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ISBN : 2072634997
Éditeur : Gallimard (19/09/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 285 notes)
Résumé :
A Venise, au pied de la Douane de mer, en face du palais des Doges et de San Giorgio Maggiore avec son haut campanile, deux jeunes gens qui s'aiment vont écouter, le soir, un personnage surprenant qui porte beaucoup de noms.
Ses récits les emportent, à travers l'espace et le temps, dans un tourbillon d'aventures où passent à toute allure, sous des éclairages imprévus, assez peu familiers aux enfants des écoles, Stendhal et Christophe Colomb, des Chinois et de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  02 juillet 2018
♫Avec ma gueule de métèque,
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents,
Je viendrai, ma douce captive,
Mon âme soeur, ma source vive,
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai Prince de sang,
Rêveur ou bien adolescent,
Comme il te plaira de choisir;
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir.♫
Moustaki - 1969
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Les petits chats dansent sur la gouttiere
c'est pour l'amour de Marie Madeleine
L'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
je vous salue Marie, une complainte, une prière.
Au tout début, Marie Madeleine, Ahasvérus
Amour confus, Marie de Magdala,
Il attendait Madeleine, c'est Jésus que v'là
Malentendu, c'est pas ce qu'on croix
Pour un quiproquo... le refus du verre d'eau
"Je marche parce que je dois mourir. Toi, jusqu'à mon retour, tu marcheras sans mourir" p76
Moralité : Qui juge ces vers.... perd ses verres.
"Je ne fais rien d'autre que de marcher, n'ayant guère d'opinions, je suis à part de ce monde. Je regarde, je vois, j'écoute...
Jamais vers rien, je m'éloigne de quelque chose.
Mon domaine est l'espace, un espace sans frontières
Mon domaine est le temps, un temps sans limites ."
Après lecture et relecture à la suite
Dix-sept pages retranscrites !
Brouillon de critique pour un Mythe
Bouillon de Culture,Un Véritable Plebiscite
Sur mon ile déserte,bien sûr... je l'invite !

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zabeth55
  07 novembre 2012
Un cocktail d'érudition, d'humour, de vocabulaire…
La lecture n'est pas aisée au départ. On passe d'un personnage à une histoire sans comprendre le lien pendant les quatre-vingt premières pages.
Le lien, c'est Ahasvérus, qui changera de nom tout au long du récit.
Parce qu'il a refusé un verre d'eau à Jésus avant sa crucifixion, il est condamné à l'immortalité. Et depuis, il marche, encore et encore, il est devenu le juif errant.
Il marche jusqu'à nos jours où, à Venise, il raconte ses aventures à un jeune couple d'amoureux qui l'écoutent, fascinés.
Il mène de front plusieurs récits et on passe d'une époque à une autre. Il saute avec allégresse par-dessus l'espace et le temps.
Ce n'est pas lassant parce qu'on passe de l'un à l'autre, on revient en arrière, on saute quelques siècles plus tard, et le tout en courts chapitres. le procédé d'écriture est assez astucieux.
L'empire romain, les invasions mongoles, les grandes découvertes, la révolution française….
On voyage à Jérusalem, en Inde, en Russie, en Afrique…….
On rencontre Marie-Madeleine, Christophe Colomb, Saint François d'Assise, Néron et Poppée, Charles de Noailles, Châteaubriand…..
C'est un véritable concentré d'histoire, de littérature, de philosophie dans un style excellent.
Pourtant, aux 2/3 du livre, j'ai décroché et ai eu du mal à m'intéresser aux nouvelles histoires de ce juif errant, et je les ai survolées.
Un peu comme une overdose. Peut-être relirai-je la fin dans quelques temps
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UglyBetty
  31 mai 2015
"Les hommes n'ont pas les mythes qu'ils méritent, mais ceux dont ils ont besoin" (F. Lacassin)
- Va et marche !
- Je vais, et tu attendras que je vienne !
Et c'est sur cette attente, que se construit la légende du juif errant...
C'était l'Histoire. En maltraitant le Galiléen,qui se disait fils de Dieu, Cartaphilus a été condamné à la parcourir en entier...
Chaque soir se retrouvant au pied de la douane de mer, un couple écoutera le récit du pèlerinage interminable d'Ahasvérus, cordonnier et garde de Ponce Pilate amoureux de Marie-Madeleine, voué à parcourir les siècles et l'espace jusqu'à la fin des temps.
Il sera chef des voleurs succédant à Barrabas, Fidèle compagnon de Christophe Colomb lors de son voyage vers l'Amérique, ami de saint François d'Assise, amant de Poppée, la femme de Néron (Il contemplera l'incendie de Rome), Conseiller grammairien du roi wisigoth Alaric, homme de main d'une maîtresse De Chateaubriand, il aide Théodoric (Ostrogoths) a annihiler les troupes d'Odoacre (Hérules) dans un faux dîner de paix.
Il sera cocher de char à Constantinople sous l'empire byzantin de Justinien, il rencontre également un spécialiste de la mosaïque à Ravenne, on le retrouve aussi à Massada dernière ville juive résistant aux romains et qui donnera lieux à un suicide collectif de tous les juifs, dont il reste l' unique survivant.
Il découvrira le bouddhisme en Asie où il sera le maître de la loi, respecté de tous,sous le nom de Hiuan-Tsang.
Il naviguera sur les Drakkars avec les vikings, ou encore,courrier de la Grande Armée de Napoléon lors de la bataille d'Austerliz.
"Je suis toujours hasardeux et toujours nécessaire parce que je suis l'Histoire et la marche du temps.
Je m'appelle Laquedem, Fussӓnger, Ahasvérus, Cartaphilus, Luis de Torres, Omar Ibn Battûta, Hiuan-tsang, Démétrios ou Ragnar le Savant :
les hommes sont des poèmes récités par le destin. Je suis surtout anonyme et toujours collectif. Parce que, avant d'être un homme, un voyageur, un maudit, un héros de roman - quelle horreur !
- je suis d'abord un mythe. Vous comprenez ?-
Je traîne dans tous vos souvenirs, vos fantasmes, vos peurs, vos espérances.
Je suis tout ce que vous avez fait et aussi et surtout que vous ne ferez jamais. (…)
Je ressemble au monde et à la vie. J'aurais pu ne pas être. Mais maintenant que je suis, personne ne m'effacera plus.
Vous avez devant vous l'image même de l'inutile qui, par la grâce de l'être, est devenu nécessaire."
C'est ainsi que se définit le héros du roman de Jean d'Ormesson. C'est un homme qui a le redoutable privilège d'être affranchi des limites de l'espace et du temps. Seul véritable cosmopolite. Plus que cela, il est l'incarnation de l'absurde même qui caractérise l'existence,le dépositaire en marche de notre expérience.
Ainsi,voit-il L Histoire se répéter inlassablement...
En reprenant ce mythe populaire, Jean d'Ormesson réécrit l'Histoire du monde à sa façon, mêlant la légende et la fable à la réalité,en glissant un peu d'humour et de légèreté dans le récit rocambolesque de ce vagabond qui tente de trouver un sens à son destin, entre l'inexorable passage du temps et l'assourdissant silence des dieux.
Les récits s'entremêlent sans ordre chronologique dans ce mythistoire.
Ils révèlent la dualité de l'individu,le bien et le mal qu'il perpétue. Mais tout à son image -d'immortel- académicien. l'auteur fait du juif errant une poésie,un Sisyphe heureux et c'est tant mieux !
"Vivre éternellement, c'est surtout échapper à la mort, cette terrifiante inconnue, qu'elle soit la fin de tout ou une transition vers une autre vie dont on ne sait rien. Mais il ne faut pas se mentir, tout le monde a peur de mourir par crainte de l'inconnu"...
Le roman s'achève sur la chute de l' -anti Simon, l'amant déchu- de Marie et nous renvoie à S. Beckett, en attendant godot...
J'ai beaucoup aimé le personnage du juif errant contextualisé par l'auteur,même si ,par ailleurs,Jean d'Ormesson noie le lecteur dans un bouillon de culture quelque peu précieux et un discours philosophique ressassé.
C'était presque merveilleux,mais presque...
Une lecture que je dois à l'ami ahasvérus (eh oui,il est aussi parmi nous!) et je l'en remercie,car sans lui D Ormesson -aurait mouru- sans avoir jamais suscité chez moi le moindre intérêt littéraire.
Une lecture très intéressante et agréable malgré quelques longueurs.
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scrambledspirit
  01 août 2007
Cela fait bien longtemps que je l'ai lu et il faudrait que je le relise un jour ou j'aurais lu tous les livres qui n'ont pas encore été lus et qui attendent dans mon étagère. Je me souviens avoir adoré ce livre pour son attrait historique, fantastique (immortalité), et pour le nombre de phrases intéressantes sur l'immortalité et tout ce qui tourne autour (le temps, la mort, les hommes qui ne font que passer sur la terre). C'était mon premier Ormesson et pour le moment c'est le seul D Ormesson que j'apprécie pleinement (je ne les ai pas tous lu mais si l'histoire du juif errant m'a donné envie de lire Ormesson les deux livres que j'ai testés ensuite m'en ont dissuadée).
C'est un livre que je conseille vivement car il fait réfléchir sur ce que nous sommes tout en nous baladant dans des époques différentes...
La vie du juif errant est un mélange de beaucoup de bien mais aussi de beaucoup de mal, il y a un équilibre entre les deux. le juif errant raconte ses bonheurs, malheurs, amours et cruautés qui nous montrent qu'en un homme se cachent toujours le bien mais aussi le mal.
J'aimais le fait que le style change parfois, on retrouve des chapitres élaborés comme des pièces de théâtre, certains chapitres étaient mis à la première personne alors que d'autres étaient à la troisième personne comme si parfois le narrateur était le juif errant et que d'autres fois c'était le jeune homme qui l'écoute. On peut également penser que c'est le juif errant qui parle de lui à la troisième personne parce qu'il parle de lui comme étant une autre personne avec un autre nom, une autre nationalité, une autre vie.
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tolbiac
  09 mars 2013
Je n'aime pas trop l'homme D'Ormesson. Je précise cela pour bien souligné qu'il n'y a donc pas dans mon jugement littéraire un parti prit.
Et j'ai donc ouvert ce roman un peu à reculons et méfiant. L'histoire du Juif errant ? Kezako ?
Première surprise, c'est beau. C'est épique. On accompagne deux amoureux qui écoutent, et on écoute avec eux, un vieil homme raconter une étrange histoire. Celle de l'occident. Celle d'un homme maudit…
Magnifiquement mis en scène, ce périple à travers les légendes, les mythes, l'histoire laisse exsangue nos sens et l'acuité visuelle semble se troubler et nous transporter dans un ailleurs qui fut un passé furieux, remplit de poussière, de pensées, d'aphorismes, d'images, de personnages… Je garde un très beau souvenir de cette lecture et je la conseille à qui veut apprendre en gardant grand ouvert les yeux, en laissant l'histoire couler dans les veines, en s'immergeant dans le grand vent de l'épopée.
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Citations et extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   06 juin 2018
Il marchait. Il marcha jusqu'à la nuit. Il s'était déjà beaucoup éloigné de la ville lorsque la faim s'empara de lui. Et la soif. Les passions, les ambitions, les idées, les projets ne viennent qu'en seconde ligne. Il faut d'abord boire, et manger, et dormir, et tout le reste. Sans jamais en souffler mot dans les torrents de livres et de films qui nous tombent sur la tête, nous passons notre temps à mener notre corps au garage, à le ravitailler et à le vidanger. De "la Princesse de Clèves" au "Soulier de satin", en passant par "Adolphe" et par "La Chartreuse de Parme", on dirait que nos héros sont munis d'une dispense de trimbaler un corps. Ils n'ont le droit que de faire l'amour parce que l'amour est le lien entre le rêve et la machine. Nous sommes une machine avant d'être un esprit et une âme. Il peut y avoir des machines sans esprit et sans âme. Dans ce monde au moins, il n'y a pas d'esprit ni d'âme sans qu'il y ait une machine. Ashavérus avait soif. Et il avait faim. La nuit tombait. Il aperçut une lumière qui brillait dans une maison. Il poussa la porte après l'avoir frappée de son bâton et il entra dans la maison.
p117
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ninosairosseninosairosse   20 juin 2018
Selon une division quatripartite, qui rivalise avec la division tripartite chère à Georges Dumézil et dont on retrouve les traces en Inde, en Chine et jusque chez les Wisigoths, les cochers étaient répartis en quatre groupes qui correspondaient à la fois à une division géographique, à une division religieuse et cosmique et à une division sociale : les Bleus, les Verts, les Blancs et les Rouges. Les Bleus et les Blancs représentaient les quartiers riches, favorables à l'orthodoxie et au gouvernement d'un petit nombre. Les Verts et les Rouges représentaient les quartiers populaires à tendance démocratique et inclinaient vers l'hérésie. Le célèbre Palio, la course qui se déroule à Sienne sur la Piazza del Campo incurvée en coquille vers le Palazzo Pubblico et où chaque cavalier est le champion d'une contrade, c'est-à-dire d'un quartier, peut donner, en petit et, malgré sa splendeur, en modeste, une idée de ces courses de chars de Byzance qui laissaient loin derrière elles la passion populaire de nos matches de football ou de rugby. Les deux groupes principaux étaient les Bleus et les Verts. Démétrios était Vert.
p364
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ninosairosseninosairosse   15 juin 2018
Je dis que tout meurt et disparaît. Et que quelque chose, pourtant, subsiste, chez ceux qui restent, de ce qui a disparu. Que quelque chose, pourtant, subsiste, chez les vivants, de ce qui a vécu. C'est ce que nous appelons le souvenir. La mort n'est pas la fin de tout puisqu'il y a le souvenir. Les hommes rêvent de fantômes, de revenants, de forces spirituelles et mystérieuses, dont on ne sait presque rien, dont on attend presque tout. Le premier des fantômes, le premier des revenants, la plus formidable de toutes les forces spirituelles, vous le savez bien, c'est le souvenir.
p267
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ninosairosseninosairosse   30 mai 2018
Et, jouant avec la vieille canne, décolorée par le temps, entamée par la vie, qu'il faisait rouler entre ses mains noueuses, il se remit à parler. Et, soir après soir, dans le plus beau salon du monde, sous les étoiles de la nuit qui jetaient leur lueur sur le bassin de Saint-Marc et le palais des Doges, il nous raconta, à Marie et à moi, tout ce que je viens de vous raconter. Et tout ce que je vais encore, si vous avez un peu de temps pour écouter des fables qui ressemblent à des choses vraies, ou peut-être plutôt des choses vraies qui ressemblent à des fables, vous raconter maintenant.
p176
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ninosairosseninosairosse   25 juin 2018
Le monde n'a peut-être aucun sens :
"Life is but a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing."
Ce qu'il y a pourtant de surprenant, c'est que tout ce qui s'y passe, et même la souffrance et le mal et la sottise et l'absurdité, ait l'air de faire un tout et d'avancer cahin-caha.
Lorsque Macbeth, sur le point de périr, s'écrie que le monde est un tumulte dépourvu de tout sens, il donne, mieux que personne, un peu plus de sens au monde.
p428
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