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ISBN : 2020308959
Éditeur : Seuil (07/11/1996)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 462 notes)
Résumé :
A coup sûr, le premier des Pibrac n'avait pas la vocation.
Si le seigneur de Bellerocaille, dans l'Aveyron, n'avait eu prestement besoin d'un exécuteur, si Pibrac n'avait eu à choisir entre cet état et les galères, nul doute qui lui même et sa descendance n'eussent point arboré la devise de ceux qu'on nomme familièrement les " bourreaux " : Dieu et nous seuls pouvons.
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Critiques, Analyses & Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  14 janvier 2014
La situation est embarrassante pour le baron de Bellerocaille : il a condamné à mort, comme il se doit, un cuisinier coupable d'un meurtre particulièrement atroce, mais il n'y a aucun bourreau à l'horizon, tous sont retenus ailleurs ou retardés par des brigands de grand chemin. La populace gronde, une solution de rechange devient urgente.
Justinien saisira l'occasion : condamné aux galères jusqu'à ce que mort s'ensuive pour avoir cru sur parole les jolis yeux d'une saltimbanque, il choisit d'apprendre sur le tas le métier de bourreau en échange de sa grâce. Les débuts dans le métier sont difficiles, l'ostracisme social qui accompagne tout ceux qui travaillent un peu trop près de la mort est ressenti comme une injustice. Mais Justinien ne manque pas de ressources, et découvre que les préjugés, quand on les manie bien, peuvent se retourner contre ceux qui les possèdent.
La seconde partie du roman se déroule sept générations plus tard : Justinien a fondé une véritable dynastie de bourreaux, chaque père transmettant ses secrets à son fils aîné. Autant dire que la population ne peut pas grand chose contre cent cinquante ans d'expérience dans la manipulation des superstitions. L'horizon s'obscurcit pourtant pour la famille : les décrets s'accumulent pour la limitation des condamnations à mort, et son abolition pure et simple n'est plus très loin. Mais les Pibrac ne se rendront pas sans un dernier baroud d'honneur.
Un roman historique sur les bourreaux avait déjà tout pour me plaire, réussir à y mêler en plus un humour délicieusement noir est juste jubilatoire ! Les personnages sont très charismatiques, et l'auteur parvient à retourner des situations macabres en mortifiant les gens qui les ont provoquées. Devoir laisser Justinien pour aller observer sa descendance est un peu difficile sur le coup, tant l'envie est grande de prolonger l'aventure avec lui. Ceci dit, les arrières-arrières-arrières-petits-fils ne manquent pas non plus d'intérêt. Tout acquis à leur cause, on se surprend, l'espace d'un instant, à s'indigner aussi contre la disparition de la guillotine sur la place publique.
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Arakasi
  06 juillet 2016
« Dieu et nous seuls pouvons. » Tel est la devise des Pibrac, transmise glorieusement de père en fils et de bourreau en bourreau depuis que leur ancêtre, Justinien 1er, est devenu exécuteur de la baronnie de Bellorocaille au XVIIe siècle. Il était pourtant loin d'avoir la vocation, le Justinien… Enfui de chez lui à dix-sept ans, il a atterri dans les geôles de Bellorocaille suite à une erreur judicaire. Condamné aux galères, il a dû faire face un choix cruel : partir suer sous les tropiques ou rouer un malheureux en place publique. En effet, un cuisinier coupable d'infanticide devait être exécuté mais le bourreau du voisinage était malade et ne pouvait se déplacer. Justinien, soucieux de conserver sa bonne santé, accepta le travail et s'en acquitta avec tant de bonne volonté et de sens du spectacle – qualités nécessaires à tout bon exécuteur qui se respecte – que le baron Boutefeux lui offrit le poste permanent.
Ce métier, il le transmettra à son fils, à son petit-fils, puis à son arrière-petit-fils jusqu'à que le nom des Pibrac soit devenu dans toute la région synonyme de pouvoir et de terreur. Jusqu'au jour fatal où, à la fin du XIXe siècle, le métier de bourreau de campagne est aboli, mettant au chômage le dernier Pibrac, Hyppolite dit « le septième ». Mais le vieil exécuteur n'a pas encore dit son dernier mot et réserve à ses contemporains quelques dernières et morbides surprises !
Voici un roman aussi original que sympathique ! Ecrit dans une langue truculente pleine de verve et d'humour noir, il nous plonge dans un Moyen-âge à la fois réaliste – avec sa boue, ses paysans crasseux, ses nobles arrogants et ses exécutions publiques – et délicieusement déluré. On se lie très facilement d'affection aux membres de la famille Pibrac, tous plus rusés, excentriques et grande gueule les uns que les autres, au point de ne les abandonner qu'à regret une fois la partie du récit qui leur est consacrée terminée. Les esprits morbides se délecteront de tous les petits détails sur la profession de bourreau que l'on apprend au passage, de la meilleure façon d'entretenir une guillotine à celle de rouer avec style son prochain. Outre son aspect picaresque, le récit aborde aussi, l'air de rien, des thématiques très intéressantes comme la puissance des préjugés et de la superstition, la fascination de la foule pour la mort et la soif de vengeance. le tout donne un petit livre tout à fait savoureux et qui laisse même une impression de trop peu : on aurait voulu en savoir plus sur toutes les générations de Pibrac entre Justinien 1er et le vieil Hyppolite ! Et un auteur à qui je ne manquerai pas de rendre à nouveau visite.
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KrisPy
  04 novembre 2014
Faucher, occire, estourbir, faire passer de vie à trépas, exécuter, tuer sur ordre de justice, tel est le sombre métier d'Exécuteur des Hautes et Basses Oeuvres de la lignée des Pibrac, bourrèles de père en fils depuis 1683.
Avec "Dieu et nous seuls pouvons", Michel Folco - écrivain qui m'a déjà régalée avec sa prose joyeuse dans "Un loup est un loup" - signait là son premier roman. Et quelle maitrise déjà dans la vieille langue françoise !
Même si légèrement moins chantante que dans le roman suivant (Un loup...), son écriture aisée et imagée nous plonge directement dans la France seigneuriale du 17ème siècle, dans un petit village Aveyronnais, Bellerocaille, où un infanticide vient d'être commis d'une atroce façon par le sieur Galine, maitre-queux de son état.
Devant l'abomination de ce crime - et il l'est, croyez-moi ! si vous ne me croyez pas, lisez le livre... et si vous me croyez, lisez le livre aussi, pour avoir des détails... - le juge condamne Galine à être roué à mort en publique. une pratique courante à l'époque, mais pas à Bellerocaille, où il n'y a pas de bourreau officiel. Seul le sieur Beaulouis, surnommé le verrou-humain, tourmenteur patenté et geôlier du bourg, ferait éventuellement l'affaire... Seulement le bougre ne veut pas ! Car être bourrèle une fois c'est être bourrèle toujours... cela signifie que plus personne ne vous regardera comme avant, on s'écartera sur votre passage, plus personne ne voudra être vu en votre compagnie. Être bourrèle, c'est être banni du bourg. C'est devenir un paria à vie.
Et personne ne veut l'être, même pour une prime de 100 livres. Et le temps presse, il faut exécuter ce Galine, la peuple devient nerveux, et veut le voir mourir. Et cette exécution, c'est du pain béni pour le village ! Quelle affluence !
Alors Beaulouis le geôlier a une idée : ce sera Justinien Pibrac, ce jeune vagabond arrêté quelques temps plus tôt, et qui devait partir aux galères, il ferait bien l'affaire, il est cultivé et assez vif. D'ailleurs le verrou-humain le garde prisonnier, l'ayant fait échappé aux galères en lui cassant la jambe, car il lui sert d'écrivain pour ses travaux d'écritures.
Justinien Trouvé, se faisant appeler Pibrac, est un orphelin, un enfant abandonné devant les portes du monastère du Saint-Prépuce, avec le nez arraché. Il a été confié aux bons soins d'une nourrice et de son mari ancien marin. Il devra son éducation aux religieux et à son père nourricier, qu'il remerciera bien ingratement de sa gentillesse. Mais son revers de fortune le punira bien, et il se retrouvera donc à devoir négocier sa grâce contre le travail de bourreau.
Justinien donc, transformé en Exécuteur des Hautes Oeuvres par Beaulouis le tourmenteur, réussit sa prestation. Il est donc gracié, mais n'ira pas bien loin. Un concours de circonstances l'amènera à devoir accepter la charge de bourrèle officiel et permanent de Bellerocaille, où il fondera la grande lignée des Pibrac. Justinien 1er est né. Suivront Justinien le 2ème, le 3ème, etc jusqu'au 7ème...
Début du 20ème siècle, Hyppolyte Pibrac 1er, semble être aussi le dernier de sa lignée à vouloir perpétuer le métier. Il y a déjà le nouveau gouvernement qui a supprimé les exécutions en province, mettant tous les bourreaux au chômage, et maintenant, les deux fils d'Hyppolyte qui ne veulent pas que la tradition continue de vivre...
L'un de ses fils, Léon, est devenu boulanger allant même jusqu'à vouloir renier son nom de famille si lourd à porter.
L'autre fils a voulu rejoindre de la famille en Californie, et en chemin, juste au départ, sa famille et lui se sont fait assassiner par une bande de voleurs. Seul Saturnin le petit fils d'Hyppolyte est en vie. Recueilli par son oncle, il montre plus d'affection pour son grand-père et son mode de vie particulier.
Il sera la relève tant attendue de la lignée Pibrac. Il ira même faire son apprentissage à Paris chez le dernier bourreau en activité. Puis reviendra s'occuper du domaine Pibrac, transformé en musée national par Hyppolyte.
Cette histoire atypique d'une généalogie hors-norme, ces personnages hauts en couleurs et forts en verbes, ces bons vivants qui côtoient la mort sans morbidité, et ce récit si plein de vie, avec L Histoire en filigrane, c'est Michel Folco, c'est intelligent, drôle et passionnant. Et c'est bon !
Et moi je dis : encore ! Alors en avant pour "En avant comme avant !"...
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Nursus
  04 mai 2015
Superbe première partie, Michel Folco m'a régalé avec son XVIIème siècle aveyronnais. L'entrée en matière, avec un crime "Hannibal Lecterien" accompagné d' un humour millésimé, m'a tout de suite mis en appétit. Quel plaisir de s'ébahir de la découverte des us et coutumes de l'époque, du système judiciaire tout ça dans une langue française ravissante, un régal!
Ce Justinien Premier, tout à la fois candide et roublard est follement intéressant et c'est sans doute ma déception surprise de le quitter si tôt, certes pas complètement, dans la deuxième partie qui ne me fait pas mettre 5 étoiles ('un gros 4.5 quand même!).
Il n'en demeure pas moins que cette deuxième partie est également de qualité, avec un Septième également truculent et plus du tout candide.
Habitué à lire des romans de Fantasy, découpés en plusieurs tomes et trop souvent avec pas mal de remplissage pour faire du papier, je pense que la matière riche et dense de l'auteur aurait pu nous offrir plusieurs opus, d'autant que le roman est assez court finalement.
Il me semble avoir lu que c'était un premier roman, j'imagine qu'il faut faire avec certaines contingences...
Il est tout à fait certain que je lirai d'autres oeuvres de Michel Folco et comme je dois passer à ma bibliothèque en fin de semaine... tant pis pour ma PAL...miam miam!
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Marcellina
  06 octobre 2017
La mort et les rites religieux ; reliques saintes venues tout droit de Jérusalem : le fondement des abbayes, des églises, des cathédrales, le fond numéraire des religieux, la belle arnaque pour les pauvres croyants.
Ainsi, la mort, ultime issue de tout être vivant, a été longtemps la corne d'abondance de l’Église mais ce n'est pas tout…
La mort a aussi été un métier, un métier aujourd'hui disparu chez nous et qui pourtant n'a été réellement aboli qu'en 1981 en France…
Ça fait quand même un peu froid dans le dos même si pour certaines circonstances, de temps en temps, l'idée d'une belle exécution refait surface.
Coupeurs de têtes, pour l'exemplarité ;
Donneurs de mort, pour protéger les vivants ;
Exécuteurs, pour le standing des privilégiés ;
Bourreaux, juste le bras armé de la justice ;
Maîtres des hautes œuvres, et le peuple applaudit ;
Patronymes sanglants, et le peuple ignore...
Quand la justice et la mort se croisent, le bourreau entre en scène avec ses lois, ses règles, sa vie si solitaire et pourtant si bourgeoise.
Entre l'église et le bourrel, entre le seigneur et l'exécuteur, la ligne est mince et la mort toujours présente.
Voilà un métier acclamé et méprisé, un rôle nécessaire et honni, des dynasties portées aux nues et remisées à l'oubli…
Et pourtant, un métier nécessaire…
L'auteur avec sa plume si particulière qui s'adapte si bien aux différentes périodes de l'histoire, nous conte les deux faces du métier de bourreaux. D'un côté, le bourgeois aux multiples privilèges, de l'autre, l'homme exclu de la société au même titre qu'un lépreux. D'un côté, le technicien qui chaque fois s'améliore pour que la mort soit la plus rapide et la plus « douce », de l'autre, le père, le frère qui doit gérer une famille d’invisibles dans un monde qui se modernise mais n'oublie pas.
Un superbe roman où la mort devient source d'humour et de tendresse, où la violence est subtilement voilée pour laisser place à l'amour du métier bien fait.
Une brève de culture pour terminer cette critique :
Un des bourreaux les plus prolifiques, issu d'une dynastie établie en France depuis le milieu du XVIIème siècle, est sans conteste Charles Henri Sanson qui en 40 années de bons et loyaux services à la patrie a donné la mort à 2918 personnes.
Voici un extrait de son inventaire :
« Charles Henri avait décapité six évêques et archevêques, vingt-cinq maréchaux et généraux, deux cent quarante-six magistrats et membres du parlement, trois cent dix-neuf prêtres et moines, quatre cent dix-neuf financiers, avocats, docteurs, notaires, trois cent dix-huit nobles des deux sexes, seize artistes divers, un roi et une reine. »
Il faut dire qu'il s'est trouvé au bon endroit, Paris, au bon moment, la Révolution, pour réaliser un tel exploit…
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Citations & extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
MarcellinaMarcellina   06 octobre 2017
Si le principal objet d'une exécution était de tuer pour démontrer qu'il ne fallait pas tuer, son spectacle devait être dissuasif ; d'où la présence d'un échafaud, élément indispensable si on voulait que le plus grand nombre de spectateurs bénéficie de cette exemplarité.
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MarcellinaMarcellina   06 octobre 2017
Un échafaud pour abriter un bourreau, quoi de plus naturel ! Je m'en vais de ce pas en ville me fournir en mobilier avant que la nuit ne tombe.
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MarcellinaMarcellina   06 octobre 2017
Je devrais réfléchir avant et pas toujours après.
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LuniverLuniver   09 janvier 2014
— Voilà qui est fâcheux, Monseigneur. Vous n’avez donc rien rapporté de la Terre sainte ? Aucun trésor, pas une seule relique ? s’étonna le banquier.
Béranger soupira : sa mère et son frère lui avaient posé la même question.
— Non, rien.

Il revit tous ces insolents gardes-babouches qui harcelaient les croisés autour de la mosquée du Berceau, du mont des Oliviers ou du Saint Sépulcre, colportant toutes sortes de reliques. Ce rustre de Gauthier Fendard faisait fortune depuis qu’il avait ramené le prépuce du petit Jésus et l’exposait dans une chapelle. « Si j’avais su », regretta-t-il amèrement en songeant à cette fiole de verre soufflé contenant trente-trois gouttes du lait de Marie qu’on lui avait proposée pour un demi-besant seulement. Et que penser de ce gros morceau de la Vraie Croix et du clou de bronze encore fiché dedans et taché de sang séché ? Son authenticité était garantie par le vendeur qui lui avait affirmé qu’à l’époque ses descendants possédaient un négoce d’huile d’olive sur le Golgotha et qu’ainsi, une nuit, après le crucifiement...

Béranger n’en avait pas voulu et c’était Bohémond qui l’avait acheté, recevant en prime la pierre de David qui avait occis Goliath. Et comment ne pas envier Baudoin de Boulogne, le frère de Godefroi de Bouillon, à qui tout réussissait depuis qu’il s’était offert une écaille ayant appartenu au seul poisson sur le dos duquel Jésus avait marché par mégarde lors de sa traversée pédestre du lac de Tibériade ? Ne venait-il pas de se faire oindre roi de Jérusalem ? Hélas !
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LuniverLuniver   15 janvier 2014
S’approchant du commissaire Delguay qu’il connaissait bien, Anatole sortit son palmarès, un carnet aux pages numérotées, et dit :
— Je sais qu’elle a tué son père, mais j’en ignore les motifs, je n’ai pas suivi l’affaire.
Le commissaire ne se fit pas prier. Il connaissait la coutume des exécuteurs et la respectait : lui-même tenait un compte détaillé de toutes ses arrestations et comptait le publier un jour.
— Il était grabataire, elle l’a étouffé durant son sommeil. Elle n’a jamais voulu dire pourquoi.
— Quelle est l’arme du crime ?
Delguay eut un rire sec.
— Je me demande ce que vous allez inscrire, monsieur Deiler, quand vous saurez qu’elle s’est assise sur son visage.
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