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Note moyenne 3.27 /5 (sur 21 notes)

Biographie :

Née en1976 en Normandie près de Rouen et vit depuis quelques années à Nantes. Ne cotise pas à la sécurité sociale des poètes, travaille dans un bureau non climatisé.
Heureuse d’enrichir de temps à autre le site terreaciel.free.fr qui maintenant est devenu un espace à multiples regards.

Auteur de :
terre à ciels, carnets du dessert de lune, 2006
planche en bois, contre-allées, 2007
te visite le monde, carnets du dessert de lune, à venir 2009
Publications en revue : N4728, décharge, contre-allées, infusion, verso, microbe et à venir : gare maritime

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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   28 juin 2017
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
JE VOIS UNE ILE DEPUIS LA PLAGE...





    Je vois une île depuis la plage. Elle n’est pas si loin.

Je peux l’atteindre à la nage. Ou peut-être à pied à marée

basse. Mon grand-père peut s’y trouver. Alors il n’a plus

l’excuse de ne pas revenir. Est-il parti aussi loin qu’il aurait

tout abandonné ? Comment fait-on quand on part si ce n’est

pour jamais se retourner ? Je pourrais moi aussi m’en aller à

la nage sur cette petite île que je vois face à la plage. Je me

nourrirais de coquillages, de poissons et de sable. Je suis une

fille de la terre ferme. Je ne veux pas tourner en rond sur une

île. Je veux l’espace des grandes plaines, les routes à perte de

vue. Je veux la terre et le ciel face à moi, à gauche à droite et

derrière moi. La mer, les océans, c’est dedans sur ma ligne

d’horizon.

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Cécile Guivarch
sabine59   04 novembre 2017
Cécile Guivarch
Un craquement le long de l'arbre

déchire et trouble l'écriture

ce sont des mots dans le sable

écoulés d'une main à l'autre



cette impression qu'ils

ne sont que des mots

et pleurent en silence
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Juin   05 mai 2020
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
Les femmes ferment les fenêtres

les fils tués au combat

n'ont pas eu le temps de se battre.



fermer les fenêtres

que personne n'entende



Depuis, toutes les bouches hurlent

se tordent à force de tant de cris.

Ouvertes, elles surgissent d'où les corps sont terrés.

Elles sont des milliers.

Tu les passes en boucle dans ta tête.



Tu en cries, toi aussi. D'impuissance.

( p 59)
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coco4649   28 juin 2017
Renee, en Elle de Cécile Guivarch
 

 

Renée, cette nuit je l’ai prise dans mes bras, elle sanglotait comme un petit enfant, blottie contre moi. J’ai essuyé les larmes sur ses joues et elle est restée longtemps, le regard dans le vide. De son corps, venaient toujours le son des sanglots qui ont perduré un long moment. Je ne sais toujours pas ce qui la fait pleurer autant, Renée. Je sais que son cœur pèse si lourd qu’après toutes ces années elle revient toujours. Je voudrais la soulager, Renée, lui dire « Ne t’en fais pas ». Seulement, de sa bouche ne sort que le cri de sa douleur. Et quand elle parle, je ne comprends pas sa langue. Sa langue d’antan que parlaient les gens de sa petite bourgade bretonne. Elle me semble si fragile, Renée, et en même temps sa peau est si dure, ses yeux sont des pierres. Des pierres par lesquelles s’écoulent des larmes et du sang.



 

 
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coco4649   28 juin 2017
Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch
Tu me viens

d’un bout à l’autre de l’océan



que font les oiseaux

sur l’horizon





[JE NE SAIS PAS SI TU ES ENCORE JEUNE]





Je ne sais pas si tu es encore jeune

ni tes cheveux gris ou blancs.

Parfois je te regarde dans les yeux,

je te dispute sur la photo.

Tu ne sais pas que je te parle,

ni les mots ni les interrogations.

Le vent disperse ma voix.

Mes mots ne vont pas là où je veux.



Les mots se perdent dans les vagues.

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coco4649   07 octobre 2017
La petite qu’ils disaient de Cécile Guivarch
 

 

des hommes des femmes aussi

n’ont pas d’âge ou plutôt on n’en sait rien on s’en fiche



leurs yeux comme enfoncés dans des orbites presque sans

rien dedans ou plutôt si des yeux avec tout dedans un monde

l’arbre l’herbe la maison le chien les étoiles



lui un prénom s’il en a un il en a un alors on dit lui le Jean-Claude il garde la main quand il en a une ses yeux scintillent éclatent autant que peuvent en deviennent rouges à force ça ressemble presque à un feu d’artifice tant il est content de tenir une main qui s’est tendue jusqu’à lui tant il se sent soudain là parmi les autres nous ses yeux brillent sa tête s’est relevée il est moins courbé le Jean-Claude tout à coup il est un homme on lui tend la main on lui dit bonjour ça va et quoi encore ses yeux qui étincellent



mais la main s’échappe la main a peur le regard fuit ses yeux s’éteignent la tête se penche plus près du sol encore Jean-Claude redevient le Jean-Claude
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coco4649   28 juin 2017
Planche en bois de Cécile Guivarch
 

 

Toujours grand père son odeur de grand père.



Celle des champs de la paille et du foin.



On plonge le nez dedans, on l’écoute jusqu’au silence. Quand ça remue ça recommence. Toujours grand-père moi grand-père sur le chemin interdit sauf riverains. À pied c’est facile. Toujours ta main plus grande que ma main. L’eau de la fontaine a du goût. Elle est d’ici et s’écoule je ne sais où. Toujours grand-père les herbes sont hautes grand-père. Viens, nous devons courir contre l’air. Il est encore temps grand-père.

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coco4649   28 juin 2017
S'il existe des fleurs de Cécile Guivarch
DES HOMMES TRESSAILLENT…





des hommes tressaillent

là où ce qui commence tend à disparaître

ils guettent ce qui tend à la nuit

se rassemblent en prières



tout tient dans les ruines

un vide qui ne ressemble à rien

ils ont puisé leurs forces

pour un fragment

une infime part de nudité



ensevelis par les fleurs

les mauvaises herbes

tout ce qui les entoure

vestiges qu’ils taisent

leur désastre offert au vent
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brigetoun   27 avril 2010
Coups portés de Cécile Guivarch
étoiles dans ses yeux on voit bien qu’elle les aime sûrement s’agit d’une autre petite fille ne sait pas dire si ça plaît s’efforce et fait mal le sent bien trop de bricoles derrière grince des dents dentier clic clac hum
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coco4649   28 juin 2017
Coups portés de Cécile Guivarch
 

 

vieux poirier zéro fruit en a entendu des vertes et pas mûres

en bribes ça suffit leur somme de choix puis nous aujourd’hui

en partie achevés traversés tous pores traces sans s’en aller

elle en avait des couches 7 ou 8 l’hiver 54 marque cent rides

hiver à moins 15 et mourir sans charbon la frousse aux fesses

débarquaient les allemands embarquaient le civet de lapin zut

lèvres serrées corps mouillé tant ça fout la trouille la flip

le soldat caché encavé n’en peuvent plus de cette sale guerre

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