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Florianne Vidal (Traducteur)
ISBN : 2020255758
Éditeur : Editions du Seuil (2004)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 211 notes)
Résumé :
A la fin du siècle dernier, dans une Espagne secouée par de graves troubles politiques, un maître d'escrime assiste à la lente disparition de son art et des valeurs auxquelles il a été fidèle toute sa vie. En 1868, à Madrid, les mots " honneur " et " honnêteté" agonisent en même temps que le vieux monde, et le maître, réfugié en lui-même, s'applique à mettre au point une botte secrète, imparable, son Graal. Lorsque dans sa salle d'armes apparaît la belle et énigmati... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
Yassleo14 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
Estocade, flanconade, parade de quarte, prime. Bienvenue dans le monde de l'escrime.
Mais attention pas celui des Olympiades et de Laura Flessel où on croise le fer comme une danseuse d'opérette. Non, là on pénètre dans le monde de Don Jaime Astarloa, illustre maître d'armes espagnol du XIXème siècle, pour lequel l'escrime est un art, synonyme d'honneur, de grandeur et de noblesse. Sauf que sous le poids des années, notre brave gentilhomme bien sous tout rapport, bien élevé et propre comme un sou neuf, sent bien que le temps des duels est révolu et que l'art du maniement de l'épée tombe en désuétude... La jeune génération ne voit que par les armes à feu et on parle de jeu et de sport comme avenir de l'escrime. Tout fout le camp quoi.
Nostalgique de cette époque où l'honneur se lavait devant témoins au fil de l'épée, Astarloa aspire aujourd'hui à la tranquillité et poursuit, bon an mal an, l'enseignement de son art, partagé entre colère, dégoût, résignation et mélancolie.
Et comme signe de ces temps qui changent, l'Espagne est en passe de vivre un bouleversement historique: il serait question de renverser la monarchie...
Don Astarloa, emmuré dans ses souvenirs, se moque éperdument de ces troubles politiques, de ces idées révolutionnaires qui agitent le peuple. Jusqu'au jour où il accepte malgré tous ses principes de gentilhomme d'enseigner sa fameuse botte secrète à une jeune femme. Diantre, si même les femmes se mêlent aux affaires d'hommes maintenant..! Mais il réalise vite qu'il n'est qu'un pion dans le jeu de la Milady espagnole qui va le plonger malgré lui au coeur d'intrigues et de conspirations où le meurtre tient bonne place.
Perez Reverte nous immerge avec panache dans cet univers chevaleresque. Son écriture est remarquable car à s'y méprendre avec nos Dumas ou Zévaco. Seul bémol, la mise en route est un poil lente à mon goût. L'action ne débute et ne s'accélère réellement qu'à mi-parcours, toute la première moitié du roman ne servant qu'à présenter les différentes pièces du scénario qui va se jouer.
En situant son intrigue dans cette période trouble de l'histoire de la monarchie espagnole, il démontre brillamment non seulement l'insatisfaction populaire permanente face aux régimes en place et ces éternels débats qui divisent monarchistes et républicains, mais aussi l'inéluctabilité du temps qui passe. Les générations se succèdent, les transmissions de savoir perdurent certes mais le sens des priorités et des valeurs évoluent irrémédiablement. Au sens de l'honneur on préfère l'ambition, on se détourne du devoir pour le batifolage, et finis les duels: les problèmes se règlent désormais à coups de billets bien distribués.
Autres temps, autres moeurs, mais toujours le même cycle: tout a un début, tout à une fin. A moins que ce ne soit l'inverse?
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Arakasi
Arakasi04 juillet 2012
  • Livres 5.00/5
Dans l'Espagne de la fin du XIXe siècle à Madrid, un vieux maître d'escrime use ses derniers talents à enseigner son art à une bande de jeunes freluquets sans cervelle. Hidalgo fatigué, Don Jaime regrette le bon vieux temps où le combat à l'arme blanche était traité selon sa juste valeur et vomit ce siècle infect où l'on ne parle que de politique et de coucheries. Mais un jour, le siècle vient frapper à sa porte en la personne de la belle Adela de Otero, une splendide aristocrate qui vient lui demander – Ô scandale ! – de lui enseigner sa célèbre botte des deux cents écus. Indigné, embarrassé à l'extrême, furieux, puis finalement charmé – car la belle a des yeux époustouflants, assez de résolution pour faire ramper l'armée d'Espagne toute entière et manie l'épée comme un spadassin chevronné – le maître se laisse finalement convaincre. Mais la jeune femme cache de noirs secrets et le vieil homme se retrouve entraîné bien malgré lui dans une sombre machination. Meurtres, emprisonnements, tortures, cadavres défigurés … Au soir de sa vie, le maître d'escrime aura plus que jamais besoin de ses talents d'épéiste pour conserver son honneur et sa peau usée intactes.
« La Maître d'escrime » est le premier roman que je lis de Arturo Pérez-Reverte, auteur que l'on m'avait souvent vanté mais dont je n'avais jamais eu l'occasion de lire les ouvrages, et c'est un indéniable coup de coeur ! Moi qui adore les variations stylistiques, j'ai été immédiatement séduite par la plume de Pérez-Reverte et par son style narratif, à la fois élégant et enlevé, d'une grande richesse sans jamais paraître lourd pour autant. C'est un vrai plaisir de lire un roman si bien écrit. Et si bien renseigné ! Car outre le fait de bénéficier d'une écriture fluide et subtil, « le Maître d'escrime » est également un excellent roman historique. Excellent dans le sens où l'auteur parvient à dresser un portrait prenant et saisissant de l'Espagne de la fin du XIXe siècle – ses tensions politiques, ses grandeurs et ses médiocrités… – sans une once de pédanterie ou de pédagogie, un défaut commun à beaucoup de romans historiques. On sent cette Espagne ! On la vit ! On ne l'apprend pas.
Mais malgré le grand intérêt que je porte à ce contexte historique, c'est par ses personnages que « le Maître d'escrime » m'a définitivement séduite. Et avant toute chose, par son personnage principal, ce vieux Don Quichotte vivant au milieu de ses rêves et de ses obsessions, mais qu'un sourire de femme va soudain faire revenir à la vie. Il y a à la fois beaucoup de tendresse et de cruauté dans cet amour d'un fier vieillard pour une jeune ensorceleuse – car ne nous leurrons pas : dans la vie réelle, les sexagénaires peuvent s'enflammer pour de jeunes beautés mais il est assez rare qu'ils soient payés en retour. Quelque chose de touchant et de pathétique que j'ai trouvé très émouvant. On peut saluer au passage quelques discrets hommages à Alexandre Dumas dont Pérez-Reverte est, semble-t-il, un fan inconditionnel.
Histoire d'amour, récit policier et politique, histoire d'escrime bien entendu (maintenant je sais ce que sont une parade du tierce ou une estocade courte. C'est-y pas merveilleux, ça ?) Il y a un peu de tout dans « le Maître d'escrime » et c'est bien cette diversité qui donne son charme au roman. Je le conseille avec enthousiasme et je m'empresse personnellement d'enchaîner sur la suite de la bibliographie de Pérez-Reverte. C'est qu'il semble avoir été plus que prolixe, l'excellent homme !
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lecteur84
lecteur8408 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Le maitre d'escrime est un roman classique, qui respecte à merveille tout l'art de la littérature. Une écriture élégante et soignée, des phrases riches et belles à lire. Un roman qui tranche avec ce que nous pouvons lire aujourd'hui, les tenants de la modernité absolue n'ont qu'une chose à faire passer leur chemin!
Tous les autres, qu'ils se régalent de ce texte brillant de l'histoire et des intrigues, de cette espagne du 19 siècle, surtout, des valeurs qui sont décrites ici. L'honneur, la grandeur d'âme, même l'amour reprend ses lettres de noblesse et redevient ce sentiment pur et rare pour lequel on se doit de vibrer, d'enrager, de croire et d'espérer, ou, de cacher sa peine non pas dans une fierté mal placée, mais dans la decence des pertes acceptée. Un très beau moment de lecture...
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Kepherton
Kepherton25 février 2012
  • Livres 5.00/5
Don Jaime Astarloa est aujourd'hui un vieil homme. Dans sa salle d'armes, où il enseigne l'art et la philosophie de l'escrime à de jeunes gens, il défend les preceptes et un code d'honneur strict, la mystique d'un ordre de chevaliers en voie d'extinction. Car dans cette Espagne de 1868, qui est le siège de tous les complots, d'une lutte contre le trône d'Isabel II, il n'y a plus de place pour ce gentilhomme aux préceptes anachroniques.
Il n'écoute pas les débats féroces qui ont lieu chaque jour au café qu'il fréquente, se tient vaguement au courant de la riche actualité de son pays? Kes trahisons, les crimes, les manoeuvres politiques s'enchaînent mais ne l'intéressent pas. Lui poursuit une quête, peut-être utopique? Rédigeant un traité de l'escrime, il est en quête du coup parfait, le plus pur, l'estocade mortelle. Un but qui lui a si souvent échappé.
Oui, il est à présent un vieil homme auquel l'âge avancé interdit toute concession au progrès et aux temps modernes. Sa vertu inaltérable en fait un être terriblement crédule et foncièrement honête. Aussi est-ce avec une grande surprise que ses amis apprennent qu'il a un jour accepté d'enseigner l'art de l'escrime et sa botte secrète à une femme, Adela de Otero. Elle est très belle, recouverte d'un voile de mystère posé sur les secrets de son passé. Elle est énigmatique. Donc, il lui enseigne l'art de l'escrime. Les cours ont lieu et le maître apprend son art à une jeune femme déjà brillante. En venant dans sa salle d'armes, cette femme l'entraînera dans le monde politique qu'il a si souvent fui, dans une aventure terrible et si tragique...
Perez-Reverte raconte ainsi dans un même temps l'histoire d'un homme périmé qui tente de se reconstruire une nouvelle existence et celle d'une Espagne en proie au tumulte de la Révolution. L'écriture est efficace et intense, l'aventure est trépidante et se déroule à un rythme soutenu. le roman débute à la manière d'un roman historique pour basculer dans le suspense haletant d'un thriller politique. A lire !
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Herve-Lionel
Herve-Lionel28 février 2014
  • Livres 5.00/5
N°384– Décembre 2009.
LE MAITRE D'ESCRIMEArturo PEREZ-REVERTE – le Seuil.
« Tout le monde conspirait en cet été 1868 », les jours de la reine Isabelle II étaient comptés et les supputations républicaines aillaient bon train. C'est une Espagne traditionnelle, machiste, monarchiste, immobile qui est le cadre de ce roman pseudo-historique où Jaime Astarloa, vieux maître d'armes, vit ou plutôt survit dans l'ombre bienveillante mais distante des grands aristocrates à qui il enseigne son art. Pourtant, cette discipline à laquelle il a été fidèle toute sa vie est sur le déclin au point d'être ravalée au rang de sport, tout comme sont galvaudées les valeurs de chevalerie et d'honneur qui s'y attachent. Face à ce monde qui s'effondre, il s'efforce de rédiger un traité qui résumera toutes les nuances de son art, avec la révélation de la botte secrète et imparable, une sorte de Graal. Il considère que son enseignement est exclusivement réservé aux hommes, mais c'est une femme, jeune, belle, secrète et célibataire, Adela de Otero, qui vient solliciter ses services, et, accessoirement améliorer son niveau de vie en l'initiant à une botte dont il a le secret, « la botte des deux cents écus »!
Cela pourrait être intéressant, mais il considère qu'une femme ne peut manier l'épée parce que cet exercice est réservé aux hommes. Il refuse donc mais finit par céder, et ce d'autant plus qu'il tombe amoureux de la belle. C'est qu'il n'a jamais pu résister à une femme. Elles ont provoqué bien des renoncements et des bouleversements dans sa vie et celle-ci lui donne à penser qu'elle n'est pas tout à fait insensible à sa personne.
Don Jaime est sous le charme des yeux violets de la dame autant que de son habileté à manier l'épée et à être à ce point en avance sur son temps. Il en vient même à concevoir quelque jalousie à cause des relations intimes qu'elle a avec un de ses élèves, un aristocrate bien en vue, Don Luis de Ayala, marquis des Alumbres qui a, un temps, tenu un rôle politique. Don Jaime n'a pourtant rien à espérer de Doňa Adela!
Autour de lui, dans la chaleur étouffante de Madrid et surtout sans que cela lui fasse rien, les querelles politiques se déchaînent dans le café où il a ses habitudes, et dans le pays les complots succèdent aux faux espoirs de révolution... Mais lui vit désormais et depuis longtemps hors du temps. Il ne se rend compte que bien tardivement qu'il est le jouet des événements au point d'être soupçonné du meurtre de Don Luis puisque c'est sa « botte secrète » qui a été utilisée pour l'exécuter et que Adela de Otero a disparu mystérieusement! L'escrime et les femmes n'étaient-elles pas quelques-uns des points faibles du marquis?
Il va entrer, presque malgré lui, dans des intrigues où l'assassinat politique est un passage obligé avec pour but ultime la renversement de la monarchie. S'il ne s'était, à ce point retiré du monde, il aurait peut-être compris ce qui se tramait autour de lui!
Ce roman est construit comme un engagement , assaut, fausse attaque,estocade, jusqu'au combat à pointe nue et de son issue, la mort, une véritable métaphore à travers le vocabulaire peut-être un peu trop technique pour un non-initié, du duel à l'épée.
Grand admirateur d'Alexandre Dumas, l'auteur nous offre ici un roman où tous les ingrédients se retrouvent, intrigues politico-policières, histoire d'amour, contexte historique d'une société au bord de l'explosion... Don Jaime est présenté comme un idéaliste, un homme finissant, gardien de valeurs surannées et d'un art qui se dissout dans le temps, mais aussi comme un naïf, pitoyable et crédule qui ne comprend pas une époque qui n'est déjà plus la sienne. Il prend brutalement conscience de la noirceur des hommes et du tourbillon dans lequel il s'est laissé entraîner au point que sa vie est dangereusement menacée. C'est une sorte de Don Quichotte avec des moulins à vent plein la tête. En cela, je le trouve attachant.
Ce roman tisse une atmosphère qui me plaît bien, celle d'un moment charnière, de quelque chose que l'on connaît et qui se termine et d'une autre chose qu'on ignore mais qui fascine et inquiète à la fois.
Le texte plein d'humour est bien écrit ou en tout cas bien traduit, ce qui rend sa lecture agréable. le récit des différents combats est particulièrement bien mené, le suspense y est distillé jusqu'à la fin et et tient le lecteur attentif et passionné en haleine.
Pour moi, cela a correspondu pleinement à ce que j'attends d'un livre: un moment de réel plaisir, mais aussi une invite à découvrir l'atmosphère si particulière tissée par cet auteur.

©Hervé GAUTIER – Décembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Chat-PitreChat-Pitre18 janvier 2016
Savez-vous quel est le problème? Nous nous trouvons dans la dernière des trois générations que l'Histoire s'amuse par caprice à répéter régulièrement. La première a besoin d'un dieu et l'invente. La deuxième élève des temples à ce dieu et tente de l'imiter. La troisième utilise le marbre de ces temples pour construire des lupanars où adorer sa propre cupidité, sa luxure et sa bassesse. Et c'est comme cela qu'aux héros succèdent toujours, inévitablement, les médiocres, les couards et les imbéciles.
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Chat-PitreChat-Pitre15 janvier 2016
- J'ai toujours considéré que le fait de cacher son âge était une stupidité comme celui de vouloir paraître plus jeune. Renier son âge, c'est renier sa vie.

- Sage philosophie.

- Seulement du bon sens, maître. Seulement du bon sens.

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lecteur84lecteur8405 juin 2015
Le pistolet n'est pas une arme, c'est une impertinence. Quitte à se tuer, les hommes doivent le faire face à face; non de loin comme d'infâmes bandits de grand chemin. l'arme blanche possède une éthique qui manque à toutes les autres. et si l'on m'y pousse, je dirai que c'est une mystique. l'escrime est la mystique des gentilshommes.
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PegLutinePegLutine28 juillet 2013
Notre but est de mettre l'adversaire hors de combat de manière nette, rapide et efficace, en courant le moins de risques possible pour nous-même. Jamais deux estocades si une seule suffit; avec la seconde peut nous parvenir une réponse périlleuse. Pas de poses hardies et exagérément théâtrales si elles détournent l'attention de la fin suprême: éviter de mourir et, si c'est inévitable, tuer l'adversaire. L'escrime est, avant tout, un exercice pratique.
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lecteur84lecteur8404 juin 2015
la musique possède aussi un contenu social. Elle crée l'égalité sur le terrain de la sensibilité, elle brise les frontières, unit les peuples...
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Videos de Arturo Pérez-Reverte (11) Voir plusAjouter une vidéo
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Bandes annonces espagnoles de l'adaptation télé de la saga du capitaine Alatriste.
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