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EAN : 9782072793752
320 pages
Gallimard (08/11/2018)
3.87/5   272 notes
Résumé :
Elles sont trois, ces dames de la famille Kimoto, avec leurs amours, leurs passions, leurs drames qui nous racontent le destin de la femme japonaise de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui.
Toyono, la grand-mère, incarne la tradition, immuable, ancestrale ; Hana, figure centrale du roman, va se trouver déchirée entre le passé et ses aspirations personnelles avant de devoir affronter la génération montante en la personne de Fumio, sa fille, qui, après de violen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 272 notes

Bookycooky
  13 mars 2019
À travers une saga familiale sur quatre générations, l'évolution de la condition féminine , du Japon traditionnel de l'ère Meiji de la fin du XIXéme siècle jusqu'après la seconde guerre mondiale.
Chez les Kimoto, une famille ancienne et aisée, elles sont deux femmes , la grand-mère Toyono, 76 ans et sa petit fille Hana, vingt ans. Tradition oblige on doit marier Hana. "On doit", car c'est la famille qui choisit le gendre selon des critères et des superstitions strictes, ici la décision revenant à la grand-mère paternelle autoritaire, la mère étant décédée, et le père soumis à sa propre mère.
Les deux femmes sont très proches et sont " des femmes cultivées ", étant toutes les deux allées à l'école secondaire tout ayant reçues une éducation ménagère et artistique stricte. Ce qui est assez rare pour l'époque et Hana s'en apercevra une fois chez la famille de son mari. Mais même l'école secondaire se donne pour tâche de dispenser à ses élèves une éducation faisant d'elle des bonnes épouses et des mères avisées.....une éducation qui va osciller pour la troisième génération, avec l'avènement de la modernité, précisément pour la fille d'Hana, Fumio. Mais Hana aussi n'y restera pas indifférente, et son intelligence et sa personnalité feront d'elle plus qu'une épouse et une mère avisée. Suivra la fille de Fumio, qui elle, dû à la guerre, n'aura même pas l'opportunité de se faire des examens de conscience pour choisir entre tradition et modernité.
Des femmes qui appartiennent " à la race des forts ", impressionnantes, qui m'ont laissée admirative, surtout le personnage de Fumio que j'ai adoré ( l'écrivaine parle d'une femme trés grande, alors qu'elle précise à un moment qu'elle mesure 1,63 mt.....les femmes japonaises devaient être vraiment très petites de taille à l'époque).
Quand aux hommes l'ère Édo, Meiji, Taisho,....rien n'y change, des machos.
Un livre intéressant sur les nombreuses traditions qui font, frémir,sourire, attendrir.
Comme l'aîné de la famille qui hérite de tous les biens matériels et qui lui seul peut porter le nom de la famille ( un peu comme dans l'Angleterre de l'époque),
Le cadet de la famille qui ne recevant rien, doit se faire adopter par la famille d'une fille, en préférence riche,
La femme enceinte qui se rend au temple pour y accrocher comme offrande des charmes en forme de sein, pour l'accouchement facile et la bonne croissance du nouveau-né......
Les romans japonais du siècle dernier que j'ai lu sont presque sans exception des lectures magnifiques, pleine de poésie et de charme, avec des descriptions de la nature, des personnes, des coutumes et des relations intéressantes et d'une délicatesse infinie, celui-ci ne dérogeant pas à la règle. "S'habiller pour le mariage en tomessodé..."/ le lierre qui symbolise le sexe féminin, parce qu'il s'enroule autour du tronc qui le nourrit / La beauté insolite des dents noircies ( eh oui ! ) /...... des détails émouvants à découvrir dans ce beau livre. Si vous aimez la Littérature japonaise vous ne pouvez pas y passer à côté.
"......et, à l'horizon , il n'y eut plus que l'océan.....l'immense océan à la couleur changeante dans le soleil qui dansait sur les vagues."
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ordinary_reader
  11 juin 2019
Voilà une oeuvre de la littérature classique japonaise qui m'a beaucoup plu.
Il s'agit d'une épopée familiale sur trois générations, depuis la fin du 19ème siècle jusqu'au milieu du 20ème, entre sagesse, transmission, passion, drame et émancipation.
Au bord du fleuve Ki, l'on suit le destin de trois figures féminines, aux personnalités distinctes mais imposantes : celui de Hana d'abord, puis de sa fille Fumio et, enfin, de sa petite-fille Hanako.
Derrière les portes qui coulissent, il y a le doux froissement des kimonos de soie et l'immuable cérémonie du thé, mais les "Dames" de Kimoto sont loin d'être de jolies petites poupées fragiles et soumises, elles sont instruites, stoïques et charismatiques...
Un récit qui parle de condition féminine, d'éducation, du poids des traditions, du lignage (héritage, mariage, rang social), des superstitions, de la maternité, du deuil, de la guerre et de l'évolution de la société.
Une plume que j'ai trouvée non seulement fluide et raffinée, mais également extrêmement moderne... Des portraits psychologiques certes intimes, mais une profondeur des sentiments, elle, bien universelle.
Je poursuivrai avec plaisir ma découverte de l'auteure !
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Annette55
  02 mars 2019
Voici une très belle histoire pétrie des traditions ancestrales et immuables incarnées par Hana , calme et diplomate, rassurante , intelligente et cultivée « Figure Féminine Centrale du roman, » tiraillée , déchirée entre le passé incarné par sa grand- mère respectée Toyono et ses aspirations personnelles , depuis la fin du XIX ° siècle, au JAPON.
Richement documenté, agréable à lire, de la cérémonie du thé aux arrangements floraux, aux drames et aux passions vécues par quatre générations de femmes cet ouvrage poétique est ciselé et sensible.
L’écriture est dépouillée , raffinée, d’une élégance surannée, subtile et douce .

Cette fresque historique et familiale nous renseigne au plus près avec grâce, volupté, douceur à propos des règles d'usage , des us et coutumes d'une époque charnière de l’histoire du Japon: les étiquettes et les contraintes , les vêtements - carcans, les kimonos de cérémonie mais aussi l’égalité des droits des hommes et des femmes , la liberté de s'épanouir et de s’exprimer , la liberté de l’amour.
Un tableau attachant , subtil et saisissant de la condition féminine au Japon aussi fragile qu'un cerisier en fleurs .....
Quel plaisir la littérature japonaise !
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palamede
  29 avril 2017
Issue d'une famille très respectée, Hana a été formée et élevée par sa grand-mère, une maîtresse femme qui a choyé sa petite-fille, qui respecte scrupuleusement les enseignements de son aïeule et épouse l'homme qu'elle lui choisit.
Cultivée, intelligente et diplomate, Hana est intransigeante avec ses enfants et soumise à son mari, même si en réalité c'est elle qui contrôle tout. Un rôle de femme soumise dans lequel sa fille aînée, Fumio, une jeune fille brillante et rétive à l'apprentissage des arts traditionnels, refuse de se laisser enfermer. Après avoir choisi ses études, Fumio milite pour la libération des femmes et se marie avec l'homme de son choix. Hana ne trouvera une consolation de cet échec qu'avec sa petite-fille.
Quatre générations de femmes japonaises d'une même famille que l'on voit traverser les conflits, vivre les grands et les petits évènements de la vie. Passer d'une société très codifiée à la fin du XIXe siècle, écrasée par le poids des traditions, dominée par le respect à l'extrême des préséances, par la suprématie de la branche aînée au détriment des branches collatérales et par la soumission des femmes, à un XXe siècle plus libéral - autorisant les femmes à s'exprimer et à décider de leur vie - mais profondément marqué par les guerres.
Un roman à l'écriture dépouillée, délicat et raffiné, que j'ai lu avec beaucoup de plaisir.
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sandrine57
  15 janvier 2020
C'est avec un soin tout particulier que Toyono a choisi un mari pour sa petite-fille Hana. Il faut dire que dans la vallée de Wakayama, les Kimoto sont une famille qui compte et la jeune Hana est un parti convoité. Basé sur les traditions, les superstitions et une connaissance exacerbée des enjeux politiques de la région, le choix de Toyono s'est porté, à la surprise générale, sur Keisaku Matani. Issu d'une famille moins prestigieuse que celles de certains prétendants, Keisaku est pourtant un jeune homme plein d'avenir, déjà maire de son village à seulement vingt-quatre ans. Et même si c'est un crève-coeur pour la vieille dame d'envoyer sa petite-fille si loin le long du fleuve Ki, elle sait que grâce à son éducation, ses bonnes manièes et son intelligence, Toyono saura se faire accepter et aimer par les Matani et fera de Keisuka un homme d'importance.
Et en effet, respectueuse des traditions, bonne épouse, mère attentive, bru attentionnée et soutien pour toute la famille, Hana a confirmé toutes les prédictions de sa grand-mère, appréciée de tous et menant les Matani vers les plus hautes sphères. Ses seules inquiétudes sont venues de son beau-frère, jaloux de la position d'aîné de Keisaku et de Fumio, sa propre fille.
Fumio la rebelle, l'indépendante. Fumio qui se moque des traditions, déteste porter le kimono, ne souhaite surtout pas se marier avec un homme choisi pour elle par sa mère. Fumio veut quitter la province, s'installer à Tokyo, se détacher de cette mère envahissante qui est la sienne.
Avec Fumio, c'est la modernité qui fait souffler le vent de l'indépendance de la femme, mais ce sont aussi les temps qui changent, la guerre qui balaie les vieilles coutumes. Hana devra s'adapter mais aura aussi la joie de se rapprocher d'Hanako, sa petite-fille.
Une saga familiale du point de vue des femmes. Des femmes fortes, déterminées, qui savent mener leurs barques. Réputées pour leur beauté et leur intelligence, les dames de Kimoto sont des femmes éduquées mais respectueuses des traditions qui placent la femme au service de l'homme.
Nous sommes dans le Japon de l'ère Meiji, dans la région de Wakayama, loin de la capitale. Les grosses fortunes y vivent paisiblement, de la culture du riz et de l'exploitation des forêts et font fructifier leur patrimoine en s'alliant entre familles puissantes. Un monde harmonieux et délicat où l'on respecte les traditions ancestrales : l'aîné hérite de tous les biens, la jeune mariée coupe tout lien avec sa famille pour être adoptée par sa belle-famille, la bru s'occupe de ses beaux-parents, etc.
La guerre va dérégler l'ordre des choses. Les familles vont décliner à cause des hommes tombés au front ou des jeunes désireux de voir du pays. Par la force des choses, certaines coutumes vont tomber en désuétude et les femmes vont s'émanciper. Mais les dames de Kimoto ont de la ressource et si Toyono et Hana incarnent le Japon ancestral et Fumio la rébellion, Hanako est une femme moderne capable de concilier le passé et le présent pour un avenir meilleur.
Une belle saga historique très documentée. Tout le raffinement du Japon dans une histoire faite de grandeur et de décadence, de féminité et d'émancipation. Une belle découverte.
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critiques presse (1)
BDZoom   16 mars 2022
Sans jamais perdre pour autant en intensité, l’adaptation de Cyril Bonin conserve toute la délicatesse et la retenue de ce chef-d’œuvre de la littérature japonaise plein de paradoxes : car à la fois beau et cruel, sombre et lumineux, doux et amer. D’autant plus que son graphisme fin et détaillé — ainsi que sa reposante colorisation — nous plonge d’emblée dans ce Japon coincé entre le début de l’urbanisme des grandes villes et la tradition des campagnes : un superbe moment de lecture.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
PlumeetencrePlumeetencre   11 août 2022
Elle souhaitait pour Hana une formation analogue à la sienne afin qu'elle puisse avoir une vie aussi riche et satisfaisante qu'elle-même. La lignée des Kimoto lui semblait avoir atteint en Hana son plein épanouissement. Elle pouvait être satisfaite de ses efforts. Hana avait obtenu, tant dans l'art de la cérémonie du thé que dans la pratique du koto un diplôme l'autorisant à enseigner. Sa calligraphie était d'une grâce savante. Toyono lui avait aussi appris le savoir-vivre, l'étiquette et l'art de la conversation. Hana était vraiment une jeune fille accomplie; aussi était-il naturel que les prétendants à sa main soient nombreux et que les offres de mariage arrivent de toutes parts, à des lieues à la ronde.
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PlumeetencrePlumeetencre   08 août 2022
Le mont Kudo était encore voilé par les brumes matinales de ce début de printemps. La main serrée dans celle de sa grand-mère, Hana franchissait les dernières marches de pierre. Elle aussi était coiffée avec recherche - une coiffure de mariée aux coques luisantes - et l'éclat rosé de son teint de jeune fille transparaissait sous l'austère maquillage blanc. Elle portait un kimono de cérémonie de crêpe de soie violet à très longues manches, et le gland de métal accroché à la pochette glissée entre les pans croisés du kimono tintait légèrement à chaque pas. Hana était si tendue qu'elle vibrait au bruit. L'étreinte de la main autour de la sienne lui rappelait que, maintenant qu'elle allait être admise comme bru dans une nouvelle famille, elle cesserait d'appartenir à celle où elle avait vécu les vingts années de son existence. Elle lui disait aussi la tristesse et le regret de sa grand-mère qui devait se résoudre à la laisser partir.
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palamedepalamede   27 avril 2017
Hana passait son pinceau-brosse, trempé dans la mixture, sur les incisives de sa belle-mère. Les dents prenaient peu à peu un éclat noir métallique. Hana n'appréciait que depuis peu la beauté insolite des dents noircies. Autour de cette bouche aux lèvres brunes des rides partaient dans toutes les directions et les yeux fermés étaient bordés d'un épais mucus. Le gris des cheveux et des sourcils avait un reflet jaunâtre. Le visage était l'image même de la décrépitude. Seules les dents noires et soignées semblaient manifester une extraordinaire intensité de vie.
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palamedepalamede   28 avril 2017
Quand il s'absentait pour aller à Tokyo [...] Hana en personne s'occupait de toutes les autres activités - assez difficiles à définir - qui incombent à une homme politique. Elle tenait admirablement son rôle d'épouse d'un homme public. Elle était devenue indispensable à son mari, qui prenait très au sérieux ce qu'elle disait : - En effet, tu as raison. On ne peut plaisanter avec ça !
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BookycookyBookycooky   11 mars 2019
Le soleil éblouissant faisait monter un chaud parfum de la masse des gerbes. Hana se souvint que, dans l'art des parfums, on parlait "d'entendre" un parfum, plutôt que de le sentir. Ici, elle "entendait " l'automne.
p.95
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