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ISBN : 2207123677
Éditeur : Denoël (2016)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 258 notes)
Résumé :
"Je sais vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman. Quel rapport, allez-vous me dire, existe-t-il entre ce sujet et une "chambre à soi" ?, interroge Virginia Woolf en ouverture d'une conférence sur le féminisme qu'elle dispensa aux étudiantes de l'université de Cambridge. Avec une irritation voilée d'ironie, Virginia Woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu'à une époque toute récente, les femmes ont été savamment placées sous la dépendance... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
Myriam316 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Quelle bonne surprise que cet essai! Pour tout dire, je l'ai choisi pour l'auteur et le titre, après un bref coup d'oeil à la quatrième de couverture pour en garder le plaisir de découverte, et j'ai goûté chaque page qui se tournait avec délice.
On y suit la narratrice - Virginia Woolf? Mary Beton, Seton? - qu'importe dit-elle, une femme anglaise qui écrit dans les années 30, s'interroger sur ce qui peut unir la littérature et les femmes. Quand je dis "on y suit", je parle bien sûr littéralement: dans le parc de l'université, avant qu'elle ne soit refoulée à l'entrée de la bibliothèque universitaire en tant que femme non accompagnée, puis au dîner - car "on ne peut ni bien penser, ni bien aimer, ni bien dormir, si on n'a pas bien dîné" - et avec elle on observe ces passants par la fenêtre, prend un livre écrit par une femme sur les étagères, puis un autre, chaque nouvelle observation dirigeant le fil de la réflexion.. C'est ainsi que se déroule le récit, puisque la narratrice tient à nous expliquer le cheminement de sa pensée jusqu'à cette "chambre à soi".
Pourquoi y a-t 'il eu si peu, voire pas du tout, de femmes écrivains jusqu'au 18ème siècle? Virginia Woolf nomme bien sûr le peu de liberté accordée aux femmes jusqu'à il y a peu, leur dépendance financière, leur manque d'instruction, la nécessité de garder leur vertu, leur réclusion dans la maison, et les considérations masculines - disons plutôt leur manque de considération pour celles qui tentent d'être autre chose que des mères - tous ces aspects en défaveur des femmes créatrices, des femmes intellectuelles.
En vraie anglaise, Virginia Woolf aborde toutes ces discriminations qui ont enfermé ou rejeté les femmes avec humour et ironie, et la lecture de cet essai est un délice tout comme une source de réflexion sur la femme mais aussi la littérature de manière plus générale. On y découvre son admiration pour la liberté que s'autorisaient Shakespeare et Jane Austen, chassant négligemment contraintes et critiques pour écrire des oeuvres géniales. Et puis, en filigrane, se révèle ce qui incita V. Woolf à écrire Mrs Dalloway tel qu'elle l'a fait, ou à choisir un Orlando homme et femme.
Alors finalement, pourquoi ce titre, "une Chambre à soi"? Je vous laisse le plaisir de le découvrir!
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isabellelemest
isabellelemest15 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
La création littéraire a-t-elle été toujours accessible aux femmes ? Pour Virginia Woolf, invitée à donner une conférence sur ce thème en 1928 devant le public féminin du Newnham College, la réponse est non.
Le patriarcat, ses préjugés sur "l'infériorité physique morale, intellectuelle des femmes", leur absence d'indépendance matérielle et financière pendant des millénaires, leur confinement à un statut et à des travaux domestiques, l'impossibilité pour elles de poursuivre des études universitaires jusqu'au début du XXe siècle, ont rendu impossible, selon Virginia Woolf, l'épanouissement d'une créativité littéraire féminine, malgré quelques devancières isolées au XVIIe siècle, méprisées sous le sarcasme de "bas-bleus", avant l'émergence des grandes romancières du début du XIXe siècle, Jane Austen, les soeurs Brontë, George Eliot, qui pourtant, malgré leurs dons innés, avaient écrit en se cachant, en étant confinées dans un cadre oppressant, ou en subissant l'opprobre d'une vie à peine libérée du conformisme.
Telle est la thèse de V.Woolf, qu'elle illustre dans un premier chapitre plein d'humour par les interdictions successives qui lui sont faites, en tant que femme en 1928, dans un campus anonyme d'"Oxbridge" de marcher sur le gazon ou d'accéder à la bibliothèque. Elle note malicieusement les différences entre l'argent qui coule à flot à "Oxbridge" et permet de délicieuses chères, contrastant avec le malheureux ragoût suivi de pruneaux, seul menu que peut se permettre l'indigente faculté de jeunes filles de "Fernham". Quant à ses recherches à la bibliothèque du British Museum, elles ne peuvent qu'échouer, car il lui manque la méthode de travail que confèrent des études universitaires, que son sexe lui a interdites.
Peut-être ignore-t-elle justement, ou alors occulte-t-elle, que de grandes poétesses ou romancières, pour ne citer que Sappho, Marie de France, Louise Labbé, Mme de la Fayette, etc, ont devancé les débuts du roman anglais classique. Elle préfère imaginer, comme exemple emblématique de la discrimination des sexes en matière de création artistique, le triste destin qu'aurait eu une soeur géniale de Shakespeare, si elle avait tenté de suivre l'itinéraire du barde de Strawford : moquée, brutalisée, violentée, elle serait morte victime de la misère et des sévices.
L'ouvrage est féministe et veut inciter les femmes en ce début du XXe siècle à écrire en tant que femmes, à renverser les modes de pensées masculins, à ignorer les critiques et les jugements dépréciatifs et hostiles de leurs partenaires de l'autre sexe. Fort heureusement dans sa conclusion, Virginia Woolf se révèle surtout aussi bonne critique que grand écrivain : il serait erroné d'opposer un cerveau masculin et un autre féminin : tout créateur, selon Coleridge, est avant tout androgyne, "ce n'est que quand cette fusion a lieu, que l'esprit est pleinement fertilisé et peut faire usage de toutes ses facultés".
Une défense et illustration des droits des femmes à l'indépendance matérielle ("une pièce à soi") et financière (500 livres de rente), seules conditions de leur émancipation en tant qu'écrivains, tant de philosophie ou de science que de fiction, en plus d'une leçon de lecture critique des grands auteurs.
Passionné, convaincant, militant, mais aussi ironique ou parfois poétique, le texte manifeste force et habileté mais aussi révèle une grande prosatrice et un auteur aux multiples talents.
Lu en V.O.
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IreneAdler
IreneAdler13 juin 2012
  • Livres 4.00/5
L'histoire officielle britannique ne compte quasiment pas de femmes entre le 16è et le 19è siècle (il en va probablement de même en France). de même qu'en littérature. Pourquoi, demande Woolf. Parce qu'elles n'ont ni temps, ni argent, ni place à elles seules.
La situation évolue lentement à partir du 19è siècle, mais la plupart des textes restent marqués par l'amertume de n'être que d'éternelles mineures ; à moins de finir sa vie dans la solitude. La plupart des femmes écrivains brûlent de l'intérieur. Woolf espère que le 20è siècle permettra aux femmes de s'émanciper de cette violence et de trouver des codes pour un roman féminin, dans le bon sens du terme : qu'il soit, dans l'esprit des critiques, des universitaires et du public, égal à celui des hommes. Égal mais différent.
Un essai un peu dépassé actuellement, puis que les femmes sont entrées aussi bien dans l'histoire que dans la littérature. Et que les attaques sexistes ont presque disparues (maintenant, il y a du répondant en face).
Il reste intéressant néanmoins pour avoir un aperçu de la difficulté qu'ont eu les femmes pour exister en littérature, les difficultés, à l'orée des années 1930 à réunir des fonds pour leur permettre de faire des études universitaires. Ce que l'on conçoit mal maintenant.
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Magdalae
Magdalae15 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Pourquoi les pièces de Shakespeare n'ont pas été écrites par une femme ? Quelles sont les conditions autant matérielles que morales pour écrire une oeuvre de fiction ? Quand les femmes ont-elles arrêté d'écrire pour se plaindre pour enfin faire oeuvre d'art ? Dans cette conférence de 1929 sur les femmes et le roman, Virginia Woolf nous entraîne dans une promenade à travers les siècles, de l'époque élisabéthaine au monde contemporain depuis le droit de vote accordé aux femmes, pour entreprendre une véritable généalogie des conditions favorables et défavorables de l'écriture féminine pour enfin s'interroger sur la différence des sexes et pour conseiller les futures femmes de lettres sur ce qui doit les guider dans l'écriture.
Même dans ses essais, on retrouve l'amour de Virginia Woolf pour la fiction que cela soit, avec sérieux pour son propos en discutant de la relation entre les femmes et la fiction ou dans sa propre écriture où chaque chapitre (comptez-en six) prend les airs d'une mise en scène littéraire qui nous fait suivre une narratrice, Mary, dans son voyage à travers les époques sur les traces des femmes écrivains.
dans la maison de sa tante pendant et après un repas où la digestion est propice à la réflexion sur les femmes mais aussi au coeur de ses recherches dans les rayonnages du British Museum où elle se met en colère contre l'affirmation selon laquelle "les femmes [seraient] intellectuellement, moralement et physiquement inférieurs aux hommes". le troisième chapitre se situe au coeur du XVIe siècle où face au génie de Shakespeare, sans égal, la narratrice retrace le destin de la soeur du dramaturge, Judith, vouée à l'oubli malgré les mêmes talents que son frère sans être permise à cause des circonstances d'écrire une seule ligne pour, tragiquement, se donner la mort se découvrant enceinte..
Le quatrième temps de son voyage est celui des pionnières sorties de l'anonymat avec Jane Austen et Charlotte Brontë, deux modèles opposés qui abordent l'écriture avec deux esprits différents, l'un avec confiance, l'autre avec rancune contre ces hommes qui lui ont empêché de visiter le vaste monde. C'est à ce moment-là que les femmes de lettres entrent vraiment dans L Histoire et, c'est au chapitre 5 et 6, que Virginia Woolf s'attaque au lourd débat sur la différence des sexes où, à la suite de Coleridge, elle adhère à l'idée que les grands écrivains sont ni des hommes, ni des femmes mais délibérément androgynes. Ce profil de l'écrivain androgyne, qui garde l'équilibre entre son coté masculin et son coté féminin , est proprement l'aspect le plus fictionnel dans Une chambre à soi et fait écho par exemple à la figure d'Orlando, ce génie androgyne et immortel.
Ce que j'ai trouvé passionnant dans cet essai, c'est l'hommage que Virginia Woolf rend à toutes ces femmes de lettres oubliées et qui, pourtant, sont des pionnières qu'il s'agit de faire revivre. J'ai aimé rencontrer certaines figures comme Christina Rossetti, la soeur du peintre préraphaélite Dante Gabriel Rossetti, ou Aphra Behn, cette dramaturge de la Restauration, ou encore la figure fictive de la soeur de Shakespeare qui est une invention prodigieusement géniale et très inspirante. D'ailleurs, la soeur de Shakespeare est en quelque sorte l'âme de toute écrivain féminine en puissance, comme un modèle à suivre et à faire survivre ce qui me touche d'autant plus, moi qui aime tant écrire.
J'ai aimé aussi retrouvé la figure de Jane Austen qui est un tel pivot dans cette histoire de la condition des femmes de lettres. Elle n'écrit pas comme les autres, elle qui fait partie de ces femmes qui font "se mettre à faire usage de l'écriture comme d'un art et non plus comme d'un moyen pour s'exprimer elles-mêmes." Même en n'ayant pas eu une chambre à elle, on la voit écrire dans cette pièce commune, ce petit théâtre d'observation des moeurs d'alors, interrompue de ci delà par telle ou telle tâche domestique et surtout cachant ses romans sous une feuille de buvard dès qu'un étranger entre dans la pièce. Comme cette jeune femme a réussi à égaler Shakespeare dans cette pièce commune, ça reste un mystère...
Une chambre à soi est bien sûr traversé par le féminisme tout particulier de son auteur mais pourtant, il échappe aux travers de l'exaltation de la femme et de ses qualités ou du mépris de la gente masculine pour aborder le sujet de la condition matérielle nécessaire à l'écriture d'un roman par une femme d'un point de vue presque neutre, suivant un esprit critique des plus honnêtes. Virginia Woolf rejette dos à dos d'un coté la supériorité masculine sur les femmes mais tout simplement la différence entre les sexes en dénonçant ce système comme enfantin comme s'il y avait deux camps adverses dans une cour de récréation.
C'est cette exigence de ne pas vouloir choisir entre l'homme te la femme qui l'amène à défendre la cause de l'androgyne qui est une sorte de variante littéraire du genre qui met en relation l'homme et la femme non pas à des fins sociales mais bien d'écriture littéraire. Virginia Woolf cite de nombreux auteurs androgynes : Shakespeare étant le premier, Keats, Coleridge et Proust qui, quant à lui, chose rare chez un homme favorise son coté féminin. Cette posture de l'androgyne l'amène non seulement à citer les conditions matérielles qui favorisent l'écriture, c'est-à-dire l'indépendance financière et un espace consacré à la seule écriture.
Mais, cette posture androgyne doit aborder l'écriture dans un certain esprit : on n'écrit pas en cherchant la gloire, ni en se projetant dans l'avenir pour savoir quelle postérité aura nos oeuvres mais bien avec "la liberté de penser les choses en elles-mêmes" conçue comme une vraie délivrance. L'écriture ne sert pas à convaincre, à persuader ou à faire effet sur qui que ce soit mais elle vaut en elle-même sa propre valeur. L'écriture, c'est tout simplement se faire plaisir et faire de ce plaisir sa philosophie de vie et ne jamais se laisser décourager dans sa tâche.
Après avoir lu Une chambre à soi, on a envie de relever le défi que Virginia Woolf nous lance et de commencer tout de suite à écrire, ou de continuer, pour ne jamais, jamais s'arrêter dans notre chambre à soi fermée à double tours.
Lien : http://la-bouteille-a-la-mer.blogspot.fr/2013/06..
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Chinchilla
Chinchilla12 mars 2013
  • Livres 5.00/5
De Virginia Woolf, je connaissais Mrs Dalloway, qui m'avait laissée un peu circonspecte. Il y a bien Orlando qui patiente sagement, oublié sur une étagère depuis quelques années mais ça s'arrêtait là. Cet été, j'ai lu la biographie de Viviane Forrester qui a au moins eu le mérite de me donner envie de lire à nouveau Virginia Woolf. C'est comme ça que la semaine dernière, de passage chez mes parents et faisant ma visite habituelle à la librairie de la ville, je suis tombée sur Une chambre à soi. Je l'ai lu en voiture, sur le chemin du retour et je peux annoncer officiellement que je suis réconciliée avec Virginia Woolf et même que je l'aime d'amour !
Dans ce petit livre, Virginia Woolf, à qui on a demandé de réfléchir sur les femmes et le roman en vient à la conclusion qu'il est impossible pour une femme d'écrire correctement si elle n'a pas un minimum de caillasse et un endroit à elle où elle peut écrire sans qu'on vienne l'emm*rder toutes les deux minutes. Bon, elle ne le dit pas comme ça, évidemment (et heureusement !^^) mais c'est l'idée.
Virginia nous balade dans une petit voyage dans une université où la narratrice se fait jeter de la bibliothèque parce qu'elle est une femme, où elle rend visite à une amie qui enseigne dans une collège pour jeunes filles qui a eu bien du mal à voir le jour tellement il a été difficile de réunir des fonds, elle se rend ensuite au British Museum pour faire quelques recherches et se rend compte qu'il y a un nombres important d'ouvrages écrits par des hommes, sur les femmes, souvent contradictoire mais tous à peu près d'accord quant au fait que les femmes sont inférieures aux hommes. La preuve, le nombre d'auteurs femmes est bien mince à côté des rayonnages entiers de chefs d'oeuvres écrits par des hommes. D'ailleurs, il n'y a pas d'équivalent féminin à un Shakespeare. Et là, Virginia Woolf nous explique ce qui serait arrivé à une hypothétique soeur du barde pourvue du même génie que son frangin. Ben, en gros, au lieu d'aller à l'école, elle aurait raccommodé des chaussettes pour qu'ensuite on la marie de force, et si comme son frère Bill elle s'était enfuit à Londres, elle n'aurait jamais pu entrer dans un théâtre, encore moins devenir actrice, quant à auteur, n'y pensons pas, elle serait morte jeune, dans le dénuement, sans avoir pu exprimer son génie littéraire. Rien que pour cet exposé, je vénère désormais Virginia Woolf. Et comme ensuite elle a dit tout le bien qu'elle pensait de Jane Austen, je l'aime encore plus. D'ailleurs, son idée que les femmes écrivains issues de la bourgeoisie au XIXe ont écrit des romans vient du fait qu'elles devaient écrire dans le salon commun, jamais seules, interrompues sans arrêts, une situation ne permettant pas de s'adonner à la poésie ou de se lancer dans la rédaction d'une pièce de théâtre me semble très juste.
J'ai lu ce livre en français mais je n'ai pas bloqué sur la traduction de Clara Malraux qui a très bien restitué le style de l'auteur et l'ironie du texte.
D'ailleurs au-delà des femmes dans la littérature, c'est bien de la condition des femmes en général et de leur subordination aux hommes dans une société patriarcale qu'il est question dans ce livre, avec également un aspect social : difficile d'écrire quand on est pauvre, qu'on soit homme ou femme.
Lien : http://celtictwilight.hautetfort.com/archive/201..
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Citations & extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
PatimaPatima07 février 2016
Non, si délicieux doit ce passe-temps, évaluer est la plus vaine des occupations, et se soumettre aux décrets des évaluateurs est l'attitude la plus servile.
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PatimaPatima07 février 2016
Les femmes, durant tous ces siècles, avaient servi de verres grossissants dont le magique et délicieux pouvoir réfléchissait la silhouette naturelle d'un homme en multipliant sa taille par deux.
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rasibusrasibus04 février 2016
Les difficultés matérielles auxquelles les femmes se

heurtaient étaient terribles; mais bien pires étaient pour

elles les difficultés immatérielles. L'indifférence du monde

que Keats et Flaubert et d'autres hommes de génie ont

trouvée dure à supporter était, lorsqu'il s'agissait de femmes, non pas de l'indifférence, mais de l'hostilité.

Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes :

écrivez si vous le voulez, je m'en moque ... Le monde leur

disait avec un éclat de rire : écrire ? Pourquoi écririez-vous ?
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lutiniellelutinielle04 février 2016
Ce dépouillement, ce manque de souffle, étaient peut-être le signe qu'elle avait peur de quelque chose; peur d'être qualifiée de "sentimentale" ? Ou peut-être se rappelle-elle qu'on a qualifié l'écriture des femmes de fleurie, et produit-elle donc une abondance d'épines ?
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lutiniellelutinielle04 février 2016
Avez-vous une idée du nombre de livres écrits sur les femmes au cours d'une seule année ? Avez-vous une idée du nombre d'entre eux qui sont écrits par des hommes ? êtes-vous conscientes d'être, sans doute, l'animal dont on parle le plus dans l'univers ?
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Videos de Virginia Woolf (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
The story of three women in different times, related only by a parallel in their personal lives. One, present day, throwing a party for a writer friend suffering from AIDS. Another living in 1949 Los Angeles, suffering as a young wife and mother. The last, Virginia Woolf, writing "Mrs. Dalloway" and contemplating suicide. Based on Michael Cunningham's Pulitzer Prize-winning novel.
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