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ISBN : 2919285106
Éditeur : Editions Antidata (15/11/2013)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"Jusqu'ici tout va bien" est le titre de notre dernier recueil collectif, qui vient de paraître. Il a pour thème la phobie, et comporte les textes pétris de peurs en tous genres de (par ordre d'apparition des symptômes) Sébastien Gendron, Stéphane Monnot, Olivier Boile, Christophe Ségas, Ludmila Safyane, Laurent Banitz, Frédérique Trigodet, Gilles Marchand, Bertrand Bonnet, X, Marie Lelièvre, et Hélène Frank.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Charybde2
  17 novembre 2013
Audacieuse, intelligente, enjouée : l'anthologie Antidata sur la phobie.
Publiée en novembre 2013, fidèle à une formule ayant désormais largement fait ses preuves, enchantant depuis plusieurs années les amateurs de forme courte, à la fois audacieuse, intelligente et enjouée, cette anthologie collective des éditions Antidata est consacrée à la phobie.
Après la maison (« CapharnaHome », 2010), la nuit (« Tapage nocturne », 2011), la musique (« Douze cordes », 2011), le football (« Temps additionnel », 2012) et le cinéma (« Version originale », 2013), voici le temps de la peur, sous toutes ses formes, en douze nouvelles roboratives en diable.
Sébastien Gendron (« Merci de composer votre code à l'abri des regards ») montre avec une noire malice les dégâts que peut causer la défiance vis-à-vis des distributeurs automatiques. Stéphane Monnot (« Foby chien fidèle »), dont on appréciait déjà énormément le beau recueil « Noche triste » chez le même éditeur, et coutumier des discrets hommages à Hubert-Félix Thiéfaine (ici, en exergue), explore la tentation de l'animal familier comme déversoir de nos névroses, et en exhume avec bonheur amitié et amour. Olivier Boile (« le vengeur du peuple »), dans l'un de ces paradoxes que ne renieraient sûrement ni le Goscinny d' « Astérix et les Normands » ni le Michel Folco de « Dieu et nous seuls pouvons », insinue la peur du sang au sein d'une bien respectable famille de bourreaux et en constate joyeusement les effets. Christophe Ségas (« Une Cléopâtre de Monoprix ») trouve un détour original pour confronter une surprenante phobie à la « simple » fièvre accumulatrice et consommatrice. Laurent Banitz (« Ciel dégagé sur l'ensemble du trajet ») réussit à donner – mieux que bien des films à sensation et gros budget – du corps et du nerf à la « banale » angoisse ressentie par certains au moment de prendre l'avion. Frédérique Trigodet (« Vide et interstices ») démonte la peur du vide et démontre sa nature profondément sociale, en une subtile et drôle pirouette qui mobilise joliment les dancefloors de nos adolescences et de nos jeunesses. Bertrand Bonnet (« Blanc néon »), dont on suit avec une certaine ferveur depuis longtemps les critiques littéraires sous le nom de Nébal, fait du sommeil l'ennemi, du Red Bull une bien insignifiante barrière protectrice in fine, et nous prouve en un flash éblouissant que les raisons d'avoir peur étaient sans doute bien réelles. « X » n'aura finalement pas produit pour ce recueil, mais nous fait néanmoins sourire sans difficulté. Hélène Frank (« Chez ces gens-là »), en un exceptionnel hommage à Jacques Brel, parvient à inscrire les phobies au rang des biens matériels et immatériels dignes d'être jalousement accumulés par la bourgeoisie capitaliste, et rate d'un cheveu mon podium personnel dans cette anthologie.
Mes trois préférées du recueil ne comptent donc, exceptionnellement, aucune nouvelle de Malvina Majoux, puisqu'elle ne participait pas à cette aventure-ci.
Marie Lelièvre (« Trois jours ») crée un choc à la fois tendre et atroce, dans lequel le silence n'est résolument pas d'or. « Les jours étaient passés, tout était redevenu calme mais la fillette sentait une tension latente. Elena avait entrepris un rangement, ou plutôt un tri, assez conséquent. le beurrier avait été placé dans un grand carton, en compagnie de toutes sortes d'objets susceptibles d'être renversés, cassés, ou de faire du bruit, puis mis à la benne devant la maison. »
Ludmila Safyane (« Parking ») imagine avec un brio effroyable ce qui peut se nicher dans la peur des araignées, et les dangers potentiellement mortels, quoiqu'inattendus, qu'elle peut engendrer. « Elle tâtonne, cherche l'interrupteur, elle sent que toutes les araignées du parking sont là, autour d'elle, qu'elles l'épient, qu'elles se foutent de sa gueule, qu'elles s'apprêtent à tomber sur sa robe légère, sur ses jambes nues, dans ses cheveux. ».
Gilles Marchand (« le premier tour »), en huit pages, réussit un véritable miracle d'équilibre, de malice, d'ambition, de jeu littéraire et de poésie subtile, en comblant les failles nécessaires de l'imaginaire de l'île déserte, en utilisant les notes de bas de page comme une arme de guerre littéraire, et en changeant résolument le sens de ce que peut être le « manège de la vie ». « Être allongé en plein soleil sur une plage déserte peut revêtir tous les aspects du fantasme. Les cocotiers, le rythme des vagues, quelques cris d'oiseaux marins, aucun doute le décor de rêve est en place. Sauf que 1) j'ai mal 2) je ne suis ni sur une chaise longue, ni sur un transat, ni même sur une serviette étalée sur la grève. Pour être tout à fait précis, j'ai les pieds dans l'eau, du sable dans la bouche et je ne me souviens pas avoir prévu à un moment ou à un autre de me retrouver allongé ici, à cette heure. Pire encore : 3) je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où se situe « ici ». »
Un recueil très réussi, prenant place d'emblée parmi les meilleurs d'Antidata, alliant en une subtile instabilité le rire et les larmes, sans complaisance, avec une vigueur d'écriture bien réelle. Ce qui ne doit nullement empêcher la lectrice ou le lecteur qui découvriraient seulement à présent cette magie bien particulière de se précipiter aussi, sans attendre, sur les précédentes anthologies, « Version originale », « Temps additionnel » ou encore « Douze cordes ».
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MarianneL
  23 novembre 2013
Araignées, avion, mais aussi peur des poils, des gallinacées ou bien de se salir, l'éventail des phobies est immense, aussi vaste que l'imagination humaine, et en particulier que celle des écrivains rassemblés dans ce recueil collectif, qui font vivre les phobies de façon subtile ou tragique, tranchante ou franchement drôle.
Un nouveau régal des éditions Antidata, et parmi ces douze nouvelles, j'ai été particulièrement sensible à :
- "Foby chien fidèle", une nouvelle bestialement drôle de Stéphane Monnot, dans laquelle un homme abandonné par sa femme suite au kidnapping d'un coq, acte héroïque mal compris, a sombré dans une dépression mâtinée de diverses phobies, notamment animales. Il entreprend une thérapie canino-sensuelle, alternative efficace au remède de cheval.
- "Une Cléopâtre de Monoprix" de Christophe Ségas, où Théophraste de Muhrr, homme du passé, hirsute, casanier et passionné de la culture des champignons, se met en ménage avec une sultane orientale de pacotille, qui déverse son enfermement et son désir d'évasion dans une consommation frénétique, obsessionnelle et totalement improbable. Une illustration comique des effets pervers cumulés des clichés et de la surconsommation.
- "Parking", une très grande réussite signée Ludmila Safyane, où la phobie des araignées et la toile de la nostalgie et des déceptions de la vie viennent former un piège implacable.
«Peut-être qu'elle exagère, Cristina. Pourtant, les longues pattes rectilignes se hâtaient avec raideur, savaient où elles allaient, se sont précipitées vers le tableau de bord, ont trouvé asile sous le volant, ont glissé entre les interstices, se sont fondues dans le décor, ont disparu. Disparu. Où ? Où ? … Là où personne ne pourrait les déloger ? Dans un de ces recoins dont toute technique est truffée. Maintenant la bestiole est tapie sous des câbles plastifiés, au chaud dans le futur ronronnement du moteur, planquée, ça n'a pris que quelques secondes. La chose est dans la place.»
- "Le premier tour" : l'homme sujet aux phobies est un naufragé et il prend corps ici en un feu d'artifice d'imagination et d'habileté littéraire sous la plume de Gilles Marchand.
- "Blanc Néon" de Bertrand Bonnet, où les mots sont des armes rares et percutantes, pour raconter une vie hachée en morceaux par la terreur du sommeil, et par un cauchemar blanc qui transforme la vie en noir.
- Et enfin "Chez ces gens-là" d'Hélène Frank, où la phobie n'est plus une tare mais un héritage, un signe de reconnaissance familial comme peut l'être une particule ou une demeure de famille ... chez ces gens-là.
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MaminouG
  15 décembre 2015
"Jusqu'ici tout va bien" publié aux éditions aNTIDATA se lit très rapidement.
Il s'agit, en effet, d'un petit ouvrage regroupant 12 nouvelles sur le thème de la phobie. Douze petits récits de 1 à 16 pages. Difficile, naturellement de chroniquer chacune de ces nouvelles. Mais nombre d'entre elles valent qu'on s'y arrête. Elles sont drôles ou tristes, voire dramatiques, originales et mêmes loufoques ou plus convenues. Mais elles ont toutes un point commun : l'intérêt. Des phobies, je connaissais la claustrophobie et l'agoraphobie. J'en ai recensé, grâce à cet ouvrage, une liste extrêmement longue et précise. Tout ce qui nous entoure peut donner lieu à une peur irrépressible, la phobie en terme médical.
J'ai beaucoup aimé Chez ces gens-là d'Hélène Franck, qui relate de manière très humoristique la vie d'une famille dont chaque membre est atteint d'une ou plusieurs phobies variées, excepté l'un d'entre eux qui dès lors a du mal à être considéré comme un membre à part entière jusqu'au jour où… L'écriture est d'une grande simplicité mais enlevée et joviale.
Très agréable à parcourir également Trois jours, la nouvelle de Marie Lelièvre. L'écriture est de la même simplicité, et le style sobre. Pourtant j'ai été tenue en haleine tout au long de ses 14 pages. C'est dramatique et très fort. Très fort aussi et tout aussi dramatique Ciel dégagé sur l'ensemble du trajet de Laurent Banitz. A coup de phrases courtes et sèches, il nous relate une histoire à glacer le sang. C'est difficilement soutenable tant, petit à petit, on imagine le dénouement tragique. Pourtant, je n'ai pas réussi à m'en détacher.
Et, même si j''avoue avoir un peu moins apprécié Blanc Néon de Bertrand Bonnet, peut-être à cause de la présentation, moins aussi le premier Tour de Gilles Marchand, aux trop nombreuses notes de fin de page, je conclurai d'un mot : réussi. Oui, ce recueil est une belle réussite.
Et, en amoureuse tout autant des livres que de la lecture je ne peux passer sous silence, le petit format agréable, la couverture en carton souple plaisante au toucher, les couleurs, sombres certes, mais éclairées de rouge, les polices de caractères originales, l'humour de la quatrième de couverture, et celui de la page 135…vous comprendrez pourquoi… en le lisant.
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Lybertaire
  28 juillet 2015
Mécanonumismatophobie, aviophobie, gallinophobie, phanérophobie… Voilà 12 courtes nouvelles, tantôt graves, tantôt drôles, sur le thème passionnant de la phobie.
[...]
Ces nouvelles sont très réussies, d'autant plus quand on sait combien l'exercice littéraire est périlleux. Ce recueil réunit des textes de moins de 15 pages bâtissant un univers, une ambiance, des situations tantôt rocambolesques ou étranges, tantôt déjantées ou dramatiques, avec une bonne chute, sans oublier une touche d'humour ou de gravité. le must ici, c'est bien l'humour — exercice difficile en soi — car les auteurs semblent ne pas se prendre au sérieux et se faire plaisir dans l'écriture de ces textes barrés, une manière intelligente de tenir à distance nos peurs, comme... un antidote.
Mais il n' y a pas que les auteurs qui ne manquent pas d'humour, car les éditions aNTIDATA, spécialistes de la nouvelle, se distinguent toujours par l'originalité de leurs ouvrages : dans ce recueil, les auteurs sont présentés par une fiche patient, avec le motif d'admission (la phobie en question), les antécédents (la bibliographie) et la durée du traitement (le nombre de pages de la nouvelle).
Voilà un recueil sympathique sur un thème attirant et inépuisable qui donne envie d'écrire sur ses propres phobies !
L'article entier sur Bibliolingus :
http://www.bibliolingus.fr/jusqu-ici-tout-va-bien-collectif-a118265234
Lien : http://www.bibliolingus.fr/j..
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