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EAN : 9782743643416
200 pages
Éditeur : Payot et Rivages (14/03/2018)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 9 notes)
Résumé :
"Je m'appelle Eloise Othello. Je cours contre l'idée de la perte de l'identité individuelle au bénéfice de l'identité collective. En clair, être soi-même et non une identité manufacturée dans la chaîne de l'identité sociale." Babouillec, époustouflante auteure autiste n'ayant jamais appris, selon ses propres mots, "à lire, à écrire, à parler", parvient à composer ses textes à l'aide de lettres en carton disposées sur une feuille blanche. Dans ce premier roman, elle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bouldegom
  17 mai 2018
Miss Eloïse Othello est danseuse, et travaille avec ses potes Mario et Loubie, des marionnettistes, sur une création, à l'espace des sciences. Mais miss Othello sort d'une rupture, Moshé l'a quitté. Sur les conseils d'une amie, elle rencontre Mme Sanchez, et entame une thérapie. Grâce à cette dernière et à ses quelques ami(e)s, notamment Tonio, Eloïse trouvera le chemin de la guérison, et l'envie à nouveau, de se connecter au monde.
Après avoir lu « Algorithme éponyme », et avoir été éblouie, j'étais impatiente de lire une autre oeuvre de Babouillec, autiste peut-être très déficitaire par le corps mais certainement pas par l'esprit. Voici que sort « Rouge de soi », son premier roman. Bon, pour être honnête, on comprend tout de suite que la trame narrative n'est là que pour servir de support aux réflexions de l'auteure, et de ce point de vue, je n'ai pas été déçue. J'ai retrouvé la même hypersensibilité, la même vision claire du monde et de la société, la quête d'identité et de notre place au milieu de tout ça, avec cette fois une approche des sentiments amoureux. J'ai davantage perçu les variations d'humeur et l'isolement que peut ressentir parfois Babouillec, prise au piège de ses pensées et de ses émotions, ou même de son corps. Les dialogues sont souvent surréalistes, on croirait lire une conversation entre psy ou entre philosophes ! Je l'ai lu deux fois, pour bien m'imprégner du langage et comprendre le fond, le sens profond des phrases, et de nouveau, c'est un éblouissement. Hélène Nicolas (Babouillec) écrit maintenant des pièces de théâtre, j'ai hâte de les voir !
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ManouB
  14 novembre 2018
Ce roman est l'histoire toute simple d'Éloïse, surnommée Miss Othello. Elle est danseuse. Elle travaille avec des amis, Mario et Loubie qui sont tous deux marionnettistes. Ensembles, ils préparent un spectacle.
Mais Miss Othello ne va pas bien car elle vient de rompre avec Moshé, son amoureux et elle veut se faire aider. Liz, une de ses précieuses amies lui conseille de consulter et c'est ainsi qu'elle croise Mme Sanchez.
Elle a une vie la plus "normale" possible, sort avec ses amies, regarde la TV le soir, discute des soirées entières pour refaire le monde, ou chercher à le comprendre.
Mais c'est dans l'écriture qu'elle va trouver, un bénéfique salut qui lui permettra non seulement d'oublier ce qui se passe dans son cerveau "embrouillé"...mais aussi de guérir.
Si Éloïse a la chance d'être autonome dans la vie, de pouvoir travailler et vivre libre, ce qui n'est pas le cas de Babouillec, elle n'en est pas moins son double, son miroir, celle qu'elle voudrait être et c'est aussi pour cela que ses propos nous touchent...
D'ailleurs le livre qu'Éloise écrit dans le roman, s'appelle aussi "Rouge de soi" ("Rouge comme les interdits, le sang, l'intimité, l'émotion suprême, la timidité, le dépassement de soi dans la profondeur de l'identité, le carrefour des sens interdits"page 125).
Comme je vous l'ai dit ce roman est indescriptible et ne rentre dans aucune case.
L'histoire n'est que le prétexte à de nombreuses réflexions philosophiques qui nous font pénétrer dans la bulle de l'auteur. Une bulle qui n'est pas du tout synonyme d'enfermement mais d'ouverture, de créativité et de poésie.
Chaque court chapitre indique clairement le sujet des réflexions : l'intention, le plaisir, la raison, le tri, la vie, la délivrance...
Barbouillec à travers le personnage d'Éloïse nous observe, elle cherche à comprendre le monde, à trouver sa propre identité au sein de notre société complexe. Elle philosophe, nous explique sa vie avec humour, s'amuse de nous et de nos travers.
Et nous ne pouvons nous empêcher de nous questionner...
Qui est réellement différent, elle ou nous ?
Qui a la tête embrouillée...elle ou nous ?
Qui est -elle vraiment ? Qui sommes-nous ?
J'ai été charmée et émue par ses questionnements incessants et la poésie de ses propos.
J'ai été surprise par les tournures de phrases, les références littéraires, le vocabulaire soutenu, mais je ne mets nullement en doute la véracité de l'écriture, en disant cela.
Les phrases sont courtes et percutantes. Il y a beaucoup de dialogues rendant ainsi l'appropriation des idées, plus facile.
Un court roman sur la difficulté de vivre quand on est différent...142 pages à découvrir absolument !
Pour en savoir plus sur l'auteur, rendez-vous sur mon blog...

Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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LesMissChocolatinebouquinent
  01 juin 2018
Comment parler d'un livre qui est inqualifiable ? Comment mettre ses propres mots sur « Rouge de soi » ? Exercice compliqué tant les mots me manquent et dont je ne maîtrise pas. Comment rendre à sa juste valeur, un roman qui bouleverse, transcende ?


Ma première rencontre avec « Rouge de soi » s'est faite sur les réseaux sociaux (béni les dieux (pour une fois) qui ont su insufflés aux hommes la création des réseaux sociaux). Cette vidéo qui a attiré mon regard et là j'ai vu et j'ai regardé. Babouillec en pleine création ! Cette joie de vivre en communiquant avec ces lettres. Ce regard, loin d'être éteint mais au contraire plein de malice. La fascination m'a de suite frappée. Et j'ai voulu absolument connaître l'immensité de Babouillec. Celle contenue dans cette bulle qui ne demande qu'à être explorée.
Et puis j'ai voulu ouvrir ce roman par ce que je suis maman d'un petit garçon (qui sera un adulte un jour) qui présente des troubles du spectre autistique. Un combat de tous les jours sans relâche.


« Rouge de soi » c'est l'histoire de nous, de vous, d'eux, d'elle et de Miss Othello. C'est l'histoire dans l'histoire ! Une place dans la place de la société. C'est l'identité individuelle dans l'identité collective. Un monde, une bulle dans l'anarchie organisée de notre société. C'est tout un tas de questions, de remises en questions, de vagabondages dans les multitudes, des prises de consciences, des insouciances, des rêveries, des réalités, des créations. C'est ultime, renversant. C'est une bulle d'où tu explores chaque recoin qui n'existe pas mais qui fait parti d'une réalité tragique incompréhensible. C'est l'acceptation de la différence mais qui n'est pas en même temps une différence. C'est comprendre cette différence. Miss Othello t'ouvre son monde, sa bulle, sans en être vraiment une. T'enfiles avec elle, ta tenue de scaphandrier et tu plonges dans le tumultueux de l'océan. Tu découvres des trésors enfouis et quand tu lèves la tête de cette profondeur, tu rencontres l'immensité noire des étoiles, de la vie. C'est cosmique ! C'est le bing bang !

Babouillec ne gribouille pas. Elle narre, elle philosophie, elle raconte son immensité, elle ouvre les esprits étriqués. Elle joue avec les mots parfois avec beaucoup d'humour, elle s'amuse. Elle te parle.


Je termine mon petit billet modeste par les mots de Julie Bertucelli :

« Plus je lis Babouillec, plus je suis émue et pense profondément qu'elle est l'une des plus grandes poétesses-écrivaines-autrices du XXIème siècle avec sa fulgurante écriture, ses questions intarissables surgissant des profondeurs, sa soif d'élucidation enthousiasmante, ses paroles inouïes, ses histoires uniques et de plus en plus concrètes, toujours différentes, ses dialogues ciselés, son humour renversant et sa pensée qui voyage et nous transporte si loin. Elle nous ouvre la vie en grandissime, en multidimensionnel, en ultrasensible, en surpassionnant, en infiniméthaphysique, en extrapoétique… Je ne la remercierai jamais assez d'être ce qu'elle est et d'être venue sur terre pour nous rencontrer ! »

Lien : https://lesmisschocolatinebo..
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bbtiz
  11 mars 2018
Un roman étrange, au accents d'auto biographie habillée de fiction, où l'auteur nous emmène dans les réflexions intimes et philosophique d'une jeune femme en quête d'elle même et de son bien-être psychique suite à une rupture sentimentale...
J'ai été étonnée par la haute qualité linguistique et la syntaxe, le vocabulaire très soutenu!! M'attendant à quelque chose de spécial vu la présentation de l'auteure (jeune femme autiste n'ayant jamais "appris à lire ni écrire" soit disant) je pensais trouver quelque chose de brouillon et non quelque chose dont le style à la fois poétique et soutenu évoque un mélange entre Proust et Nothomb.
On aime ou on aime pas, mais en tous cas on ne reste pas indifférent lors de cette lecture pour le moins troublante!!
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Moulinaie
  05 septembre 2019
J'ai trouvé la première partie du livre difficile à aborder.
Le style complexe, la construction des phrases et le vocabulaire recherché furent un frein à la compréhension.
Pourtant, je me reconnais entièrement dans cette déstructuration des idées et attitudes préconçues qu'on accepte sans réfléchir alors qu'il faut adapter la vie à ce qu'on est soi-même.
La seconde partie du livre fut plus abordable.
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critiques presse (1)
Culturebox   26 mars 2018
Un texte plein d’humanité, d’humour et de clairvoyance sur le handicap et surtout sur la façon dont en 2018 on traite les personnes différentes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
BouldegomBouldegom   16 mai 2018
Tout commence à la naissance. Se détacher du cocon maternel est un acte d'une grande violence dont certains ne se remettront pas. Toute leur vie, ils chercheront des sensations particulières pour apaiser cette rupture, d'autres n'aimeront vivre que dans la rupture, d'autres seront heureux dans les bras de leur mère et, comme toujours, il y a un lot de petits veinards qui ne se poseront pas de questions. (p79)
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BouldegomBouldegom   17 mai 2018
Eloïse nous raconte l'histoire interdite des êtres communicants, enfermés dans l’œuvre du monde écrite par les hommes méritants selon l’œuvre du mérite. Cultiver l'alternatif permet d'apercevoir les racines oubliées, laissées pour compte. Le nombril en expédition, fabriqué "made in" culture géométrie de l'intérieur fermé. L'origami certifié conforme.
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ManouBManouB   14 novembre 2018
La liberté d'opinion est un acte précieux inscrit dans les droits de l'homme.
A-t-on le mode d'emploi pour s'en servir lorsque nos opinions froissent notre famille, doit-on élire à l'unanimité les opinions permises ?
Comment se construisent les identités profondes individuelles, dans un fonctionnement préétabli ?
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ManouBManouB   14 novembre 2018
Le mouvement terrestre, la marche du temps, sont-ils des ancrages indélébiles ou des invitations au voyage ?
Chaque pas suscite des interrogations. Le sable chaud du désert transporte-t-il les mêmes informations que la terre glaise galvanisant sous la semelle des chaussures ? Les poètes marchent-ils sur la Lune pour être dans la bonne texture au bon moment ?
Sommes-nous des interprètes, des traducteurs, des lecteurs ou écrivains du sens du monde ?
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ManouBManouB   14 novembre 2018
Je vis dans le pays des droits de l’homme, un pays libre, et je suis morte de peur. Je vis enfermée dans la peur de perdre ma liberté, la peur de me retrouver enfermée car je ne sais pas défendre mes droits...
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Videos de Babouillec (2) Voir plusAjouter une vidéo
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Babouillec Algorithme éponyme.
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