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EAN : 9782072767746
128 pages
Éditeur : Gallimard (11/01/2018)

Note moyenne : 2.77/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Muriel, Anne et Florence, anciennes amies de fac, se retrouvent après des années dans le jardin de Muriel, à la campagne. C’est la fin de l’été ; elles parlent de tout et de rien, de leur vie. Que faire d’autre dans un jardin ? Il fait très chaud, l’orage menace, le soir porte aux confidences, aux souvenirs, à une angoisse vague comme la vie. Elles étaient jeunes au temps de la mort de Claude François, de l'élection de Mitterrand. Elles avaient une bande d’amis, ell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  28 juin 2018
Voici un beau livre reposant où il ne se passe rien et poutant...
Muriel, Anne et Florence, trois femmes d'aujourd'hui, la cinquantaine , enseignantes ,se retrouvent dans une grande maison de campagne , isolée, sans piscine , ce que déplore Florence, la parisienne.
A Paris, en cette fin d'été" le ciel du soir était couleur soufre, on s'empoisonnait, ici, dans l'Ouest de la France, en pleine campagne l'air était pur. ..."
On aurait pu se croire au dix- neuvième siècle et l'immobilité de la campagne faisait peur à Anne et Florence et les étouffait sauf que dans ce merveilleux décor de campagne, écrasée de chaleur , l'orage menaçait ..
Elles se sont connues en Fac, au Quartier latin ---- la conversation tourne autour de ces années - là-----les années de leur jeunesse ...celles des années 80---où elles avaient suivi les cours de Boulis , leur prof de litterature, dont Anne était amoureuse ....leur année commune en Fac avait pour sujet essentiel : " L'Education Sentimentale " d'où le titre de l'ouvrage....
L'auteur tisse une oeuvre délicate , pétrie de mélancolie, cerne leurs émotions anciennes , disséque à la loupe et de belle maniére leurs souvenirs communs, leur voyage en Italie , sac au dos , et short désuet, ...montre à mots feutrés au sein de ce huit clos de plein air , leurs réussites et leurs échecs, leurs destins qui se croisent et se parlent ....
Elles perçoivent avec acuité le temps qui passe,partagent leurs anciennes photos de vacances , leurs premières amours, les cours , les profs , les amis disparus, les rêves abandonnés , leurs chagrins, s'observent en silence, se jaugent , cachent certaines choses...
Iront- elles au delà de leurs souvenirs ?
Le temps du bilan viendrait-il?
L'orage vient avec la tombée de la nuit tandis qu'Hugo, , dernier fils de Muriel s'entretient avec sa petite amie aux USA sur Skype, il parle des amies de sa mére: "Deux Vioques plutôt sympa " ...
Quand l'ancien monde rencontre le nouveau monde ......
Au final, une langue subtile et nostalgique sur fond de campagne en toile de fond ., riche en émotions fugaces ....
Une belle oeuvre, fine, à la psychologie ciselée , un calme moment de lecture bien agréable
Je ne connais pas l'auteur .

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si-bemol
  17 décembre 2018
Trois femmes d'une cinquantaine d'années, toutes trois enseignantes, qui furent amies pendant leurs années de fac à la Sorbonne dans les années 80 et se sont depuis perdues de vue se retrouvent pour la première fois dans la maison de l'une d'entre elles, qui vit à la campagne.
Papotages, ragots, souvenirs… Dans la chaleur accablante de ce mois d'août caniculaire, tandis qu'au loin l'orage gronde, se rapproche et peine à éclater, on échange des nouvelles des uns et des autres, des vieux copains, de ce prof charismatique qui leur fit étudier "L'Education sentimentale" ; on évoque les souvenirs d'un voyage d'été en Italie, on parle de tout, de rien, des carrières, de l'amour, des anciens flirts, des maris désormais grisonnants. Les idées ont changé, les valeurs et les engagements aussi, on ne se reconnaît plus, ou mal, on se compare en silence pour mieux prendre la mesure de sa propre vie. On s'avoue, à mi-mot, le vieillissement, le temps qui passe, les illusions perdues, la solitude - présente ou à venir…
Il ne se passe vraiment pas grand chose dans ce très court roman, mais l'écriture est belle et le récit, tout en nuances, en évocations brossées par petites touches, a un parfum de nostalgie qui ne manque pas de charme.
Un roman qui se lit très vite, une lecture agréable et sans prise de tête, pour un petit moment de détente.
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lucia-lilas
  15 mars 2018
Elles ont cinquante ans, elles étaient à la fac ensemble et elles se retrouvent une journée d'été chez l'une d'entre elles pour parler du passé…
Moi, je lis ce petit résumé, je me jette littéralement sur le livre.
1. Parce que j'adore les romans où il ne se passe rien ou pas grand-chose, où les personnages sont autour d'une table et discutent. Rohmer n'est plus, c'est dommage, c'eût été un bon scénario de film pour lui.
2. J'aime la dimension théâtrale de ce roman qui a un petit air tchékhovien…
3. Les personnages me ressemblent - c'est un peu nombriliste mais tant pis, j'assume - je m'imagine très bien passer un été sous un arbre à discuter de tout et de rien avec les copines de toujours. Si vous ajoutez lectures et baignades, vous m'offrez le paradis…
En plus, la fac qu'elles ont fréquentée est la mienne, les cours qu'elles ont suivis ont été les miens à peu de chose près, les livres qu'elles ont lus et qui demeureront à tout jamais leurs références sont aussi ceux sur lesquels je m'appuie pour juger les autres (Flaubert, eh oui, toujours Flaubert…), elles sont enseignantes, comme moi (que faire d'autre après des études de lettres modernes???) Bref, j'ai lu ce roman comme on se regarde dans un miroir. C'est confortable, on a l'impression d'être précisément sur la même longueur d'onde que l'auteur, d'avoir le même vécu. de piger le plus petit sous-entendu. Pas besoin de notes en bas de page. Et surtout… on a...
4. le même humour ! Car, oui, c'est très drôle ! Imaginez le personnage de Florence qui débarque de Paris, scrute la campagne avec un léger dégoût, déteste les mouches qui piquent et les maisons qu'on ne ferme pas à clef la nuit, déplore l'absence de piscine (il fait très très chaud, l'orage se prépare), s'inquiète de la trajectoire des avions au-dessus de sa tête « Muriel, tu dois être sur le tracé d'une route aérienne. Ce n'est pas gênant ? C'est embêtant quand même d'être sur le tracé d'une route aérienne. Vous y avez pensé quand vous avez acheté votre maison ? Moi, ça m'aurait fait réfléchir. », repense aux soirées en Italie avec son mari « Pourquoi manges-tu tant de pain ? Il y a des pâtes. Tu n'as pas besoin de pain avec tes pâtes », déplore les tatouages sur le corps de son beau-fils...
Je vous promets, mes copines ne sont pas aussi chiantes ! Quoique... (je plaisante...)
Et puis, il y a Muriel, celle qui reçoit, qui a fait la salade ananas-crevettes-avocat (hum, faudra que j'essaie…), elle ne va pas fort… « Mais quelquefois, je reconnais, j'ai envie de marcher ailleurs. Ouvrir le portillon et partir, juste partir, il y a des tas de petites routes dans le coin que je ne connais pas et qui sont près d'ici, des routes que je n'ai pas prises. C'est drôle. On vit quelque part des années, et on ne sait pas vraiment où on vit. »
Pauvre Muriel, on a juste envie de la prendre dans ses bras et de la réconforter…
Enfin, il y a Anne, la discrète, celle qui a réussi sur le plan professionnel, est devenue prof de fac. Bon, sentimentalement, il y a des hauts et des bas…
Autrefois, (c'est bien le mot qu'on emploie, non, pour parler du passé quand on a 50 ans?), donc autrefois, elles avaient suivi le cours de Boulis sur l'Éducation sentimentale…, l'amphi n'était pas chauffé mais qu'est-ce qu'elles n'auraient pas fait pour assister au cours de Boulis (d'ailleurs, Anne était amoureuse de lui...)
Autrefois, en 81…, 1900…, elles étaient allées en Italie ensemble… Les souvenirs sont là… La nostalgie à fleur de peau…
Depuis, « elles avaient des milliers de fois mis la table, débarrassé la table, secoué les miettes, mis la vaisselle dans la machine, fait cuire du bifteck, acheté du Sopalin. »
Comme c'est étrange, ça me dit quelque chose tout ça, une impression de déjà vécu… Ah, vous aussi ?
Depuis, elles avaient pris conscience que « ces hommes grisonnants qui calculaient leurs points de retraite et qui ressemblaient à leurs oncles étaient leurs maris. »
Depuis, elles ressemblaient de plus en plus à leurs mères (enfin, c'est ce que disaient leurs maris pour être méchants). Mais c'était vrai.
C'est le fils de Muriel qui aura le dernier mot de l'histoire : il appelle par Skype sa petite copine qui est à l'autre bout du monde et lui dit : « J'ai passé la soirée avec des amies de maman, deux vioques plutôt sympas. »
Bon, si on reste sympa même en étant « vioque », c'est déjà pas mal, hein ?
Faut bien se consoler comme on peut...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Dixmont
  06 mars 2018
Une presqu'île ou « le concept n'est rien d'autre que le résidu d'une métaphore » Nietzsche
J'y ai retrouvé l'atmosphère De Maupassant dans ses nouvelles de « l'Adieu » et dans « le bonheur » des "contes du jour et de la nuit". Chacune d'elles se conjuguait merveilleusement bien pour offrir ce que l'on ne devine pas juste en lisant des mots les uns derrière les autres. Il faudra au lecteur la puissance de la réflexion, la capacité de s'abstraire des contingences matérielles des « mots sans mémoire » pour envisager les idées comme l'affirmait déjà Camus « la philosophie n'est rien d'autre que des images mises en roman » et ainsi faire jouer son regard critique dans la création littéraire. Dans « l'Adieu » De Maupassant , nous devions percevoir le temps qui passe et surtout efface , vieillir c'est toujours finir par s'en remettre à Dieu et renoncer à l'amour ici-bas dans son éternité d'autant plus qu'il se transfigure/défigure dans la descendance ou dans son absence.
Que retenir de la définition du bonheur présentée ici ? Dans sa nouvelle « le bonheur », Maupassant propose une définition différente selon les êtres mais avec cette faiblesse essentielle en son coeur qui s'opère et se réalise, par la concrétisation du choix. Ce libre arbitre que nous ne possédons pas toutes selon que nous ayons été enlevées, happées par l'amour ou que nous ayons choisi nos destins méticuleusement avec l'ambition de durer envers et contre tout …ce petit roman fait la distinction, crée « la ligne Maginot », celle que vous trouverez sera peut-être celle de Flaubert , qui relira «l'Éducation sentimentale » dans le bon sens pour une fois en commençant par le début s'il vous plaît …
Ce petit roman est un bijou aussi rare qu' exceptionnel autant que "l'heure exquise" , autre roman de Dominique Barbéris cherchant en vain à retenir cet instant magique de la vie qui de toute manière était voué à l'oubli sans cette trace écrite …si vous avez vécu ce moment crucial d'un instant d'amour dont vous pourriez avoir la tendresse de vous souvenir, alors vous aussi , n'oubliez pas de vous dire que vous êtes heureuse malgré tout !
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Verdure35
  19 mars 2018
VTrois femmes quinqua , anciennes copines de fac qui ne se sont pas entièrement perdues de vue, se retrouvent à la campagne chez l'une d'elle pour 48 h maximum .
Les deux parisiennes sont venues en train.
C'est dans le jardin qu elles se retrouvent et égrènent leurs souvenirs communs, mais pas forcément perçus comme tels.
Leur année commune en fac avait comme sujet essentiel , »l'education sentimentale », d'où le titre.
Elles se jaugent, se comparent silencieusement, et en fait la conversation est banale.
Chacune cache plus ou moins ses échecs, les caractères innés ressortent, pas adoucis par l'âge.
J'aime ce genre de petit roman « pastel » , je m'y attendais en lisant D.Barberis, j'ai lu la plupart de ses romans ; je ne suis pas allée chercher autre chose qu'un calme moment de lecture à déguster avec une tasse de thé.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   28 juin 2018
" Mais elles se taisaient .
Elles avaient peur que l'une dise: elle a changé, tu ne trouves pas? Parce que la remarque aurait pu s'appliquer aussi à elles, dans une certaine mesure, il était indéniable que depuis 81, elles aussi avaient changé. Elles préféraient ne pas creuser cet aspect des choses. "
Commenter  J’apprécie          140
DixmontDixmont   27 février 2018
Quand elle s’était retrouvée face à lui au pot de départ, elle s’était présentée : Anne Doucet, elle avait dit l’année de L’Éducation sentimentale. C’était un repère comme un autre, elle avait dit : J’aimais beaucoup votre cours ; c’était très intéressant, très construit. Tout ce qu’elle avait trouvé. Ce n’était pas vrai , ce n’était pas non plus original, mais elle avait senti que cela le flattait bien qu’il eût protesté : Oh, n’exagérez pas , je n’ai aucun mérite, j’ai fait ce cours une dizaine de fois, vous savez, c’était ma spécialité , ce roman ; je lui ai consacré ma vie, une manière de parler bien-sûr,-il considérait la tige pâle de sa coupe de champagne -, il faut bien consacrer sa vie à quelque chose !
Elle avait reconnu son léger zézaiement, elle avait dit en riant : Vous aviez expliqué « la poire est mûre ».
Il avait ri aussi : « La poire est mûre !». Il avait le teint rouge. Il avait dû boire un peu trop mais c’était normal dans les circonstances. Il avait poursuivi : un roman dans lequel rien ne se passe. Rien n’arrive…. Pas de sujet. Rien de décisif, la vie, n’est-ce pas, la vie….
Comme elle-même avait bu : elle était devenue très exubérante ; Elle s’était mise à parler vite : on n’était plusieurs à venir, toute une bande, je ne sais pas si vous vous souvenez, elle avait énuméré plusieurs noms. Mais oui, disait Boulis, l’œil vague, mais oui….

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DixmontDixmont   27 février 2018
Elle se retourna dans son lit, repensa au roman et se dit : il faudrait que je le relise.
(…)
Elle se souvenait d’une femme déguisée en sphinx ou en ange mangeant des écrevisses, elle se souvenait de l’expression « un buisson d’écrevisses ». Je n’ai jamais mangé d’écrevisses, se dit-elle, il faudra que j’en mange un jour, au moins une fois dans ma vie ; elles doivent avoir à peu près le goût des langoustines, elle se souvenait avoir entendu dire qu’on en trouvait moins, qu’il fallait que l’eau soit très pure, une eau de torrent. L’eau est de moins en moins pure, se dit-elle ; il faut aller de plus en plus loin pour trouver des rivières vraiment pures.
Elle se souvenait que c’était monotone et triste, copieux, comme si la vie vous restait sur le cœur...
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Julien_SauvelJulien_Sauvel   09 février 2018
Calme-toi, se dit-elle. C’est un insecte. Il y a ce jeune homme, dans la maison, tu le sais. Nous, les femmes, produisons des hommes. C’est quand même extraordinaire. Les hommes nous font peur, - car de qui avons-nous peur quand nous sommes enfermées entre femmes dans une maison isolée ?- Mais nous produisons d’autres hommes (nos fils) qui nous protègent. Le monde est bien fait ! Sois optimiste, se disait-elle, sois positive.
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TruchardTruchard   07 mars 2018
Dans l'ombre qui s'étendait sur le champ, se profilait pourtant quelque chose qui avait persisté en elles, à leur insu, quelque chose d'induré - ces images que le temps dépose -, c'était là, au Malebranche, dans la petite salle sombre où ils allaient jouer au flipper, la salle du fond (là où la bande avait ses habitudes), qu'Irène avait pleuré pour une histoire de coeur dont personne d'autre qu'elles ne se souvenait. Pour une histoire vieille comme la lune, comme les été au mont Athos. Cette histoire faisait partie du dépôt qu'avait laissé en elles l'existence. Elles en parlaient encore. Elle les remuait encore. Elles en souffraient encore?
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Vidéo de Dominique Barbéris
Dominique Barbéris dans son dernier roman "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa, 2019) explore les enfances rêveuses et la mélancolie de certains dimanches.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 28 octobre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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