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ISBN : 2709660822
Éditeur : J.-C. Lattès (06/09/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 36 notes)
Résumé :
C'est une histoire intime, deux soeurs grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980; et puis l'une meurt. C'est une histoire politique, on croit qu'on appartient à un tout; et puis on ne comprend plus rien. C'est l'histoire du je et du nous, ces deux-là s'intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent; et puis ils se déchirent. C'est l'histoire de valeurs, elles disent qui on est; et puis elles se laissent bâillonner. C'est l'histoire d'un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
jujuramp
  23 octobre 2017
Anecdote : je cherche ce livre dans les rayons de la FNAC et ne le trouve pas. Je demande à la vendeuse qui au final ne le trouve pas non plus mais me dit : « Une collègue l'a lu et vraiment, elle a été déçu par rapport au précédent."
Du coup, j'ai encore plus envie de le lire.
Et.
Paf. Je le prends en pleine gueule.
Touché en plein coeur.
Générationnel et pourtant tellement personnel. Isabelle Monnin se raconte et nous raconte. Ce temps où on ne mettait pas de ceinture à l'arrière des voitures aux enfants, où on fumait n'importe où, où les téléphones n'étaient pas mobiles … Michel Drucker. Les trente-trois tours. le 11 septembre.
Tous ces petits témoignages universels nous plongent encore plus dans l'histoire personnelle de l'auteur et de sa petite soeur. Tant aimée. Partie.
« Je suis le 11 septembre autant que la seconde où elle est morte.
Je suis tous mes événements. »
Ce livre, c'est de l'émotion. de la pudeur. Des sourires. C'est un livre d'amour, un roman d'apprentissage, un documentaire … Je ne sais pas le qualifier. Pourtant qu'est ce que j'ai aimé cette écriture pleine de poésie. C'est un hommage à sa soeur. C'est un livre politique. C'est un livre écrit par chacun des lecteurs qui l'aura entre les mains.
Ce livre est un poème. Ce livre est une chanson.
« Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants … »
Et toujours, oui, toujours, se méfier des vendeuses à la FNAC …
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coquinnette1974
  08 août 2017
Merci au site Net Galley et aux éditions J.-C. LATTÈS de m'avoir permis de découvrir Mistral perdu ou les événements en avant première.
J'en suis ravie :) Ce fût une bien jolie découverte :)
J'ai sollicité cet ouvrage sans savoir que ce n'était pas un simple roman mais un livre bien plus personnel. Je l'ai demandé car le résumé me tentait.
Je n'avais pas non plus fait attention à l'auteure. Alors que j'ai lu les gens dans l'enveloppe, je n'avais pas fait attention que c'était elle l'auteure de Mistral perdu ! Mais j'ai tout de suite reconnue son écriture, je me suis dit mais je connais cette façon d'écrire, et là j'ai compris qui était l'auteure :)
J'ai été encore plus contente d'avoir reçu ce livre, très personnel donc car en fait, ce n'est pas un roman.
La narratrice, c'est Isabelle Monnin, je l'ai compris très rapidement. Elle est née en 1971, sa petite soeur en 1974 (comme moi) et elles forment "Les filles". Un peu plus tard viendra un petit frère.
Les filles, pendant 27 ans, ce seront les filles, mais l'une des deux va mourir (je ne spoile pas on le sait en lisant le résumé). Et de deux, la narratrice deviendra une.
Contrairement à ce que je supposais au départ, ce n'est pas tout de suite, il se passe pas mal d'années avant le drame, (27 ans) nous avons donc le temps de nous attacher à elles, de découvrir plein de choses sur leur enfance, adolescence, début d'age adulte...
Nous sommes dans les années 1970, années de mon enfance, donc certains passages m'ont forcément parlé. Nous n'avons pas eu la même enfance la narratrice et moi, mais par moment je me suis forcément dit "Mais oui, je me souviens de ça !".
Comme elle j'ai aimé Renaud, sorte de fil rouge dans ce livre, même si je l'ai découvert bien plus tard qu'elle. J'ai moi aussi chanté sur "L'Ethiopie meurt peu à peu, peu à peu......", regardé Santa Barbara (mais pas en cachette ;).. Nous avons écouté sensiblement les mêmes musiques, regardé les mêmes émissions.
J'ai souri en lisant qu'en l'an 2000 la téléportation aura été inventé car comme beaucoup d'enfants de notre génération, j'en été persuadée :)
Elle a trois ans de plus que moi donc adolescente avant moi, je n'ai pas tout à fait le même ressenti mais j'ai trouvé ça très intéressant de nous découvrir des souvenirs communs.
J'ai redécouvert des choses aussi, par exemple je ne me souvenais pas des manifestations de 1986, je n'avais que 12 ans, pas de frère ou soeur plus âgé et je n'ai aucun souvenir de ça. Ni de l'affaire Malik Oussekine qui a suivie, fin 1986 !
Je ne me souviens pas non plus des premières télé de celui qu'elle appelle l'ogre (Jean-Marie le Pen) car à la maison contrairement à chez elle, on ne parlait pas de politique devant les enfants ou ados.
Plus j'avance dans le livre, plus mes propres souvenirs remontent, comme la coupe du monde de football en 1998, ce que je faisais le 11 septembre 2001, ou le fameux jour d'avril 2002 où tout le monde a découvert que "l'ogre" était au deuxième tour.
J'ai souvent souri en lisant ce livre, j'ai parfois eu les larmes aux yeux aussi. A aucun moment je n'ai eu l'impression d'être voyeuse, ce qui peut parfois arriver quand on lit les souvenirs de quelqu'un.
On sait dès le départ que la seconde fille va quitter ce monde, mais quand ça arrive la narratrice n'en fait pas tout un plat. ça arrive, c'est difficile et il arrivera un autre décès tout aussi difficile pour elle, mais à aucun moment je n'ai été mal à l'aise. C'est la vie, c'est pas juste, c'est triste, mais là aussi je ne me suis pas du tout sentie voyeuse car dès le début dans le résumé on sait à quoi s'en tenir et l'auteure a su coucher ses souvenirs sans en faire trop. de la première à la dernière ligne c'est un très joli texte.
J'aime ce genre de livre très personnel et celui-ci est très réussi.
Et, avant de terminer cette chronique, je voudrais rajouter une dernière petite chose :) J'ai découvert une très jolie chanson de Renaud grâce à Isabelle Monnin. Comme je l'ai dit plus haut, le chanteur est présent tout au long de ce livre, et elle évoque à un moment une chanson de 2016, issue de son dernier album : La batterie.
Je suis allée la découvrir et la voix n'est plus celle du Renaud de notre enfance, plus cassée, mais le texte est magnifique et j'ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir puis à la mettre en fond en lisant le dernier chapitre de Mistral Perdu.
Ce livre est vraiment une très jolie découvert du début à la fin, emplie de nostalgie, de fous rires, de petits moments de bonheur, de tristesse aussi, mais c'est vraiment une réussite.
Un énorme coup de coeur qui mérite un gros 5 étoiles :)
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lucia-lilas
  08 octobre 2017
Après Les Gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin nous propose la chronique d'une génération, celle des gens nés dans les années soixante-dix. Si c'est votre cas, alors, vous allez vivre l'expérience un peu étrange de la petite madeleine de Proust ou du « Je me souviens »  de Perec. Ça n'a l'air de rien comme ça, on s'amuse même au début de tous ces petits détails enfouis dans notre mémoire et qui remontent soudain à la surface mais vous verrez, vous n'allez pas ressortir de là indemnes...
Le travail d'Isabelle Monnin s'apparente à un travail de géologue : elle montre les différentes strates constituant un individu et qui sont les marques, les traces des événements intimes ou collectifs que l'on a vécus, à l'origine même de ce que nous sommes devenus. Ainsi, le roman met en évidence la façon dont une génération se constitue.
Alors, cette petite plongée dans le passé qui va peut-être vous amuser au départ va vite (en tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça) se transformer en une grosse boule, mélange de nostalgie, d'angoisse du temps qui passe et prise de conscience - et là, c'est peut-être le pire - de ce que sont devenus notre monde et ce qu'on imaginait pour lui. Amer bilan s'il en est !
Née en province dans un milieu enseignant de gauche, la narratrice évoque à la fois ses années d'enfance avec une soeur dont elle est très proche mais aussi les espaces publics (village, collège) et l'espace privé (la maison des parents, celle des grands-parents paternels) qui ont été les siens.
Ces deux espaces se démultiplient en une série de sous-espaces : le supermarché, les HLM, la salle des fêtes, le car scolaire qui mène au collège avec sa propre géographie interne (les places du fond pour les « crâneurs et les filles à la mode » et celles de devant pour les sixièmes), les bancs de la cour, et, pour l'espace privé : chambre, salle à manger/TV d'où surgissent Michel Drucker (qui traversera tout le livre et tout cet espace-temps générationnel, toujours là, quoi qu'il arrive), Des chiffres et des lettres (ça existe encore, non?), Renaud qui deviendra l'idole de la narratrice et de sa soeur (lui aussi est encore debout !) et L'Heure de vérité avec le Pen.
Et puis, il y a les détails, les objets, ceux que l'on trouve encore quand on traîne dans les braderies et qui nous ramènent à une époque oubliée : Pif Gadget, les sous-pulls en nylon, les 45 tours, le mange-disque (le mien était évidemment orange et comme recouvert de feutrine : c'est ma grand-mère qui me l'avait acheté avenue de la République à Montgeron et le vendeur m'avait offert, je crois, un disque de Patrick Juvet), les walkmans, les sacs US crayonnés de partout, les rochers Suchard (oui, je sais, ça existe encore, mais on n'en mange plus !) les sweats bicolores manches chauve-souris (ne faites pas comme si vous aviez oublié… J'en avais un rouge et jaune...), les correspondantes (dites corres') chez qui on allait sans les connaître (horrible souvenir de Linda ma corres' anglaise, tout ce que je détestais, on ne s'était pas parlé de la semaine malgré les efforts démesurés de sa mère - un séjour linguistique réussi !), les longs voyages sans ceinture (je me souviens de nous trois dans la Peugeot, départ pour le sud à cinq heures du mat, allongés à l'arrière dans tous les sens, on crevait de chaud, sur le toit les valises dépassaient la hauteur réglementaire et les gens, amusés, nous regardaient passer…), un peu plus tard, il y aura le minitel, les TGV orange...
Et les titres de chansons : « Chacun fait c'qui lui plaît », « Let's dance », « Gaby oh Gaby », « Still loving you »… Ça vous rappelle quelque chose ? Bienvenue au club !
En traversant les époques, la narratrice fait resurgir ce qui l'a construite : « je suis tous mes événements », décrit ce monde qui a fait ce qu'elle est devenue, ces événements, ou non événements d'ailleurs, s'amalgamant, s'agrégeant pour former une espèce de tout qui la constitue, la construit, la définit, la détermine aussi.
Nous sommes ainsi chacun une époque, une quantité infinie de micro et de macro événements personnels et collectifs qui nous constituent et nos pensées sont aussi celles de notre époque, elles sont marquées par son empreinte, elles sont, qu'on le veuille ou non, comme échappées d'un moule dont elles garderont la forme à jamais. Cela paraît évident mais c'est toujours un peu étrange de se dire que, finalement, nous ne sommes que le produit d'un monde, d'événements qui nous ont façonnés et définis. Où est la liberté là-dedans ? J'ai bien peur qu'il n'y en ait guère… « Je me demande par quels chemins l'époque, ce bain chronologique dans lequel le hasard m'a fait tremper, a infusé mon intimité, de quelles glaises elle aura modelé mon existence. Les événements paraissent résonner au loin, leurs échos font pourtant trembler nos murs », « Tout est mélangé, contradictoire, entortillé des milliards de molécules qui constituent un individu, baigné des courants de l'époque, d'un terroir, d'une famille, imprégné des événements, leur otage on pourrait dire tant il dépend d'eux longtemps après avoir cru y échapper. Approcher la vérité des êtres c'est explorer les strates géologiques qui les constituent. Il y a des dépôts de sédiments, des plis, des bosses et des creux, des alluvions et des fossiles, les traces de l'eau et des chocs. Les couches profondes sont épaisses et granitiques, elles soutiennent l'édifice.Mais leur épaisseur ne dit rien de leur importance. N'est-ce pas la fine pellicule de terre, là ou ces quelques cailloux polis, ici, qui font la personne ? On lirait dans les hommes comme dans le flanc d'une montagne, si on savait. »
Après l'enfance, la narratrice évoque l'adolescence et l'âge adulte, les gens aimés que l'on perd, les certitudes qui s'étiolent et disparaissent, le monde qui se complexifie de façon effrayante et qui ne nous permet plus de savoir qui l'on est.
Autant le dire, ce livre, qui est l'histoire de mon époque et donc de ce que je suis, m'a évidemment beaucoup touchée, je me suis retrouvée dans ses mots, dans ses interrogations, dans ses peurs.
Je ressors un peu secouée de ce flash-back, de cette plongée dans le passé, de toutes ces images qui sont réapparues alors que je les avais presque oubliées et de cette prise de conscience soudaine que oui, les autres sont passés par les mêmes chemins ou par des routes parfois un peu différentes mais qui, au fond, étaient bordées des mêmes paysages et arrosées de la même eau de pluie.
Je me suis complètement retrouvée dans les interrogations de la narratrice sur le monde actuel : comment nous définir, nous, qui n'appartenons ni à un parti politique, ni à une religion ni à un courant de pensée, nous qui n'avons ni terres, ni biens, juste nos philosophes des Lumières auxquels nous nous accrochons comme à une bouée de sauvetage en tentant de garder tant bien que mal la tête hors de l'eau ?
« - Qu'est-ce qu'on est, nous ? (demande le fils de la narratrice)
- Que veux-tu dire ?
- Ben à l'école il y a des juifs et aussi des chrétiens et des musulmans. Nous, qu'est-ce qu'on est ?
- Euh.
- Qu'est-ce qu'on est ?
- Nous ? On n'est rien. »
Alors voilà, je ne suis rien, nous ne sommes rien, nous allons, nous qui ne croyons qu'à l'esprit de tolérance, au respect des droits de l'homme, à de vagues notions telles que la liberté, l'égalité, nous qui refusons le racisme, la violence, la tyrannie, nous ne sommes rien, avec nos petites valeurs de rien du tout…
Eh bien tant pis, nous irons comme ça, jusqu'au bout, sur le chemin de notre vie, avec nos petites idées. Dans quelques générations, on dira que nous étions fous ou presque.
Pas grave, on ne sera plus là pour se faire insulter…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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abfabetcie
  20 octobre 2017
Une enfance lumineuse, une adolescence insouciante mais engagée, puis vient la tragédie à l''âge adulte. Ce livre est d'une beauté vibrante, il nous conte une histoire intime que viennent percuter des évènements personnels et collectifs sur les 40 dernières années. C'est l'histoire de deux soeurs, c'est l'histoire de l'amour fusionnel qui les lie, c'est aussi l'histoire d'une époque marquée de ses faits historiques et politiques (la chute du mur de Berlin, les manifestations des lycéens contre la loi Devaquet, la révolte des banlieues, le 11 septembre) jusqu'aux événements les plus récents, avec les attentats de Charlie et du Bataclan. C'est aussi la chronique désabusée de cette fin de XXe siècle avec ces désillusions face à un monde qui va mal. Et ce sont ces événements qui nous ont vu – ou fait – grandir comme l'auteur. Ces évènements nous constituent, ainsi que les pensées, les sensations, les sentiments qui les ont accompagnés. Nous sommes une époque, un contexte familial et social.
Dans une première partie, Isabelle Monnin égrène ses souvenirs d'enfance d'une façon extrêmement juste et touchante avec force détails qui sont comme une Madeleine de Proust pour la plupart de ceux qui sont de la même génération : le bulgomme, les beaux verts gravés à motifs raisins, l'électrophone (tourne-disque !), les cassettes sur lesquelles on enregistrait nos chansons préférées quand elles passaient à la radio pour les réécouter en boucle, les visites hebdomadaires aux grands-parents, la maison tellement typique de l'époque, cubique à sous-sol, les sous-pulls en nylon, les walkmans, les correspondantes (dites corres'), j'en passe, il y en a tellement. Sans parler de Michel Drucker, « un espace invariant de nos vies, un endroit où échoueront tous nos weekends ». L'ambiance de l'époque impeccablement rendue.
Puis elle nous raconte son adolescence et son rapport fusionnel à sa soeur, qu'elle vit avec intensité « Elle est mon enfance, je suis son adolescence. » « Nous sommes deux » et elles vivent leur adolescence dans la bulle d'une relation fusionnelle mais « personne ne lui fait signe pour la presser d'en profiter. Personne ne se lève discrètement pour me prévenir. Aucune parole amicale pour me chuchoter que nous fabriquons juste un passé. »
Elle nous raconte aussi sa passion pour Renaud, véritable phénomène générationnel dont les paroles des chansons parsèment ce récit. « Avec le chanteur aux cheveux jaunes, nous apprenons la banlieue, Margaret Thatcher, la Palestine, les enfants de Soweto, Bhopal ou Dublin. Il est notre école sur un voilier. »
Puis elle raconte l'absence, « je suis toute seule » même si sa soeur, ou son fantôme, reste omniprésente. « Je suis deux ». Elle raconte le chagrin, la douleur, le désespoir du deuil, de la perte, celle de sa soeur mais aussi, plus tard de son enfant (qu'elle a raconté dans Les vies extraordinaires d'Eugène).
Puis enfin, à la fin, à la quasi moitié de sa vie d'adulte, elle parvient à écrire « Je suis Je ».
Elle écrit aussi cette mémoire qui fait défaut, qui nous fait oublier les traits de ceux qui ont pourtant compté on le sait, et dont il reste des traces. Elle raconte son métier de reporter, qui lui fait « observer la vie des autres et en saisir l'écho universel ». Finalement elle nous donne à observer sa vie pour que nous en saisissions l'écho universel et c'est réussi.
De très belles pages à la fin sur son rapport à l'écriture, sa « grotte d'écriture », « dans le secret vivant de la clairière, une phrase prend forme, puis une autre… »
Dernières pages sur le temps qui passe, inéluctable, des pages empreintes de nostalgie. On ne sort pas indemne d'une telle lecture.
Enfin, parlons du titre qui est magnifique et qui dit tout, « Mistral perdu ou les événements ».
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Sallyrose
  08 août 2017
Née en 1971, la narratrice raconte son enfance puis sa vie d'adulte à travers 2 prismes : celui de sa complicité avec sa soeur et celui de son éducation politique ou plutôt ce qui l'a conduite à avoir une conscience politique.
Fan du chanteur Renaud dès la première heure, elle raconte la montée en elle de certaines valeurs avant d'être capable de les nommer et mettra en parallèle, en filigrane certes, la déchéance du chanteur et celle de la gauche.
Etant de la même génération, j'ai vécu à nouveau ces événements fondateurs qu'ils soient politiques, culturels ou du quotidien et bien que d'une éducation très différente, j'ai compris et partagé sa nostalgie idéaliste propre à l'adolescence, les lacunes d'une vie sans lutte, le malaise du confort d'une vie normale : une famille, un emploi, un amour, des enfants.
La narratrice est d'autant plus désenchantée qu'elle ne sait qui incriminer (elle ? Les autres ? Lesquels ?) ni quand tout a commencé de finir.
Une belle réflexion sur la génération dite sacrifiée.
Un autre pan de ce récit concerne la relation à la soeur, le je qui est nous. Beaucoup plus intime mais sans émotions passionnées, la narratrice sait faire comprendre à son lecteur l'intensité de son amour sororal tout en le laissant à une pudique distance.
Un roman/récit d'une grande intelligence.
(Editions JC Lattès / Netgalley)
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
littlecatlittlecat   10 octobre 2017
Etre préoccupé par des questions d'adulte, c'est appartenir à un espace plus large que soi. Je regarde les informations, je lis les journaux "de gauche" (tout est de gauche ou de droite) auxquels la maison est abonnée ; dans ma chambre je lutte contre l'Apartheid, la guerre et le racisme, j'affiche Mandela, Boris Vian et Arthur Rimbaud sur mon mur en liège - désormais, nous avons nos chambres, et elle vient le soir habiter la mienne avant de dormir.
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coquinnette1974coquinnette1974   06 août 2017
Il devait y avoir Michel Drucker puisqu'il y a toujours Michel Drucker, sans que personne ne nous dise à cet instant que Michel Drucker sera comme l'école, le centre commercial, la salle des fêtes : un espace invariant de nos vies, un endroit où échoueront tous nos week-ends si nous n'y prenons garde.
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Virginie_VertigoVirginie_Vertigo   11 novembre 2017
Les endeuillés cherchent comme des perdus un sens au malheur, on dirait des animaux faméliques fourrageant une terre morte, ils s’inventent des signes, construisent des ponts imaginaires, qu’ils ne soient pas rationnels leur importe peu, puisque plus rien n’a de sens, on peut bien croire ce que l’on veut. Je regarde les twins towers s’écrouler et je nous vois, les twin sisters pulvérisées. C’est la même fin du monde. L’hébétude est notre état. Mon chagrin est le nouvel ordre mondial. Quelqu’un nous détruit et nous n’en revenons pas. Quelqu’un ricane de notre supposée fin de l’histoire et ça nous tétanise. Lui chante Manhattan Kaboul sur toutes les ondes. La voix de caramel d’Axelle Red n’adoucit rien.
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Virginie_VertigoVirginie_Vertigo   11 novembre 2017
Nous sommes les filles, nos parents sont les Trente Glorieuses et les possibles sont à portée de nos mains. Depuis les premières tables de multiplication, on nous explique que si nous étudions, nous y arriverons, que travailler permet de s’élever quelques que soient les situations et les relations de nos familles. La belle école de France, nous dit-on, est la blanchisseuse des inégalités. La méritocratie a remplacé une autre -cratie, celle des héritages à particules. Nous ferons mieux que nos parents, qui eux-mêmes ont fait mieux que les leurs : si l’on se donne de la peine, la République, avec son grand air, tiendra ses promesses. C’est ainsi qu’arrive, petit tambour mesquin, l’idée que réussir sa vie ne dépend que de soi, et que, puisqu’elle est possible, la réussite est obligatoire. Est-ce une chance ? Une injonction faussement libératrice ? Pour l’heure, nous ne savons pas que l’obligation de se réaliser laissera certains d’entre nous sur le bas-côté et que les concours sont une souffrance autant qu’une chance. Si on veut, on peut, nous répétons-nous – entre deux crises de spasmophilie.
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GabySenseiGabySensei   07 août 2017
Montrer, pas démontrer ; donner à sentir plus qu'à penser ; écouter plutôt qu'asséner ; attraper les flocons de sensation plutôt que les blocs lisses de généralité.

(P107)
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Vidéo de Isabelle Monnin
Isabelle Monnin - On n'est pas couché 2 décembre 2017 #ONPC
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