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EAN : 9782743639211
144 pages
Éditeur : Payot et Rivages (30/11/2016)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 20 notes)
Résumé :
" Je suis née un jour de neige, d'une mère qui se marre tout le temps. Je me suis dit " ça caille, mais ça a l'air cool la vie ! " Et j'ai enchaîné les galères ".
Voici comment se présente Hélène Nicolas, jeune femme de trente ans, autiste diagnostiquée très déficitaire. Jamais scolarisée, elle n'a, selon ses propres mots " pas appris à lire, à écrire, à parler ". Elle n'a pas accès à la parole ; son habilité motrice est insuffisante pour écrire.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bouldegom
  16 mars 2017
Les larmes coulent sur mes joues alors que je referme ce livre tant je suis éblouie par la beauté du texte. Et voilà que je me sens investie d'une mission, celle de vous présenter Hélène Nicolas alias Babouillec. A l'occasion de la semaine du cerveau, je suis allée voir le film « dernières nouvelles du cosmos ». C'est là que j'ai fait la connaissance de cette jeune femme, autiste dite « très déficitaire ». le film relate le chemin parcouru par sa mère, son amour et sa détermination pour trouver un moyen, une connexion, un passage pour communiquer avec sa fille. Et elle y est parvenue ! Hélène, sans jamais avoir appris, sait lire et écrire mais, trop handicapée pour tenir un stylo, ne peut rédiger. Sa mère a alors l'idée d'inscrire les lettres de l'alphabet sur de petits carrés de papier qu'Hélène n'a plus qu'à associer pour créer les mots puis les phrases. Je n'en dirai pas plus sur le film mais je vous invite à le découvrir.
« Seule enfermée dans l'alcôve systémique, nourricière souterraine de la lassitude du silence, j'ai cassé les limites muettes et mon cerveau a décodé votre parole symbolique, l'écriture. » Forte de cette nouvelle possibilité, Hélène commence à écrire des textes et révèle peu à peu sa pensée et le plaisir de la communiquer : « L'écriture a rempli mon espace et j'adore la sensation de me sentir en vie dans cette extase identitaire de partager mes mots. ». « Algorithme éponyme », son livre, est la compilation de ces textes. Elle nous offre là une porte ouverte sur son monde, principalement intérieur mais aussi son regard sur le nôtre. Son oeil amusé nous observe et nous renvoie une image d'êtres stéréotypés enfermés dans nos propres limites. Elle analyse son état d'autiste, dont elle est parfaitement consciente et commente le regard que les autres portent sur elle. Son écriture est d'une magnifique poésie (j'y trouve entre autres l'influence de Baudelaire) et d'une profondeur sans fond. Sa puissance est telle qu'elle m'a complètement retournée.
Hélène si je m'adressais à vous je vous rappellerais cette dame qui à la fin du film vous déclare « Tu me fais rêver », et je vous dirais que je me joins à elle mais qu'en plus je vous dis Merci. Pour avoir réveillé mon être intérieur, projeté un éclairage sur les questions essentielles sur lesquelles j'avais tendance à m'endormir, m'avoir secoué à m'en faire trembler des pieds à la tête, pour avoir déversé en moi ces cascades de lumière et de couleurs. Pour cette flamboyante épopée dans l'intra-muros de votre « boîte crânienne », merci !
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LiliGalipette
  31 mars 2019
La poétesse est une autiste qui n'a jamais parlé ni appris à lire. Mais un jour, elle a montré qu'elle savait écrire. À l'aide de lettres cartonnées qu'elle aligne sur des feuilles blanches, elle compose des textes qui interrogent sur les limites. Dans la préface, le metteur en scène Pierre Meunier salue un talent original et quasi miraculeux. « Sauvés de la confusion par son effort de nous les transmettre, ils surgissent, animés de la force vitale propre aux rescapés. » (p. 7)
« Poète sans papiers, sans origines littéraires, sans règles sociales. » (p. 12) C'est ainsi que Babouillec se présente. Elle joue avec la langue, voire la langue étrangère, avec la mise en page, avec la casse. Avec les mots tout simplement. Elle parle de l'enfermement en soi-même, de la bataille pour se libérer, de la nécessité évidente de ne pas correspondre aux normes sociales, de l'identité. « Je tue mes démons silencieux dans les tentatives singulières des sorties éphémères de ma boîte crânienne. » (p. 11) Avec un lexique immense, Babouillec porte un regard précis sur la société et la course du monde. Elle exprime aussi un humour très fin et impertinent, une moquerie douce et éclairée, mais qui tend parfois à la raillerie quand l'agacement prend le dessus. Elle noue à ses paroles des références littéraires, filmiques ou musicales : elle les distille l'air de rien, ce qui est la preuve d'un esprit ouvert au monde, curieux et avide, et qui intègre tout ce qu'elle touche pour le faire sien.
J'aime les textes des êtres qui battent le validisme en brèche. Ils dégagent une vérité brute et immédiate, ils délivrent un sens évident. Cette lecture me permet de vous conseiller le lumineux témoignage de Thomas Mandil, La joie de vivre ma vie. Mais bon, soyons honnêtes, résumer ou analyser de la poésie, c'est franchement impossible et tout à fait couillon. On ne condense pas l'émotion pure, on la ressent.
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ATOS
  25 avril 2018
Nous sommes à l'étroit. A l'étroit de notre langue, de nos corps, si forcément à l'étroit que nous en vivons parfois à l'envers de nos pensées. Rapprochement de l'autre. Identité de soi. Extérieur nuit. Intérieur libre. Nous sommes à l'étroit, étroitement recroquevillés dans nos incapacités. A l'étroit de nous mêmes. Nous sommes muets.
Possibilité, créativité..infinité. Kiêthon . Khiêthon vraiment. Nous n'osons imaginer tout ce qui nous dépasse. Tout ce que nous ne percevons pas. Incapable de silence, coupables de bruit. Nous sommes in-sensés, les yeux ouverts et le regard baissé.
Babouillec s'est une étoile filante, une écriture vive, poétique.Une oiseau de liberté.
Une voix d'une profondeur incroyable. Des mots qui par magie sont arrivés en une année lumière jusqu'à nous. C'est un cri poussé vers le ciel, un espoir, un champs immense de paroles. J'avais commencé à souligner les passages que je préférais, que j'estimais devoir noter.
Mais tout vole en éclat lorsque vous vous apercevez que vous avez presque souligné le livre entier.
« Je suis équipée d'un autre sens de cet enchantement d'être en vie ».
« J'appartiens à une espèce en voie d'apparition, dépourvue du sens social sécuritaire, bannissant les codes interrompant les accès aux mystères de la vie. ! Une espèce fantaisiste où règne un désordre tonitruant.
Équipée de codes indéfinissables brouillant les radars des formats en tout genre, j'appartiens à cette espèce étrange qui ne rentre nulle part, qui ouvre la passerelle des impossibles en torturant les repères sociaux.
J'observe sans relâche les codes d'appartenance et je défis les pièges à la pensée.
Mon monde est tel que je l'ai construit, sourd à la ritournelle anesthésiant les cerveaux débranchés, sourd aux compteurs affables, sourd aux paroles plombées tombées du ciel par temps orageux, sourd à la violence et à la haine. ».
Il y a des moments comme cela. Des moments d'intense lecture. C'est presque un vertige. le vertige que seul la beauté sait vous donner. Un océan qui vous entre dedans. Et l'on se sent fort, et l'on se sent riche. On se sentait à l'étroit, et puis il vous prend l'envie de retrouver, de partager, de semer, de voler. Avec des mots, des lettres d'images, des paquets lumière de lettres. L'immensité d'une lettre-voyage. Oui, c'est une espèce en voie d'apparition. Ça valait la peine de faire tout ce voyage pour connaître ça. Bing bang – métafusion ! Babouillec fait nous rêver encore et en corps, donne nous les clés !
Astrid Shriqui Garain
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PierreTristan
  14 décembre 2017
Algorithme éponyme, et autres textes, Babouillec
Ecrit par Cathy Garcia dans La Cause Littéraire
Je viens enfin de terminer un livre de Babouillec. En fait, je ne savais pas exactement ce que j'allais lire mais je savais que ce serait une claque et puis au final c'est une formidable résonance. Je retrouve tellement de mes propres ressentis, de mes questionnements, mes révoltes même, dans ses mots, que je me dis que moi aussi je dois être autiste, camouflée derrière une apparente normalité et que nous sommes même peut-être tous des autistes plus ou moins intégrés dans la normalité, et alors la question s'impose : qu'est-ce que ça veut dire « être normal » ? La question que nous posent, parfois comme un flingue sur la tempe, tous les dits « anormaux », tous les « différents », peut-être pour nous montrer à quel point nous sommes éloignés, coupés de nous-mêmes, de notre être véritable, unique et extraordinaire dans son anormalité.
Qu'est-ce que ça veut dire « être normal » ?
C'est la question qui vient nous remettre en question justement, qui vient nous réveiller. Une question qui dérange notre sommeil, une sorte de sommeil collectif hypnotique.
Dans la folie de l'obéissance d'être en vie, j'accuse l'infinie gourmandise jubilatoire de mon cerveau, de m'inonder du désir impalpable de jouer avec les lettres et raconter l'invisible qui vit en moi.
(…)
L'enjeu systématique de l'appartenance sociale inhibe ta résonance au monde, à toi-même, à elle-même. (…) Fantômes itinérants et sans bagages, les corps s'alignent sur le modèle disponible.
Je suis arrivée dans ce jeu de quilles comme un boulet de canon, tête la première, pas de corps aligné, des neurones survoltés, une euphorie sensorielle sans limites. Les oreilles stand-by à la jacasserie humaine, les mains et les pieds sens dessus dessous, les yeux dans les yeux de moi-même. Modèle dispersé, gratuitement mis au monde par besoin de casser la mécanique culturelle.
(…)
Le regard des autres : à qui devons-nous appartenir ressembler (…) Quality Street boulevard de notre déambulation linéaire alignés docilement par peur du vide. Ronde infernale high Tech ces rencontres compulsives moulinées dans nos boites à dialogue sous haute surveillance.
(…)
On décore mal le paysage, jamais à la bonne place, dans la bonne attitude, bonne posture, bonne gueule de l'emploi. (…) Sortons les handicapés dans la rue et faisons une grande fresque vivante.
Nous ne sommes pas des anges, la preuve, nous n'avons pas deux ailes pour fuir ce monde hostile.
(…)
Il faut se souvenir que nous ignorons l'origine du bing bang cellulaire.
Apocalyptique pari illicite, cet éclatement des éléments pour fabriquer la mécanique humaine obsolète sous Prozac.
Cathy Garcia

Lien : http://www.lacauselitteraire..
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LauBlue
  20 mai 2019
« Je suis une enfant du ravin de ce monde ployé sous les sentiers en déséquilibre entre le vide et le plein. » Ainsi parle Hélène Nicolas dite Babouillec fragilisée par un autisme très déficitaire.
On pourrait parler de rencontres. Entre une mère et sa fille. Entre l'auteure et le lecteur. Entre notre monde et celui de l'autisme.
A travers ce livre on pénètre dans une dimension poétique très particulière qui ouvre des portes sur des dimensions dissemblables.
Le moyen de communiquer par lettres de carton donne à Babouillec l'occasion d'exprimer tout un monde : le sien et par la même nous offre la possibilité d'atteindre une partie de celui-ci.
« Et d'abord, c'est quoi le Silence ?
Le Silence
Le Silence ouvre les portes de l'absolu
Le Silence temps mort entre nos doutes
Temps mort dans le doute
Le Silence
Temps vivant dans l'instant
Le silence
Doute absolu vivant dans le temps mort d'un instant de silence. »
Formidable témoignage, pépite pleine d'énergie bouleversante, Algorithme éponyme raconte les mots d'une jeune femme murée dans le silence de l'autisme. Chaque texte posé, chaque phrase met en lumière une dimension poétique qui surprend, interroge, ébranle, touche.
« ET, quel plongeon…
Je me vois chaque fois les deux pieds calés sur ma rambarde de sécurité et le corps flottant près de me lâcher. Mon imaginaire totalement pris au dépourvu grimpe dans les tours et apparaît la belle image du plongeon de mon gratte-ciel, tête la première. »
D'une écriture forte, l'intention de dire avec une rare acuité est puissante. « Perdue au fond de mon corps j'observe sans relâche le monde »
Intense et fragile, sensible et lucide ce petit livre est un concentré d'émotions poétiques qui ne demande qu'à émerger. « Je suis une enfant du ravin de ce monde ployé sous les sentiers en déséquilibre entre le vide et le plein. »
Intensément vivant.
Ne vous privez pas de le découvrir.

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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
UpsilonnUpsilonn   04 juin 2020
La fidélité des incontournables pièges à la pensée se déploie là, devant les questions qui interrogent les réponses, et l’enfermement ouvre ses portes. Mon appétit sans limites pour une vie libre a inscrit sa raison d’être face à ce piège hors de la pensée. 
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BouldegomBouldegom   16 mars 2017
Vingt fois sur le métier je remets l'ouvrage d'être en vie dans une carapace pénétrée par le mystère de la fabrique de nos petites vies usées par ce combat stérile de l'appartenance. J'ai rebroussé chemin pour me raconter. J'appartiens à une espèce en voie d'apparition, dépourvue du sens social sécuritaire, bannissant les codes interrompant les accès aux mystères de la vie. Une espèce fantaisiste où règne un désordre tonitruant. Équipée de codes indéfinissables brouillant les radars des formats en tout genre, j'appartiens à cette espèce étrange qui ne rentre nulle part, qui ouvre la passerelle des impossibles en torturant les repères sociaux. J'observe sans relâche les codes d'appartenance et je défie les pièges à la pensée. (p128)
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BSJGTBSJGT   01 février 2017
PAs d'apprentissage, juste être soi-même; une terreur pour les réseaux sociaux.

Tous pour un, un pour tous. Très bonne recette identitaire pour un, plus compliqué pour le tous.

Perdue au fond de mon corps j'observe sans relâche le monde.

Je vous invite à franchir les limites de l'ailleurs
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CaroleBouchutCaroleBouchut   25 mai 2019
(Dans : Je, ou Autopsie du vivant)

La matière mentale ou la matière corporelle construisent-elles nos essences vitales ?
Pari méticuleux de pouvoir répondre à cette ancestrale interrogation. Je mesure l'étendue du gouffre de nos errances face à face avec le défi de maintenir la vie dans la matière.
Je croise l'œuvre intemporelle distillée çà et là dans les goulots des bas-fonds terriens lorsque je lâche mon œil assoiffé de comprendre la mécanique du temps.
Nous atteignons sans cesse les sommets de l'ivresse abreuvés par la soif d'atteindre les hauteurs et la force d'y croire.
Je descends de mon arbre à l'aube de sa mort.
Je l'ai condamné en ouvrant mes besoins bucoliques.
Enivrée du nectar illusionniste des belles promesses sucrées, j'ai quitté mon observatoire et j'ai visité des choses de la vie.
Mais je ne sais pas quoi faire avec.
Je vis entourée de ces choses qui se bousculent pour prendre place sur mes étagères mais j'ignore où les ranger.

DE LA PLACE J'EN AI !!!

Je suis une personne humaine remplie d'espaces vides. Un grand boulevard où se créent les tourbillons utopistes de l'alchimie des genres inhumains.
Silencieux, les esprits attardés par le déchiffrage de tous les besoins spectaculaires de la mise en scène sociale se perdent dans les pensées restrictives.
Qui invente ou écrit les règles universelles qui ne s'appliquent pas dans l'espace morcelé du cerveau humain ?


(Ceci n'est plus la citation : pour la mise en page réelle, voir le livre)
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CaroleBouchutCaroleBouchut   25 mai 2019
(Dans Raison et acte dans la douleur du silence)

JOURNAL INTINME DE LA RAISON DE L'ACTE

Donner la Raison au Silence de l'Acte jour après jour laisse un imaginaire dépourvu de racines.
Claquer haut et fort l'alter ego neutralise notre ouverture mentale.
Labyrinthe kafkaïen intronisé par mère Culture sociale.
Réalité contemporaine, l'image est au cœur du dispositif social. L'Acte doit ressembler à l'Acte, la Raison à la Raison, le Silence au Silence.
J'aurais aimé être une contemporaine intronisée mais je ne suis pas dans cette culture sociale, l'image qui fait briller n'a pas de reflet et je me perds.
Elle te prend par la main l'image du Silence et tu lui ressembles.
Tu deviens l'Absente de Tiersen, insolente de résonance au fond des tripes que tu ne partages qu'avec toi.

La Raison elle t'appartient. Personne n'a de procuration pour organiser la Résonance de ta Raison.
Nos maux écrits dans le Silence de nos Raisons actent notre vie.
L'image se perd dans l'arbre mort tentaculaire. Nos oublis s'accumulent. Nos ennuis s'accélèrent. Rien time for time. Tout le temps en contretemps et
J'adore ça !


(Ceci n'est plus la citation : pour la mise en page réelle, voir le livre)
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