AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070376001
Éditeur : Gallimard (23/10/1984)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 236 notes)
Résumé :
« Ça suffit d'être une vicieuse, une cachottière, une fille poisseuse et lourde vis-à-vis des copines de classe, légères, libres, pures de leur existence... Fallait encore que je me mette à mépriser mes parents. Tous les péchés, tous les vices. Personne ne pense mal de son père ou de sa mère. Il n'y a que moi. »
Un roman âpre, pulpeux, celui d'une déchirure sociale, par l'auteur de La place.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
fran6h
  21 juillet 2012
De l'ascension sociale au temps des faiseuses d'ange.
"Les armoires vides" c'est le récit de la honte du milieu social dans lequel on est élevé. C'est le récit violent des souvenirs d'enfance, dans le café-épicerie familial. C'est l'envie de sortir de là, c'est l'éducation (la réussite scolaire) qui doit permettre de sortir de là.
Denise Lesur, jeune étudiante, est en train de subir un avortement clandestin dans sa chambre d'étudiante. Lui reviennent alors à l'esprit tous les souvenirs de son enfance, de ses rapports avec ses parents, de la haine qu'ils lui inspirent.
Dans un style très vif, utilisant des mots durs, Annie Ernaux nous livre ici un premier roman remarquable. le regard qu'elle pose sur la société de cette époque,au confins des années 50, est très intéressant. C'est la méritocratie française qui est disséquée, la réussite sociale par les études, la découverte de la culture littéraire et musicale, l'espoir d'une vie meilleure.
C'est une lecture émouvante, un impressionnisme social et psychologique redoutable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          362
Kaya
  28 juin 2013
Je garde de ce livre un souvenir poisseux.
Ce livre colle, ce livre coule, il tache, il moisit, il pourrit.
L'écriture d'Annie Ernaux - et en particulier dans ce roman - est très matérielle, terrestre. Ces passages coulants sont souvent liés à la condition sociale de l'héroïne, Denise. En effet, cette dernière est la fille de petits commerçants, d'ouvriers incultes et modestes, mais grâce à ses excellents résultats scolaires, elle entrera à l'école privée, décrochera son bac, entrera à l'université.
Denise est à cheval entre deux mondes, le monde poisseux de son enfance où l'on mange avec les doigts et où l'on fait pipi au fond de la cour, et le monde éthéré des bourgeois, dont il lui a fallu apprendre les codes. Ce roman, c'est un roman de déchirure entre ce que l'on était, ce que l'on est, ce que l'on voudrait être et tout ce qu'il y a entre ces catégories.
Une de mes lectures les plus intéressantes de ces deux dernières années, en dépit de la prose dense et saccadée qui vous laisse une boule dans le ventre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
SeriallectriceSV
  06 juin 2016
C'est le troisième roman d'Annie Ernaux que je lis. Elle écrit sur sa vie. Beaucoup de critiques appuie sur le fait que lire un Ernaux revient à lire tous les Ernaux.
Il est certain que l'on retrouve sa pâte, que certains matériaux autobiographiques ont été déjà contés et ne nous sont pas inconnus mais néanmoins, de chacun de ses romans se dégagent une atmosphère différente, un thème différent. Dans La place, j'ai trouvé de la douceur face aux regrets qu'elle exprime de ne pas avoir su se rapprocher, dialoguer avec son père, dans la femme gelée, c'est sa vie de femme mariée qu'elle décortique et dans Les armoires vides, l'ambiance est encore tout autre, puisqu'elle décrit froidement, douloureusement, honteusement son IVG.
Pas de douceur, pas de tendresse avec elle-même, elle décrit, au travers de Denise Lesur, la narratrice, cette épisode déchirant de sa vie, qu'elle considère comme sa punition, ultime punition, pour avoir détesté ses parents qui n'évoluaient pas dans le monde des "distingués". Elle nous conte, sa haine, sa honte, sa jalousie, ses humiliations, elle nous conte, sur un ton vif et saccadé, empreint d'une vive sincérité, la douleur de la déchirure sociale.
"J'ai été coupée en deux, c'est ça, mes parents, ma famille d'ouvriers agricoles, de manoeuvres, et l'école, les bouquins, les Bornins. le cul entre deux chaises, ça pousse à la haine, il fallait bien choisir. Même si je voulais, je ne pourrais plus parler comme eux, c'est trop tard. « On aurait été davantage heureux si elle avait pas continué ses études ! » qu'il a dit un jour. Moi aussi peut-être."
Quel talent !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
poivert
  28 octobre 2012
Un livre rageur, qui se lit d'une traite. Une écriture précise, âpre, qui appelle un chat un chat. La distinction de Bourdieu y prend chair. La chair de Denise. Ninise, la fille de cafetiers cracras qui fait de si belles études. Denise, ses parents, elle peut plus les voir en peinture. Depuis qu'ils ont eu l'idée saugrenue de la mettre à l'école libre, avec les filles de notables, qui lui ont tourné la tête, fait croire que les gens bien, c'était les bourgeois propres sur eux. Ils la lui ont tellement bien tourné, la tête, qu'elle s'est dit que la seule façon de leur faire la nique, à toutes ces pimbêches tellement mieux qu'elle, c'était de creuser son avantage. Ses facilités. Elle apprend tout ce qu'elle veut. Elle les aura par là. En étant la meilleure. Mais. Car il y a un mais. La rage, contre les bourgeois, contre ses parents pas montrables, ça ronge. Ca pousse à faire n'importe quoi. Pour oublier. Pour croire qu'on est au-dessus de tout ça.
Commenter  J’apprécie          190
mfrance
  20 août 2017
Puisqu'elle le dit, elles sont peut-être vides les armoires de Denise Lesur, ou plutôt la Ninise Lesur. Par contre les petits sachets de senteur destinés à parfumer les draps des dites armoires, eux ils sont pleins ! pleins d'odeurs diverses et pas toujours bien ragoûtantes, oh que non ! Entre la merde, le vomi, la pisse, le sperme, l'haleine chaude et fétide des clients du café, la vinasse surie, l'âcreté des produits avariés, le linge sale, les petites culottes souillées, la poussière oubliée .... j'en oublie, je sais que j'en oublie, mais la Ninise, elle, elle n'oublie rien !
Elle éructe sa haine du milieu dans lequel elle a été élevée. le café de quartier tenu par le père et la modeste épicerie gérée par la mère sont l'objet de toute sa vindicte !
Elle le fait avec une passion vengeresse, avec l'ardeur de quelqu'un qui ne pardonne pas à ses parents d'être ce qu'ils sont, des gens modestes, comptant le soir les sous de la recette quotidienne, le père ne vivant qu'à travers son café, la mère ratiocinant sur les habitudes des clientes tout en feuilletant Confidences ou une autre revue de même calibre !
Pourtant, comme Denise Lesur apprenait avec une facilité déconcertante dès son plus jeune âge tout en manifestant un goût certain pour l'étude, ils ont fait l'effort de l'inscrire à l'école privée, persuadés qu'ainsi ils feraient le bien de leur fille.
Là était le mal, sans doute, car c'est là que Denise Lesur a pris une pleine conscience de sa vile extraction ! elle s'est sentie minable au milieu de ces petites bourgeoises sucrées et trop bien apprêtées et on lui a montré qu'elle l'était, minable, en provenant d'un milieu aussi populaire !
Alors elle a affûté ses armes pour écrabouiller définitivement toutes ces péronnelles trop fières d'elles ; être toujours la première en chaque matière, récolter les prix et les félicitations des professeurs, écraser les autres de sa supériorité intellectuelle et parvenir avec aisance jusqu'aux études supérieures. Un point, c'est tout.
Le propos de l'auteur, âpre, dur, violent, exagéré, exaspéré ... devient exaspérant .... car, trop, c'est trop ! Denise Lesur n'est pas Cosette pas plus que ses parents ne sont les Thénardier !
Car, qu'a-t-elle vécu d'horrible, cette gamine ? Ses parents n'étaient pas des monstres, seulement des gens modestes et peu éduqués qui se sont comportés correctement avec elle..... du coup, cette "hystérisation" outrancière de l'enfance, avec son cortège d'effluves nauséabonds file la nausée au lecteur pour finir par tomber à plat !
Dommage ! et ce n'était évidemment pas le but d'Annie Ernaux, non pardon Denise Lesur, car cela retire, hélas, de la force au propos de l'auteur, propos par ailleurs si pertinent !
Famille, je vous hais !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
chloe-nelsonchloe-nelson   10 juin 2012
ça s'est mis à grandir ce sentiment bizarre, n'être bien nulle part, sauf devant un devoir, une composition, un livre dans un coin de la cour (...) Je commençais à ne rien voir. à ignorer. La boutique, le café, les clients, et même mes parents. Je ne suis pas là, je suis dans mes devoirs, comme ils disent, dans mes livres, 't'as pas mal à la tête, à la fin ?' Je parle de moins en moins, ça m'agace (...) foncer tête baissée dans les études, la littérature, surtout la littérature, pour flotter au-dessus de tout le monde, les emmerder. La vraie supériorité. Pour jouir aussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
poivertpoivert   22 octobre 2012
"Vous aurez des contractions." Depuis hier j'attends, lovée autour de mon ventre, à guetter les signes. Qu'est-ce que c'est au juste. Je sais seulement que ça meurt petit à petit, ça s'éteint, ça se noie dans les poches gorgées de sang, d'humeurs filantes... Et que ça part. C'est tout. La tête à plat dans l'odeur de la couverture, le soleil qui me cuit des genoux à la taille, une marée tiède à l'intérieur, pas la moindre crispation en surface, tout se passe dans les plis et les replis à des kilomètres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
paulotletpaulotlet   16 juillet 2017
Le vrai langage, c'est chez moi que je l'entendais, le pinard, la bidoche, se faire baiser, la vieille carne, dis boujou ma petite besotte. Toutes les choses étaient là aussitôt, les cris, les grimaces, les bouteilles renversées. La maîtresse parlait, parlait, et les choses n'existaient pas, le vantail, le soupirail, j'ai mis dix ans à savoir ce que c'était. La bergerie est gardée par le berger, Azor gardera la maison, des histoires pour rire, des amusettes d'institutrice.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FandolFandol   27 mai 2017
Je peux ouvrir la bouche sans crainte, il n’en sort plus ces bouts de phrases de la maison, ces intonations qui classent… Mieux, j’ai avalé l’argot des potaches…
Commenter  J’apprécie          40
feanorafeanora   23 décembre 2016
Tout est donné en une seconde, la tête prise dans la boucle du bras, attirée, momifiée de peur, la bouche écrabouillée. J'étouffe, je suis bouffée à la tête, comme certains poissons, lesquels. Je regrettais tout, d'avoir voulu, de m'être laissé faire.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Annie Ernaux (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annie Ernaux
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Ariane Herman, la propriétaire de la librairie « Tulitu » à Bruxelles. Avec elle, partagez ses coups de c?urs et ses auteurs favoris comme Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar ou encore Joséphine Bacon.
autres livres classés : avortementVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Connaissez-vous vraiment Annie Ernaux ?

Où Annie Ernaux passe-t-elle son enfance ?

Lillebonne
Yvetot
Bolbec
Fécamp

10 questions
157 lecteurs ont répondu
Thème : Annie ErnauxCréer un quiz sur ce livre
.. ..