Imaginez Don Juan plein de remords et hanté par un mari trompé. Accablé de soucis d'argent, n'ayant le goût à rien, Veltchaninov est poursuivi par un homme en deuil. Troussotzky a perdu sa femme. Toute faute, pour Dostoïevski, doit être expiée, le péché engendre la mala... > voir plus
Roman de Fédor Dostoievski. Traduction de Boris de Schloezer. Veltchaninov est un ancien mondain que son hypocondriaquie et ses angoisses ont éloigné de la société. Un jour, il aperçoit un homme qui porte un crêpe à son chapeau. Cette rencontre l'impressionne vivement. A plusieurs reprises, il croise la route de ce personnage étrange. Un soir, l'homme se présente à sa porte. Veltchaninov reconnaît enfin une vieille connaissance, Pavel Pavlovitch. Neuf ans auparavant, il avait été l'amant de son épouse. Veltchaninov pressent que les desseins de son ancien ami sont troubles, et peu pacifiques à son égard. La traduction est mauvaise! Des répétitions et des lourdeurs rendent ce texte très pénible à lire, bien que le sujet soit très intéressant. Dommage.
L'affrontement psychologique entre Veltchaninov, séducteur vieillissant ( 39 ans, enfin, bon), en pleine crise de la quarantaine, hypocondriaque et d'humeur maussade, et Pavel Pavlovitch Troussotsky, veuf inconsolable et alcoolique d'une femme qui le cocufiait sans états d'âme ne manque pas d'intérêt. Veltchaninov, n'est pas le minable que l'on imaginait à la base, juste un type un peu paumé, harcelé par le mari d'une ancienne liaison, et qui découvre une petite fille de huit ans martyrisée par son "papa" depuis la mort de sa mère, et qui pourrait bien être sa fille... ou celle d'un autre amant de passage de la femme infidèle, dont le fantôme ne cesse de planer sur les survivants.
C'est bien écrit ( pas toujours bien traduit cependant, beaucoup de redondances), les scènes à la campagne ou Pavel est la risée de la société entière sont particulièrement cruelles, mais impossible de le prendre en pitié, tant il est benêt. A côté Veltchaninov, malgré ses défauts et son hypocondrie ne peu passer que pour sympathique, victime qu'il est d'un "bourreau" plus pathétique que vraiment dangereux, et pour lequel dans le fond il ne peut avoir que compassion. Lecture agréable, donc.
A son avis, l'essence de ces maris consistait en ceci qu'ils devaient être, pour ainsi dire, des " éternels maris" ou, pour mieux dire, qu'ils devaient être dans la vie uniquement des maris, et rien d'autre. " Un homme de ce genre-là naît et grandit seulement pour se marier, et, une fois marié, pour se transformer en un complément de sa femme, même dans le cas où il pourrait avoir son propre caractère à lui, indiscutable. Le principal signe distinctif de ce genre de mari, c'est l'ornement qu'on sait. Il ne peut pas être cocu, exactement comme le soleil ne peut pas ne pas briller ; et non seulement il n'est jamais en état de le savoir, mais, même, il n'est jamais en état de l'apprendre, d'après les lois de sa propre nature.