ISBN : 2264033606
Éditeur : Editions 10/18 (2001)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
"Je sais vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman. Quel rapport, allez-vous me dire, existe-t-il entre ce sujet et une "chambre à soi" ?, interroge Virginia Woolf en ouverture d'une conférence sur le féminisme qu'elle dispensa aux étudiantes de l'université ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Anadeis, le 20 novembre 2010

    Anadeis
    Cet essai, basé sur plusieurs conférences qu'a données Virginia Woolf en 1929, a pour sujet la femme et le roman. Elle s'interroge sur l'absence d'auteures féminines alors que les romans écrits par les hommes foisonnent d'héroïnes féminines. Selon elle, les femmes ont besoin de deux éléments indispensables si elles veulent écrire : avoir une chambre à elles qu'elles peuvent fermer à clé et disposer de 500 livres de rente par an qui lui permettront de vivre sans souci. Ainsi l'épanouissement littéraire et créatif ne peut être possible que si la femme possède un espace privé et une sécurité financière. Bien au-delà de la question du lien entre la femme et le roman, l'auteure nous parle plus largement de la place que la femme occupe dans la société. Contrairement aux hommes, les femmes, réduites aux travaux ménagers et à l'éducation des enfants, ne peuvent guère puiser dans leur vie pour écrire un roman. Mais loin de critiquer la gent masculine, ce qui est appréciable, Virginia Woolf préfère s'intéresser aux origines mêmes de l'inégalité qui existe entre les deux sexes. Tout au long de son récit, elle fait référence à de nombreuses femmes telles les romancières Jane Austen et Charlotte Brontë ou encore à la sœur hypothétique de Shakespeare.
    Cet essai, écrit dans un style qui mêle ironie, colère et douceur, ressemblerait presque à un roman. Cette œuvre à la croisée des genres, réunissant la prose et des passages extrêmement poétiques, est un vrai régal à la lecture. On peut ne pas être en accord avec la totalité des opinions de l'auteure mais on reste subjugué par l'incroyable modernité de son récit. Bien qu'ayant été écrit il y a presque un siècle, son sujet est malheureusement toujours d'actualité.
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    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 06 février 2012

    AmandineMM
    3,5 étoiles.
    Je craignais la lecture de cet essai après une première mauvaise expérience avec un roman de cette auteure (Vers le phare = To the Lighthouse), mais cela s'est finalement plutôt bien passé. L'écriture y est plus fluide à mon goût et plus "classique", ce qui a facilité ma lecture et chassé mes a priori. J'ai parfois trouvé, surtout au début, qu'elle utilisait beaucoup de détours pour en arriver à la conclusion qu'elle avait énoncée : pour pouvoir écrire, les femmes doivent avoir une chambre à elles et de l'argent qu'elles puissent gérer elles-mêmes, mais dans l'ensemble j'étais assez d'accord avec son point de vue. Son analyse de la situation des femmes au cours du temps était très intéressante et instructive surtout : j'ai notamment mieux compris pourquoi il y avait peu de femmes auteurs dans les temps passés et jusqu'à une époque pas si lointaine que cela. Par contre, pour ce qui est de son avis sur le roman et son avenir, j'étais plus sceptique et ne la suivais pas sur ce terrain.
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  • Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Difficile de "noter" ce livre. Forme impeccable mais le fond m'a souvent fait grincer des dents. D'accord sur son analyse des rapports femmes/hommes en général mais pas du point de vue littéraire. Sur certains aspects, l'ouvrage est un peu daté d'ailleurs. Mais j'ai fini un ouvrage de Woolf après un cuisant échec avec "La Promenade au phare" il y a plusieurs années donc c'est déjà pas mal ! Cela dit, étant donné son approche de la littérature, je crains fort que nous n'arrivions pas, elle et moi, à nous "entendre".
    ---
    MAJ : j'ai finalement découvert que Woolf et moi nous entendions merveilleusement bien quand je la lisais en VO. J'ai donc lu depuis ce billet, "To the Lighthouse" et "The waves" et ne compte pas m'en tenir là, même si aucune de mes lectures VO n'apparaît(ra) dans ma bibliothèque (trop compliqué à gérer).
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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 29 janvier 2011

    Nadael
    Essai de 1929, Une chambre à soi relate les rapports tourmentés des femmes avec le roman, sujet que l'auteure a abordé dans de nombreuses conférences données à l'université de Cambridge, l'année précédant la publication de ce pamphlet.
    Elle y évoque les difficultés que rencontrent les femmes pour écrire des romans, celles-ci se trouvant vite limitées matériellement. Selon Virginia Woolf, posséder Une chambre à soi est indispensable à la femme qui souhaite écrire, afin de ne pas être dérangée par la famille, les amis, et les divers soucis domestiques ( charge des enfants, tâches ménagères), une rente de 500 livres par an lui serait également nécessaire pour se libérer de ce quotidien qui l' accapare.
    Du temps, de l'espace, de l'argent, voilà ce qu'il manque aux femmes de l'époque de Woolf. Cette dernière fait aussi allusion à la pauvreté d'ouverture d'esprit des femmes par manque de voyages, de flâneries, d'excursions culturelles. Elles étaient bien trop souvent confinées, isolées, par obligation morale, dans leurs intérieurs, lieux où elles se devaient d'être afin de s'occuper de leurs enfants et de leur mari.
    Et quand bien même avaient-elles accès à l'écriture, elles se heurtaient sur-le-champ aux foudres et aux moqueries des hommes.
    L'écriture de Woolf est enlevée, tantôt douce, ironique, emportée, mais elle conserve toute sa poésie, ce qui ferait presque de cet essai, un roman.


    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-une-chambre-a-soi-658099..
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  • Par keisha, le 11 juin 2010

    keisha
    "Hélas une femme qui entreprend d'écrire
    Comme une créature si présomptueuse est considérée,
    Que sa faute ne peut être par aucun mérite compensée.
    Ils nous disent que nous nous trompons de sexe et de voie;
    Bonnes manières, mode, danse, toilette, jeu,
    Voilà les talents que nous devrions briguer
    Écrire ou lire, ou penser, ou nous instruire,
    Ternirait notre beauté et épuiserait notre temps,
    Et interromprait les conquêtes de notre printemps,
    Alors que l'ennuyeuse besogne de gérer une maison asservie,
    Est tenue par certains pour notre art suprême et notre utilité."
    Ce poème est de Lady Winchelsea (née en 1661, noble,sans enfants)
    Au cours de la lecture de L'art du roman, s'était posée la question de savoir pourquoi il y a eu pas ou peu de femmes écrivains, disons avant le 18ème ou 19ème siècle. Les noms de Louise Labbé et Madame de la Fayette avaient été cités pour la France, mais quant à l'Angleterre, pas de réponse. Ici, dans cette conférence donnée à Cambridge à des étudiantes en 1928, Virginia Woolf aborde le sujet "la femme et le roman" et révèle le nom de quelques femmes ayant écrit poésie ou courriers de quelque valeur littéraire.
    Mais pour elle, clairement et abruptement, "il est nécessaire d'avoir cinq cents livres de rente et une chambre dont la porte est pourvue d'une serrure, si l'on veut écrire un oeuvre de fiction ou une oeuvre poétique." Jane Austen écrivit ses romans dans un salon commun (quelle merveilleuse plate-forme d'observation, aussi!) en ne laissant pas soupçonner la teneur de son occupation; remarquons en passant : romans mais pas poésie.
    Au cours d'une journée fictive à "Oxbridge" Virginia Woolf retrace la vision de la femme dans les écrits des hommes, les obstacles qu'elles ont dû franchir pour parvenir à écrire des romans. Ce n'est pas un sec pamphlet féministe, mais une belle promenade à travers des siècles de littérature, un aperçu de ses idées sur le roman, sur les romancières du 19ème siècle, le tout d'une manière sensible et incisive, où j'ai retrouvé son humour subtil.
    "Il est dans la nature des biscuits d'être secs et ceux-ci étaient biscuits jusqu'en leurs moindres parcelles."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-une-chambre-a-so..
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 25 janvier 2011

     Enlevez toute protection aux femmes, exposez-les aux mêmes efforts, aux mêmes activités que les hommes, faites-en des soldats, des marins et des mécaniciennes et des docteurs, et les femmes ne mourront-elles pas si vite et si jeunes qu'on dira : « J'ai vu une femme aujourd'hui », comme on disait autrefois : « J'ai vu un avion ». Tout pourra arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée, pensais-je, ouvrant ma porte.
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  • Par Nadael, le 25 janvier 2011

    Les difficultés matérielles auxquelles les femmes se heurtaient étaient terribles ; mais bien pires étaient pour elles les difficultés immatérielles. L'indifférence du monde que Keats et Flaubert et d'autres hommes de génie ont trouvée dure à supporter était, lorsqu'il s'agissait de femmes, non pas de l'indifférence, mais de l'hostilité. Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : écrivez si vous le voulez, je m'en moque...Le monde leur disait avec un éclat de rire : Ecrire ? Pourquoi écririez-vous ?
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  • Par KarineBellocq, le 01 mai 2010

    Tous ces siècles, les femmes ont servi de miroirs, dotés du pouvoir magique et délicieux de refléter la figure de l'homme en doublant ses dimensions naturelles.
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  • Par Nadael, le 25 janvier 2011

    (…) qu'est ce que la vérité ? Qu'est ce que l'illusion? Me demandais-je. Quelle est, par exemple la vérité de ces maisons, en ce moment obscures et solennelles avec leurs fenêtres rouges au crépuscule, mais qui, à neuf heures du matin, furent brutales, rouges et sordides, avec leurs transpirations et leurs lacets de chaussures. Et ce saule, et cette rivière, et ces jardins qui descendent vers la rivière et que la brume qui les effleure rend imprécis, mais que dore et rougit cependant l'éclat du soleil – où est, en qui les les concerne, la vérité ou l'illusion ? 
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  • Par zazimuth, le 05 septembre 2010

    L'histoire de l'opposition des hommes à l'émancipation des femmes est plus intéressante que l'histoire de cette émancipation elle-même. (p.75-76)
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com











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