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EAN : 9782234071056
176 pages
Stock (31/10/2012)
3.7/5   40 notes
Résumé :
« Est-ce que notre enfance est importante pour quelqu’un d’autre que nous-même ? C’est la question que je me suis posée avant d’écrire les premières lignes de Quartier charogne. Pourtant, une fois la première phrase jetée, le reste a suivi. Je ne voulais surtout pas faire un livre sur toute ma vie d’un coup, c’est pour ça que j’ai choisi la tranche de six à quinze ans, de notre arrivée rue des Maraîchers dans le XXe, le quartier Charonne, jusqu’à notre expulsion un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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"Quartier charogne, je disais quand on me demandait mon adresse.
Si vous avez un plan de Paris sous la main, vous trouverez les limites du quartier Charonne assez facilement : prenez la rue de Bagnolet au métro Alexandre-Dumas et remontez-la jusqu'à la porte de Bagnolet, continuez par le boulevard Davout jusqu'à la rue d'Avron, prenez-la jusqu'au métro Avron et remontez le boulevard de Charonne jusqu'à la rue de Bagnolet. Voilà, vous avez délimité le quartier Charonne."


C'est dans ce quartier que la famille Aurousseau s'installe à la fin des années 50. Ils ont quitté l'Ain et leur maison avec vue sur le Mont-Blanc pour un petit appartement de la rue des Maraîchers où les parents et les nombreux enfants s'entassent tant bien que mal.
C'est là que le petit Nan va grandir, découvrir la vie, les copains, les gitans, les bagarres, les premiers casses qui le mèneront en maison de correction et plus tard dans la grande délinquance. A la maison, le père boit pour oublier la guerre et il a l'alcool mauvais, la mère prend des coups. C'est donc dans la rue que Nan fait son apprentissage de la vie et découvre qu'en volant, en trafiquant, on s'enrichit plus vite qu'en travaillant.
C'est là aussi qu'il assiste au drame du métro Charonne le 8 février 1962 quand une manifestation contre la guerre d'Algérie est réprimée dans le sang par les forces de l'ordre. Un évènement qui peut expliquer aussi qu'il ait fini par sortir du droit chemin...Comment respecter les lois quand ceux qu'ils les font appliquer n'hésitent pas à user de la force contre le petit peuple. Policiers, huissiers, éducateurs sociaux, fonctionnaires en tout genre sont aux ordres d'un état policier contre lequel on proteste en bafouant les lois.


Dans un langage imagé typique du Paris des années 50 et 60, Nan AUROUSSEAU raconte son enfance pas toujours gaie dans un quartier populaire de la capitale. Il évoque une France disparue avec ses petits commerces, sa vie de quartier, la campagne encore très proche, la friche qui sépare Paris de sa banlieue, les camps de gitans qui entourent la ville, les vacances au bord de la Marne où l'on pêche et se baigne. Mais ce charme bucolique n'empêche pas la misère, le manque d'argent, la mère battue par le père. Pourtant, aucun misérabilisme dans le ton d'AUROUSSEAU. Il parle d'une époque, d'une vie et de certains choix sans chercher les larmes, la compassion ou le pardon du lecteur.
Un récit autobiographique parfois teinté de nostalgie mais qui est surtout l'histoire des premiers pas d'un homme qui très tôt a choisi un chemin tortueux pour fuir un contexte familial difficile, pour ne pas être un mouton, pour narguer les lois ou tout simplement pour avoir la vie facile...
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Entre larmes, rire et dérision voici le récit d'une enfance marquée par l'amour indéfectible d'une mére courageuse et souriante, un peu dépassée.........l'alcool et la violence d'un pére dans un Paris oublié, un quartier populaire de la rue des Maraîchers,dans les années 5Oet 60..
Dans un langage imagé, à l'aide d'une verve gouailleuse teintée de nostalgie, l'auteur nous plonge dans le monde des petits quartiers, les bals et l'accordéon, les fêtes foraines d'alors, les marchands des quatre saisons, les bastons, les poivrots et les voyous.........
On y rencontre le grand Serge, la grosse Josée, le copain Jo, Schtoro le manouche, Jojo Lézard et les autres.......
Les petits commerces fleurissent, les camps de gitans entourent la ville, la friche sépare la banlieue de Paris. On se baigne et on pêche , en vacances, au bord de la Marne .
Ce charme suranné n' empêche pas la misère et le manque d'argent"À chaque fin de mois, on avait rien à manger à la maison".
Nan fait son apprentissage dans la rue et découvre assez vite qu'en volant et trafiquant on s'enrichit plus qu'en travaillant .
Entre les lectures de Kiwi et les premiers larcins, les bastons parfois rudes et les jeux, viendront les lents basculements vers la délinquance.........
Un récit autobiographique authentique, brut, sans fioritures ni misérabilisme, entre le Sabatier de Montmartre et Zola , un ouvrage émouvant et passionnant d'un auteur qui n'a pas oublié d'où il vient ..........
Un bonheur de lecture , un petit livre emprunté par hasard à la médiathéque........
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Dans ce livre, Nan Aurousseau nous raconte sa vie dans ce quartier de Paris, la tranche de ses six à quinze ans, de son arrivée dans les années 50 rue des Maraîchers dans le XXe, le quartier Charonne et ses débuts de délinquant.
Un père absent qui, malgré un travail d'ouvrier spécialisé, préfère se noyer dans l'alcool et battre sa femme lui laissant l'éducation des enfants. On pense à tort que cela n'existe que dans les livres mais Nan Aurousseau nous prouve bien le contraire. Alors, on ment, on s'acoquine avec les petites frappes du quartier et on se fait du fric facile en braquant des commerces car faudrait être con pour bosser alors qu'on peut se remplir les poches facilement.
C'est un Paris qui n'existe plus ou qui s'est déplacé dans les cités que nous raconte Nan Aurousseau, le Paris des gamins de la rue. On pense à Doisneau évidemment mais pas celui des amants qui s'embrassent ou des enfants qui sautent les flaques la baguette sous le bras mais le Paris de la misère, de la crasse et des murs noircis par le charbon. du coup, c'est Les 400 coups de Truffaut mais version voyous. C'est magnifique des amitiés qui naissent, des parties de rigolades au volant des DS 21 (celles qu'il préfère voler car elles tiennent bien le pavé ces merveilles), de la sensation d'être libre et de niquer la société même si ça va mal tourner mais en attendant on profite à fond de la vie.
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Dans le quartier "Charonne" à Paris, "Charogne" pour les habitants, Nan Arousseau vit une enfance dans la pauvreté. Né d'un père violent et alcoolique, issu d'une fratrie de six enfants, il connaît les fins de mois difficiles et la honte de devoir demander "le croum", c'est à dire un crédit en argot, à l'épicerie du coin. Pourtant "quand on est gosse, on est vachement philosophe, n'empêche" et c'est ainsi que malgré la violence institutionnelle qui crève les lignes ("On comprenait la moitié de ce qu'ils nous disaient tous ces gens-là. Ils ne parlaient pas le rock'n'roll, ne connaissaient pas les Kings, n'entravaient pas un mot de manouche, ils parlaient le gaulliste, la langue de bois en béton armé, et on fermait les écoutilles, ça rentrait ni d'un côté ni de l'autre. On était complètement étanche à leurs remontrances, leurs petites leçons de morale. Pour nous, c'étaient des larbins, tous ces gens-là, payés pour nous faire accepter l'inacceptable, pour bien nous enfoncer dans le crâne qu'on pourrait pas en sortir, du prolétariat."), l'on retient de ce récit autobiographique quelques anecdotes truculentes, comme le braquage de la marchande de journaux, qui se termine par une gifle monumentale, cinglante. le point final de ce roman autobiographique ne coïncide pas avec la fin du parcours de son auteur qui se révèle dans d'autres oeuvres. Je suis impatiente de les découvrir.
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La jeunesse de Nan Aurousseau, quartier Charonne à Paris, début des années 60, c'est les 400 coups puissance 10 ! Ici pas de souvenirs de classe, même s'il ne manquait pas l'école, mais il n'eut jamais le temps de faire ses devoirs. Entre la construction d'un avion pour rejoindre l'Antarctique, ses imitations de Catherine Langeais, son goût pour le théâtre, et ce quartier qu'il ne cesse d'écumer avec ses copains, on le comprend. Et puis avec un père alcoolique, violent et guère présent et une mère affectueuse et naïve, il a les coudées franches. Si franches que les petits délits se multiplient et deviennent de plus en plus gros.
Mais il la raconte si bien son enfance, avec un tel sens de la formule et son style si attachant qu'on ne peut lui en vouloir et qu'on en redemande...
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critiques presse (1)
Lhumanite
26 novembre 2012
Nan Aurousseau organise le récit de ces années cruciales dans une langue truculente, truffée de l’argot des « traîne-les-rues. »
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
"Elle était jolie, la France des travailleurs, vue sous cet angle là.
Ils avaient récupéré le logement, on était expulsés et il n'y avait rien à dire, rien à faire.
Ils étaient pas aimables, les flics et les huissiers, les déménageurs et les maçons.
Je m'en souviens bien, ils agissaient vite, avec violence, comme des malfaiteurs. Ils étaient venus tôt le matin, peut-être pour ne pas avoir à affronter le regard des autres."
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Elle était réputée pour ça, la centrale de Mende, le mitard surtout. Quand on y passait 45 jours, on était sûr de canner là-bas.
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Quand les boutiques ont commencé à vendre des goldens, c'était rapé. C'est la golden qui a tout foutu en l'air.
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Mon père était un salaud. Il est mort dans les chiottes, en poussant.
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Vidéo de Nan Aurousseau
A l'occasion du festival Quais du Polar 2021, découvrez un entretien en compagnie de Nan Aurousseau écrivain et réalisateur français, qui nous en dit plus sur son roman noir "Grizzly". Les Éditions Buchet-Chastel, mai 2021
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