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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
ISBN : 2742769102
Éditeur : Actes Sud (2008)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 172 notes)
Résumé :
Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est revue pour un an chez son oncle et sa tante.
Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumett... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
andman
andman13 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Au Japon comme ailleurs, les événements tragiques survenus lors des Jeux olympique de Munich ont frappé les esprits. La médaille d'or de l'équipe masculine de volley-ball a heureusement apporté un peu de baume au coeur des supporters nippons.
Cette prouesse sportive de haut vol, la pluie d'étoiles filantes de la comète Giacobini, ainsi que le suicide du Nobel de littérature, le grand Yasunari Kawabata, resteront au pays du Soleil-Levant les faits marquants de cette année 1972.
Si trente ans plus tard Tomoko se souvient dans le détail de tout cela, c'est bien parce que l'année de ses douze ans ses sens ont été stimulés comme jamais auparavant mais aussi parce qu'elle a vécu un peu comme dans un rêve.
Être hébergée dans une maison de type occidental au milieu d'un ancien jardin zoologique où se prélasse un vieil hippopotame nain, aide à chasser les idées noires : la mort de son papa et l'absence de sa maman contrainte de s'en aller momentanément à Tokyo pour des raisons professionnelles.
Quel bonheur de côtoyer au quotidien Mina, son adorable cousine, jamais à court d'idées ! Son côté maladif donne parfois quelques frayeurs à son entourage mais n'est-il pas le catalyseur de son étonnante maturité ?
Yôko Ogawa a écrit “La marche de Mina” en 2006. L'osmose entre les différents personnages est particulièrement réussie, trois générations cohabitent avec bonheur dans cette grande bâtisse. La personnalité des uns et des autres émerge au fil des jours, leurs petits travers étonnent parfois mais leur gentillesse est sincère.
Voici assurément un roman initiatique empreint d'une belle générosité ! Son écriture est cristalline et son thème susceptible de plaire également aux plus jeunes.




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Myriam3
Myriam331 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Frais et lumineux comme un jardin après la pluie, voici un petit roman qui fait du bien, touchant, amusant mais avec ses zones d'ombre et la fugacité de l'enfance.
Orpheline de père, sa mère reprenant ses études, Tomoko va passer un an dans la famille de sa tante à Ashiya. Elle va y découvrir un univers excentrique et affectueux, entre la grand-mère allemande, la cuisinière qui dirige la maisonnée, le père dandy et Pochiko, l'hippopotame nain qui vit dans le jardin! Mais il y a surtout Mina, cette cousine fragile, asthmatique et précoce dont elle devient aussitôt inséparable.
Une année passe au rythme des saisons et on se prend à aimer cette famille, à se sentir bien dans cette maison occidentale, vivant selon les absences mystérieuses de ce père chaleureux et les crises d'asthme de Mina, surprotégée par son entourage. On y mange de délicieux plats, on y pioche dans l'immense bibliothèque de grands classiques contemporains, on s'y fait dorloter. Mais, il y a aussi la solitude et l'ennui de la mère, délaissée, et les hospitalisations de Mina.
Le style simple, limpide de Yoko Ogawa, que je découvre, me fait beaucoup penser à celui de Banana Yoshimoto, et je suis admirative de ces descriptions si fragiles et fugaces des émotions ou des reflets qui peuvent danser dans une tasse, dans un rideau.
Une jolie découverte (et ma 500ième critique!)
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le_Bison
le_Bison04 mai 2013
  • Livres 5.00/5
Je te conte le début : après le décès de son père, et alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est envoyé pour un an chez son oncle et sa tante. Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Son cousin Ryuichi passe ses études en Suisse et chaque missive de sa part apparaît comme l'événement de la journée. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine de boisson gazeuse et la grand-mère se prénomme Rosa.
Bienvenue dans les années soixante-dix.
Cela devrait te suffire. de toute façon, il ne s'y passe pas grand-chose d'autres. Pour moi ce roman présente un éloge de la lenteur et du quotidien presque banal (exception faite de l'hippopotame nain venu du Liberia). Et pourtant, je m'y sens bien, entre ces pages. Je pourrais les lire pendant des heures et des minutes, sans m'en lasser, et même le relire. Car, j'y perçois quelque chose de plus entre les mots. Un brin de nostalgie, une touche de mélancolie. de la langueur se distille dans cette bouteille de boisson gazeuse. Mina est malade, mais elle ne s'apitoie pas sur son sort. Non, elle se crée des histoires, elle s'invente des instants magiques de bonheur furtif juste en regardant des boites d'allumettes. Chacun son truc. Moi je pouvais faire pareil, en regardant un sous-bock ou l'étiquette d'une bouteille de bière. Chacun sa collection, chacun son univers. L'auteure m'avait également habitué à suivre des matchs entiers de base-ball. Ce soir, j'ai eu le droit à la retransmission en quasi simultanée du tournoi de volley au J.O. de Munich, 1972 et suivre ainsi les performances de l'équipe du Japon. Chacun son truc, chacun son sport ou sa musique.
Ah, l'histoire, j'allais oublier de t'en parler, parce que je ne trouve rien à dire. Il n'y a rien, et c'est justement ces moments de rien – en fait, ce n'est pas du rien, mais juste du quotidien – qui apporte ces instants de manque qui m'ont fait tourner les pages frénétiquement pour découvrir la suite, et la fin. Une cousine malade, un livreur qui livre des bouteilles et qui donne des boites d'allumettes, un oncle absent qui semble avoir une seconde vie, une tante qui fume trop et qui se cache pour boire du whisky, une grand-mère d'origine allemande et un hippopotame nain. Quel rôle pour ce drôle d'animal de compagnie ? C'est toute une histoire qu'il faudra aller rechercher dans le passé, dans les racines familiales de cet oncle et du grand-père.
« La marche de Mina » est à nouveau un roman magnifique et subtil qui parle de générations, du regard de l'autre et de l'étranger, qui te plonge dans la nostalgie d'une autre époque et qui t'accrochera même par sa lenteur et son inaction. Et avec un bel hommage aux Belles Endormies de Yasunari Kawabata.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=5164
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kuroineko
kuroineko26 novembre 2012
Tomoko, douze ans et orpheline de père, part vivre dans la famille de sa tante maternelle pendant un an, de mars 1972 à mars 1973. Elle découvre un style de vie totalement différent: maison occidentale, l'influence allemande puisque Rosa, la mère de son oncle, est Allemande. Et bien sûr, il y a Mina, sa cousine, 11 ans, diaphane, asthmatique chronique. Mais elle est bien plus que ça avec sa vive imagination, sa passion pour les livres et son intelligence bien trop adulte.
A la fin du roman, on se rend compte que cette année dans cette famille peu banale et chaleureuse a offert à Tomoko du réconfort pour toute une vie.
Le récit, écrit simplement mais empli de subtilités, a les charmes nostalgiques de la fin de l'enfance. Cette année est également une initiation vers l'âge adulte pour les deux petites filles. Les livres, l'imaginaire créatif et les mots occupent une place prépondérante dans l'histoire.
La réalité pourtant, avec toute son atrocité parfois, reste présente. Que ce soit les violentes crises d'asthmes de Mina, le suicide de Kawabata Yasunari, les souvenirs douloureux de la grand-mère, dont la jumelle est morte dans les chambres à gaz avec tous les autres membres de sa famille, l'attentat et la prise d'otages sanglantes lors des JO de Munich... Tous ces événements demeurent fixés dans les mémoires, néanmoins apaisés par l'atmosphère de la maison.
Ogawa Yôko dépeint avec art et subtilité de belles relations humaines. Je pense en particulier à celle entre Rosa et Mme Yoneda, l'intendante, véritable âme gardienne de la propriété et de ses habitants. Toutes deux âgées de 83 ans, elles ont su cultiver un rapport qui va au-delà de l'amitié et tient plus de l'affection sororale, dépassant les différences d'origine et de statut. Leur symbiose les rend jumelles de coeur.
Le thème de la gémellité est d'ailleurs récurrent dans le roman: Rosa et Irma, Rosa et Mme Yoneda, les pots de crème de beauté de la vieille dame allemande s'appellent "les beautés jumelles". Et même Tomoko et Mina, bien qu'ayant un an de différence, tendent à créer également une relation de soeur.
Comme d'habitude, j'ai été conquise par l'écriture d'Ogawa Yôko. "La marche de Mina" laisse une impression de sérénité.
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Missbouquin
Missbouquin05 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko, douze ans, est reçue pour un an chez son oncle et sa tante, où tout est singulièrement différent de ce qu'elle a connu jusque ici. Mais elle s'attire immédiatement l'amitié de sa cousine asthmatique, Mina, dont elle devient vite inséparable. Au fur et à mesure que se noue leur amitié naturelle, elle comprend les mécanismes de cette famille riche en personnages spéciaux et attachants.
Ce que j'en ai pensé
Ce livre est d'une richesse profonde et apaisante : ce n'est pas un roman d'aventures, d'action, ni philosophique. Simplement il nous offre un morceau de vie d'une famille japonaise dans les années 1970. Une écriture simple, légère et belle. Un brin de rêve et de fantastique. Un peu de littérature; un clin d'oeil aux bibliothécaires(en dehors des clichés qui peuplent la littérature française). le passage de l'enfance à l'adolescence.
Je me suis tout de suite sentie bien en lisant ce livre, qui a un effet apaisant ! J'ai vécu littéralement au Japon pendant quelques jours, ce à quoi on reconnait un maître de l'écriture, celle qui transporte. Une véritable ode à l'enfance et au bonheur, malgré quelques taches sombres inévitable au sein d'une famille.
Les personnages semblent extrêmement crédibles et vivants, attachants même, y compris Pochiko
Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/10/14/l..
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Citations & extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
ZiziMuleATresseZiziMuleATresse02 décembre 2010
Comme pour l’histoire de l’éléphant sur la bascule, même s’il s’agissait tout au plus d’étiquettes de boites d’allumettes, les scènes représentées étaient très variées. Grenouille jouant de l’ukulélé, ornithorynque avalant un marteau, poussin fumant la pipe. S’il y avait un facteur naviguant sur la mer à bord d’un coquillage, il y avait aussi le couple Okame-Fukusuke qui s’amusait à monter sur un ballon, un Père Noël se baignant dans une source. Il n’y avait là ni dessin de base, ni perspective, et bien sûr aucune logique. Les choses étaient simplement imprimées grossièrement en couleur dans un petit espace rectangulaire.
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le_Bisonle_Bison17 avril 2013
Le lundi matin 17 avril, en découvrant la première page du journal posé sur la table de la salle à manger, Mina poussa un grand cri.
- Monsieur Kawabata Yasunari s’est suicidé.
Elle avait seulement lu à haute voix le gros titre, mais presque dans un cri de douleur.
- Au gaz, sur son lieu de travail. Pour raison de santé ? avait-elle ensuite lu le sous-titre. Cette fois-ci comme si elle s’en prenait à quelqu’un.
- Eh bien, mais que s’est-il passé ? Une personne si importante, qui a reçu le prix Nobel… intervint Madame Yoneda, manifestement peinée, en posant sur la table le beurre et la confiture.
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IansougourmerIansougourmer27 mai 2013
Si vos oreilles émettent un drôle de bruissement, ne les frottez pas trop fort. Parce que dans la plupart des cas, ce sont les anges qui recousent les ailes sur vos lobes.
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le_Bisonle_Bison18 avril 2013
Une nouvelle qui chagrina Mina encore plus arriva le lendemain dans la soirée. C’était un petit article dans le journal du soir qu’on aurait pu par inadvertance ne pas voir. ‘ Un vieillard solitaire se suicide à son tour à l’exemple de monsieur Kawabata.’

A la table du dîner, en pensant aux livres du grand écrivain qui devaient se trouver dans sa bibliothèque, nous avons observé encore une fois une minute de silence pour ce vieil homme solitaire, comme nous l’avions fait pour monsieur Kawabata.
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le_Bisonle_Bison03 avril 2013
La beauté de Ryuichi, était différente de celle, comme un lac transparent, de Mina et de mon oncle. Elle était bien plus passionnée, beaucoup plus puissante, comme un continent. En réalité, ses yeux comme ses cheveux n’étaient pas marron, mais d’un noir sans mélange. D’une couleur qui faisait penser à de l’obsidienne extraite des profondeurs de la terre.
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Videos de Yôko Ogawa (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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