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Minh Nguyen-Mordvinoff (Traducteur)
ISBN : 2253932426
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1995)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 21 notes)
Résumé :

Publiées entre 1949 et 1966, les dix nouvelles de Mort anonyme sont autant d'expériences de la découverte de l'autre, qui peut prendre l'aspect d'un cadavre anonyme, d'un envahisseur, d'un poursuivant ou d'un extraterrestre. L'autre, ou comment s'en débarrasser ? Par la force, le déni, la persuasion ou la ruse ? Finalement, tous les repères sont bousculés. Les personnages de Kôbô Abé font connaissance avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Iansougourmer
  19 juillet 2014
Kobo Abe est un immense écrivain, et la lecture des dix nouvelles de Mort Anonyme offre un brillant extrait de son talent. le talent de Abe, et ce qui fait sa singularité, vient du fait qu'il se singularise des tendances dominantes de la littérature japonaise, qui voit les personnages se heurter à un extérieur hostile, vis à vis de leur idéaux, de leur aspirations... ou au contraire se tournent vers une contemplation paradoxale d'un monde extérieur honni mais attirant à la fois pour des personnages qui se veulent hors de lui mais sont prisonniers de cette distanciation crée de leur fait.
Rien de tel chez Kobo Abe. Ce Kafka asiatique nous montre des personnages communs, qui n'ont ni personnalité marquante ni rien de distinctif, devenir les victimes d'un monde qui se défait dans l'absurde, le délire intérieur, l'ennui, le désespoir ou le fantastique....
Les personnages d'Abe en deviennent effrayants, car ils subissent à la fois les troubles de leur univers de vie et le désordre grandissant de leur mental face à la dislocation du réelle qu'ils ne peuvent constater que de manière passive et en fait les victimes. A aucun moment ils n'ont de but, de révolte. Ils se laissant pousser par une étrange dynamique absurde, ni fatalité ni schéma narratif classique, vers soit leur disparition ( départ, mort) et ( ou ) l'établissement d'un monde absurde qui a gagné puis effacé le monde réel.
Lire Abe, c'est donc faire un expérience déprimante et nerveuse pour constater l'inanité des vies banales des personnages qui ressemblent tant aux nôtres. le tout sans implication particulière de l'auteur lui même, qui réussit le prodige de créer un pessimisme chez le lecteur sans pour autant que l'on puisse détecter la moindre implication affective de l'auteur dans ses récits, renforçant encore le trouble.
C'est donc un peu trop de trouble pour moi, et je m'en vais avec plaisir retrouver le détermination vaine mais rassurante des héros de Mishima, et son pessimisme porté en bandoulière ! Comme quoi il faut croire qu'il existe plusieurs pessimismes en littérature !
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le_Bison
  27 mars 2012
Kôbô Abe, l'un des écrivains japonais les plus « étranges » qui m'ait été donné de rencontrer au cours de mes lectures nippones. Découvert avec « Les Murs », je me replonge cette fois-ci dans son univers aux frontières du réel et de l'imagination. « Mort Anonyme », un recueil de 10 petites nouvelles publiées entre 1949 et 1966 qui ont comme point commun une ambiance à la Kafka. Il y est souvent question de psychologie, de rapports avec les autres et avec soi-même et de métamorphoses.
Que faire lorsqu'on rentre chez soi, après une harassante journée de travail, et que l'on découvre un cadavre anonyme en plein milieu de son salon ? Qu'y a-t-il dernière ce virage, au coin de la rue ? Impossible de s'en souvenir mais d'où vient cette amnésie subite ? Une famille s'empare de votre appartement et vous, que faites-vous ? Quand les décisions se prennent à la majorité, et que seul vous vous trouvez systématiquement en minorité, y a-t-il un moyen de reprendre le contrôle de son appartement et de sa vie ? Beaucoup d'interrogations face à l'aspect désopilant et déroutant de cette vie imaginée par Kôbô Abe. Mais la vie n'est-t-elle pas faite uniquement de ces petits détails, au départ anodins, mais qui mis bout à bout, en font une épopée unique et truculente pour chaque héros "Anonyme" ou "Monsieur Tout-le-monde".
Kôbô Abe vit dans un autre univers, un monde à part où l'imaginaire côtoie la réalité, un monde où la schizophrénie se vit au quotidien, vie faite de petits riens qui changent tout. Son oeuvre, riche en nouvelles et en récits surprenants, mériterait d'y consacrer quelques semaines de son temps pour se plonger avec délicatesse dans les méandres de la folie humaine. Mais peut-être que la folie n'est pas ce que l'on croit...
Et là je te regarde, fidèle lecteur de Babelio, je t'observe et j'essaye de sonder ton âme. Enfermé dans une boite crânienne hermétiquement close, ton esprit reste ton prisonnier ; il ne peut s'échapper dans un autre univers que le sien. J'ai beau essayé de forcer la serrure, rien n'y fait. Je n'ai pas ce pouvoir, seul Kôbô Abe aurait en sa possession cette clef capable d'ouvrir cette serrure, afin de libérer ton esprit vers un monde parallèle. Clef ou passe-partout, Haruki Murakami aurait la même.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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S-aureus
  12 février 2013
Quel livre étrange ! Intéressant, parfois poétique, parfois inquiétant... Ces nouvelles explorent en détail les pensées d'individus confrontés à des phénomène paranormaux et des situation étranges.
Ce qui m'a le plus perturbé, c'est que c'est histoires n'ont souvent pas vraiment de fin. le résumé à l'arrière explique assez bien le ressentit du lecteur : On sent que l'auteur ne cherche pas la voie mais invite plutôt à l'égarement.
Au final, il est dur de donner une note à ce livre tant il sort de l'habituel. Les histoires sont assez courtes, ce qui facilite beaucoup la lecture. Je pense que les fans de littérature devraient le lire cette curiosité rien que pour son étrangeté.
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moertzombreur
  17 septembre 2014
Des nouvelles de l'inquiétude.
Le génie de l'auteur est de mettre en branle un questionnement philosophique par le biais de l'écriture littéraire, de fictions qui tordent la réalité : sur l'altérité et la finitude humaine. En balançant dans des situations impossibles ses personnages, les situations n'en sont pas moins analysées de manière clinique. Mais ici, avec ce recueil de nouvelles, on assiste bien à un éclatement des limites et des cadres, où se déploient "normalement" l'esprit ou le corps, en opérant par l'écriture des glissements, la condition humaine est passée au crible des interrogations. Et au travers de ces situations ultimes, ce n'est pas simplement l'absurdité de l'existence, mais aussi le pourquoi de la persistance de sa propagation qui interrogent le lecteur. Comme tout bon philosophe, l'auteur ne donne aucunes réponses, il ne trace aucun chemin débouchant sur une quelconque révélation. Sa préférence reste le point d'interrogation, ouvrir un gouffre et voir combien de temps il est possible de le contempler. L'étonnement qui en résulte, la construction mentale du pourquoi de celui-ci, est aussi une interrogation sur la distraction qui nous détourne de l'envie de
plonger.
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M_a_r_c
  03 novembre 2017
L'univers de Kôbô Abé, auteur japonais né en 1924 et mort en 1993, est un univers à part, où l'aberration le dispute au non-sens et l'étrange au fantastique. Un univers très kafkaïen, où les repères et les limites habituels perdent leur sens, où rien n'est immédiatement anormal, mais où des situations banales, quotidiennes, dérapent progressivement, pour finir dans les brumes du surréaliste.
Kafka donc, mais au pays du soleil levant. C'est-à-dire avec une vision du monde, une façon d'appréhender les êtres et les choses qui diffèrent fondamentalement de la nôtre et qui ajoutent, pour le lecteur occidental, habitué à d'autres codes, même dans le registre de l'absurde, au côté fantasmagorique des situations vécues par les différents personnages.
Quelques exemples. Dans Mort Anonyme, première nouvelle du recueil éponyme, A. découvre un cadavre dans son appartement et ne sait comment s'en débarrasser et se comporte de différentes manières qui sont tout sauf rationnelles. Dans Les Envahisseurs, un homme rentre chez lui après sa journée et travail et trouve son logement envahi par une famille qui le réduit peu à peu en esclavage sans qu'il proteste ni réagisse de manière ferme. Dans La Vie D'Un Poète, une femme qui a filé toute sa vie s'endort au pied de son métier à tisser pour se transformer ensuite en veste sans que cela étonne beaucoup son fils.
L'absurde mis à part, le fil conducteur du recueil, s'il en existe un, est malaisé à identifier. Certains y voient la mort. D'autres la fuite. Ou encore l'autre, dans ce qu'il a de perturbateur pour chacun de nous. L'intention de l'auteur ne se dégage pas clairement. Pas plus, en fin de compte, que l'intérêt de lire ces quelques nouvelles, qui, écrites il y a maintenant plus d'un demi-siècle, ont indubitablement mal vieilli et risquent de n'être plus du goût que d'un cercle très restreint de lecteurs.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   27 mars 2012
Extrait : La vie d’un poète.
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[...] sous l’éclairage jaunâtre d’une ampoule de trente watts, la vieille femme n’eut soudain plus de fil à tisser. Elle ordonna à sa mécanique interne de s’arrêter. Pourtant, si étrange que cela paraisse, le métier continuait sa course, de lui-même.

La roue tournait implacablement, accrochant la moindre fibre. Comme il ne restait vraiment plus rien, le dernier fil s’accrocha et s’enroula autour de ses doigts. C’est ainsi qu’elle s’allongea de la tête aux pieds et s’engagea dans la roue tel un écheveau de coton. Lorsqu’elle fut complètement transformée en fil, la machine s’arrêta doucement avec un léger cliquetis.
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le_Bisonle_Bison   30 mars 2012
Extrait : Au-delà du tournant.
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Puis je m’arrêtai lentement, comme suspendu en l’air par un ressort. Mon poids, qui s’était transféré du bout du pied gauche au talon du pied droit, se déplaça à nouveau pour se concentrer dans le genou gauche. Le garçon avait disparu, le groupe de femmes aussi. J’étais seul. Le paysage se figea dans le silence, parce que j’avais fait une halte ; [...]

Toutefois, je m’étais immobilisé d’une façon inattendue, avec la sensation d’être suspendu en l’air par un ressort, comme mû par une hésitation inconsciente provoquée par la vision à la fois étrange et frappante de ce chemin escarpé, auquel je ne prêtais aucune attention habituellement. De toute évidence, je connaissais la raison pour laquelle je m’étais arrêté mais je ne voulais pas l’admettre : impossible de me rappeler ce qui se trouvait au-delà du tournant, pourtant aussi familier que ce paysage devant mes yeux.
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le_Bisonle_Bison   28 mars 2012
Extrait : Mort anonyme.
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Le visiteur était là. Allongé sur le ventre, les deux pieds joints, en direction de la porte. Mort. Bien évidemment, A. ne comprit pas tout de suite. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant qu’il ne fût saisi d’une intense stupéfaction. Secondes remplies d’un silence haletant, semblable à une feuille de papier blanc chargé d’électricité.

Puis les capillaires du pourtour de ses lèvres se contractèrent brusquement, ses pupilles se dilatèrent, sa vue se brouilla. Son odorat s’affina et il sentit tout à coup une forte odeur de cuir brut. A., occupant de l’appartement n° 7 du bâtiment M., frissonait, comme tétanisé, et prenait conscience de la gravité de la situation : un inconnu était mort chez lui, sans sa permission.
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le_Bisonle_Bison   29 mars 2012
Extrait : Dendrocacalia
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Bientôt, de la même façon que l’année précédente, l’intérieur de sa tête se retourna et il se transforma aussitôt en végétal. Ses doigts devinrent des feuilles semblables à celles des chrysanthèmes. Ni herbe, ni arbre, il s’agissait d’une plante étrange et pas très jolie qu’il voyait pour la première fois. Il tenta désespérément de remuer son corps qui se raidissait et dont il n’était plus maître. Il empoigna sa tête, l’arracha et, quand il l’eut remise à l’endroit, tout redevint immédiatement comme avant.

Non, pas comme avant. Combien de temps s’était-il écoulé ? [...]
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BMRBMR   22 août 2013
[...] J'attrapai le choléra le 14 août et mon unité me laissa dans une grange. À la nuit tombante, un autre bataillon, en provenance du Nord et naturellement en déroute, vint à passer. Je rampai hors de mon abri et agitai la main, mais personne ne s'arrêta.
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Videos de Kôbô Abe (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kôbô Abe
Rendez-vous secret Marque-page 23-06-2011
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