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EAN : 9782070143535
176 pages
Éditeur : Gallimard (09/01/2014)
3.5/5   14 notes
Résumé :
«Il n’avait plus un sou ; il n’avait plus accès à un distributeur automatique (les transactions laissaient des traces). Une fois éteint, le petit téléviseur bombé fixé au bout d’un bras articulé à la corniche du plafond ressemblait à une caméra de surveillance. Le froid faisait craquer les canalisations. C’est peut-être à ce moment que l’idée lui est venue ; il a fait jouer l’idée du lac parmi d’autres hypothèses, une fois qu’il aurait fait ce qu’il avait prévu ; c’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  31 mars 2014
Il fait froid cet hiver de passage en l'an 2000. La neige ne cesse de tomber sur cette petite ville frontalière du Jura. Ce pourrait cependant être une fête que de célébrer ce passage d'un siècle au suivant… Mais non, hormis quelques rares lampions par-ci par-là seulement derrières leurs carreaux quelques regards de curieux épiant les rares passants, l'atmosphère n'y est pas, triste à pleurer. Quasiment pas âme qui vive dehors lorsque Richard Embert arrive à l'hôtel du col.
Curieux aussi que ce Richard Embert qui, c'est selon,… tantôt va se prétendre représentant de commerce, tantôt ingénieur d'EDF… Il ne fera qu'une halte ici pour prendre le bus qui le lendemain le mènera près du lac de Megey et de la frontière Suisse, Bièves, où il logera dans une chambre au-dessus du café du coin.
Il a une idée derrière la tête ce Richard Embert. Il cherche quelque chose on se demande quoi… Toujours est-il qu'il n' pas un sou et par crainte d'on ne sait quoi, des traces de son passage sans doute il n'accédera même pas au distributeur automatique !... Il en aura pourtant vu des gens de cette petite ville où la neige avait cessé de tomber !
En fait, il cherche quelqu'un Richard Embert. Elle s'appelle Michèle Cormier, une ancienne relation sentimentale. Seule information que lui révélera Melle Verny conteuse de cette histoire, un article dans le journal local a mentionné la disparition de la belle et de … la caisse de la bijouterie où elle travaillait ! Seule trace laissée derrière elle : son sac à main retrouvé en pleine forêt !
Une intrigue de Dominique Barbéris bien écrite dans une atmosphère digne du style d'un bon Georges Simenon qu'un Claude Chabrol aurait bien pu porter à l'écran avec le talent qu'on lui connaissait.

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VanilleBL
  25 avril 2014
«Au fur et à mesure que je progresse dans le récit de ce qui s'est passé cet hiver-là, je suis saisie par une tristesse lourde. Je revois les choses s'enclencher dans un ordre sur lequel nous n'avions aucune prise, s'amonceler sur nous comme la neige. Je me dis : si nous avions su. Il était là, au milieu de nous, il traversait notre vie ; il dormait dans une chambre du café de Bièves et il voyageait sur nos routes, il empruntait le car, celui qu'on prend à la gare routière, tout au bout du parking (le « destin » comme ils l'ont écrit, après, dans le journal…)»
Il, c'est Richard Embert - ou Alain Lenglet, selon les circonstances. C'est l'homme, l'homme mystérieux, arrivé de nuit dans cette petite ville industrielle de montagne, à quelques jours du passage à l'an 2000. Très vite, nous est suggéré qu'il cache et transporte un lourd secret, puis on devine qu'il est en fuite jusqu'à ce qu'on apprenne qu'il est l'objet d'une enquête.
La narratrice omnisciente, c'est Mademoiselle Verny, infirmière libérale, par qui le lecteur apprend les dessous de l'affaire avant même qu'elle n'en devienne une. Au gré de ses visites, elle a recueilli des indices. Et c'est par bribes, au compte-gouttes, elle nous livre son récit, plusieurs années après les faits. Il s'avère qu'elle aurait pu y être mêlée, puisque tout s'est joué dans son sillage, près, tout près d'elle. Elle a croisé l'homme. Et cette proximité, on le sent, l'a durablement marquée, traumatisée même, au point d'être minée par toutes les questions sans réponse que ces « événements » ont suscité et suscitent encore en elle.
Autour de Richard et de Mlle Verny, d'autres personnages, secondaires et cependant jamais superflus. Les seconds rôles, comme au cinéma, ont leur importance. Ils sont tous, de près ou de loin, liés aux faits. Ils ont chacun une partition à jouer dans ces événements qui se déroulent sur une dizaine de jours - tout au plus - entre la fin de l'année 1999 et le début de l'année 2000.
Le décor est lui aussi un personnage, il participe pleinement à la mise en place et en scène d'une atmosphère toute particulière, à la fois feutrée, enneigée et ténébreuse. À la frontière suisse, dans un paysage sourd et lent où le temps se dilate, où la neige efface tout et brouille les pistes…
Dans ce décor de montagne anodin, sous d'épaisses couches de neige, le récit lève peu à peu le voile sur le mystère opaque qui l'enveloppe, nous révèle comme en ombre chinoise et à distance l'homme dont on sait d'emblée qu'il est coupable, sans savoir exactement de quoi. Cette évidence mêlée de soupçon permet à l'auteure de mener son intrigue à la manière d'un thriller. L'écriture est précise, ciselée mais c'est avec parcimonie et finesse que la plume distille ses révélations. L'équilibre entre la description de l'univers morne, triste du village et la psychologie des personnages qui l'habitent est subtil : tout semble austère, ennuyeux, banal, jusqu'à l'acceptation de vies non choisies mais auxquelles on s'est résigné. L'atmosphère est confinée, de plus en plus anxiogène, teintée d'une sorte d'inquiétante étrangeté, ouatée de neige dans laquelle le lecteur se retrouve plongée, en attente. « Tout glisse, personne ne garde la mémoire. Elle montait en ignorant ce qui allait lui arriver. Ce soir-là, lorsque le ciel arrêta d'être rouge, l'obscurité remplit lentement les bois. »
Le malaise est grandissant au fil de l'histoire jusqu'aux dernières pages où le drame atteint son paroxysme, un drame bruyant, violent, et paradoxalement inattendu, tant le suspens était fort et bien préservé. « Vous pensez que je vais vous dire : je savais, j'ai su, tout de suite. Mais non, je n'ai eu aucune intuition particulière. Je ne me suis pas méfiée du tout. » le lecteur non plus ne se méfie pas, malgré les indices parsemés au fil du récit, emporté dans l'intrigue fascinante et porté par l'écriture magnifique de l'auteure qui lui offre un roman haletant, troublant, étourdissant.
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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SagnesSy
  22 mars 2021
Nous sommes en montagne, dans les derniers jours de 1999. Il neige, la Suisse n'est pas très loin, les gens se connaissent tous. La narratrice est infirmière à domicile, elle connait bien les villages du coin, les gens. Elle nous raconte a posteriori, elle mêle évidemment sa propre vie aux évènements, ce qu'elle a vécu avant, quand elle était jeune, ce qu'elle sait des gens chez qui elle entre, comment elle a reconstitué après coup tel ou tel minuscule moment, ce que ça lui a évoqué, pourquoi, comment une chose infime prend tout à coup sens, ou pas. Tout ceci est bien mystérieux, on se demande en permanence où on va, l'ambiance est à la tristesse, pas la vilaine qui plombe mais celle qui sonne juste, celle qui sent la vraie vie, les vrais gens, ce moment où on allume les lumières même si ce n'est pas encore l'heure parce que l'obscurité a un poids, une odeur et une présence et que ça nous dérange, qu'on refuse cette sensation de dimanche soir. le suspens est latent et notre curiosité grandit. On admire l'apparente contradiction, comment peut-on ressentir à la fois la proximité la plus quotidienne avec ce récit et les sensations qu'il communique et se mettre à bouillonner lentement, avide de savoir, de comprendre, d'avoir le fin mot ? C'est la grande réussite de ce roman, dont on apprécie – en plus – l'épilogue parfait.
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ChrisAch
  22 juillet 2016
Ce livre décortique chaque minute d'une tranche de vie d'un homme qui se cache. Telle un Proust qui ferait des phrases courtes (d'ailleurs, elle évoque incidemment le grand homme à travers son questionnaire), Dominique Barbéris réussit à nous plonger dans l'ambiance d'une ville froide et sombre de montagne, comme si on y était – ou comme si on y avait déjà été. Elle ralentit le temps : « les yeux dans l'obscurité s'habituaient à ce grand ciel tendu et plein, dense comme le temps, à la fois amical et sauvage », ou encore « le temps ne passe pas, à un certain étage de la conscience ». Telle un Gad Elmaleh, elle met l'accent sur les petites choses du quotidien que les provinciaux partagent (souvenez-vous de cette « coupelle Ikea », bien en évidence sur un meuble de votre entrée, dans laquelle vous rangez les petits objets inutilisés) : elle décrit lentement les points de vente des réseaux commerciaux de proximité, communs à toutes les régions de France, les petits hôtels familiaux, les trajets en voiture d'une infirmière dans la campagne – vous savez, celle qui crée du lien : « J'ai posé ma main sur son bras. Il faut toucher les malades, mon métier me l'a appris … sa respiration s'est calmée, et il s'est endormi ... les cerisiers étaient en fleur dans le champ au bord de la route ». On se reconnaît.
Il y a de belles phrases : « leurs lumières luttant contre celles d'une aube incertaine et tardive ».
Il y a une intrigue. Cet homme fuit la justice. le parti pris d'une narration lente et détaillée crée une atmosphère de suspense adaptée à la trame. Mais il s'agit plus d'un exercice esthétique que d'un roman policier haletant.
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Nixdorf
  11 décembre 2019
impossible d'aller plus loin que la page 127... j'ai pourtant essayé... non, rien ! il ne se passe rien... pas le courage d'aller au bout... visiblement cet auteur est traumatisée par les bleds improbables de montagne, des villages gris, triste où il ne se passe rien... elle avait le choix entre suivre une psychothérapie et écrire... pas de chance elle a préféré écrire....
à fuir
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   13 février 2019
Elle pensait à ce qui peut arriver dans le noir, à ce qui peut arriver dans le temps (le temps et le noir, c’est pareil), et la peur lui coupait le souffle. Elle respirait difficilement. Elle s’était posé les questions qu’on se pose dans le noir : il y avait des gens qui prédisaient la fin du monde ; elle avait vu un reportage à ce sujet à la télévision. Des illuminés, certainement, mais quand même ! Les illuminés ont-ils toujours tort ? Au dernier millénaire, c’était le Moyen Âge. Il y avait des serfs et les hommes mouraient à trente ans. Pourtant, avait pensé Agnès Declercq, c’étaient des hommes comme nous. Maintenant, ils n’étaient que de la terre.
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rkhettaouirkhettaoui   13 février 2019
Ils se disaient aussi : certains sont responsables de ce qui leur arrive, tous ceux qui manquaient d’énergie, qui laissaient faire, qui se laissaient déborder par la vie. La vie est dure. Mais il y a aussi ce terrible manque d’énergie devant elle (ce déplorable manque d’énergie devant les durs combats). Eux-mêmes avaient mené ces durs combats. Ils se sentaient pleins d’énergie, ils sortaient des supermarchés avec des sacs remplis de choses nourrissantes : des volailles surgelées, du foie gras. Ils avaient des maisons, des enfants, ils risquaient d’être en retard ; leur vie avait un sens.
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ZalvecZalvec   14 octobre 2015
... et, juste avant que la photographie ne se déclenche, quelqu'un disait pour rire : "Cheese", ou : "Ouistiti."
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rkhettaouirkhettaoui   13 février 2019
Remarquez, quand on a un problème, un vrai problème, on se raccroche à n’importe qui. Ma sœur est allée voir un guérisseur, il y en a un, ici, dans un village au-dessus de la scierie, dans une ferme isolée, un radiesthésiste, un type qui aurait des pouvoirs ; il a une barbe comme le Christ ; ça impressionne. Les gens se passent l’adresse. Il soigne les verrues, l’eczéma, le feu. Ma sœur, elle y croit dur comme fer. Elle avait de l’eczéma, ça l’a guérie. Il vous passe les mains sur le corps, paraît-il, sans vous toucher ; ça fait une onde de chaleur.
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rkhettaouirkhettaoui   13 février 2019
Je n’aime pas le mot « dernier », avait-elle pensé. Si j’étais interrogée pour un de ces tests qu’on propose aux personnes célèbres dans les journaux, les émissions, ces tests un peu absurdes, le questionnaire de Proust, pensait-elle (ce n’est pas parce que c’est Proust) : quel est votre mot préféré, votre arbre préféré ? Et le mot que vous détestez ? je dirais « dernier ». Même « premier » ; je n’aime pas les extrêmes ; je n’aime pas du tout le premier de l’An. On mange trop.
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Videos de Dominique Barbéris (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Barbéris
Dominique Barbéris dans son dernier roman "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa, 2019) explore les enfances rêveuses et la mélancolie de certains dimanches.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 28 octobre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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