ISBN : 2070323145
Éditeur : Gallimard (1985)


Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Fouquet a dû croire que tout s'achète, même le destin.
Fouquet est l'homme le plus vif, le plus naturel, le plus tolérant, le plus brillant, le mieux doué pour l'art de vivre, le plus français. Il va être pris dans un étau, entre deux orgueilleux, secs, prudents,... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 03 avril 2009

    annie
    Paul Morand livre dans cet ouvrage un hommage ému à Fouquet (1615-1680), dont on dit pour résumer qu'il a chuté après avoir offusqué Louis XIV, le Roi Soleil, en construisant le château de Vaux-le-Vicomte et en y organisant les fêtes les plus brillantes. Après une telle bande-annonce, le Médiévaliste se doit d'enquêter.
    Né d'une famille d'armateurs bretons dont la devise est "Quo non ascendam" (jusqu'où ne monterai-je pas ?), Nicolas Fouquet s'est enrichi après avoir redressé les finances de la France malmenées par la Fronde, guerre civile de 1648-1653.
    Fouquet est proche du Cardinal Mazarin, qui dirige l'éducation du jeune roi Louis XIV, et donc le royaume de France.
    En 1653, Fouquet est nommé surintendant des finances. Il s'attend naturellement à succéder à Mazarin à sa mort, et à être nommé premier ministre. En 1661, Mazarin décède et "la face du théâtre change": le roi déclare "Messieurs, jusqu'à présent j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par M. le Cardinal; il est temps que je les gouverne moi-même. Vous m'aiderez de vos conseils quand je vous le demanderai".
    Il ajoute à l'intention de Fouquet: "Je vous prie de vous servir de Colbert, que feu Monsieur le Cardinal m'a recommandé. [...]
    La face du théâtre change; j'aurai d'autres principes dans le gouvernement de mes Etats et dans la régie de mes finances". C'est le début de la chute de Fouquet, qui se croyait dans les grâces du roi, sans avoir pris conscience que le roi développait à son égard depuis quelques années une solide jalousie.
    Jalousie ? Fouquet est brillant, il a accumulé une fortune considérable, et tient les clés des finances ce qui le rend puissant. Il est raffiné, a du goût, charmeur, il a du succès avec les femmes.
    Fouquet découvre et finance de nombreux artistes : Molière, La Fontaine, Corneille, le décorateur le Brun, l'architecte le Vau, le jardinier le Nôtre, Scarron, Lully, etc.
    La somme des talents de Fouquet prend forme à Vaux-le-Vicomte, château dont la construction a démarré en 1653. Fouquet y organise des fêtes somptueuses, dont celle, fameuse, du 17 août 1661.
    Louis XIV, alors âgé de 23 ans, s'y rend accompagné de 600 courtisans. Selon La Fontaine, "Tout combattit à Vaux pour le plaisir du roi, La musique, les eaux, les lustres, les étoiles", ou encore "Vaux ne sera jamais plus beau qu'il ne fut cette soirée-là".
    Paul Morand écrit : "Près du roi, un sucrier d'or massif, que Louis XIV contemple avec envie, de ses gros yeux bleux. - Quel beau vermeil, dit le roi, se retournant vers le maître de maison. - Pardonnez, Sire, ce n'est pas du vermeil, c'est de l'or. - le Louvre n'a rien de semblable...". Selon Paul Morand "le 17 août, à six heures du soir, Fouquet était le roi de la France; à deux heures du matin, il n'était plus rien".
    Fouquet, que l'on dit naïf, toujours confiant dans l'amitié du roi à son égard, n'agit pas. Il est arrêté le 5 septembre 1661, par un d'Artagnan hésitant, au point de demander à son roi des ordres écrit pour confirmer l'arrestation ! Oui, ce même d'Artagnan qu'Alexandre Dumas a plus tard pris pour héros. le procès est instruit par une cour spéciale constituée par le roi du plus grand nombre d'ennemis personnels de Fouquet. le dossier à charge est rédigé par Colbert, qui accumule patiemment depuis des années des preuves contre Fouquet.
    Les preuves sont tellements fausses, partiales et manipulées, que malgré l'insistance du roi, l'issue du procès vacille. Fouquet parvient à rédiger et à faire éditer ses Défenses sur tous les points de mon procès, que j'aurais à proposer si j'étais devant mes juges naturels. Fouquet a de nombreux amis, l'opinion vacille, le procès pourrit sur place.
    Turenne déclare "Au début, il eu suffit d'une ficelle pour étrangler le Surintendant; à présent la corde serait trop grosse pour le pendre". Toute la littérature est pour Fouquet, le procès est chansonné:
    Hérault dit : Vous avez grand tort
    Et quand il n'aurait fait que Vaux,
    N'a-t'il pas mérité la mort
    D'avoir tant dépensé en eaux ?
    Le roi ne parvient pas à faire condamner Fouquet à mort ! le procès prend fin en décembre 1664, Fouquet est banni. Souhaitant le museler, le roi utilise son droit régalien, et fait exceptionnel, il aggrave la peine et la transforme en prison à perpétuité.
    Le roi suit ensuite le chemin ouvert par le surintendant : il entame les travaux du château de Versailles en 1661, l'architecte est le Vau, le jardinier, le Nôtre, le peintre, le Brun. Louis XIV devient un brillant mécène, et organise à Versailles les fêtes les plus somptueuses.
    source : http://leker.typepad.com/medievaliste/2005/11/fouquet_ou_le_s.html

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par jpryf, le 20 avril 2011

    jpryf
    C'est un livre déjà ancien, publié en 1961 chez Gallimard, que je termine et que je ne peux que conseiller. Il est de Paul Morand et est consacré à Fouquet : »Fouquet ou Le Soleil offusqué ». On le trouve dans la collection de poche « folio histoire ».
    C'est donc un essai sur Fouquet et sur sa cruelle destinée puisqu'a prés avoir eu une carrière éblouissante avec Mazarin, il devait être ruiné et fait prisonnier après la fameuse réception de Louis XIV à Vaux-le-Vicomte.
    Paul Morand revient sur le détail de cette vie et sur le caractère de Fouquet qui dit-il a pâti plus de ses qualités que de ses défauts. Fouquet aimait le beau mais à un point tel qu'il rendit Louis XIV jaloux et on connaît la suite.
    Ce qui étonne c'est que Fouquet, pourtant averti par de nombreux amis, n'ait pas pris quelques précautions et surtout qu'il soit tombé dans le piège qui lui fut tendu par Colbert. En effet, du moment qu'il accepta de vendre sa charge de Procureur Général du parlement qui lui accordait des immunités, il fut perdu.
    Intéressant aussi, la manière dont il se défend à son procés, intelligement, ferme sans arrogance. Brillant.
    Voilà un livre d'histoire écrit avec talent par un romancier, ce sont les meilleurs
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    • Livres 4.00/5
    Par luocine, le 21 novembre 2009

    luocine
    Je ne pense pas qu'il faille attendre de cet auteur une vérité historique, mais il sait si bien embarquer son lecteur dans le grand siècle qu'on prend un réel plaisir à lire ce livre. et comme lui, on prend parti pour Fouquet (avec La Fontaine et Madame de Sévigné) contre Louis XIV et surtout Colbert.
    L'image de mon livre d'histoire, d'école primaire, de Colbert se frottant les mains avant de se mettre au travail pour le bien de la France et de son roi en a pris un sérieux coup. Pour Paul Morand, si Colbert se frottait les mains, c'etait surtout pour amasser une fortune personnelle, pour lui et ses enfants.
    L'écrivain saura émerveiller son lecteur par la description de la fête donnée à Vaux pour le Roi, le passionner par le récit du procès qui tint en haleine la France des Lettres de ce temps, et enfin l'émouvoir en lui racontant le sort de celui qui fut poursuivi par l'injustice royale.

    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 21 novembre 2009

    Louis XIV, avec amertume, pense à Versailles qui n'a pas d'eau; il n'a jamais vu pareil surgissement, cette féerie de sources captées, ces nymphes obéissant à d'invisibles machines. Il se fait expliquer comment la rivière d'Anqueil a été domestiquée, resserrée dans des lieux de tuyaux d'un plomb précieux. Fouquet ne lui dit peut être pas que ce plomb appartient à l'Etat, vient d'Angleterre sans payer de douane, mais Colbert le dira au roi. Car Colbert est là, déguisant sa haineuse passion, qui observe tout, envie tout.
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  • Par luocine, le 21 novembre 2009

    Fouquet est l'homme le plus vif, le plus naturel, le plus tolérant, le plus brillant, le mieux doué pour l'art de vivre, le plus français. Il va être pris dans un étau, entre deux orgueilleux, secs, prudents, dissimulés, épurateurs impitoyables.

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  • Par luocine, le 21 novembre 2009

    Vaux, énorme échec pétrifié; mais ce n'est pas l'échec d'un fou, ce fut le décor d'une réussite parfaite, qui n'a duré qu'une seule soirée, celle du 17 aout 1661.
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  • Par luocine, le 21 novembre 2009

    Si même il fut malhonnête et damnable, Fouquet, du moins, était généreux et bon, tandis que Mazarin, Colbert, Séguier, la Montespan, bien d'autres héros de ce temps, furent à la fois malhonnête et méchants.
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