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EAN : 9782234071056
176 pages
Éditeur : Stock (31/10/2012)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 33 notes)
Résumé :
« Est-ce que notre enfance est importante pour quelqu’un d’autre que nous-même ? C’est la question que je me suis posée avant d’écrire les premières lignes de Quartier charogne. Pourtant, une fois la première phrase jetée, le reste a suivi. Je ne voulais surtout pas faire un livre sur toute ma vie d’un coup, c’est pour ça que j’ai choisi la tranche de six à quinze ans, de notre arrivée rue des Maraîchers dans le XXe, le quartier Charonne, jusqu’à notre expulsion un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  24 janvier 2013
"Quartier charogne, je disais quand on me demandait mon adresse.
Si vous avez un plan de Paris sous la main, vous trouverez les limites du quartier Charonne assez facilement : prenez la rue de Bagnolet au métro Alexandre-Dumas et remontez-la jusqu'à la porte de Bagnolet, continuez par le boulevard Davout jusqu'à la rue d'Avron, prenez-la jusqu'au métro Avron et remontez le boulevard de Charonne jusqu'à la rue de Bagnolet. Voilà, vous avez délimité le quartier Charonne."

C'est dans ce quartier que la famille Aurousseau s'installe à la fin des années 50. Ils ont quitté l'Ain et leur maison avec vue sur le Mont-Blanc pour un petit appartement de la rue des Maraîchers où les parents et les nombreux enfants s'entassent tant bien que mal.
C'est là que le petit Nan va grandir, découvrir la vie, les copains, les gitans, les bagarres, les premiers casses qui le mèneront en maison de correction et plus tard dans la grande délinquance. A la maison, le père boit pour oublier la guerre et il a l'alcool mauvais, la mère prend des coups. C'est donc dans la rue que Nan fait son apprentissage de la vie et découvre qu'en volant, en trafiquant, on s'enrichit plus vite qu'en travaillant.
C'est là aussi qu'il assiste au drame du métro Charonne le 8 février 1962 quand une manifestation contre la guerre d'Algérie est réprimée dans le sang par les forces de l'ordre. Un évènement qui peut expliquer aussi qu'il ait fini par sortir du droit chemin...Comment respecter les lois quand ceux qu'ils les font appliquer n'hésitent pas à user de la force contre le petit peuple. Policiers, huissiers, éducateurs sociaux, fonctionnaires en tout genre sont aux ordres d'un état policier contre lequel on proteste en bafouant les lois.

Dans un langage imagé typique du Paris des années 50 et 60, Nan AUROUSSEAU raconte son enfance pas toujours gaie dans un quartier populaire de la capitale. Il évoque une France disparue avec ses petits commerces, sa vie de quartier, la campagne encore très proche, la friche qui sépare Paris de sa banlieue, les camps de gitans qui entourent la ville, les vacances au bord de la Marne où l'on pêche et se baigne. Mais ce charme bucolique n'empêche pas la misère, le manque d'argent, la mère battue par le père. Pourtant, aucun misérabilisme dans le ton d'AUROUSSEAU. Il parle d'une époque, d'une vie et de certains choix sans chercher les larmes, la compassion ou le pardon du lecteur.
Un récit autobiographique parfois teinté de nostalgie mais qui est surtout l'histoire des premiers pas d'un homme qui très tôt a choisi un chemin tortueux pour fuir un contexte familial difficile, pour ne pas être un mouton, pour narguer les lois ou tout simplement pour avoir la vie facile...
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Annette55
  11 février 2016
Entre larmes, rire et dérision voici le récit d'une enfance marquée par l'amour indéfectible d'une mére courageuse et souriante, un peu dépassée.........l'alcool et la violence d'un pére dans un Paris oublié, un quartier populaire de la rue des Maraîchers,dans les années 5Oet 60..
Dans un langage imagé, à l'aide d'une verve gouailleuse teintée de nostalgie, l'auteur nous plonge dans le monde des petits quartiers, les bals et l'accordéon, les fêtes foraines d'alors, les marchands des quatre saisons, les bastons, les poivrots et les voyous.........
On y rencontre le grand Serge, la grosse Josée, le copain Jo, Schtoro le manouche, Jojo Lézard et les autres.......
Les petits commerces fleurissent, les camps de gitans entourent la ville, la friche sépare la banlieue de Paris. On se baigne et on pêche , en vacances, au bord de la Marne .
Ce charme suranné n' empêche pas la misère et le manque d'argent"À chaque fin de mois, on avait rien à manger à la maison".
Nan fait son apprentissage dans la rue et découvre assez vite qu'en volant et trafiquant on s'enrichit plus qu'en travaillant .
Entre les lectures de Kiwi et les premiers larcins, les bastons parfois rudes et les jeux, viendront les lents basculements vers la délinquance.........
Un récit autobiographique authentique, brut, sans fioritures ni misérabilisme, entre le Sabatier de Montmartre et Zola , un ouvrage émouvant et passionnant d'un auteur qui n'a pas oublié d'où il vient ..........
Un bonheur de lecture , un petit livre emprunté par hasard à la médiathéque........
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Ophelien
  01 mars 2021
"Mon père était un salaud. Il est mort dans les chiottes, en poussant".
Voilà la phrase d'ouverture qui m'a bien fait rire ! le ton est donné d'emblée. On va suivre une partie de l'histoire de Nan, un petit garçon qui va grandir dans le Paris des années 50/60, au sein du quartier Charonne.
Fils d'un père violent, il aime la liberté de la rue et va sombrer dans la délinquance très jeune.
J'ai apprécié ce livre, assez court, au ton franc et direct. La période de ces années là est une période que je connais très peu en littérature et j'ai apprécié découvrir ce Paris charogne.
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SophieLesBasBleus
  01 mai 2015
Quand on a six ans, passer de la campagne jurassienne au 83 rue des Maraîchers dans le quartier Charonne à Paris, c'est changer d'univers et d'histoire.
"C'était sanglant , le 20ème, en 57." Sanglant, oui, et c'est dans cette violence-là, à laquelle réplique celle du père, que le petit Nan doit se débrouiller et apprendre à vivre.
Dans cette plongée dans les souvenirs, Nan Aurousseau sait retrouver le regard à la fois candide et déjà averti de l'enfant qui découvre le monde - son monde - entre l'amour d'une mère, la présence écrasante d'un père, l'école, la rue, les copains, les adultes.
La vie irrigue tout le récit, avec ses moments dramatiques, ses situations comiques et ses apprentissages souvent douloureux. Ce monde disparu n'engendre pourtant ni nostalgie, ni mélancolie tant l'écriture sait le préserver sans l'idéaliser, ni le renier. Un livre que j'ai beaucoup aimé !
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stefjoe
  22 avril 2013
La jeunesse de Nan Aurousseau, quartier Charonne à Paris, début des années 60, c'est les 400 coups puissance 10 ! Ici pas de souvenirs de classe, même s'il ne manquait pas l'école, mais il n'eut jamais le temps de faire ses devoirs. Entre la construction d'un avion pour rejoindre l'Antarctique, ses imitations de Catherine Langeais, son goût pour le théâtre, et ce quartier qu'il ne cesse d'écumer avec ses copains, on le comprend. Et puis avec un père alcoolique, violent et guère présent et une mère affectueuse et naïve, il a les coudées franches. Si franches que les petits délits se multiplient et deviennent de plus en plus gros.
Mais il la raconte si bien son enfance, avec un tel sens de la formule et son style si attachant qu'on ne peut lui en vouloir et qu'on en redemande...
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critiques presse (1)
Lhumanite   26 novembre 2012
Nan Aurousseau organise le récit de ces années cruciales dans une langue truculente, truffée de l’argot des « traîne-les-rues. »
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Annette55Annette55   11 février 2016
"Elle était jolie, la France des travailleurs, vue sous cet angle là.
Ils avaient récupéré le logement, on était expulsés et il n'y avait rien à dire, rien à faire.
Ils étaient pas aimables, les flics et les huissiers, les déménageurs et les maçons.
Je m'en souviens bien, ils agissaient vite, avec violence, comme des malfaiteurs. Ils étaient venus tôt le matin, peut-être pour ne pas avoir à affronter le regard des autres."
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mustangomustango   03 janvier 2013
Mon père était un salaud. Il est mort dans les chiottes, en poussant.
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mustangomustango   04 janvier 2013
Elle était réputée pour ça, la centrale de Mende, le mitard surtout. Quand on y passait 45 jours, on était sûr de canner là-bas.
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mustangomustango   03 janvier 2013
Quand les boutiques ont commencé à vendre des goldens, c'était rapé. C'est la golden qui a tout foutu en l'air.
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Videos de Nan Aurousseau (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nan Aurousseau
Nan Aurousseau sera également sur le plateau de la Grande Librairie. Ex-taulard devenu écrivain, il a retracé dans ses livres son parcours, sa vie de braqueur ou celle de plombier sur des chantiers rocambolesques. Avec son dixième roman, « Les Amochés » (Éditions Buchet/Chastel), il raconte cette fois l?histoire d?un misanthrope, retourné au village afin de vivre loin d?une société qu?il hait. Confronté à un évènement surnaturel, il va sombrer dans une forme de folie.
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