ISBN : 2877306127
Éditeur : Editions Philippe Picquier
(2002)
Note moyenne : 3.87/5 (sur 63 notes)
La Maîtresse des épices14Ajouter à mes livres
Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, Tilo est maîtresse dans l'art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de " Première Mère " sur une île secrète de sa terre natale, l'Inde, au prix de l'obéissance à des règles strictes et da... > voir plus
(avis de 2009) Tilo tient une épicerie à Oakland, quartier d'immigrés de la baie de San Francisco. Elle est maîtresse des épices en ce qu'elle a été initiée par Première Mère sur une île puis a été envoyée dans cette boutique pour, grâce aux épices, apporter aide aux autres exilés. Ce que ne savent pas ses clients c'est que Tilo n'est pas cette vieille femme qu'ils voient mais une jeune femme qui a pris cette apparence pour mieux remplir son office. Ils ignorent qu'elle doit respecter des règles très strictes pour préserver ses pouvoirs et ne pas être punie par les épices.
Mais Tilo est une âme pleine de compassion et elle ne peut rester insensible aux maux de ses clients. Et c'est ainsi qu'elle va briser une à une les règles qui fondent son statut, jusqu'à ce que sa rencontre avec l'Américain achève de bouleverser sa vie. Au-delà de l'aspect magique de l'intrigue, c'est avant tout une histoire qui parle des immigrants et de leurs difficultés à s'adapter à une autre culture, si différente de la leur. D'un côté, ils veulent s'accrocher à leurs racines, leurs seuls repères, et d'un autre, cela semble intenable tant le monde extérieur véhicule d'autres valeurs ou tout simplement un autre mode de vie. Tilo essaie de pallier ces souffrances jusqu'à ce qu'elle soit elle-même aspirée par le monde existant hors des murs de sa boutique. C'était une relecture (la première lecture datant de 2002) motivée par le visionnage de l'adaptation cinématographique (n'existe qu'en VO anglo). Et il est vraiment intéressant de comparer le livre et le film. le second est moins profond que le premier (ce qui est logique) et il modifie dans les grandes largeurs le livre (ça ne m'étonne même plus). Mais, et c'est rare, il améliore grandement le livre ! le film est bourré de défauts (dont les maladresses de montage ne sont que la partie émergée de l'iceberg) mais il est bien plus vivant que le livre. Il nous propose une Tilo plus ouverte (elle aide tous ses clients dans le besoin et non pas seulement les Indiens) mais aussi plus respectueuse des règles. Seul l'Américain l'entraînera à violer ces restrictions, quand dans le livre on a le sentiment qu'elle ne les a jamais respectées. le film réussit le pari de mettre en avant l'histoire d'amour tout en soulignant les histoires de ces immigrés et autres clients auxquels on s'attache. J'ai été bien plus touchée par le film que par le livre pourtant très bon à sa façon.
Avant de commencer ce livre, je conseillerai aux lecteurs de lire la postface à la fin du livre, en effet ce conte est un peu déroutant au départ, l'histoire de tilo peut sembler loufoque pour ceux qui n'ont aucune culture spirituelle Indienne. Tilo est maîtresse des épices ; elle fut dans sa jeunesse, diseuse de bonnes aventures, puis reine de pirate pour échouer sur une île où elle fut initié à la maîtrise des épices. Une fois son apprentissage fini, elle s'est retrouvé dans une épicerie en Californie, elle se doit de ne pas quitter son officine, ne doit pas se regarder dans un miroir, doit rester chaste, ne doit pas toucher le corps de l'autre pour ne pas mêler les énergies, ni se laisser submerger par les émotions ; son seul devoir est d'aider les autres qui viennent au devant d'elle, elle ressent ce que les autres ont besoin et leur vend l'épice qui leur faut. Nous voyons défiler au cœur de cette épicerie, les clients de tilo et apprenons leurs tourments : Lalitâ, violé par son mari, Geeta, l'amoureuse contrarié par sa famille conventionnelle… ; à travers ces histoires nous découvrons le « rêve de immigrant », des étrangers déçus par leur vie dans ce quartier indien au milieu d'une Amérique pas toujours accueillante. Mais il y a surtout l'histoire de Raven, l'américain et l'histoire d'amour que tilo va vivre en renonçant à respecter les règles des maîtresses. Les termes indiens rendent au départ la lecture difficile mais une fois passé les 100 premières pages, ça devient intéressant, je me suis attachée à Tilo et à sa belle histoire d'amour sous fond de conte indien et de magie.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, entre conte et roman je me suis laissée bercer par les sonorités, les odeurs, les couleurs...etc C'est un roman d'ambiance, j' en ai été dépaysé et j'ai adoré cela. Les personnages sont ''presque'' tous attachants. C'est un très beau livre plutôt bien écrit pourtant j' ai eu l'impression que certains non dits rendaient certains passages un peu obscur. L' apparition du personnage de Raven arrive pour moi à point nommé, il redonne de l'allant à l'histoire qui commençait à s'enliser quitte à la rendre bancale et à suggérer une fin prévisible à l'eau de rose.
Une très belle lecture
Tilo est maîtresse des épices. Elle a le don de soigner et de guérir les maux avec les épices. Pour pouvoir se consacrer à ce don, elle a renoncé à tout bien matériel mais aussi à sa jeunesse. Elle apparaît aux yeux des autres, sous les traits d'une vieille femme. Sa vie se résume à sa boutique dans laquelle se succèdent les clients. Chacun a ses problèmes propres et Tilo fait tout pour adoucir leur vie. Au risque de trop s'attacher à ses gens de passage et à enfreindre certaines règles. Elle qui ne vit que pour les autres va soudain avoir envie de vivre pour elle lorsque l'amour sonne à la porte de sa boutique d'épices indiennes.
C'est un livre où couleurs et senteurs se mêlent. Un livre que j'ai appréhendé comme un conte et qui m'a emmené dans un autre monde. J'ai découvert l'écriture de Chitra Banerjee Divakaruni que j'ai trouvé très agréable!
Ce livre m'a beaucoup émue. La réflexion sur les conditions difficiles des expatriés indiens aux États-Unis, leur déception face au rêve américain et les réactions parfois violentes à l'encontre de leur origine est bouleversante.
La syntaxe est précise, le rythme des phrases semble s'adapter aux épices et à leur symbolique. La traduction est légère et permet d'appréhender le texte sans lourdeur.
A sa lecture, ce livre semble diffuser les épices qu'il évoque autour de nous et nous apprend à les regarder d'un autre œil...
Each spice has a special day to it. For turmeric it is the sunday, when light drips fat and butter-coloured into the bin to be soaked up glowing, when you pray to the nine planets for love and luck.
Turmeric which is also name halud, meaning yellow, colour of daybreak and conch-shell sound. Turmeric the preserver, keeping food safe in a land of head and hunger. Turmeric the auspicious spice, placed on the heads of new-borns for luck, spinkled over coconuts at pujas, rubbed into the borders of wedding saris.
Bande annonce du film "The mistress of spices" adapté du roman de Chitra Banerjee Divakaruni traduit en français sous le titre "la maitresse des épices".