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> Léo Lack (Autre)

ISBN : 2070377881
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La jeune veuve Etsuko est amoureuse d'un domestique de la maison de son beau-père Yakichi, chez qui elle vit. Ses beaux-frères, belles-sœurs et leurs enfants vivent sous le toit de l'ancêtre, qui est devenu l'amant d'Etsuko. Une nuit, Etsuko donne rendrez-vous au garçon... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Iansougourmer, le 21 août 2014

    Iansougourmer
    J'avis une soif de bonne littérature. Comme ça tombe bien, j'avais Une soif d'amour dans mon sac ! Mishima est mon écrivain préféré : l'assurance d'un bon moment !
    Etsuko, jeune veuve vit chez son beau père Yoshiki avec lequel elle a une liaison, par commodité matérielle et sans passion de son côté. Mais le cœur de la jeune femme va s'éveiller à l'amour au contact du jeune domestique Saburo....
    Ce roman commence lentement, par la vie quotidienne de Etsuko et de sa famille, mais on ne s'ennuie pas, bien au contraire. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui tient en haleine, un vague pressentiment, une tension quasi imperceptible. D'habitude, Mishima organise ainsi ses livres, à travers une tension psychologique qui monte entre les personnages, cependant, Une soif d'amour est différent, car la montée de tension est ici à sens unique : il n'y a qu'Etsuko qui est prise dans l'étau de plus en plus oppressant de sa passion. Saburo, lui ne ressent rien. Il semble être l'incarnation de ces personnages que Mishima voue à être des objets esthétiques pour le lecteur, les autres personnages et lui même. Sauf que Yuichi dans Les Amours interdites, Senkitchi dans L'école de la chair pour ne citer que ces deux livres se révèlent de redoutables manipulateurs, ou des héros dans Le tumulte des flots... Rien de cela chez Saburo, placide paysan de bout en bout.
    Et juste au moment où le lecteur sent poindre l'impatiente, parce que les deux se tournent autour depuis deux cents pages, la scène de fin, vingt pages, dénoue la situation. Brillant pendant violent à la quiétude du reste du récit, il déchire cet équilibre qu'on sentait condamné depuis le début et dénoue l'intrigue par l'explosion de la passion chez une Etsuko qui en perd tout contrôle d'elle même et en devient le jouet, et par la manifestation chez Saburo d'un instinct animal primaire. Je n'en dirait pas plus pour vous mettre l'eau à la bouche ....
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    • Livres 4.00/5
    Par andman, le 23 février 2013

    andman
    Etsuko est la jeune veuve de feu Ryosuké, le fils cadet de Yakichi Sugimoto
    Yakichi, rustre propriétaire d'un lopin de terre dans la région d'Osaka est lui aussi veuf depuis peu et abrite sous son toit outre sa belle-fille Etsuko, ses deux autres fils avec femme et enfants, ainsi que les deux domestiques Saburo et Miyo.
    La présence de la belle Etsuko au sein d'une telle promiscuité, chez un beau-père aux mains baladeuses, à de quoi surprendre ; à moins que secrètement elle ne soit amoureuse du beau Saburo.
    Mais le domestique ne brille pas par son intelligence et privilégie le plus court chemin, c'est-à-dire la chambre de Miyo située en face de la sienne. Cette dernière tombe bien sûr enceinte et rend Etsuko jalouse comme une tigresse. Une soif d'amour inextinguible transformera peu à peu cette jalousie en démence incontrôlable et finalement tragique.
    Dans ce huis-clos lancinant Mishima réussit avec brio à mettre en évidence les travers de la nature humaine au moyen de personnages pour la plupart frustes.
    Heureusement avec Mishima la poésie n'est jamais loin ! Celle-ci permet une lecture agréable de ce court roman et contrebalance la noirceur des protagonistes.
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    • Livres 3.00/5
    Par Nyuka, le 30 octobre 2014

    Nyuka
    Quel étrange livre...
    J'avais déjà lu un livre de cet auteur et j'étais aussi restée dubitative.
    Ce livre raconte l'histoire d'une femme qui perd son mari qui n'a pas toujours été fidèle.
    Etsuko en a beaucoup souffert et a rendu ses sentiments envers les autres très compliqués.
    Après la mort de Ryosuke, le fameux mari, Etsuko part vivre chez son beau-père à la campagne. Elle vit dans une grande maison avec son beau-frère, ses deux belles-soeurs et les enfants de l'une d'entre elles.
    S'ajoutent en plus deux domestiques : Miyo et Saburo.
    Etsuko va tomber amoureux de Saburo et là se tisse toute l'histoire de ce livre.
    Que dire ?
    Avant tout, je ne comprends pas du tout le résumé de Folio. Il raconte la fin du livre ! Donc surtout ne le lisez pas !!
    Du coup, nous attendons pendant toute la lecture, ce fameux moment : la mort de Saburo.
    Certes, ce n'est pas le plus important dans ce livre car ce dernier traite surtout de la jalousie qui entraîne la souffrance et la folie.
    Car, je peux bien affirmer qu'Etsuko est bien folle avec toute cette jalousie qu'elle n'arrive pas à refouler et qui l'a fait terriblement souffrir !
    Elle laisse son mari mourir car elle le préfère voir mourir que le voir s'en aller.
    Je la cite : "Jusqu'à son dernier souffle, j'ai contemplé ce corps qui respirait encore, complètement immergé, pour voir s'il gémissait encore. Je savais que si je le ressuscitais, cette épave me quitterait. Elle fuirait sans aucun doute avec la marée vers quelque lointain rivage pour ne plus jamais revenir."
    Et enfin, elle tue Saburo car elle voulait se sauver de cette jalousie intolérable qui la faisait souffrir...
    Pour ma part, cette femme m'a bien effrayée.
    Ce livre date un peu ; il a été publié en France en 1987 mais il a été écrit en 1950 !
    Nous voyons bien l'image de la femme à cette époque qui est souvent perçue comme une personne jalouse prête à toutes les perfidies pour protéger son amour... Nous le voyons bien dans les différents livres de cette époque (Le chat, son maître et ses maîtresses par exemple) ou au théâtre.
    Cette image est en plus renforcée par le personnage de Yakichi, qui jaloux également, n'a pas du tout le même comportement qu'Etsuko.
    Un bon moment de littérature même s'il a été gâché par la 4ème de couverture de Folio!
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    • Livres 5.00/5
    Par Florel, le 15 octobre 2010

    Florel
    Ce livre est un bijou. Une perle de l'écriture, douce, poétique mais surtout juste, ainsi qu'une perle de la nature humaine. Les sentiments décrits dans ces pages sont sur le fil du rasoir, et pourtant les personnalités qui nous sont révélées, au cour d'une situation ou au fil d'une pensée, nous paraissent sans grandes ambiguïtés, ce qui est juste un tour de force.
    Futurs lecteurs, dans ce livre vous allez découvrir que du néant, d'un rien, d'une envie, on bascule pour quelque instant dans la folie, la passion, le meurtre... comme cela peut être le cas dans la vie réelle. Certes beaucoup de livre représente cette situation, mais là c'est autre chose je vous assure, puisque l'auteur représente en plus de cela, la contradiction, l'éloignement, le silence, le déchirement des sentiments. C'est une ambiance assez étrange et bien difficile à expliquer je dois dire, mais elle reste franchement magnifique ! Et c'est d'ailleurs là, la beauté de ce livre.
    Dans ce livre j'ai aussi particulièrement adoré, Etsuko, le personnage principal qui vit dans la torpeur depuis la mort de son mari. On la croit assez impénétrable et froide mais finalement je l'ai trouvé très vraie et proche de nous. En effet l'auteur nous en dépeint un portrait psychologique très vivant, même si aux yeux des autres personnages elle paraît plutôt comme un arbre en train de se dessécher.
    En ce qui me concerne, Etsuko m'a particulièrement touchée par ses sentiments contraires qui l'enchaînent, elle est tout à la fois, passionnée et désintéressée, elle ne sait pas trop où elle en est, et même si la passion l'envahit elle dégage une certaine léthargie aussi. C'est vraiment un personnage qui nous ressemble dans la détresse, assez pur, contradictoire et très fouillé. C'est LE personnage de ce roman et je n'oublierai pas de sitôt Etsuko vous pouvez me croire !
    Petite précision avant de finir : le résumé concerne plus la fin du livre, avant cela toute une histoire est racontée et développée pour arriver à ce résumé. Mais peu importe ce détail, un livre d'une rare beauté qu'il faut lire.

    Lien : http://voyagelivresque.canalblog.com/
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  • Par kuroineko, le 17 novembre 2012

    kuroineko
    Un beau portrait de femme dévoré par une jalousie pathologique qui la pousse à des extrêmes. Comme souvent chez Mishima, l'engrenage conduit impitoyablement à la tragédie.

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Citations et extraits

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  • Par Nyuka, le 28 octobre 2014

    "Jusqu'à son dernier souffle, j'ai contemplé ce corps qui respirait encore, complètement immergé, pour voir s'il gémissait encore. Je savais que si je le ressuscitais, cette épave me quitterait. Elle fuirait sans aucun doute avec la marée vers quelque lointain rivage pour ne plus jamais revenir."

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  • Par Nyuka, le 29 octobre 2014

    "Si l'on peut vaincre la jalousie, on peut cesser d'aimer."

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  • Par Florel, le 15 octobre 2010

    "Une trop longue souffrance rend stupide, mais celui que la souffrance a rendu stupide peut encore connaître la joie."

    « Où en es-tu ? Ton bateau est sur le point de sombrer. Et tu n’as pas encore appelé au secours ? Ce bateau, tu l’as cruellement malmené et t’es ainsi privée de port. L’heure est venue où il te faut nager de tes propres forces. Tout ce qui t’attend est la mort. Est-ce là ce que tu souhaites ? »

    Seule le souffrance peut ainsi servir d’avertissement. A sa dernière extrémité, son organisme avait tendance à perdre son support mental. Son désespoir était pareil à un mal de tête qui lui martelait le crâne comme s’il allait éclater, pareil à une grosse bille de verre qui, de sa poitrine, remonterait vers sa gorge. « Je n’appellerai jamais au secours », pensa-t-elle.

    En dépit de tout, Etsuko avait besoin d’une dure logique. Elle l’aiderait à édifier une assise, qui lui permettrait de se dire heureuse.

    Etsuko poursuivait le cours de ses pensées.

    « Il me faut tout absorber… il me faut tout absorber les yeux fermés… Cette souffrance, je dois apprendre à la savourer… Le chercheur d’or ne saurait s’attendre à ne trouver que de l’or. Il doit ramasser le sable au hasard au fond de la rivière. Il n’a pas le privilège de savoir à l’avance s’il réussira. Il se peut qu’il n’y ait pas d’or du tout et il se peut qu’il y en ait. Mais une chose est certaine : celui qui ne va pas à le recherche de l’or ne fait jamais fortune. »
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  • Par andman, le 18 février 2013

    Elle sentait encore sur tout son corps les doigts tâtonnants de Yakichi, rude et noueux. Une heure ou deux de sommeil ne suffisaient pas à la libérer de cette sensation. Une femme qui a été caressée par un squelette ne peut jamais oublier cette caresse. C'était une peau nouvelle ajoutée à la sienne : une peau moite, transparente, plus mince que celle d'un papillon sur le point de quitter sa chrysalide. Elle avait l'impression d'avoir été recouverte d'un colorant invisible qui si elle faisait le moindre mouvement, volerait en éclats lumineux dans les ténèbres.
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  • Par andman, le 17 février 2013

    Elevée dans les milieux affreusement bourgeois de Tokyo, elle avait exigé de son mari qu'il se comportât comme un membre de la haute société. Jusqu'à la mort de sa femme, il ne lui était permis, ni de se moucher entre ses doigts, ni de se curer le nez devant les gens, ni de faire claquer sa langue en prenant son potage, ni d'expectorer des graillons dans les cendres du feu de bois, mauvaises habitudes que la société, en toute magnanimité, peut tolérer chez un héros.
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