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EAN : 9782253241973
384 pages
Le Livre de Poche (03/05/2023)
  Existe en édition audio
4.47/5   3936 notes
Résumé :
A 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise.
Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent.
À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur.
Rien ne les destinait à se rencontrer.
Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. La jeune femme mystérieuse, le garçon gouailleur et la dame discrète se retrouvent malgré eux dans une col... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (489) Voir plus Ajouter une critique
4,47

sur 3936 notes
Ouvrir un roman de Virginie Grimaldi c'est comme s'inscrire sur un site de rencontres. Si certains nieront l'avoir fait, le taux de réussite des personnages que Virginie Grimaldi fait défiler devant vous est pourtant proche des 100%. Essayez, vous verrez ! Personnellement, je n'ai de nouveau refusé personne dans ce nouveau roman. Jeanne, la vieille de 74 ans qui vient de perdre son mari et cherche à louer une chambre pour s'en sortir financièrement : hop, je prends ! Même sa petite chienne Boudine, moi qui ne suis pas très canin : hop rencard et dîner croquettes ! Chaque rencontre est un véritable coup de coeur dans ce roman !

Derrière ce titre qu'elle emprunte à un album de Grand Corps Malade, Virginie Grimaldi nous raconte l'histoire d'une colocation improbable entre trois personnes cabossés par la vie. Outre Jeanne, septuagénaire qui se retrouve subitement veuve, le lecteur fait la connaissance d'Iris, 33 ans, et de Théo, 18 ans, deux malmenés par la vie, qui cherchent désespérément un endroit où loger et qui se retrouvent subitement sous le même toit que Jeanne.

Progressivement, les trois colocataires qui s'étaient construit une carapace au fil des ans, s'apprivoisent et divulguent les secrets qui les empêchent d'avancer dans la vie. Ce roman choral qui dévoile graduellement ses personnages en leur donnant alternativement la parole, le temps de chapitres très courts qui dynamisent la lecture, aborde également des thèmes forts tels que la vieillesse, le deuil, l'isolement, l'alcoolémie, la violence conjugale ou la précarité. Des sujets profonds abordés avec beaucoup de justesse, de tendresse et d'humour.

Un coup de coeur parsemé de très belles rencontres qui m'ont régulièrement fait passer du rire aux larmes.
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Iris, 33 ans, ex-kiné devenue auxiliaire de vie (on vous expliquera pourquoi) et Théo, 18 ans, apprenti pâtissier, cherchent tous les deux un toit de la façon la plus urgente. Heureusement, Jeanne, retraitée de 74 ans qui vient de perdre son mari Pierre il y a quatre mois, a la bonne idée de se lancer dans la colocation et de leur louer à chacun une chambre, afin d'espérer surmonter son deuil. ● C'est le premier roman que je lis de Virginie Grimaldi, « la romancière française la plus lue » nous dit le bandeau rouge. le magazine Lire suggérait que dans celui-ci elle avait un peu changé de formule et sous-entendait qu'il était meilleur que les précédents. Eh bien, qu'est-ce que doivent être les autres ! ● Ce n'est même pas que c'est nul : c'est insipide. Aucun goût, aucune saveur, rien. le néant. Tout est pétri de bons sentiments jusqu'à la niaiserie. Les personnages sont caricaturaux. Il n'y a aucune intrigue, tout est téléphoné et on voit chaque micro-événement arriver des kilomètres avant. ● le style est à l'avenant, c'est écrit à la truelle, il n'y a aucune finesse. Que pensez-vous de phrases telles que : « Depuis que j'ai arrêté de ne pas répondre à Gérard et Ahmed […] » Ou encore : « le quotidien avait enfilé sa robe couleur de normal. » ? ● le pire, je crois, c'est quand elle tente de faire ce qu'elle croit être de l'humour : « ‘Jenny65', qui est clairement ivre morte sur un canapé, un goulot dans la bouche, la meuf on dirait une pub pour Pochtronne et Sofa. » Ou bien : « Mes poumons qui êtes en feu, pardonnez-moi mes cigarettes comme nous le pardonnons aussi à ceux qui ont crapoté, ne nous soumettez pas à la tentation, mais délivrez-nous du Mal-boro. Amen. » Mdr, non ? ● Et bien sûr à la fin on a droit à la tartine de remerciements et à une bonne couche de démagogie : « Et un merci immense, profond, sincère, à vous, chères lectrices, chers lecteurs. Je ne connais pas forcément vos visages, vos voix, bien souvent, nous ne nous sommes jamais rencontrés, même pas écrit. Pourtant, vous êtes l'une de mes plus belles rencontres. Merci pour cette présence invisible qui m'apporte tant. » ● Mais je vois bien que ce livre comme d'autres de la même autrice fait le bonheur de lecteurs.rices… 4.59/5 sur 402 notes à la date d'aujourd'hui, chacun ses goûts, régalez-vous, mais pour moi le premier sera le dernier !
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Je crois que je vais arrêter avec les livres de Virginie Grimaldi parce qu'à chaque fois, eh bien, j'ai une grosse boule dans le ventre à chaque fois qe j'en lis un ! Je tremble pour les personnages, je vis leurs aventures avec eux et surtout je m'y retrouve ! Eh oui, aussi étrange que cela puisse vous paraître, Jeanne c'est un peu moi, Théo, c'est un peu moi et Iris c'est un peu moi aussi !

Ces trois protagonistes qui 'ont absolument rien en commun - Jeanne est une vieille dame meurtrie suite au décès de son mari, Iris une jeune femme que la vie n'a pas épargnée et qui cherche à fuir son passé et Théo un jeune écorché vif ! Tous trois en viennent, par pur hasard, à cohabiter sous le même toit (celui de Jeanne et de feu son mari) pour ce ne qui ne devait être que du provisoire et surtout, ils devaient simplement rester de simples colocataires mais croyez-vous vraiment au hasard, vous ? Sachez en tout cas que dans les livres de Virginie Grimaldi, celui-ci n'existe pas ! Et puis, la vie nous joue parfois de drôles de tours, elle est très maligne, cruelle parfois aussi c'est bien vrai mais quoi qu'il en soit, elle mérite d'être vécue à partir du moment où l'on prend conscience de sa préciosité, de son unicité et lorsque l'on parvient enfin à accepter de ne pas tout maîtriser et que l'on s'autorise à VIVRE tout simplement, elle peut aussi s'avérer incroyable !

Avec des chapitres courts consacrés à chacun des personnages, cet ouvrage est une vraie hymne à la VIE, à l'acceptation de l'autre, malgré ses différences et surtout à l'acceptation de SOI, tel que l'on est, avec nos défauts (heureusement que nous en avons tous) mais aussi avec nos qualités, nos richesses et nos valeurs ! Merci Virginie Grimaldi de nous permettre d'y croire encore et je voudrais juste terminer cette chronique en la dédicaçant à ma grand-mère, "ma mémé", Jeanne, disparue trop tôt et à qui je regrette de ne pas lui avoir dit plus souvent combien je l'aimais (je sais qu'elle le savait mais j'aurais aimé le lui dire alors je l'écris ici, MERCI de votre tolérance pour ce petit a parte personnel !) Ah oui, faut-il vous préciser si je vous recommande cette lecture ou pas ? Un grand Oui,c'est une évidence !
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Si vous cherchez un roman "doudou" mais pas idiot , vous l'avez peut-être trouvé grâce à Virginie Grimaldi...

Dés le départ en trois temps, trois mouvements, elle sait accrocher sa lectrice (ou son lecteur ), et on se dit qu'elle est vraiment forte dans son genre la Virginie, le genre Feel good. Trois petits chapitres très courts présentent trois personnages ,récemment ou depuis leur naissance cabossés par la vie (ou leurs proches...).
On a Jeanne, septuagénaire, veuve depuis peu, qui peine à survivre avec sa petite pension, à qui il vient l'idée de louer les chambres innoccupées de son appartement parisien.
On a Iris, 33 ans, qui fuit on ne sait quoi (ou qui..) dont le propriétaire peu scrupuleux veut récupérer le logement et qui a très peu de temps pour se retourner.
Et puis , on a Théo, en CAP patisserie, qui lui n'a pas de toit sur la tête.
Une cohabitation assez disparate s'annonce , tant au niveau générationnel qu'au niveau social, mais ces trois-là vont apprendre à se connaître, et se faie beaucoup de bien...


Quelques pages plus loin, je découvre le quotidien de Jeanne qui passe tous ses aprés-midi à parler à son mari..
Quelques lignes plus loin, j'ai envie de tenir la main d'Iris, de lui dire que tout se passera bien, qu'elle est une personne formidable, qu'il lui faut reprendre confiance en elle...
Quelques lignes plus loin, je souris, puis j'ai la larme à l'oeil...
Quelques pages plus loin, j'ai envie d'accueillir Théo chez moi ( même sans caution ). J'ai envie d'adopter Théo parce que la vie dégueulasse à ce point là, ça me fracasse, ce que des gamins sont obligés d'endurer..
Quelques lignes plus loin, je me dis que je mangerais bien une ou deux douceurs faites par Théo parce qu'il a l'air d'avoir du talent, le petiot !

Virginie Grimaldi sait remaquablement parler des "petites gens", des jeunes arrivés à Paris qui n'ont pas les moyens de vivre dans la capitale, des pensions de veuve et des salaires qui ne permettent pas de vivre, manger, se loger, ne pas avoir peur. du lendemain, de la nuit... C'est dit en une fois, on a compris, rien de lourd ,aucun gros sabot .
Quelques lignes plus loin, je me rend compte que madame Grimaldi ne laisse rien au hasard, chaque détail de l'histoire s'emboite dans un autre pour créer un complexe mécanisme en apparence très simple. Alors, ça passe ou ça casse , mais si vous êtes un peu guimauve, vous allez trouver que c'est une jolie histoire qui vous a été proposée. Certains trouveront ce roman un peu trop "sucré" , un peu trop dégoulinant de bonnes actions, mais c'est le genre feel good qui veut ça.

Emouvant et très agréable à lire. Une petite parenthése de douceur.
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C'est le troisième roman de Virginie Grimaldi que je lis et c'est également la troisième fois qu'elle m'offre un excellent moment de lecture.

"Il nous restera ça", qui tient son titre de Grand Corps Malade, est un roman à trois voix dans lequel nous suivons Jeanne, Théo et Iris. Les événements se déroulent à Paris. Jeanne, veuve depuis peu, ne peut plus assumer financièrement son logement. Elle met une de ses chambres en location. Théo et Iris postulent. le premier, apprenti pâtissier, dort dans sa voiture qu'on vient d'emmener à la fourrière. La seconde, auxiliaire de vie, loue un studio à la semaine qu'elle doit rendre dans deux jours. Jeanne, qui ne peut choisir, décide de les prendre tous les deux.

Relations humaines, travail de deuil et reconstruction de soi sont les principaux thèmes de ce roman regorgeant d'émotions, d'humour, et de belles leçons de vie. Virginie Grimaldi nous dépeint ici, grâce à sa plume simple et légère, une histoire criant de sensibilité, de tendresse, et de dérision un peu également. J'ai été très touchée par ses trois personnages que la vie a cabossés et que l'on voit reprendre goût à la vie, se reconstruire, affronter et gagner contre leurs démons. de colocataires distants au début, on les voit créer des liens qui nous attendrissent de plus en plus au fil de notre lecture. L'autrice aborde des sujets délicats, souvent tristes, d'actualité (précarité, alcoolisme, maltraitance, harcèlement, deuil), elle ne tombe pourtant jamais dans le mélo, tellement son histoire fait preuve d'humour autant que de compassion et d'empathie. J'ai d'ailleurs retrouvé un peu la même ambiance que dans "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda, que j'avais adoré également.

L'intrigue, qui rassemble trois générations de personnages, se découpe évidemment en trois, puisqu'elle nous permet de suivre trois personnages simultanément. le travail de deuil de Jeanne, la réconciliation avec son passé pour Théo et avec soi-même pour Iris n'ont au final rien d'original mais sont abordés avec tant de délicatesse et de douceur qu'on se prend au jeu et qu'on tourne les pages les unes après les autres sans qu'on ne se rende vraiment compte qu'on approche rapidement de la toute dernière.

Je n'ai qu'une seule petite chose à reprocher à cette histoire. Dans ses remerciements, Virginie Grimaldi énumèrent les quatorze personnes qui ont relu son roman avant publication. Avec elle, ça fait quinze. Personne ne s'est rendu compte que Nathalie s'appelait Valérie dans les premiers chapitres ?

Cela ne m'a pas empêchée de passer un très très bon moment fait de belles rencontres. Pas de larmes aux yeux, mais très attendrissant. Piqué d'humour et de cocasserie. Sensible et doux autant que pétillant.

De nouveau, une jolie pépite.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
16 août 2022
Le bandeau de la page couverture souligne que Virginie Grimaldi est la romancière française la plus lue. Même si on a encore du mal à en cerner les raisons, on doit reconnaître que ce livre-ci se lit vraiment tout seul.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
La romancière la plus lue de France publie mercredi 4 mai «Il nous restera ça». Un récit joyeux, drôle et tendre qui devrait très rapidement se hisser au sommet des ventes.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Citations et extraits (333) Voir plus Ajouter une citation
Au lycée, les profs me reprochaient d'être dans la lune, ils m'appelaient le rêveur. Je rêve pas, je m'évade. La réalité est ma prison.
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Je te cherche partout, mon amour. Dans les draps défaits, dans la vapeur de la douche, dans le miroir, dans le rideau qui bouge, je te cherche dans le regard de Boudine, dans le bruit des pas dans l'escalier, dans tes chemises pendues aux cintres. Je te cherche dans mes souvenirs, dans un programme télé, dans une chanson, dans une voix qui résonne, je te cherche dans le souffle du vent, dans le fracas des éclairs, dans la brûlure du soleil. Je te cherche dans ton flacon de parfum, dans ton tube de dentifrice entamé, dans ta liste de courses inachevée, dans le répondeur de ton téléphone, dans la vidéo de nos dernières vacances, dans les photos que je n'ai jamais classées. Je te cherche au coin des rues, aux passages piétons et dans les parcs, à l'ombre des arbres, aux terrasses des cafés, dans la file d'attente de l'épicerie, je te cherche quand le téléphone sonne, quand on frappe à la porte, quand j'ouvre la boîte aux lettres. Je te cherche à minuit trois, à sept heures trente-quatre, à midi, à dix-sept heures dix-sept, à vingt et une heures six. Je te cherche dans mon dos, dans mon cou, sous mes mains, contre mon ventre. Je te cherche partout et je ne te trouve pas. Je t'ai perdu, mon amour.
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Tout au long de notre existence, nous rencontrons des milliers de personnes. Ce sont d'invisibles liens qui se créent entre elles et nous, et qui construisent l'être que l'on est. Certains liens sont éphémères, d'autres sont durables, tous exercent une influence sur notre existence. De la personne avec laquelle on échange quelques mots dans une file d'attente à celle avec qui on choisit de partager un bout de chemin. Il y a les visages que l'on croise et ceux qui restent. Il y a les visages que l'on choisit et ceux qui s'imposent. Il y a les visages que l'on oublie et ceux qui nous marquent. Il y a les visages que l'on croise plusieurs fois.
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La peinture sur la bouche

- Pourquoi t'as mis de la peinture sur ta bouche ?
Je caresse tes boucles en priant pour que tu n'attends ma vraiment de réponse. Laquelle pourrais-je te donner ? "Mon chéri, maman s'apprête à faire la plus grosse connaître de sa vie, alors elle s'est dit qu'un peu de rouge à lèvres pourrait l'aider à se sentir moins moche, voilà, fais de beaux rêves maintenant."
Je remonte la couette sur toi et Doudou. Tu as encore dépareillé tes chaussettes, les oursons avec les étoiles. Tu es si petit.
J'ai envie de m'allonger contre toi, de plonger mon nez dans tes cheveux et de te serrer fort, mais il est déjà trop tard. Je ne peux plus reculer. Je t'embrasse une dernière fois, et je referme la porte de ton cocon. A quelques mètres de toi, dans la cuisine pour que tu ne le voies pas, mon premier amour m'attend.
Cinq ans qu'on ne s'est pas vus. Je l'ai bien aperçu quelques fois, mais j'ai réussi à l'ignorer. Je l'avais promis à ton père.
J'ai la main sur la poignée, pétrifiée de culpabilité. Comment puis-je l'inviter chez moi, chez nous, après tout le mal qu'il m'a fait ? Je sais déjà qu'il ne partira plus. Il me dégoûte autant qu'il m'attire. Je le vomis autant que je l'aime.

Je n'avais pas vingt ans quand je l'ai rencontré. C'était à une soirée, tout le monde s'amusait, et moi, comme d'habitude, j'étais encombrée par ma timidité. Je me sentais transparente.
Jusqu'à ce que je le voie.
Son allure, sa blondeur, son odeur. Sa popularité. Je me suis accrochée à lui et je ne l'ai pas quitté de la soirée. Je lui ai confié mon mal-être, il m'a rassurée, consolée. Il a même réussi à me faire danser. Les autres ne comptaient plus.
On s'est revus dès le lendemain. Je ne m'étais jamais sentie aussi belle, aussi drôle, aussi forte. Avec lui, tout était possible. Il faisait de moi celle que j'avais toujours rêvé d'être.
J'étais tellement heureuse.
Ça n'a pas duré.
Tout le monde l'aimait, sauf mes parents. Ils m'interdisaient de le voir, mais je ne pouvais pas me passer de lui. J'ai commencé à trouver des prétextes pour le rejoindre. Je passais des nuits entières dehors, je le faisais venir à la maison quand tout le monde dormait. Un soir, j'ai réveillé ma mère avec mes gloussements. Je ne l'ai pas entendue entrer, elle nous a surpris tous les deux dans ma chambre. Elle s'est mise à hurler et l'a balancé dans l'escalier.
Je suis partie avec lui.
La suite à été une dégringolade. Quand j'ai rencontré ton père, j'étais détruite par des années d'emprise. Il m'a arrachée à cette histoire, m'a rafistolée à force d'amour et de patience. On a pris une maison, j'ai trouvé un travail, on s'est mariés. J'ai appris à aimer ce bonheur tout simple, même si je n'arrivais pas à oublier l'autre. Combien de fois ai-je failli craquer, combien de fois ai-je dû me battre pour ne pas aller le rejoindre ?
Et puis, tu es arrivé, avec tes longs cils qui répandaient le bonheur et tes sourires qui effacaient le moche. Le passé l'est vraiment devenu le jour de ta naissance. Oubliés la violence, les trahisons, les mensonges. La vie m'offrait une chance. La mort me l'a reprise.
Depuis que ton père est parti, j'essaie de tenir bon, je te le promet, mon amour. Je m'accroche de toutes mes forces à mes promesses et à ton avenir, mais l'autre est là, dans ma tête, dans ma chair, dans mes rêves. Ma tête le repousse, mais mon corps le réclame.
Juste une fois. Une toute petite fois.
Je pousse la porte de la cuisine. Il est là, face à moi. Il n'a pas changé.
C'est si bon de le sentir si près.
Dans un dernier sursaut, je tente de me rappeler qu'il m'a éloignée de mes proches, fait arrêter mes études, rendue madame. Mais son odeur. Putain, cette odeur.
Je fais un pas vers lui.
Mon coeur bat dans mes tempes, je ne réfléchis pas. Je tends la main, il est là. Je le touche, le caresse. Il m'a tellement manqué. Je ferme les yeux et j'approche mes lèvres.
Juste une fois. Une toute petite fois.
J'ignore l'heure qu'il est quand ma porte de ta chambre s'ouvre. Je ne sais même plus quel jour où est. Ni pourquoi je ris aux éclats. Je ne te vois pas tout de suite. Je n'entends pas tes petites chaussettes dépareillées s'approcher de moi. Allongée sur le canapé, je tourne à peine la tête quand ta voix me parvient.
- Ça va, maman ? Qu'est-ce que tu fais sur le canapé ? A qui tu parles ? La peinture sur ta bouche a coulé.
Tout va bien, rien est grave. Je suis forte, je suis drôle, je suis belle. Rien ne peut nous arriver.
- Retourne te coucher, mon chéri. Maman passe la soirée avec un vieil ami.
Et je m'esclaffe, avant de porter le goulot de mon premier amour à mes lèvres.
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- […] Je ne comprends pas ces femmes qui restent avec des hommes violents elles ont une part de respon…
Elle suspend sa phrase. Cette phrase que j'ai tellement entendue, depuis toujours. Dans ma propre bouche, parfois. Cette phrase qui inverse les rôles, qui atténue la responsabilité du coupable et charge la victime. Cette phrase qui laisse penser aux femmes battues qu'elle le mérite un peu, quand même, puisqu'elles ne partent pas. Ma mère comprendra peut-être, maintenant que cette phrase concerne sa fille. Car l'être humain est ainsi, malheureusement : il ne comprend vraiment les choses que lorsqu'il est personnellement confronté.
La peur. L'amour. L'emprise. La culpabilité. Les enfants. La solitude. Le manque de moyens. Nulle part où aller. Il existe autant de raisons que de situations. Une victime n'est jamais responsable.
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