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EAN : 9782376862420
563 pages
Editions ActuSF (20/03/2020)
3.93/5   29 notes
Résumé :
Providence, 1931. Une troupe de théâtre est sauvagement assassinée alors qu'elle travaillait à l'adaptation du roman La Lettre écarlate. Si la piste d'un ancien anarchiste italien semble évidente pour la police locale, l’équipe fédérale de Thomas Jefferson flaire des raisons bien plus obscures. Une ombre plane sur ce meurtre... et sur ceux qui mènent l'enquête. Après L'Héritage de Richelieu, roman de fantasy qui fait suite aux Lames de Cardinal de Pierre Pevel, Ph... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Eve-Yeshe
  01 novembre 2020
J'ai choisi ce livre sur Babelio dans le cadre de l'opération « Masse critique mauvais genre » car j'ai flashé sur le titre et j'avais vraiment envie de retourner dans l'ambiance de « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne, que j'ai lu il y a quelques années et bien aimé.
L'intrigue se situe en 1931 à Providence, où une troupe de théâtre est sauvagement assassiné à l'arme blanche, les corps disposés d'une manière évoquant un meurtre rituel… Seule une comédienne échappe à la tuerie, mais elle a été frappée et abusée sexuellement. La police locale s'oriente sur le régisseur, Italien donc forcément suspect d'appartenance mafieuse, mais les policiers sont loin d'être à la hauteur, à part O'Riley alors on fait appel au BOI Bureau Of Investigation, l'ancêtre du FBI dirigé par Hoover.
C'est ainsi que débarque sur la scène de crime, à bord d'une belle Cadillac, Thomas Jefferson, accompagné de son chauffeur Noir Caleb Beauford et son assistante Diane Crane. Seul Thomas est agent du BOI, mais chacun à son rôle dans l'enquête. Au passage, on note que le directeur du théâtre est un harceleur notoire, aux mains baladeuses, et à la misogynie exemplaire, draguant même Diane lorsqu'elle l'interroge… on pense bien-sûr à Weinstein…
Les pistes sont multiples et je me suis replongée avec plaisir à l'époque de la prohibition, des gangs mafieux, les Irlandais et les Italiens, je m'attendais presque à retrouver Eliott Ness à un coin de rue ou Al Capone dans un speakeasy alias speaky, autrement dit les bars clandestins de l'époque.
Ce roman m'a énormément plu, de fait de l'époque certes mais aussi, pour les débuts du BOI sous l'égide de Hoover, avec les flics et les politiciens corrompus, tout le sexisme qui pouvait régner à l'époque, vis-à-vis des jeunes comédiennes qui devaient forcément se laisser violer sans rien dire, les risques du métier, n'est-ce-pas ?
Les cent cinquante dernières pages sont magiques, car elles font la part belle à Nathaniel Hawthorne et ses descendants, et on rencontre aussi Lovecraft, qui va jouer un rôle dans l'enquête, avec un hommage à la littérature au passage, ainsi que toutes les légendes qui ont pu tourner autour de « La lettre écarlate », le fameux Homme Noir à qui on attribue tant de puissance maléfique, en passant par les sorcières de Salem ou les rites sataniques, sans oublier un établissement psychiatrique haut en couleur lui aussi.
A l'époque, on avait la gâchette facile, alors il y aura des morts, des coupables tout désignés d'avance, pour que les trafics en tout genre restent protégés, sur fond de rapport d'autopsie ou de dossiers qui disparaissent.
C'est aussi l'époque des luttes syndicales, des idées communistes, de Sacco et Vanzetti, ce qui permet de revisiter l'histoire et rappelle que la crise de 29 a laissé bon nombre de personnes sur le carreau.
Thomas Jefferson (ses parents avaient de l'humour !) est issu de ce que l'on appelle une grande lignée, il se déplace en Cadillac alors qu'il ne sait pas conduire, mais confie sa précieuse automobile à Caleb, alors que le racisme envers les Noirs se pratique ouvertement (est-ce que cela a beaucoup changé depuis les années trente, je ne crois pas…) et notre agent a des petits rituels : une croix dans son carnet chaque fois que quelqu'un lui demande s'il est de la même famille que l'ancien président pour jouer les chiffres à la loterie, ou qui ne voyage jamais sans un nombre impressionnant de costumes.
Caleb fait le sale boulot, récoltant des passages à tabac, Diane a toujours une idée d'avance, un flair, ou de l'intuition, une intelligence aigüe de l'aspect criminologique (cela n'existe pas encore à l'époque) des liens entre les évènements et le passé et elle note tout sur son carnet. Chacun a une personnalité particulière et cela les rend sympathiques. L'enquête est pleine de rebondissements ce qui rend le livre passionnant, une fois commencé il est difficile de le lâcher.
Notre trio fait marcher ses « petites cellules grises » comme dirait Hercule Poirot, car on est loin des techniques actuelles, ADN, spectromètre de masse, et autres joyeusetés que l'on peut retrouver dans les séries qui ont enchantés toute une génération, en particulier « Les experts » : un poil pubien bien caché qui n'échappe pas à l'oeil exercé et permet d'identifier le criminel en deux temps trois mouvements… Je plaisante, je fais partie des mordus de ces séries…
La couverture rouge et noire est sublime, le titre et le nom de l'auteur sont en relief, y compris pour la quatrième de couverture, avec en minuscules, le texte de « La lettre écarlate » du moins je le suppose, car c'est écrit à la main, en rouge sur fond noir aussi, et vraiment en petites caractères….
Philippe Auribeau a une belle écriture, le rapide est rapide et le choix de chapitres courts entretient le suspense et capte l'attention du lecteur pour ne plus la lâcher.
Ce roman environ 460 pages et je l'ai littéralement englouti en à peine quarante huit heures, mon insomnie chronique n'a soudain pas dérangée !
Un grand merci à Babelio (opération masse critique mauvais genre) et aux éditions ACTUSF qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteur qui est connu sa série « L'héritage de Richelieu » qu'il me reste à découvrir dans une autre vie, vu l'état de ma PAL…
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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alberthenri
  03 novembre 2020
Pas vraiment convaincu par ce roman.
C'est peut-être que j'en attendais autre chose, une ambiance plus "lovecraftienne", d'autant qu'un bandeau sur la couverture proclame "mois Lovecraft".
Si en effet, la majeure partie de l'action se déroule à Providence ville natale de Lovecraft et à une époque où il est en vie, Ecarlate, s'avère une enquête policière finalement assez conventionnelle autour d'un crime sanglant commis lors d'une répétition d'une pièce de théâtre reprenant le roman d'Hawthorne "La lettre écarlate".
Si l'affaire est bien menée, avec des personnages principaux intéressants, je n'y ai pour ma part pas trouvé mon compte.
Et Lovecraft dans tout ça ? Et bien, il fait une apparition, un cameo dirait-on s'il s'agissait d'un film, et se présente ainsi :"Mon nom est Lovecraft. Howard Philip Lovecraft".
En lisant cela j'ai failli tomber de mon siège, car tout lecteur du maître de Providence, sait qu'il faut éviter cette erreur grossière : Phillips et non Philip, bon sang !
C'était page 363, et je dois avouer que la lecture des derniers chapitres (458 pages tout de même !) était presque faite à contrecoeur !
Enfin, vous l'avez compris, déception pour ce qui me concerne…
Livre reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique, merci à Babelio et à Actusf.
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basileusa
  18 décembre 2020
J'ai passé un bon moment avec ce roman mais il m'aura manqué quelque chose. Trois acteurs de théâtre se font sauvagement assassiné alors qu'ils répètent une pièce de la lettre écarlate. On est en 1931 et un agent de la BOI ( FBI maintenant) enquête. On passe donc une bonne moitié du livre sur une enquête classique, prenante, avec une atmosphère particulière grâce à cette époque de la prohibition. Puis la superstition s'en mêle et le fantastique s'invite, avec un invité d'honneur d'ailleurs (belle surprise). Et là ça fonctionne moins pour moi car je suis restée un peu au dehors de cette partie de l'histoire. Pas de frissons ou de peur en regardant les arbres, et puis une fin trop ouverte, avec des questions qui demeurent.
Mais c'est une bonne lecture malgré ça ! Et ça m'a bien donné envie de lire la lettre écarlate :)
Challenge Mauvais genres 2020
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Brooklyn_by_the_sea
  07 novembre 2020
Je remercie Babelio et les éditions ActuSF pour l'envoi de ce roman dans le cadre d'une opération Masse Critique.
Toutefois, je n'ai pas compris de quoi il retournait, alors que le sujet m'avait attirée.
Ca se passe en Nouvelle Angleterre, en 1931. Une troupe de comédiens est massacrée lors d'une répétition de l'adaptation théâtrale de "La lettre écarlate", et un agent du BOI (ancienne appellation du FBI) est dépêché sur place, avec une enquêtrice et un chauffeur, pour trouver l'assassin.
Après, j'ai eu du mal à suivre. On croise la pègre, des anarchistes, une secte, des fous dangereux, des flics véreux, Lovecraft himself, une statuette vaudou, et beaucoup de morts qui ne semblent pas affecter les trois protagonistes, eux-mêmes enclins à des comportements étranges et non expliqués. L'ensemble m'a semblé totalement décousu, mais je n'ai sans doute pas toutes les clefs pour appréhender toute l'intrigue.
Cela reste pour moi une lecture très mystérieuse.
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Pat0212
  19 avril 2020
Un grand merci à Babélio et aux Editions ActuSF pour ce livre gagné lors de la dernière masse critique mauvais genre. Je l'ai beaucoup aimé et je lui décerne cinq étoiles sans hésiter. Il s'agit d'un passionnant polar historique avec une pointe de fantastique à la fin, mais l'aspect polar historique prédomine largement, le contexte des années 1930 aux USA est très travaillé et réaliste. Un gros coup de coeur pour moi.
En 1931, dans un petit théâtre de quartier de Providence, une petite ville de la Nouvelle Angleterre, une troupe répétait une adaptation de la lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, ils se font massacrer, sauf une des actrices mais elle est blessée et en état de choc à l'hôpital. L'agent fédéral Thomas Jefferson et ses deux acolytes Diane Crane et Caleb Beauford sont appelés sur la scène de crime, bien préservée par l'agent O'Riley, une jeune policier très consciencieux et intelligent. Les autres policiers de la ville ne le sont pas et ils ont déjà un coupable tout désigné : le gardien, un immigré italien peu futé qui s'est enfui avant l'arrivée de la police. Jefferson ne croit pas aux évidences et creusent de nombreuses pistes qui lui permettent de mettre à jour le côté sombre de cette petite ville. Son enquête dérange et de nombreux autres meurtres seront commis. S'agit-il d'un crime de rôdeur, d'un crime sexuel qui a mal tourné vu que la seule survivante s'est fait violer, d'un crime mafieux , d'un piège tendu à un sénateur, d'un crime rituel ? Jefferson explore de nombreuses pistes dans ce polar très rythmé.
Le livre de Hawthorne est filigrane de ce roman, mais il n'y a pas besoin de l'avoir lu pour comprendre. La fin est fantastique, mais elle n'apporte rien à l'ensemble et je l'ai trouvée peu convaincante par rapport au reste. L'aspect polar historique est par contre très réussi et vraiment passionnant. L'auteur nous brosse un portrait réaliste de la société américaine ravagée par la Grande Dépression où règne le désespoir, la Prohibition et ce qu'elle entraîne comme activité maffieuse, la xénophobie, le machisme et le racisme que beaucoup de personnes prônent ouvertement et naturellement. le trio d'enquêteurs, un blanc issu d'une grande lignée, une femme détective et un noir, est totalement atypique pour l'époque, ce qui est fortement souligné tout au long du roman. Les personnages sont très bien travaillés et convaincants, on est loin de la caricature qui peut parfois se trouver dans les polars. Jefferson présente de nombreuses ressemblances avec l'inspecteur Pendergast, ce qui me l'a rendu d'autant plus sympathique.
L'auteur utilise le mythe de l'homme noir, on y peut voir différentes interprétations, ma préférée est que l'homme se raccroche aux vieilles croyances, si absurdes soient-elle en temps de crise. Les amateurs de fantastique risquent d'être déçus, mais ceux qui aiment les polars très élaborés, avec beaucoup de suspense, ainsi que le portrait de sociétés disparues seront largement comblés.
Lien : https://patpolar48361071.wor..
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   15 juillet 2020
Philippe Auribeau nous offre un polar teinté de fantastique qui ravira les amateurs du genre. Ecarlate se dévore, le rythme est soutenu et l'ambiance des années 30 vous emportera.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   01 novembre 2020
Caleb Beauford gara la Cadillac le long du trottoir. C’était une conduite bleu pâle, aux chromes rutilants et aux sièges de cuir blanc ivoire. Des passants suspendirent leurs pas pour s’émerveiller devant les courbes de la luxueuse automobile, avant que leurs visages ne se ferment en découvrant que son chauffeur était noir. Nombre d’entre eux passèrent alors leur chemin.
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Dionysos89Dionysos89   20 mars 2020
Caleb Beauford gara la Cadillac le long du trottoir. C'était une conduite bleu pâle, aux chromes rutilants et aux sièges de cuir blanc ivoire. Des passants suspendirent leur pas pour s'émerveiller devant les courbes de la luxueuse automobile, avant que leurs visages ne se ferment en découvrant que son chauffeur était noir. Nombre d'entre eux passèrent alors leur chemin.
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collectifpolarcollectifpolar   04 février 2021
— C’est géré par un certain Harold Sanders. Son bureau est à l’étage. Mais les murs appartiennent à Derek Lyles.
— Derek Lyles, comme le sénateur Derek Lyles ?
— Tout juste.
Jefferson eut un sourire teinté d’ironie.
— Je comprends pourquoi Hoover nous a envoyés ici. Rien à voir avec un quelconque franchissement des frontières de l’état.
— Vous croyez ?
Le sourire s’intensifia.
— Lyles n’est pas, si je me souviens bien, un grand partisan d’Hoover. Je gage que l’un de ses opposants a contacté J. Edgar afin que s’installe une véritable enquête. Certains n’hésiteraient pas à traîner le nom du propriétaire dans la boue si l’occasion leur était donnée. Les élections présidentielles approchent.
Il marqua une pause, l’air pensif, avant d’ajouter :
— En tous cas, le fait que le sénateur soit le propriétaire change la donne.
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collectifpolarcollectifpolar   04 février 2021
Thomas Jefferson avança de quelques pas. Sa gorge se contracta en un hoquet douloureux. L’odeur cuivrée du sang était prégnante. Contestée par d’autres remugles, de sueur et de vomi.
Il tira de sa poche un mouchoir brodé et le plaqua sur ses narines agressées.
O’Riley, quant à lui, semblait imperméable à la puanteur ambiante. Il désigna la scène surélevée, plantée au fond de la salle.
— C’est là-bas. Faites attention où vous marchez. Un des collègues a dégueulé dans l’allée.
Suivi de près par Diane Crane, Jefferson emboîta le pas du jeune policier. Il évita une flaque grumeleuse et parvint au pied de la scène. Les odeurs organiques étaient suffocantes. Elles s’insinuaient à travers le tissu du mouchoir.
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collectifpolarcollectifpolar   04 février 2021
Jefferson s’arrêta près de l’entrée et attendit que l’agent le remarque. Quelques secondes passèrent avant que le jeune policier ne s’aperçoive de sa présence. Il replaça précipitamment sa casquette sur son crâne.
— Je ne vous avais pas entendu entrer, s’excusa-t-il d’une voix mal assurée.
— Pas de mal, répondit Jefferson en s’avançant, sourire en coin.
— Vous devez être l’agent fédéral…
Le policier était visiblement perturbé par la jeunesse de son interlocuteur. Jefferson avait trente-cinq ans mais en faisait dix de moins.
Il arbora une nouvelle fois sa carte.
— Thomas Jefferson, BOI.
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Vidéo de Philippe Auribeau
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