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Par Lune, le 03/06/2008
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
Oh! que ce livre est beau! Au-delà d'un huis-clos qui aurait pu être étouffant, Yoko Ogawa réussit un tour de force : nous "poser" dans un coin de la pièce un peu vieillote, sentant le renfermé, d'un pavillon fragile au bout d'un jardin. Un ancien professeur de mathématiques y vit, doté, après un accident, d'une mémoire de seulement quatre-vingt minutes. Vous pouvez imaginer ce que cela représente et peut avoir de pénible. Une aide-ménagère, avec délicatesse et subtilité, parviendra à créer une véritable communication allant au-delà de ce handicap. Tout simplement parce que le respect et l'empathie ouvrent des portes, malgré la différence. Son fils fera partie de cette aventure qui les liera tous les trois à jamais jusqu'à la disparition naturelle du vieil homme. Nous suivons cette amitié indemme de laideur et faite de transmissions qui pèseront sur l'avenir de l'enfant. Son ciment principal est les mathématiques auquelles la plume de Yoko Ogawa attribue une poésie que j'ai rarement rencontrée. C'est avec une machine à calculer en main que j'ai poursuivi ma lecture, étonnant la réfractaire aux chiffres que je suis. Voilà qu'elle a réussi avec cette histoire à me les faire appréhender autrement ou du moins à en apercevoir la beauté que je croyais uniquement littéraire et artistique. Il y dans ce livre des mots de tendresse, des sourires et tellement de rêves qui en découlent... Oh! que ce livre est beau!
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Par maltese, le 19/11/2011
Tristes revanches
de
Yôko Ogawa
Un recueil de onze nouvelles subtilement construit avec des détails qui renvoient d'une histoire à l'autre, comme une espèce de discret jeu de piste, où les personnages réapparaissent comme figurants après avoir été au centre d'une intrigue.
Yoko Ogawa fait preuve de finesse avec ces portraits d'hommes et de femmes, chirurgien, pâtissière, écrivain..., qui habitent tous le même quartier.
Une suite très originale malgré des abords communs, avec pour toile de fond des histoires souvent tristes.
L'ensemble tisse une véritable tapisserie pleines de subtilités et passe par une mise en abyme avant de se terminer par un renvoi à la première histoire.
Un précieux livre présentant une série d'instantanés touchants et troublants.
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Par Luniver, le 28/01/2012
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
Une aide-ménagère est envoyée chez un vieux professeur, réputé difficile puisque c'est la onzième tentative du service pour proposer quelqu'un qui convient. Le professeur a la particularité de n'avoir que 80 minutes de mémoire : il faut donc se représenter à lui tous les jours. Lui, de son côté, s'accroche des tas de petites notes sur les vêtements afin de se rappeler les choses importantes des jours précédents.
Pour pouvoir communiquer avec les autres, son seul langage devient les mathématiques : il échange à travers les relations entre les nombres qui traverse sa vie et celle des autres. Petit à petit, une solide amitié se lie entre le professeur, et l'aide-ménagère et son fils, grâce aux mathématiques et au base-ball.
"La formule préférée du professeur" est un livre touchant et original,et les détours dans l'univers des nombres permet de se faire une petite idée de la beauté des mathématiques.
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Par joedi, le 08/12/2011
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
Une aide-ménagère est envoyée par son employeur, chez un ancien professeur de mathématiques qui, à la suite d’un accident de voiture a vu sa mémoire réduite à quatre-vingts minutes. Tous les jours, elle se présente et il lui pose une question, quelle pointure faites-vous ? Chaque question comme chaque réponse est prétexte au développement de formules mathématiques, de plus, pour avoir un repère des choses importantes, il épingle un
petit papier sur son vêtement. Par exemple, pour l’aide-ménagère, il a dessiné son portrait, de façon très simpliste, et inscrit « aide-ménagère ». Elle intègre son univers étrange et à la demande du professeur, son fils âgé de dix ans, au lieu de rentrer et d’attendre sa maman dans leur appartement vide, va dorénavant, à la sortie de l’école, la rejoindre chez le professeur et ils prendront le repas du soir tous les trois. Le professeur a une très grande estime pour les enfants et rebaptise le garçon « Root » qui signifie racine carrée car le sommet de son crâne est aplati.
Ce roman qui pourrait paraître ennuyeux pour qui n’apprécie pas les chiffres se révèle plein de sentiments, c’est un véritable tour de force qu’a accompli Yoko Ogawa.
Pour moi, qui ne suis pas « math », ce livre fait partie de mes coups de cœur.
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Par Lune, le 21/07/2011
Manuscrit zéro, journal de l'année 2009
de
Yôko Ogawa
Au degré zéro de la création se trouvent les questionnements, les errances, les angoisses, les phantasmes de tout écrivain.
Yôko Ogawa nous permet avec ce « Manuscrit Zéro » de pénétrer au plus profond de son être abyssal où nous retrouvons ce qui constitue son cheminement créatif et ses interrogations.
Non seulement la mise en question de sa nature d'écrivain (toutes les évocations des « grandes lignes ») mais aussi celle de ce qui la constitue en tant que femme reliée au monde qui l'entoure.
L'appel de la petite fille qu'elle ne retrouvera jamais et qu'elle recherche en « pillant » le monde de l'enfance (le stade oral est très présent) comme la recherche difficile de l'autre en tant que complément (l'assistant social R) et tout s'écoule entre les doigts...
Une volonté puissante de vivre est présente notamment évoquée dans le « musée contemporain » de plein air où d'autres disparaissent sans se défendre.
Un petit frère enfoui dans un puits par une petite fille de huit ans que l'adulte a perdu à tout jamais : jalousie, perversion de l'enfance, mal être qu'une analyse psychanalytique pourrait éclairer. L'inconscient, à chaque phrase, monte à la surface et offre images et êtres déformés, proches et loin d'une réalité où nous aimons nous accrocher.
Tel est ce livre, se laisser aller, prendre, laisser les doutes effleurer, laisser la plume courir sur le papier, rire aussi : prouver que le zéro est loin d'être un néant, qu'il se passe tant de choses comme ces vies au fond des mers, vies que l'on ignore, comme ces autres que l'on porte en soi (l'interview en début de livre nous le démontre).
« Tout se déroule sans tarder » dit l'auteur et le sommeil salvateur viendra peut-être, libérateur et créateur.
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Par Lune, le 14/01/2009
Tristes revanches
de
Yôko Ogawa
Etonnant et fascinant recueil de onze nouvelles qui, par des détails, nous plonge dans un mise en abyme déroutante. La lecture est rapide, haletante, de l'ordre d'un tourbillon. On passe d'une nouvelle à l'autre, avide de savoir, de comprendre ce qui la relie à la précédente ou à toute autre. Une telle construction laisse pantois et admiratif du savoir faire de l'auteur. Comme toujours, nous recevons des messages, hors temps, hors monde dit "normal", des personnages croisés au fil de la lecture. L'écriture, d'apparence simple, donne existence aux lieux, aux sensations, aux êtres. Jusqu'à l'ébahissement, jusqu'à l'écoeurement, Yoko Ogawa nous entraîne dans les dédales de l'inconscient, dans l'empire de l'onirisme, dans les méandres de l'âme humaine et nous nous laissons guider, étonnés de supporter avec facilité le malaise, voire l'horreur. Un livre surprenant que j'ai aimé et comme toujours en lisant l'oeuvre de Ogawa, cette conviction de la nécessité de la relire.
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Par latina, le 05/02/2012
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
"La délicatesse"...Voçilà comment pourrait s'intituler ce roman ! Un vieux professeur de math ne disposant plus que de 80 minutes de mémoire, apprend à un enfant à aimer les maths, tout simplement en lui faisant partager sa passion avec enthousiasme, respect et ...délicatesse!
Même la narratrice, la mère de l'enfant, simple femme de ménage, est "contaminée" et les maths deviennent son passe-temps favori!
De plus, la mère et le fils traitent le handicap du professeur avec gentillesse, et encore...délicatesse. Oui, dans ce monde de brutes, ce roman fait du bien ! J'en veux encore !
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Par zorazur, le 03/11/2011
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
A tous les parents dont les enfants ou les ados n'aiment pas les maths : arrêtez vous, chef d'oeuvre ! Au-delà de la manière inimitable de Yoko Ogawa de traiter ce sujet improbable (une relation à trois : le vieux professeur dont la mémoire défaille, l'aide-ménagère, le gamin sceptique), avec la douceur, la tendresse, l'attention qu'on lui connaît, voilà LE livre qui fera aimer les maths aux plus récalcitrants. Les chiffres dansent, s'envolent, se posent, dévoilent tous leurs secrets et tissent eux aussi les relations les plus surprenantes et les plus improbables. Nombres magiques, nombres premiers, nombres relatifs, nombres idéaux, nombres d'or et d'argent , quand la science rencontre l'aventure et la poésie. Vos enfants aimeront les maths !
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Par Ameni, le 26/05/2011
Le musée du silence
de
Yôko Ogawa
Nouvelle claque pour le fan (grandissant) que je suis de Yoko Ogawa !
Un univers différent, un même style époustouflant.
Le musée du silence est un huis-clos sublime à l’histoire originale et poétique. Tout se déroule dans ce manoir et ses environs, où le narrateur, un muséographe, arrive et découvre en même temps que le lecteur cet univers si spécial et la mission (tout aussi étrange) qu’on lui a donné.
Le huis-clos est amplifié par le fait que toute tentative de contact avec l’extérieur n’a aucun résultat. Le narrateur écrit quelques lettres à son frère ou veut lui rendre visite, le lecteur n’en aura aucun écho retour. Lorsqu’on s’aventure hors de ce manoir, jusqu’au monastère par exemple, on tombe sur des moines ayant fait vœu de silence, et pour ce qui se passe au village on se heurte à la violence du monde extérieur (Meurtres, etc.. Je ne veux pas trop en dévoiler.) tout en restant dans les pas des habitants du manoir.
Cet espace fermé et surtout cette mission si particulière de musée autour des objets des défunts crée une ambiance bien particulière (Certains pourraient dire morbide, mais le terme est bien trop péjoratif et restrictif). La mission va même plus loin puisqu’il faut aller collecter les objets des nouveaux défunts.
On retrouve un thème qui semble cher à Yoko Ogawa ; La mémoire, le devoir de mémoire, les souvenirs, l’oubli... Collecter l’objet d’un défunt pour lui éviter l’oubli total.
Un objet résumé d’une vie.
Les personnages (Compliqués, attachants, angoissants, hypnotisants…), ce musée et tout ce dont il est dépositaire, cet univers à part fait de mémoire, de mort, de meurtres, de poésie, d’intimité, et évidemment ce style, tout est réuni pour un superbe roman. Pour tout dire, ma gorge s’est serrée quand j’ai vu que j’étais sur la dernière page. J'adore avoir cette sensation et pourtant j'avais délibérément pris mon temps pour bien "déguster" (Oui, oui, ça peut paraître pédant, mais un livre de cet auteur se déguste ! Et ouais !)
Lien : http://ameni.over-blog.fr/article-le-musee-du-silence-de-yoko-ogawa-74802397....
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Par mimai, le 12/12/2010
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
C'est l'histoire d'une aide-ménagère qui se prend d'amitié pour son employeur, un ancien professeur de mathématiques dont la mémoire, suite à un accident, se trouve réduite à 80 minutes. Touchée par l'affection qu'il porte aux enfants, et notamment à son fils, et fascinée par son génie pour les mathématiques, elle va offrir toute l'attention et l'amitié qu'elle peut à cet homme isolé par la maladie.
C'est une histoire d'amitié toute simple, mais très touchante, avec beaucoup de tendresse et de générosité. Un peu triste aussi, car la maladie du professeur oblige l'aide-ménagère à recréer ce lien ténu chaque jour, sans relache. Et le professeur n'exprime ses sentiments qu'au travers des mathématiques. Alors on espère que ses efforts seront un jour récompensés, qu'une petite trace de cette amitié viendra s'ancrer dans la mémoire du professeur ... ne lui a-t-il pas dédié sa formule préférée ? c'est comme ça que je l'ai compris en tout cas.
Ce roman m'a beaucoup ému, et je le recommande à tous ceux qui ne sont pas allergiques aux mathématiques (et au baseball).
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Par Lune, le 04/08/2008
Hôtel Iris
de
Yôko Ogawa
Livre "prenant" malgré le trouble qui peut en découler. Nous pénétrons la folie et les fantasmes. Un homme âgé, étrange, douteux; une jeune fille, qui ne l'est pas moins. Un hôtel dirigé par une mère castratrice et que l'on aime difficilement. Une rencontre entre les deux premiers. Une relation plus que trouble, sado-masochiste. Une société condamnant l'homme perturbé et "soutenant" une jeune fille "innocente" mais dont l'innocence apparente nous dérange puisque nous, nous savons. Nous savons ce qu'il en est et dans quels tourments, elle se précipite. La séance du foulard (avant d'en savoir plus) nous ferait presque plaindre le "pauvre" veuf. Nous espérons l'amour mais il ne sera pas présent puisque l'homme disparaîtra sans un regard, sans un mot. Une si jolie petite plage avec ses vendeurs de crème glacée, le flux et le reflux qui, comme les héros, amènera déchets et pourriture... Un superbe livre dérangeant et fascinant. Une écriture qui coule et se donne sans aucune entrave et là est le miracle, aucune vulgarité n'enveloppe ce récit d'une adolescente qui découvre ce qu'elle porte au plus profond d'elle-même...
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Par Altervorace, le 25/11/2011
Hôtel Iris
de
Yôko Ogawa
Tout d'abord, disons que pour mon envie de découverte d'autres pays, on peut dire que je me suis bien plantée. Parce qu'Hôtel Iris reste mystérieux autant dans sa géographie que dans sa temporalité. Quand ? L'écoulement du temps n'existe que par les signes des saisons et bien que je me sois imaginée tout le récit en noir et blanc, rien ne nous indique quand l'histoire a lieu. Où ? Pareillement nous ne savons rien. Le Japon n'est pas présent, jamais. Qui ? Les personnages ne sont jamais nommés à part l'héroïne qui porte un prénom presque universel : Mari. La mère, le Traducteur, la Femme de ménage. L'auteur semble nous dire que l'important n'est ni le cadre ni le milieu mais bien les relations entre les personnages.
Commençons tout d'abord par l'histoire principale du roman : la relation entre Mari et le vieux monsieur. Bien sur ce couple improbable et malsain joue sur notre fascination / répulsion jusqu'à la page finale. Ogawa réussit, malgré notre malaise, à rendre tout supportable, même cette liaison perverse et sado-masochiste entre une très jeune fille de 17 ans et un homme âgé. Certaines scènes sont un peu crues -à déconseiller aux âmes sensibles- mais jamais vulgaires.
Finalement c'est un roman du contraste que nous livre l'auteur japonais. Contraste entre la jeunesse et la vieillesse, contraste entre la maladresse du traducteur dans certaines scènes, sa timidité et sa violence, sa domination dans les scènes de sexe. Contraste aussi entre l'écriture douce et fluide d'Ogawa, une plume pleine de délicatesse et de noblesse et la relation dure et violente de nos personnages. Si les relations du traducteur et de Mari nous mettent souvent mal à l'aise, je trouve qu'il en est de même pour les rapports qu'ont la réceptionniste avec sa mère. Pour moi la violence est ici tout aussi choquante que dans les scènes masochistes. La manière dont la mère néglige sa fille tout en la maltraitant sous couvert de la coiffer est très brutale. D'ailleurs toute l'œuvre se cristallise autour de cette chevelure. SPOILER les cheveux longs, très beaux, de Mari seraient le symbole de l'innocence peut-être aussi de la prison intérieur dans laquelle est l'héroïne, La chevelure est d'abord maltraitée par la mère et sacralisée en même temps puisque la Femme de ménage n'ose pas voler les objets qui la concernent. Le premier geste qu'a le traducteur est aussi pour les cheveux de Mari. Tout est contenu en eux jusqu'au sacrifice final lorsque la chevelure est coupée à la fin de l'ouvrage. Après il est dit que la mère ne touche plus à Mari. SPOILER FIN Finalement je ne suis pas sûr que ce roman soit celui de l'asservissement volontaire d'une jeune fille, je pense au contraire qu'il nous parle d'une forme de libération. Libération malsaine qu'Ogawa parvient grâce à son immense talent à rendre sublime.
Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2011/11/14/22574756.html
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Par brigittelascombe, le 13/08/2011
La mer
de
Yôko Ogawa
Toute la délicatesse, le raffinement, la poésie du Japon s'effilochent en rêves tendres, au fil de ces sept nouvelles.
Et toujours un personnage dont la lumière éclaire les mots de l'auteur pour nous emporter vers l'infini flottant de son imaginaire.
La mer, c'est celle de Petit cadet, qui joue du "meirubin" debout face aux vagues pour capter le vent qui fait frissonner les cordes, musique qu'il raconte au jeune homme venu demander la main de sa soeur Izumi.
Voyage à Vienne,c'est celui de la rondouillarde et farfelue Kotoko qui accourt (selon ses dernières volontés)dans la maison de retraite viennoise d'un ancien amoureux .
Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly, c'est celui d'une dactylo rêveuse qui tape des mots scientifiques et se perd entre les caractères,voguant tour à tour entre vagin,spermatozoïde et testicules.
Le crochet argenté:c'est celui d'une veille grand mère aux doigts agiles.
Boites de pastilles:ce sont celles que vide dans ses poches un chauffeur de car qui préfère les sourires aux pleurs d'enfant.
La guide:c'est la maman du petit garçon de l'autocar, un charmant garçonnet qui rencontre un gentleman poète.
Le camion de poussins c'est celui qui redonnera la voix à une fillette muette.
Yoko Ogawo, un auteur que je ne connaissais pas mais dont la prose poétique empreinte de rêve, qui dépose de petits brins de lumière ça et là, vaut le détour.
Née en 1962 Yoko Ogawa vit au Japon et a écrit de nombreux romans dont:La piscine,Tristes revanches,La bénédiction innattendue,La marche de Mina... A suivre!
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Par Seraphita, le 25/08/2010
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
Une jeune aide-ménagère est engagée chez un employeur un peu particulier : ce vieil homme est un ancien professeur de mathématiques qui, à la suite d’un traumatisme crânien, n’a plus qu’un empan mnésique de 80 minutes. L’employée doit donc se présenter de nouveau à lui tous les matins et affronter ses traditionnelles questions, toutes centrées sur les chiffres. Elle se lie vite à cet étrange personnage et lui présente son fils qu’il surnomme « Root » ou racine carrée, en raison de son crâne aplati. Le vieil homme et l’enfant se découvrent une passion commune pour le base-ball. Cette amitié résistera-t-elle à l’amnésie invalidante du professeur ?
J’avais découvert Yoko Ogawa à travers « La bénédiction inattendue », un recueil de nouvelles que j’avais particulièrement apprécié. Ce roman ne m’a pas laissée indifférente. Il s’en dégage une immense tendresse : l’auteur a bien su rendre dans sa plume experte et sobre la palette des sentiments qui se noue entre l’aide-ménagère, son fils et le professeur. La narratrice au début est un peu effrayée par le personnage : en effet, il a vu se succéder avant elle 9 aides-ménagères. Pour quelle raison sont-elles parties ? Le professeur a-t-il des exigences si singulières qu’il fait fuir ses employées ? Mais très vite, elle se prend d’affection pour lui. Le vieil homme est un original : il porte, accrochées à sa veste élimée, de multiples notes manuscrites sur lesquelles figurent les informations essentielles à ne pas oublier. Ainsi a-t-il fait une petite note pour sa nouvelle aide-ménagère et son fils qu’il surnomme « Root » en raison de sa particularité physique.
Le roman mêle habilement l’art des lettres (l’écriture est ciselée et très dépouillée) et l’art des chiffres. Sans adopter une allure trop didactique, l’auteur distille quelques connaissances mathématiques, par exemple sur les nombres premiers ou la formule d’Euler, « la formule préférée du professeur ». L’aide-ménagère se cultive, développe son goût d’apprendre auprès du professeur. Elle mène ses propres recherches en bibliothèque pour percer à jour les mystères de « la formule préférée du professeur ». Ce dernier parvient avec un talent de pédagogue à transmettre sa passion des mathématiques à la jeune femme et son enfant.
J’ai été séduite d’emblée par le caractère très original de l’intrigue : comment travailler auprès d’un vieil homme qui ne peut encoder des informations nouvelles que sur une durée de 80 minutes ? Comment l’auteur allait-elle s’y prendre pour décrire une amitié sur le long terme, à reconstruire toutes les 80 minutes ? J’ai été par contre moins attirée par les descriptions techniques du jeu de base-ball. Même si les notes de la traductrice permettaient d’éclaircir bien des termes, le propos restait très technique.
Un roman poignant, une fin bouleversante, une écriture ciselée, poétique qui nous conte avec brio l’histoire d’une amitié sur fond d’amnésie. Un roman qui nous invite à une découverte de la beauté des mathématiques.
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Par Tampopo, le 06/05/2011
Les tendres plaintes
de
Yôko Ogawa
Une chose est sûre, il règne sur ce roman une atmosphère étrange et particulièrement envoûtante. La forêt semble ensorceler les protagonistes de l’histoire, c’est comme si elle était dotée d’une volonté propre et qu’elle voulait garder pour elle seule les personnages de ce roman et ne plus jamais les laisser repartir.
C’est ce glissement narratif vers le fantastique qui m’a réellement fasciné dans ce roman et qui lui donne, à mon sens, un supplément d’âme.
Même si l’auteur nous révèle par bribes le passé de l’héroïne, la violence de son mari, l’existence d’une maîtresse, l’impossibilité de concevoir un enfant… Le cœur de cette histoire c’est bien la relation qui se tisse au fil des saisons entre les trois protagonistes : Ruriko aime Nitta dont le sort est indéfectiblement lié à celui de Kaoru, l’équation amoureuse semble insoluble !
Au contact de Nitta et de Kaoru, Ruriko va révéler autant sa sensibilité artistique que sa force de caractère, tant et si bien que le lecteur en vient parfois à oublier son passé de femme battue et humiliée. Grâce au regard bienveillant que posent sur elle ses nouveaux amis, Ruriko va peu à peu se relever et à reprendre foi en la vie et, comme un clavecin désaccordé, se remettre à sonner juste.
J’ai découvert en Yoko Agawa une excellente romancière, son écriture très fine m’a définitivement séduite et je poursuis ma découverte avec un autre de ses romans.
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Par Lune, le 10/02/2011
Les Paupières
de
Yôko Ogawa
Huit nouvelles - Un dénominateur commun : le sommeil ou plutôt son absence. Jeux de miroirs entre les histoires, jeux de l'inconscient où le sourire se mêle au dégoût voire à la répulsion. Difficile de démêler les entrelacs, nous passons du réel à l'irréel : où la frontière se situe-t-elle? Yôko Ogawa est maline, son écriture à l'accès aisé, ses descriptions qui situent rapidement mais précisément lieux et personnages, tous ces ingrédients permettent une lecture rapide qui nous immerge dans la nouvelle sans qu'on puisse la lâcher : où nous emmène-t-elle? Que comprendre? Que ne pas comprendre? (c'est peut-être dans ce vide et son silence que se trouve la clé). Faut-il tout comprendre? (peu importe, des traces restent, qui resurgiront un jour ou l'autre).
•C'est difficile de dormir en avion - On s'installe avec la narratrice, on écoute l'autre passager, est-ce un conte? est-ce une histoire vraie? Elle est belle et émouvante, un véritable "récit pour dormir" mais pirouette finale : "Il y avait un petit bloc de mort à l'intérieur de ma main." ...
•L'art de cultiver les légumes chinois - Le chiffre 12 entouré sur le calendrier, l'étrange est au rendez-vous. Ombre et lumière divisent la vie.
•Les Paupières - Rideaux du regard. Un homme ridé à la chevelure impeccable, glauque, poursuit l'interminable secret de cette fine peau qui recouvre ces miroirs. Relation mystérieuse avec une jeune fille de quinze ans. Entourage de silhouettes non moins étranges.
•Le cours de cuisine - Soixante ans de déchets aspirés sous les yeux de la narratrice et de la cuisinière. Une musique métaphorique en fond. Des élèves fantômes. Une "certaine" légèreté.
•Une collection d'odeurs - Thème récurrent chez Ogawa. Des odeurs collectionnées au paroxysme par une délicate personne. Des fioles, des flacons, des étiquettes, des étagères en hauteur et une découverte faite par le narrateur, découverte qui laisse pantois.
•Backstroke - Autre thème cher à l'auteur, l'eau, la piscine. Un garçon dont on suit la descente aux enfers. On comprend tellement : subir l'exigence, la comparaison, être le meilleur... Le corps parlera et ...
•Les ovaires de la poétesse - J'ai repensé à ce musée, à cette chambre où les gens déposent ou collectionnent des objets représentatifs d'une profondeur de leur souffrance, encore un thème de cette auteure. Ce musée en fait partie. Une jeune insomniaque part en quête de meilleures nuits dans une ville inconnue et visite le musée-mausolée de la poétesse. Son inconscient, grâce à cette histoire, se libérera et lui permettra d'accéder au sommeil.
•Les Jumeaux de l'Avenue des Tilleuls - Serait-ce l'histoire d'un vide, de deux vies siamoises à jamais liées à l'enfance saccagée par l'arrivée de la guerre et l'absence d'un père qui a "fui". Ces vies semblent arrêtées et s'être poursuivies à l'écart de La Vie. Il y a un malaise tout au long de l'entrevue entre le narrateur et les jumeaux.
Livre agréablement déstabilisant
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Par Hebephrenie, le 14/01/2011
Les tendres plaintes
de
Yôko Ogawa
Dans ce roman "musical", Yoko Ogawa décrit par petites touches les sentiments affectant ses trois personnes principaux. Ruriko, jeune femme sortie des griffes d'un mari violent et volage s'étant réfugiée dans le chalet de son enfance, rencontre Nitta, facteur de clavecins, homme plein de force et de regrets. Et puis il y a Kaoru, l'assistante de Nitta, dont l'amitié aidera Ruriko à se reconstruire, avant de laisser place à une jalousie impossible...
Ogawa nous montre avec perspicacité les différentes formes que l'amour peut prendre, du charnel au plus pur spirituel, au vide qu'un mariage raté laisse également. Les relations difficile qui se tissent entre le gens, la reconstruction après les drames, la violence parfois du quotidien. Et tout cela dans un Japon arboré, retiré, nivéal.
Un roman qui nous offre une belle mise en abyme de l'art en général, puisque tout le style d'Ogawa est calqué sur les sonorités musicales (les Tendres plaintes de Jean-Phillipe Rameau, oeuvre pour violon de Tchaïkovsky), mais aussi sur l'art de la calligaphie (occidentale, oui oui...).
Un roman envoutant, doucement nostalgique. Un roman vrai sur la vie.
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Par ivredelivres, le 11/08/2010
Cristallisation secrète
de
Yôko Ogawa
Dans ce récit l’auteur touche au fantastique et à l’absurde avec un grand talent.
Dans une île jamais nommée, les habitants ont pris l’habitude de voir disparaître les objets, petits ou gros, utiles ou décoratifs, objets de la vie de tous les jours.
Un jour les rubans ne sont plus là, puis les bonbons, un matin les oiseaux sont absents et ne chantent plus, les fleurs perdent leurs pétales.
Tout le monde ignore le pourquoi de ces disparitions et quand se produira la prochaine.
Curieusement toute la population semble renoncer sans efforts à ces objets, les gens ne gardent aucun souvenir des choses disparues, ils n’en souffrent pas, simplement elles ne sont plus là et ils acceptent cette situation.
On ne sait pas non plus qui décide et pourquoi. Un monde étrange est né sans mémoire, sans souvenir, sans émotion.
La narratrice a une mère artiste, enfant elle ne comprenait pas que sa mère conserve pieusement au fond d’un tiroir un ticket du ferry disparu qui permettait de quitter l’île, un flacon de parfum, un bonbon à la limonade.
L’enfant est devenue adulte et romancière. Elle soumet régulièrement ses manuscrits à son éditeur et écrit un roman mettant en scène une dactylo qui tape sur une machine dont les touches disparaissent progressivement, puis c’est la voix de la dactylo qui lui fait défaut, l’éditeur est très satisfait de son travail.
La jeune femme n’est pas choquée de ce qui se passe autour d’elle, pourtant on murmure que parmi les habitants de l’île certains ont la malchance de conserver la mémoire ou ne se résignent pas à l’oubli. Ils sont alors poursuivis par les traqueurs, une milice toute puissante capable de détecter la persistance des souvenirs. Les arrestations se multiplient, les personnes montent dans des camions pour une destination inconnue, d’un jour à l’autre ils ne sont plus là, comme les objets ils sont portés disparus.
Les disparitions s’accélèrent, la nourriture devient rare, on ne peut plus mesurer le temps car les calendriers disparaissent à leur tour, les livres et les bibliothèques sont anéantis, les mots vont-ils eux aussi disparaître ?
Son éditeur est en danger car réfractaire à l’oubli programmé il garde en lui des souvenirs. Malgré les risques et avec l’aide d’un vieil homme, elle va le cacher dans un réduit de la maison "une caverne en plein ciel" protectrice certes mais qui isole cet homme du reste du monde. Elle a franchi le pas, elle est entrée en résistance.
Ces trois personnages vont s’apporter assistance, amitié et affection malgré les risques, malgré la peur, ils ont décidés de ne plus obéir.
Un roman d’une grande originalité, d’une grande justesse de ton. Yoko Ogawa avec des mots simples réussit à nous faire ressentir l’oppression, l’étouffement d’une société sous surveillance où règne l’arbitraire ; elle nous emporte dans un monde fantastique où l’oubli est la règle. Un roman profondément métaphorique et inquiétant tout en faisant la part belle à la poésie. Un vrai plaisir de lecture
Je n’ai pu m’empêcher de penser à Anne Franck enfermée dans l'arrière maison mais aussi au film " Soleil vert " et à la scène superbe où un vieil homme interprété par Edward G Robinson revoit sur un écran un monde disparu, on lui projette une prairie heureuse pleine de fleurs où s’ébattent des chevaux, une rivière court sur l’écran, le bruit de la cascade est la dernière image pour l’homme qui va mourir.
Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/03/24/la-cristallisation...
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Par MeLiMeMo, le 25/03/2010
La Formule préférée du professeur
de
Yôko Ogawa
La formule préférée du professeur est un très beau roman sur l'amitié, la filiation et la transmission. Sensible, subtil, émouvant, ce livre a même réussi à me faire oublier ma phobie des mathématiques tant l'auteur excelle à exprimer la poésie d'une équation ou d'une suite de nombres premiers. Un petit bijou à déguster en une soirée.
Lien : http://mediatheque.tregueux.org/blog/index.php?post/2009/10/21/La-formule-pr%...
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Par Lune, le 10/12/2008
Parfum de glace
de
Yôko Ogawa
D'un côté il y a Hiroyuki et de l'autre Rooky. Une seule et même personne aimée par Ryoko. A la disparition par suicide de ce jeune prodige parfumeur, Ryoko poursuivra d'autres prodiges : ceux de la mémoire et ceux qu'elle découvrira petit à petit en tentant de reconstituer la vie de celui qui fut un étrange compagnon. "Source de mémoire", le parfum qu'il lui dédia et dont elle n'aura de cesse de trouver la source est une invitation incontournable. Pendant toute cette quête, elle ira de surprise en surprise : un être apparaît qu'elle ne connaissait pas, une descente tourbillonnante dans l'intériorité d'un "autre" et... d'elle-même. Pour mieux l'aimer, pour plus l'aimer. Vivre n'est pas aussi facile qu'on peut l'imaginer. Hiroyuki en fut le héros et la victime. Victime d'une mère castatrice l'étouffant d'un amour ambitieux et destructeur qui perdurera maladif même après la mort de l'enfant trop idolâtré. Est-ce de l'amour? La métaphore de la grotte, du gardien des paons et des coeurs conservés après la mort de l'animal peut paraître surréaliste. Mais métaphore il ya qui nous bascule dans l'amplitude de toute vie dont chacun peut être le détenteur. Les mathématiques sont à nouveau présentes dans leur beauté révélée (on repense à "La Formule préférée du professeur"). On retrouve le même souffle que dans les autres livres mais il semble plus "extérieur" que d'habitude. Cependant un écho perdure qui montre à quel point Yoko Ogawa touche en nous des profondeurs insoupçonnées dans lesquelles notre "mémoire" et les "mémoires aimées disparues" se débattent. A nous d'en trouver la "source" revigorante.