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Note moyenne 3.78 /5 (sur 49 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Gembloux , le 27/12/1940
Biographie :

William Cliff, de son vrai nom André Imberechts, est un poète belge de langue française.

Quatrième d'une fratrie de neuf enfants, il fait des études de lettres et de philosophie. C'est de cette époque que date sa passion pour le poète catalan Gabriel Ferrater (1922-1972), qu'il rencontrera, traduira en français, et qu'il reconnaîtra comme son influence majeure.

Ses poèmes ont la chance d'être remarqués rapidement par Raymond Queneau, et il sera systématiquement édité par Gallimard jusqu'en 1986.

Il vit à Bruxelles d'où il s'échappe fréquemment pour voyager, d'abord en Europe, puis jusqu'en Asie et en Amérique. Ces voyages, qui feront la matière des recueils "America" (1983) et "En Orient" (1986), donneront un nouveau souffle à son œuvre.

Il participe en 1984 à l'écriture de l'album "Silicone Lady, Motel Suicide" de la chanteuse franco-japonaise Megumi Satsu en livrant deux titres : "Tout est amour" et "Clocharde" (Polydor 1984). Il a rendu hommage à son compatriote Conrad Detrez (1937-1985) en 1990.

William Cliff publie également des romans.

Lauréat de nombreux prix, il a reçu le Prix Maurice Carême en 1993, le Grand prix de poésie de la SGDL (Société des gens de lettres) en 2006 pour l'ensemble de son œuvre, le Grand prix de poésie de l'Académie française en 2007 pour l'ensemble de son œuvre poétique, le Goncourt de la poésie 2015 pour son recueil "Amour perdu".

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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3   24 février 2015
America / En Orient de William Cliff
dans la rue les rickshaws alors commencent

leurs infernales pétarades et les

autos n'arrêtent pas de klaxonner

les vaches iront brouter près des rigoles

les déchets entassés à leur usage

oh qu'il est doux de voir leur si paisible

marche au milieu de la foule qui grouille

ou bien attelées à des charrettes on les

fera tirer le joug avec leur bosse

et s'en aller au milieu du trafic comme

des vaisseaux calmement fendant les flots

balançant en mâture leurs deux cornes

que leur maître peut souvent avoir co-

loriées ou ornées de divers plumets

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Pirouette0001   09 juillet 2018
Matières fermées de William Cliff
61.

Dans cette ville il y avait un marché

où je m'arrêtai à une bizarre échoppe,

où des gens souriants vous faisaient à manger

et cuisaient votre viande à l'abri d'une hotte.



Je me souviens d'avoir aimé la nourriture

que vous me fîtes, gens d'on ne sait quel pays,

je n'osai pas vous demander quelle nature

était la vôtre dans cette ville d'exil,



ni quelle était cette langue que vous parliez

avec la belle humeur qui vous était propice

parce que j'étais plus que vous un étranger

dans ce lieu qui me serait bientôt un supplice,



cet Oxford si pétri de l'Orgueil qu'il proclame

sans soupçonner l'Ennui énorme qui le damne.
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Myriam3   16 février 2015
America / En Orient de William Cliff
Comment triomphiez-vous dans la plus sombres des batailles

Celle où l'on prend le goût de poignarder sa propre chair?



C'est que sans doute vous étiez au dedans de vous-mêmes

déjà pareils à ces déserts où le vent vous promène

ravagés de désastres et le coeur plus que confondu



d'avoir essuyé sur la terre un sanglant anathème

qui vous fit préférer le sel de la mer inhumaine

à l'inhumanité des humains qui vous ont déçus
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coco4649   03 juillet 2015
Homo sum de William Cliff
ATTENDRE





Cinquante fois, cinquante fois que j’ai été traîner

mon espoir comme un mollusque sa glu dans ce bar noir

d’insectes grouillants, cinquante fois pour te voir, j’ai vu

mil sacs humains ignorant tout de toi, ignorant tout

de moi, indifférents à ton absence, à ma présence

isolée aussi insignifiante qu’était la leur

groupée par trois ou quatre avec pour toute connaissance

ce savoir qu’on est trois ou quatre ensemble en ce bar noir

d’insectes qui ne se connaissent pas — Cinquante fois

j’ai bu un stout en attendant sans trop y croire

tout en croyant qu’en attendant quelques minutes encore

juste quelques minutes... mais les minutes passaient

et je m’enfonçais dans la nuit comme en un lac de boue.

Cinquante fois quand le trou noir du bar s’était vidé

et qu’il m’avait vomi comme un bousier mal digéré,

cinquante fois j’ai repris mes pieds fatigués et j’ai

mesuré les rues de la nuit avec mon désespoir.

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Myriam3   23 février 2015
America / En Orient de William Cliff
"There was nothing but that savage Ocean between us and Europe."



approche approche-toi monstre brutal

viens donc vomir selon ton habitude

tes filandreux rouleaux d'algue et d'écaille

en ricanant de ton rire d'écume

il me semble aujourd'hui que ton allure

se fait plus vive aurais-tu pas comme une

désir de bouffer quelque humain destin

pour te venger qu'à tes deux flancs l'on joue

à défier ta force à coups d'engins

qui te surmontent et volent sur tes joues

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Myriam3   12 février 2015
America / En Orient de William Cliff
Un silence insolite est tombé sur notre équipage

on n'entend plus que lui le vent siffler entre les câbles

et les poissons volants bruiter en rechutant dans l'eau
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William Cliff
blanchenoir   19 décembre 2015
William Cliff
Attendre



Cinquante fois, cinquante fois que j’ai été traîner

mon espoir comme un mollusque sa glu dans ce bar noir

d’insectes grouillants, cinquante fois pour te voir, j’ai vu

mil sacs humains ignorant tout de toi, ignorant tout

de moi, indifférents à ton absence, à ma présence

isolée aussi insignifiante qu’était la leur

groupée par trois ou quatre avec pour toute connaissance

ce savoir qu’on est trois ou quatre ensemble en ce bar noir

d’insectes qui ne se connaissent pas — Cinquante fois

j’ai bu un stout en attendant sans trop y croire

tout en croyant qu’en attendant quelques minutes encore

juste quelques minutes... mais les minutes passaient

et je m’enfonçais dans la nuit comme en un lac de boue.

Cinquante fois quand le trou noir du bar s’était vidé

et qu’il m’avait vomi comme un bousier mal digéré,

cinquante fois j’ai repris mes pieds fatigués et j’ai

mesuré les rues de la nuit avec mon désespoir.



William Cliff- Homo sum ( 1973)
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Piatka   18 juin 2018
Au Nord de Mogador de William Cliff
PETIT INSECTE HUMAIN



Petit insecte humain qui rampes sur la terre

Dont l’incertain destin te désole et t’atterre

quand par un soir d’été tu t’en vas plein de doute

écoutant la rumeur qui vient d’une autoroute,



et qu’elle te semble extraordinaire quand même

et palpitante l’existence que tu mènes

malgré les cruautés qui sévissent parfois

entre quelques cités travaillées par des voix



méchantes qui font que comme des sales bêtes

les hommes s’entretuent pour d’ineptes prétextes,

oui par ce soir magique qui s’intensifie,

tu dis merci de pouvoir vivre cette vie



et dans le matin déjeuner assis dehors

recevant du soleil ses merveilleux trésors.
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nathalie_MarketMarcel   10 mai 2011
Le sentiment de l'existence de William Cliff
Quand le soir approchait je descendais des cimes de l’île et j’allais volontiers m’asseoir au bord du lac, sur la grève, dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent que je m’en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser.
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Nelja   26 juin 2013
America de William Cliff
j'accroche à mes pensées l'idée suspecte

de durer sans savoir à quoi durer

à longueur de journées je me répète

de continuer à vivre et respirer

regarde à travers l'air cet épervier

dont le vol est miné par la fatigue

il dure néanoins dans l'air liquide

sans savoir à quoi sert tout son effort

ainsi l'on voit nombre d'humanoïdes

s'efforcer de durer jusqu'à leur mort
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