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Note moyenne 3.94 /5 (sur 18 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bar-sur-Aube , le 05/03/1966
Biographie :

Enseignant, essayiste et poète, Olivier Barbarant a passé son enfance en Champagne.
Etudes en banlieue parisienne à partir de 13 ans, bac en 1983 et classes préparatoires au lycée Henri IV, avant l’agrégation de lettres modernes en 1989. Thèse sur Aragon, dont il deviendra un des spécialistes reconnus.
En 1992, il publie son premier livre, des poèmes, Parquets du ciel, chez Champ Vallon qui restera son éditeur.
Il a dirigé la publication de l’œuvre poétique de Louis Aragon dans la Pléiade.
Olivier Barbarant publie en février 2019, « Un grand instant », chez son éditeur Champ Vallon.




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À l'occasion des 40 ans de la disparition de l'écrivain Louis Aragon, retour sur son oeuvre poétique avec l'auteur Olivier Barbarant et le chercheur Guillaume Roubaud-Quashie. #bookclubculture #louisAragon #poesie ______________ Venez participer au Book club, on vous attend par ici https://www.instagram.com/bookclubculture_ Et sur les réseaux sociaux avec le hashtag #bookclubculture Retrouvez votre rendez-vous littéraire quotidien https://youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrqL4fBA4UoUgqvApxm5Vrqv ou sur le site https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/bienvenue-au-book-club-part-2 Suivez France Culture sur : Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture TikTok : https://www.tiktok.com/@franceculture Twitch : https://www.twitch.tv/franceculture

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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineB   17 mai 2022
Séculaires de Olivier Barbarant
SEPTEMBRE



Était-ce un reste de rêve confus?

Ce matin je me suis levé comme écrasé de souvenirs

Des tours d'acier des centres commerciaux

pleins de la mélancolie moderne des banlieues

Créteil Soleil La Belle Épine Les Quatre Temps

et leurs verrières barrées de pluie



La correspondante espagnole haute deux fois comme moi jetant un regard plein de soleil sur le déluge

et mes parents jeunes alors nous emmenant au cinéma



Je suis l'aîné de ce qu'ils furent et dans seize ans j'aurai

passé l'âge auquel tous deux disparurent

cela n'a pas de sens

on m'avait voué à mourir jeune et je finirais plus vieux qu'eux

dix ans depuis dix ans

de cendres à descendre

et c'est la vie sans eux qui m'aura fait vieillir



Les souvenirs sont des morceaux cela tremble et s'entrechoque

Ma mère en robe noire sous notre cerisier

Mon père traversant la salle des thèses raide et intimidé

une bouteille d'Évian à la main pour me verser un verre d'eau

ou bien leurs nuques depuis la banquette arrière de la voiture pour lui châtain pour elle variant selon les saisons

et la douceur de glisser ensemble dans la nuit du périphérique



Comme une Troie défaite dont on a rasé les remparts

Il ne reste de nous qu'une avenue glissant sans fin vers un ciel gris

Et de la main je maintiens maladroitement sur ma face

Un masque d'adulte qui glisse



Depuis dix ans quelles nouvelles

Vos petits-fils ont grandi

De ce que vous portiez l'effondrement s'est poursuivi

L'époque est morose et tragique

Comme insensé ce matin le long sanglot sur la fenêtre :



D'un automne l'autre

Je recouds des pluies.
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GeraldineB   16 mai 2022
Séculaires de Olivier Barbarant
2012



Recette pour fondre en larmes :



À chaque bonheur imminent

Succès ou fête ou premiers pas

Sorties d'école soleils naissants

Ou choses vues ou paysages



Penser aux morts qui n'auront pas

Pu partager le bref spectacle



J'y joue beaucoup cette année-là
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GeraldineB   26 septembre 2021
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
Quand je sortis de l'hôpital

Un odieux soleil m'accueillit

Faisait injure un jour égal

Sur les arbres de Montsouris



Surplombant un monde inchangé

Un ciel de paille et de lumière

Peignait un Paris arrangé

Je venais de perdre ma mère



Il n'y a rien qui rende fou

Comme le calme en plein malheur

Sans un sanglot subir debout

Une apocalypse intérieure



La méchanceté du réel

Consiste à compter pour néant

La tragédie quand pêle-mêle

Le matin chasse les perdants



Rien ne s'en voit la pelleteuse

Pousse du menton les gisants

L'aube n'est pas moins soleilleuse

Ça ne gêne pas les passants



Ce fut une étrange torture

L'impression d'un dédoublement

Pourtant qu'éviter les voitures

Jusqu'à la Porte d'Orléans



Un moi faux filait à grands pas

Entre le tram et les façades

L'autre gardait entre ses doigts

L'affreux verdict d'une main froide



J'avais versé toute une nuit

Des mots tièdes sur cette glace

Un murmure aussitôt détruit

Un babil d'amour à voix basse



Pour tout écho un écran vert

Décomptait un cœur qui lâchait

À court parfois de faits divers

Lançant un prénom j'espérais



Que par magie la mort régresse

On a dit l'amour plus fort qu'elle

Mièvre fable quand disparaissent

Les battements artificiels
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coco4649   03 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE AUX FONTAINES





Il y eut les soirs de novembre le bar sordide

Les pleurs à rechercher la compagnie des yeux

Simplement des poings et des yeux interchangeables

Pour que la mort ne se voie pas trop



Il y eut sous le ciel picard

Notre première aurore le gris soudain plus beau

Que de sourires dans nos brumes le bouquet plus grand que

 moi je le traînais

Sur l’asphalte d’immenses roses comme ferait un balayeur

Le cœur battait vraiment pour la première fois j’allais à ta

 rencontre

Et je jetais dans les pétales sans le savoir la poussière de mes

 propres pas



Depuis j’énumère et ce sont des rêves à peine

Tout a fané et tout demeure Presque on aurait honte à le dire

Tant est simple dans les fontaines

L’inventaire des eaux glacées.



p.67

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coco4649   09 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE À CE QUI RESTE DE L'ENFANCE





Il fait froid et gris aujourd'hui l'argent du jour lentement se

 love aux carreaux

Je me demande ce que j'ajoute à la terrible nudité des choses

J'aimerais parler quelquefois comme on déshabille la vie

Comme on ôte au poisson sa panoplie d'écailles comme on

 retire le velours d'un fruit

Écrire à cru sans plus rien de moi-même qui s'entortille à

 l'évidente platitude

À la brutalité de la lumière sans le vouloir que chaque fois

 j'adoucis…



p.68
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GeraldineB   26 septembre 2021
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
CHANT DE LA PORTE SAINT-MARTIN



Pièces vides

Fauteuils où dorment des fantômes

Où ne s'asseyent plus que des souvenirs



Il n'est pas possible que rien ne soit changé

Le broc à eau inamovible sur la table de la cuisine

Les journaux pêle-mêle dans le bac à revues

Tout me toise

Tout conspire à prétendre à votre nullité

Votre départ comptant pour rien devant

Le dur dédain des choses



J'ai beau écrire que le jour n'a plus le droit de renaître ni de lancer

Sa main pâle et livide à l'arête des toits

Que les vitrines des cafés n'ont plus lieu d'être quand vos reflets n'y passent plus

Les deux portes de pierre noire et jaune enjambant les boulevards

Ne cessent pourtant pas d'y jouer les écluses

De minute en minute arrêtant ou laissant s'écouler

Tantôt le serpentement monstrueux de la circulation

Tantôt les feux des phares qui s'y écrasent à rythme régulier

Chaque vague y jetant l'ordinaire tumulte de moteurs relancés ou force crissements de freins



À mi-chemin des deux arches sales le bureau de tabac vit sa vie

Des foules se forment qui tard s'émiettent

Devant la bouche du métro des géants africains invitent les passantes à se rendre

Dans l'un des nombreux salons de coiffure poussés un peu partout



Une nuit criarde faite de néons roses vante des mots absurdes Le Plomb du Cantal La Botte d'Italie Le Banquet du Bosphore

À croire que seule demeure

De notre déchirure une géographie devenue insensée



Le ciel indifférent où charbonne la nuit

Le soir griffé de voitures

Se reproduisent



Quoi que je fasse le présent grouille dont vous n'êtes plus.



(Poème écrit pour ses parents, morts à huit mois d'intervalle)
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Olivier Barbarant
Henri-l-oiseleur   11 avril 2020
Olivier Barbarant
Aujourd’hui le monde entier est sur ma table, entre la tasse sale

et les restes d’un croissant. Il faut pour lire

ou pour écrire ou tout simplement pour penser

résister à la tentation de savoir ce qu’ont déclaré le président américain,

une agence d’évaluation (évidemment indépendante)

ou une association de consommateurs

condamnant le dernier scandale alimentaire ou pharmaceutique ; et à plus tard

repousser le nettoyage des courriels (deux réunions, une esthéticienne de Mulhouse prodigieusement décolletée proposant ce qui s’appelle une amitié numérique)

si bien que le silence est de plus en plus difficile à bâtir,

que seul le front penché sur l’ivoire inchangé des pages peut le favoriser. Le calme

est devenu un combat, la durée un effort.
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ninachevalier   22 octobre 2022
Séculaires de Olivier Barbarant
Coronaballade



Je n'ai jamais tant vu d'azur

Qu'en ces semaines prisonnières

Tandis qu'en mes jours ordinaires

Paris le découpe en lanières

Aux ciseaux gris de ses toitures



S'invente en avril un été

Quand l'interminable dimanche

Offre à nos regards confinés

Un bras de soleil dans les branches

De mon petit jardin carré



Hormis le ciel toute aventure

Ne nous vient plus que des écrans

S'y succèdent des figurants

Qui pontifient et doctement

Versent leur horrible parlure



( début )
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coco4649   01 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE AUX FONTAINES





C’est curieux sitôt qu’on en fait le compte

Ne reste de vivre que riens

Au mieux ce qu’on en voit à la surface des fontaines



Dans la ville ronde il me revient un soir d’été

On traversait la rivière elle avait mis sa plus belle robe

C’était une explosion de réverbères et de bijoux

Et c’est banal je le sais bien ces affaires de baisers donnés

 dans l’odeur des roses

Ses lèvres qui sentaient l’orange chaude je n’y peux rien

De tous les torses qu’on a croisés ne reste qu’une même

 romance

Leur cœur bat pareil dans le souvenir…



p.65



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coco4649   27 juillet 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ÉLÉGIES ÉTRANGLÉES



CHANT DE LA PORTE SAINT-MARTIN





Pièces vides

Fauteuils où dorment des fantômes

Où ne s'asseyent plus que des souvenirs



Il n'est pas possible que rien ne soit changé

Le broc à eau inamovible sur la table de la cuisine

Les journaux pêle-mêle dans le bac à revues

Tout me toise

Tout conspire à prétendre à votre nullité

Votre départ comptant pour rien devant

Le dur dédain des choses…



p.151

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