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Note moyenne 3.43 /5 (sur 7 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bar-sur-Aube , le 05/03/1966
Biographie :

Enseignant, essayiste et poète, Olivier Barbarant a passé son enfance en Champagne.
Etudes en banlieue parisienne à partir de 13 ans, bac en 1983 et classes préparatoires au lycée Henri IV, avant l’agrégation de lettres modernes en 1989. Thèse sur Aragon, dont il deviendra un des spécialistes reconnus.
En 1992, il publie son premier livre, des poèmes, Parquets du ciel, chez Champ Vallon qui restera son éditeur.
Il a dirigé la publication de l’œuvre poétique de Louis Aragon dans la Pléiade.
Olivier Barbarant publie en février 2019, « Un grand instant », chez son éditeur Champ Vallon.




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Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017). Le Dictionnaire des mots en trop : Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt. Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps. Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants. Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi. http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   03 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE AUX FONTAINES





Il y eut les soirs de novembre le bar sordide

Les pleurs à rechercher la compagnie des yeux

Simplement des poings et des yeux interchangeables

Pour que la mort ne se voie pas trop



Il y eut sous le ciel picard

Notre première aurore le gris soudain plus beau

Que de sourires dans nos brumes le bouquet plus grand que

 moi je le traînais

Sur l’asphalte d’immenses roses comme ferait un balayeur

Le cœur battait vraiment pour la première fois j’allais à ta

 rencontre

Et je jetais dans les pétales sans le savoir la poussière de mes

 propres pas



Depuis j’énumère et ce sont des rêves à peine

Tout a fané et tout demeure Presque on aurait honte à le dire

Tant est simple dans les fontaines

L’inventaire des eaux glacées.



p.67

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coco4649   09 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE À CE QUI RESTE DE L'ENFANCE





Il fait froid et gris aujourd'hui l'argent du jour lentement se

 love aux carreaux

Je me demande ce que j'ajoute à la terrible nudité des choses

J'aimerais parler quelquefois comme on déshabille la vie

Comme on ôte au poisson sa panoplie d'écailles comme on

 retire le velours d'un fruit

Écrire à cru sans plus rien de moi-même qui s'entortille à

 l'évidente platitude

À la brutalité de la lumière sans le vouloir que chaque fois

 j'adoucis…



p.68
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Olivier Barbarant
Henri-l-oiseleur   11 avril 2020
Olivier Barbarant
Aujourd’hui le monde entier est sur ma table, entre la tasse sale

et les restes d’un croissant. Il faut pour lire

ou pour écrire ou tout simplement pour penser

résister à la tentation de savoir ce qu’ont déclaré le président américain,

une agence d’évaluation (évidemment indépendante)

ou une association de consommateurs

condamnant le dernier scandale alimentaire ou pharmaceutique ; et à plus tard

repousser le nettoyage des courriels (deux réunions, une esthéticienne de Mulhouse prodigieusement décolletée proposant ce qui s’appelle une amitié numérique)

si bien que le silence est de plus en plus difficile à bâtir,

que seul le front penché sur l’ivoire inchangé des pages peut le favoriser. Le calme

est devenu un combat, la durée un effort.
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coco4649   01 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE AUX FONTAINES





C’est curieux sitôt qu’on en fait le compte

Ne reste de vivre que riens

Au mieux ce qu’on en voit à la surface des fontaines



Dans la ville ronde il me revient un soir d’été

On traversait la rivière elle avait mis sa plus belle robe

C’était une explosion de réverbères et de bijoux

Et c’est banal je le sais bien ces affaires de baisers donnés

 dans l’odeur des roses

Ses lèvres qui sentaient l’orange chaude je n’y peux rien

De tous les torses qu’on a croisés ne reste qu’une même

 romance

Leur cœur bat pareil dans le souvenir…



p.65



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coco4649   27 juillet 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ÉLÉGIES ÉTRANGLÉES



CHANT DE LA PORTE SAINT-MARTIN





Pièces vides

Fauteuils où dorment des fantômes

Où ne s'asseyent plus que des souvenirs



Il n'est pas possible que rien ne soit changé

Le broc à eau inamovible sur la table de la cuisine

Les journaux pêle-mêle dans le bac à revues

Tout me toise

Tout conspire à prétendre à votre nullité

Votre départ comptant pour rien devant

Le dur dédain des choses…



p.151

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coco4649   03 avril 2019
Un grand instant de Olivier Barbarant
Au moment de mourir…





Extrait 2



Maigre récolte : des lumières, des épaules et des regards,

à peine un film de vacances, de la musique et quelques mots,

des vers de Racine, « je dépasserai

ma gorge et mon chant » ; un peu de sable

et quelques flammes ; la peau laiteuse d'une rivière

qu'un plongeon disperse, et d'où jaillit



toute une vie : des gouttes d'eau, un peu de perle.
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coco4649   15 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
LA DER DES DER





Sur l'estrade du bal des pompiers je me noierai d'un discours

 absurde me tromperai comme toujours bégaierai bien

 entendu



Et personne pourtant n'en tiendra compte ni rigueur



Parce que la langue de toute façon tout le monde ce soir-là

 saura ou bien aura appris à l'occasion qu'elle est faite pour

 s'embrasser



Tourner sa valse dans ta bouche



Tout le français fait pour t'aimer et rien d'autre



Seulement son atonie Musique et mots entremêlés leurs ramas

 de neige qu'on croque



Et qu'aurait-on besoin tu le sais de comprendre …



p.58-59
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coco4649   02 août 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
ODE AUX FONTAINES





Il y eut à Aix la joie de juillet

À Marseille un premier sourire

Et sous les toits l’atroce studio surchauffé

Où le soleil tombait tout droit sur notre fièvre

Un corps de miel sur un matelas



À Londres il était allemand

Et bruns et blonds tout se mélange



Tout se dérègle tout se raie à mesure que sont faits les comptes

C’est à peine s’il reste à la page un ou deux signes de croix

Quand un jambage couleur de ciel peut-être suffirait

Au lieu de mes repentirs une initiale dans de la neige la trace

 d’un insecte



p.66-67

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Olivier Barbarant
alzaia   09 avril 2016
Olivier Barbarant
Si je reviens faites de moi par pitié la vapeur d'un bain

La moitié d'une feuille d'arbre la fleur très jaune des courgettes

La cendre dans le vent un instant à se prendre pour une aile d'oiseau

Mieux encore une tasse vide un ourlet déchiré

Un peu de fil en trop dépassant d'une étoffe

En sursis de ciseaux



De la farine au fond d'un moule

Un pétale tombé que les passants piétinent

À l'aube de janvier du givre sur un pare-brise

Les restes tordus d'un mégot

Ou bien le galon de dentelle sur un voilage qu'un peu de vent très doucement secoue



Rien plus qui pèse en tout cas rien qui pense

J'ai si souvent rêvé des formes délivrées de l'eau

De ce qui coule sans compter de la vague enviant l'écume à ses cheveux

Sur le rocher brisé un instant qui s' envole

J'ai si souvent voulu le faire hémorragie

Qu'il y aurait à rejouer le même rôle une amère ironie

J'ai songé bien des jours avoir perdu mon poids de peau et de passé

Au point d'enfin sentir du frisson le vrai cataclysme

D'un sourire l'exact ravage qu'autrement notre échelle nie

Tant la beauté est un cristal et l'homme devant trop passif

Et fut-ce à force ou par hasard j'ai pu sauver une stature de fin d'enfance

Plus près du sol où l'herbe pousse et l'épaule toujours étroite

Passant bien mieux la porte des jardins



J'ai jalousé des flaques d'eau

La poussière en avril à travers les vitres que le soleil pétrit

Toute une vie durant j'ai pris modèle sur la pluie

Battue de vent toujours et qui ne brille qu'effondrée

Plus que tout j'ai craint m'endurcir



Dès qu'un pas s' absentait dans l'appartement vide

J'avais peur de ne plus pleurer

Comme on sait si bien faire à l'âge où le visage n'avait pas décidé de ses traits

Car je sens bien ne rien valoir qu'à l'endroit où je me déchire

Où cela me saigne je suis

*

Je n'ai vécu vraiment qu'au pilori des choses

Un réveil par exemple peuplé d'émous face aux paupières pleines de rêves

La pulpe des songes réfugiée dans les lèvres qui vous frôlent et s' en vont

Et quand la silhouette après tourne l'angle de la rue

Le premier matin de juillet soudain qui vous écorche

Vous explique ce qu'est vraiment la vie



Je n'ai jamais aimé que du temps suspendu

Aux corniches des toits que le soleil allume

Les cris des martinets comme un collier rompu

Tout ce qui ne vaut pas et personne n'en parle

Tant c'est sans prix sans poids sans importance aucune

Que les nuées plus ou moins peignées



Si je reviens faites de moi une page tournée

La lettre qu 'on n'expédie pas

N'allez pas déranger un messie pour qu'on m'ôte mes bandelettes

Qui sait en sortant de sa nuit de quoi Lazare aurait rêvé

Être un brin d'herbe terre sèche ou bien pierre aux margelles des puits



Je ne veux pas de la grandeur ni de la vision retrouvée

Et d'avance je vous préviens je ne tiendrai pas sur mes jambes

Je suis un miracle raté



Faites de moi moins qu'une moustache de chat

Dans la nuit qui frétille un trébuchet pour les flocons



Faites de moi moins au moins que moi-même

Un cil qu'on chasse d'une joue

Ou au bord d'une bouche en M

Que je voudrais en minuscule.
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coco4649   07 avril 2016
Odes dérisoires et autres poèmes de Olivier Barbarant
Le cadran des jours





Le soleil forme un fruit coupé

à la lame de l'eau. Des feuillages

en trop, des façades, et les néons éteints

réduits à l'état de squelette

pour parachever le bouillon.



Il n'y a pas la moindre aquarelle

à soutirer aux apparences, même si

au loin l'aube rose brode un drapeau.



p.121

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