semble trouver son compte à sa situation et se satisfaire de petites gratitudes.

Un roman gentillet, sans grande saveur, et malheureusement bien dans la lignée habituelle des prix Akutagawa. Il y a beaucoup d'autres prix littéraires au Japon, qui ont souvent récompensé des romans plus enthousiasmants.
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''Il ne faut surtout pas relever la tête trop vite. J'ai d'abord desserré ma cravate, siroté une gorgée du café en canette que j'avais acheté dans une boutique du métro. Juste avant de relever la tête, il vaut mieux fermer les yeux, même quelques secondes. Après avoir respiré lentement et profondément, j'ai levé la tête d'un seul trait et écarquillé les yeux. Quand j'écarquille soudain les yeux, le grand jet d'eau, les arbres d'un vert foncé et l'Hôtel Impérial, qui présentent respectivement un paysage proche, à mi-distance et éloigné, font brusquement irruption dans mon champ visuel en chamboulant la perspective. C'est dur pour mes yeux habitués aux étroites voies souterraines. La tête me tourne. Je savoure un léger état de transe.''

C'est pour chaque jour retrouver ce léger vertige qu'un employé passe sa pause déjeuner dans le parc de Hibiya, au coeur de Tokyo. Là, il profite d'une oasis de verdure au milieu des buildings, observe ses contemporains, lie parfois connaissance avec une belle inconnue...

Un roman léger où le protagoniste principal partage la vedette avec un espace vert. Il ne faut pas chercher une histoire ou une intrigue mais accepter de laisser derrière soi le rythme trépidant de la ville pour suivre, le temps d'une lente déambulation, la voie du silence, de la nature et prendre quelques minutes de pause dans un monde sans cesse en mouvement. Une lecture parfois drôle, parfois absurde, toujours juste, qui permet de voir Tokyo autrement, loin du bruit, de la foule et des néons. Un agréable moment.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Là-dessus, elle s'est arrêtée de nouveau, s'est retournée vers moi et, de son index, m'a montré la rue à droite et à gauche en disant : "A droite ? A gauche ?" Lorsque j'ai indiqué la direction derrière moi, elle a levé doucement la main pour dire "A bientôt", a fait volte-face et repris sa marche. Sans doute cela venait-il de ce que nous nous séparions pour la première fois en dehors du parc, mais j'ai eu l'étrange impression, tout en suivant des yeux sa silhouette, que je n'allais plus jamais la revoir. Sans me soucier des regards alentour, je l'ai interpellée : "Dites !" Elle s'est retournée dans la foule. Le visage d'un homme qui avançait vers moi m'a bouché la vue, je n'ai pas bien pu la voir.
"Dites, venez au parc demain, s'il vous plaît !" A ce cri, les gens se sont tous retournés en même temps vers moi. De l'autre côté de la foule, j'ai entrevu ses yeux en amande. J'ai cru une seconde qu'elle hochait la tête, mais elle s'est fondue dans la masse des passants. Comme, tournant le dos à la femme disparue, je marchais seul vers le parc, les mots qu'elle avait murmurés : "Bien...J'ai décidé, moi" me sont revenus à l'esprit. Il m'a semblé que, moi aussi, j'avais décidé quelque chose à mon tour.
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"Dites, cette fille du nom de Hikaru, elle existe pour de bon ?" J'ai été déconcerté une seconde. "Ou...oui, elle existe bien. Vous voulez dire : est-ce qu'elle existe en réalité ?" ai-je demandé en guise de réponse. Elle m'a répondu en souriant : "Tant mieux si elle existe. Ne vous montez pas la tête comme ça."
La conversation prenait un tour vaguement incohérent, nous avons tourné notre regard vers les oiseaux aquatiques de la mare de Shinji.
"C'est pour ça que vous faites cette tête-là ? a-t-elle dit en suivant des yeux les oiseaux aquatiques qui propageaient des rides à la surface de l'eau.
- Cette tête-là ?
- Une tête avec les trois lettres BOF écrites sur le front."
En me voyant effleurer mon front sans y penser, elle m'a jeté un regard en coin et elle a eu un sourire.
"Et voilà, vous passez votre vie à vous laisser bercer par un amour vieux de dix ans qui n'a jamais porté ses fruits !
- N'exagérons rien !
- Ne soyez pas timide. Dites-vous : je pense à la même femme depuis dix ans et bombez le torse !
- Vous dites ça, mais si vous me voyiez allongé par terre, un coussin en forme de ballon de foot dans les bras et riant à gorge déployée devant la télé, vous retireriez aussitôt ces propos."
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Il ne faut surtout pas relever la tête trop vite. J'ai d'abord desserré ma cravate, siroté une gorgée du café en canette que j'avais acheté dans une boutique du métro. Juste avant de relever la tête, il vaut mieux fermer les yeux, même quelques secondes. Après avoir respiré lentement et profondément, j'ai levé la tête d'un seul trait et écarquillé les yeux. Quand j'écarquille soudain les yeux, le grand jet d'eau, les arbres d'un vert foncé et l'Hôtel Impérial, qui présentent respectivement un paysage proche, à mi-distance et éloigné, font brusquement irruption dans mon champ visuel en chamboulant la perspective. C'est dur pour mes yeux habitués aux étroites voies souterraines. La tête me tourne. Je savoure un léger état de transe.
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À mes côtés, Hikaru dormait, elle aussi. Son visage endormi, bouche entrouverte, baignant dans la lumière de la lune, était pâle. Tout près, le bruit de la marée. J’ai décollé mon dos en sueur du dossier, cessé de respirer, et puis, de manière à couvrir en douceur le corps de Hikaru en le touchant le moins possible, je me suis mis en position de faire des pompes et j’ai maintenu mon corps dans cette posture extrême en vue de rapprocher mes lèvres de celles de Hikaru, que je n’avais pas encore touchées, mais dont je savais déjà qu’elles étaient douces. Je ne sais combien de temps j’ai fait cela, mais lorsque j’ai repris mes esprits, je tenais Hikaru dans mes bras. Je m’étais trop rapproché pour voir son visage en la tenant dans mes bras, et j’ai compris qu’elle s’était réveillée. J’ignore quelle partie du visage de Hikaru je pressais de mes lèvres, mais je devais l’embrasser depuis un bon moment. Quelqu’un s’est soudain retourné sur le siège avant, je me suis hâté de m’écarter. Hikaru n’a rien dit. Elle s’est contentée de me fixer un moment, d’un air de s’excuser. J’ai conservé la sensation de cette nuit où, tandis que nos lèvres s’effleuraient dans cette position, les biceps soutenant mon corps étaient secoués de tremblements.
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Un jour, j’ai demandé à M. Kondô : « Mais pourquoi est-ce que tout ce monde vient au parc ? » Il a médité très sérieusement, chose rare chez lui, avant de me dire nettement : « Ils se sentent soulagés. » Comme ce n’était pas une réponse en l’air, je n’ai pas voulu insisté, mais il a ajouté : « Même si tu ne fais rien dans un parc, personne ne viendra te le reprocher. Au contraire, si tu veux faire quelque chose, comme du racolage ou un discours, on te chassera. »
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