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ISBN : 2266177869
Éditeur : Pocket (02/11/2007)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 183 notes)
Résumé :
À l'ouest est un très beau texte qui pose le sens de l'existence humaine. Avec une écriture épurée, une économie de mots, Olivier Adam dessine trois personnages bouleversants de tristesse, de susceptibilité, de solitude. Antoine, presque adulte et encore lycéen, ne parvient pas à remplir sa vie, sombre dans l'errance ou dans les souvenirs d'enfance. Il pense à Lorette, aux histoires et confidences échangées, aux serments : "On se noierait dans un lac couvert de brum... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Renatan
  22 février 2017
« Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. le radio-réveil clignote. Les chiffres s'affichent en vert. »
 
Antoine pose son regard dans le miroir. Ce reflet de lui-même ne l'effraie pas, ou du moins ne l'effraie plus, à peine se rend-il compte qu'il n'est plus le même homme. Il revient de loin, d'un ailleurs hors du monde. Avachis sur son canapé, son quotidien se résume à fumer des joints. Allumer, tirer quelques bouffées, boire une gorgée de whisky. One Bourbon, One Scotch, One Beer. Sa quête dure depuis un sacré bout de temps déjà. Regard sur le monde environnant, recherche d'identité. Il s'accroche aux souvenirs d' « avant » - avant la grande dérape – comme pour se cramponner à l'existence. Un décor à son image...
 
« L'herbe est rase. Il a tondu la pelouse hier. Des thuyas malades, jaunis, ferment l'espace. Au milieu du jardin, près de la balançoire rouillée, traîne un ballon crevé. La plaque de bois flotte dans le vide, une corde est coupée, pas nette, tout effilochée. »
 
Où sont passés les secrets de son enfance? L'air doux et les sourires. Tom Sawyer à la lumière d'une lampe de poche, sous les draps. Où sont passés les complots et les espiègleries? Lorette et ses robes à fleurs? Son visage doux et le premier baiser, enlacés dans l'herbe chaude. Envolés dans un nuage de fumée amère. Parce qu'un jour, d'aussi loin qu'il soit, il lui faudra bien revenir. Revenir de loin. Revenir tout court. Même Léa, avec qui il couche de temps en temps, préfère « rester amis ». La phrase qui tue. C'est comme ça quand on ne peut plus faire confiance. Léa est partie.
 
Le récit est parsemé de détails du quotidien qui rendent compte de sa douleur, qui accentuent le drame qui se joue, sous nos yeux de lecteur. Les allers-retours du présent au passé semblent être une façon de se rassurer, enviable ou non, quand tout nous échappe. Serait-ce aussi ce brin de nostalgie qui sommeille au creux de ses tripes? Chez Antoine, le temps s'est un peu arrêté pour tout le monde. Une famille banale, comme bien d'autres, et qui cherche à se retrouver. Mais trop tard. Sa soeur Camille s'isole, fume et sèche ses cours. Elle tente de survivre à une mère dépressive, partie sans donner de nouvelles. Elle se cherche, recherche l'amour. Antoine lui ressemble et en a conscience. Coup de poing au coeur. Tel un boomerang, nos racines nous heurtent parfois en plein visage. C'est comme ça...
 
« Il la regarde et il sait qu'ils sont pareils. À sa démarche, à son regard inquiet, sa réserve et ses ongles rongés, les bouts de peau qu'elle s'arrache. Ils sont pareils. Seuls et pareils dans la nuit des nationales. Sortis sur la pointe des pieds, maladroits… »
 
Olivier Adam m'a offert, une fois encore, une immersion dans un monde où le quotidien est drapé de souvenirs amers. Où l'âme et la mer s'unissent pour rompre la vague meurtrière du temps qui passe. La rumeur des eaux n'est pas loin. Il suffit de tendre le regard, quelque part À l'ouest.
 
« Les vagues s'échouaient sans violence, lourdes et épuisées. »
 
« J'ai fermé les yeux. So long Marianne sur le ressac. »
 
Merci Bison, je deviens complètement accro à ce Adam et ses états d'âme :-* 
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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Croquignolle
  21 juin 2015
La plume d'Olivier Adam est toujours aussi efficace. En l'espace de quelques minutes, elle m'a plongée au coeur du quart monde émotionnel de cette famille monoparentale. Tout part à la dérive. J'assiste désespérée à la plongée de chacun. Marie, la maman, désemparée, incapable d'aider ses enfants à grandir dans un cadre sécurisant. Antoine, passant ses journées entre alcool et joints, qui tente d'oublier un quotidien trop triste et des dérives amicales et amoureuses trop violentes. Camille, portant à bout de ses bras d'enfant son frère désoeuvré et sa mère fatiguée, qui s'accroche à force de prières à un Dieu qui rassure ses angoisses . L'ambiance est pesante. L'air frais manque. le temps s'arrête.
Heureusement, le roman touche à sa fin, laissant les côtes bretonnes panser les plaies et les douleurs. Un espace de liberté s'ouvre... Dorénavant tout ne sera peut-être plus si sombre...
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MllePeregrine
  06 décembre 2011
Après avoir lu "Je vais bien, ne t'en fais pas", que j'avais vraiment beaucoup aimé, j'ai lu "A l'ouest". A se demander si l'auteur lui-même ne l'était pas, à l'ouest, car j'ai trouvé le style trop confus, ce qui m'a fait totalement décrocher de l'histoire.
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zizanette
  30 janvier 2010
Roman d'Olivier Adam que j'avais remarqué avec "Je vais bien ne t'en fais pas". Il brosse ici le portrait d'une famille à la dérive. Dans cette famille, il y a Marie, la mère; Camille et Antoine les deux adolescents.
En manque de repères, Antoine sèche les cours, il boit, traîne et cherche souvent la bagarre. Camille, elle, trouve un peu d'apaisement dans la prière. Un jour, alors que ses enfants passent le week-end chez leur père dont elle est séparée, Marie quitte la maison sans prévenir qui que ce soit. Elle retourne dans la maison de ses parents aujourd'hui décédés, en Bretagne...
Ce roman très bien écrit mélange les voix ce qui perturbe un peu au début mais donne au final plus de puissance au récit; tantôt c'est un narrateur extérieur qui s'exprime, tantôt Marie, Antoine ou Camille qui livrent leurs pensées, leurs souvenirs ou leurs doutes. On ne sait trop que faire pour eux. Ils manquent de repères, semblent résignés, dénués de désirs. Ils ne trouvent pas de sens à leur vie.
Ce livre m'a beaucoup touchée mais aussi laissée un peu désemparée, car il n'apporte pas de réponse. Que faire lorsqu'on se sent seul au sein de sa propre famille? C'est aussi un peu le reflet malheureusement de notre société d'aujourd'hui où règnent trop souvent l'égoïsme et le chacun pour soi. Que faire alors quand on est trop sensible et que l'on ne trouve pas sa place? Beaucoup d'interrogations subsistent donc à l'issue de cette lecture, qui ne peut pas laisser indifférent...

Lien : http://zizanette.over-blog.c..
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alex23
  08 juillet 2012
Je n'ai vraiment pas apprécié ce livre. Dommage, car la trame de fond me plaisait bien et l'auteur aurait pu exploiter le sujet autrement.
Ce qui m'a vraiment dérangé tout au long de ma lecture, c'est le style totalement décousu et souvent incohérent. Je n'ai pas su m'attaquer aux personnages. A l'ouest, titre assez bien choisi pour définir ce livre...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   26 mars 2011
[Incipit.]

Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s'affichent en vert. Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte. La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu le pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit bientôt flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi.
Maintenant, le silence est tout à fait installé. À peine, au loin, le moteur des voitures, le bus qui ralentit, s'immobilise, ouvre et referme ses portes, repart, le cri des enfants traînant des cartables trop lourds, portant des tenues trop chaudes, la voix d'une femme (Kevin fais attention tu vas te salir), une poubelle que l'on rentre et dont les roues claquent contre le trottoir. La vie du lotissement. Tout ça très menu dans la douleur du crâne.
Antoine se frotte les yeux, s'étire, repousse les draps. Il tend la main vers la droite, tâtonne et ren­contre un paquet de cigarettes. Il l'écarté, cherche du bout des doigts le petit cône de papier, le briquet. Joint du matin, chagrin. Joint du soir, espoir. Il l'allume, tire une bouffée. Il reste ainsi à fumer dans le noir quelques minutes. Il se gratte les cheveux, s'étire, enfile un tee-shirt qui sent la sueur. Écrase son mégot au fond d'un verre. Se lève et gagne la salle de bains. Il pisse, puis passe de l'eau sur son visage et sur ses cheveux. Il se regarde dans la glace, tente un sourire. Essaie de détailler les diverses imperfections de sa peau. Ses yeux s'égarent dans la blancheur des murs carrelés. Ses mains tiennent le lavabo. Il se dandine d'avant en arrière. Il ne regarde rien, ne pense à rien. Il reste là cinq minutes. Puis semble revenir à lui, d'un bref clignement de paupière. Quelque chose pue. Un retour d'égout ou un truc comme ça, qui remonte dans les tuyaux, sort par la douche. Antoine vomit, éclabousse le lavabo et le carrelage autour, jusqu'au miroir. À grande eau, à coup d'Ajax, de Monsieur Propre, il efface les traces.
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le_Bisonle_Bison   27 février 2012
Antoine se frotte les yeux, s’étire, repousse les draps. Il tend la main vers la droite, tâtonne et rencontre un paquet de cigarettes. Il l’écarte, cherche du bout des doigts le petit cône de papier, le briquet. Joint du matin, chagrin. Joint du soir, espoir. Il l’allume, tire une bouffée. il reste ainsi à fumer dans le noir quelques minutes. Il se gratte les cheveux, s’étire, enfile un tee-shirt qui sent la sueur. Écrase son mégot au fond d’un verre. Se lève et gagne la salle de bains. Il pisse, puis passe de l’eau sur son visage et sur ses cheveux. Il se regarde dans la glace, tente un sourire.
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ChezLoChezLo   27 avril 2011
Antoine se frotte les yeux, s'étire, repousse les draps. Il tend la main vers la droite, tâtonne et rencontre un paquet de cigarettes. Il l'écarte, cherche du bout des doigts le petit cône de papier, le briquet. Joint du matin, chagrin. Joint du soir, espoir. Il l'allume, tire une bouffée. il reste ainsi à fumer dans le noir quelques minutes. Il se gratte les cheveux, s'étire, enfile un tee-shirt qui sent la sueur. Ecrase son mégot au fond d'un verre. Se lève et gagne la salle de bains. Il pisse, puis passe de l'eau sur son visage et sur ses cheveux. Il se regarde dans la glace, tente un sourire.
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CannelleetBergamoteCannelleetBergamote   26 mars 2012
Sur la petite plage encaissée, aussi : les jeux, enfants, et plus tard le temps inlassable à regarder la mer et l'horizon, à percer là un vieux mystère qu'on ne comprend jamais vraiment. Cette fascination-là. Le bien que ça fait. Ce que ça procure. Comme si soudain notre esprit prenait ces dimensions-là. Comme si soudain tout s'élargissait. Tout ça si étriqué au fond. La vie.
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alicejoalicejo   30 août 2010
Comme chaque midi, elle écoutera l'air absent les conversations de ses voisins. On parle des vacances. Qu'elles soient dans deux semaines ou dans six mois, ça revient toujours, comme on parle de s'évader, comme on attendrait la sortie de prison, comme la quille au service militaire.
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