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ISBN : 2070148858
Éditeur : Gallimard (08/02/2018)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l’absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale.
Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l’océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe. Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l’auteur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  14 avril 2018
La nomination de François Garde en 2000 comme administrateur des terres australes et antarctiques va lui permettre de découvrir l'Archipel des Kerguelen. Il s'y rendra une dizaine de fois au cours de son mandat et ce sera pour lui une déchirure lorsque, ce mandat prenant fin, il devra s'éloigner de ce lieu dont il dit que plutôt qu'administrateur « il se sentait vice-roi des albatros, proconsul des îles froides, connétable des brumes, procurateur des manchots royaux… »

Il part alors à la découverte du Groenland, du Canada, de l'Islande, de la Patagonie, « comme certains amants cherchent, parait-il, dans leurs maîtresses successives le visage de leur premier amour. »… 
« l'archipel des Kerguelen comme un aimant » le ramènera vers la Grande Terre pour une redécouverte rude et éprouvante mais aussi pleine de beauté et de joie ; une marche du 23 novembre au 17 décembre 2015 qu'ils sont quatre à partager : Mika guide d'expédition, retrouvé au Groenland en 2007, Bertrand, ancien officier de marine photographe, Fred médecin et l'auteur.
Vingt cinq jours de marche, du cap d'Estaing et Port Christmas à l'extrême Nord à la plage de la Possession à l'extrême Sud et d'Ouest en Est de la plage de la Possession à Armor.


C'est un récit simple, plein de modestie face à cette terre battue par les vents, la pluie et la neige où la brume fait perdre les repères, une terre dénudée sans arbres où l'homme s'efface.

« L'île nous ignore, et n'a que faire de nous. Elle est. Nous passons.
Je ne cherche en rien à triompher d'elle. Je m'éprouve à son rugueux contact, je rends hommage à sa pesante réalité. Dans la froidure et la pluie, à l'intersection des océans les plus rudes de la planète, Kerguelen reste étrangère aux ambitions des hommes, et aux miennes. »


Moments de doute, d'incertitudes se mêlent à une exaltation et une joie profonde qui ne le quitte pas malgré les craintes et les difficultés de la marche. 

Au milieu du déchainement des éléments, de la traversée de chaos rocheux ou de souilles où ils s'enfoncent qu'ils ne peuvent pas toujours éviter, il y a aussi des éclaircies qui ouvrent sur des paysages surprenants de cascades, de plages où se prélassent des bonbons (jeunes éléphants de mer) des otaries, des manchots papous…


Sans oublier la variété des noms de lieux qui correspondent à la variété des visiteurs qui ont posé le pied sur l'île et sans y demeurer ont voulu laisser une trace ou se rappeler leur origine ou caractériser un lieu, un moment marquant.
Il faudrait en faire une liste : cabane de Mortadelle, du Val Travers, anse du gros ventre, îles Nuageuses, la Tête du Mage, les Trois Ménestrels, Mont du Chaos, mont des Rafales, Val de Longue Attente, vallée de la Mouche, Col de Dante, Doigt de Sainte Anne…

« … si je ne donne pas les noms et les formes des montagnes que nous apercevons, que nous longeons, puis qui passent derrière nous, comment faire partager notre progression, comment donner à voir ces journées apparemment si semblables et en fait si singulières ? Pas d'autres informations que ces noms qui suffisent à constituer un paysage en entier. Baptiser c'est arracher au néant ; donner à voir à ceux qui sont loin ; féconder l'imagination. »


Et ce livre effectivement donne à voir au lecteur et féconde son imagination.
Pour l'apprécier encore plus je conseillerais d'aller sur le site altitudes-nord.fr où vous retrouverez ces 25 jours de marche, en images, présentés par Michaël Charavin (Mika) et Bertrand Lesort photographe de l'expédition (voir d'autres photos sur son blog : www.linstantinne.com). Je n'ai découvert ces sites qu'après avoir lu le livre et j'ai ainsi pu me rendre compte que les images qui naissaient au fur et à mesure de ma lecture correspondaient parfaitement à celles offertes sur altitudes Nord et linstantinne. 
 Un grand merci à François Garde et à ceux qui l'ont accompagné qui offrent là un bien beau voyage.
PS : précisions transmises par Michaël Charavin pour retrouver plus directement les images de cette belle traversée :
Lien direct : http://latitudes-nord.fr/carnets-et-photos/trekker-traversee-de-l-ile-de-kerguelen
Si le scroll horizontal pour faire défiler les images vous pose des problèmes, retrouvez les images de Kerguelen sur son portfolio à l'adresse suivante :
https://www.flickr.com/photos/127471718@N04/albums/72157663030557449
Concernant les photos de Bertrand Lesort :
http://www.linstantinne.com/fr/portfolio-58227-0-40-kerguelen-2015.html
et https://www.flickr.com/gp/152167950@N04/fsogr5
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Achillevi
  26 mai 2018
Une aventure improbable : traverser Kerguelen du nord au sud. Une aventure de vingt-cinq jours que François Garde relate d'une plume très agréable.
Vingt-cinq jours de vent, de pluie, de froid à traverser un paysage austère fait de rocailles, de souilles, de lacs, de rivières où il faut tracer sa voie car ces terres sont vierges.
Vingt-cinq jours à passer de fjords en éboulis, de moraines désertes en manchotières grouillantes de manchots et d'éléphants de mers indifférents.
Vingt cinq jours où le paysage est toujours le même et toujours changeant, baptisé des noms les plus divers et dont on se demande bien pour qui.
Enfin vingt-cinq jours partagés à quatre dans une tente pour trois, peinant sous le poids de sacs de vingt cinq kilos, où Michel Garde décrit admirablement le spectacle fascinant de ces Terres Australes en nous faisant partager les pensées profondes qui le traversent.
Une pérégrination qui cependant ne lui apporté ni sagesse, ni philosophie, car il n'en demandait pas tant et parce que Kerguelen ne se laisse pas conquérir.
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ChtiBaboun
  14 mai 2018
François Garde a été administrateur de l'une des Terres Australes et Antarctique sFrançaises (TAAF) durant les années 2000. il avait l'administration des Iles Kerguelen dans l'Océan Indien à 2 000 km du Continent Antarctique. Durant son mandat il vint une dizaine de fois sur les Iles Kerguelen. Il lui restera une nostalgie pour ces Iles du Bout du Monde.
et c'est tout naturellement qu'il reviendra sur Kerguelen pour un trek de 24 jours.
Pour cela il sera accompagné de Mika alpiniste et photographe , de Bertrand ancien officier de marine et photographe et de Fred alpiniste et patron de l'unité de haute montagne de Chamonix.
A quatre avec 25 kgs chacun sur le dos ils vont traverser Kerguelen du Nord à l'Ouest et au sud.
Mika et Bertrand vont relater cette marche à travers leur site photos.
Pour Mika sur Latitudes Nord et sur Flickr
Pour Bertrand sur son blog www.linstantinne.com/
François Garde lui va tenir un journal de cette longue marche jour après jour.
Marcher à Kerguelen nous relate ce journal
C'est un journal simple , plein d'humilité mais ô combien représentatif de cette marche et de l'état d'esprit de ces quatre marcheurs.
Il faut dire qu'il y a besoin d'une grande humilité devant Kerguelen.
Île battue continuellement par le vent et non les vents.
Île aux mille lacs , rivières et cascades
Iles aux souilles , aux falaises de basalte
Iles de la pluie et de la neige.
Et François Garde de nous raconter cette marche en reprenant régulièrement cette litanie : vent - neige -pluie- humidité-col-falaise - souille....
Cela aurait pu être répétitif. Sachant que toute les pages François Garde nous abreuve des noms des lieux qu'il traverse. Par-ici la Baie de L'oiseau, ou le lac de Rochegude. un peu plus loin le couloir Mangin ou le Val du Retour. Et puis encore des noms sortis de nulle part :le fjord des Portes Noires, la baie de Chimay, la vallée de la Mouche, la cabane Mortadelle, ou encore la péninsule Raillier du Baty sans oublier le Grand Rempart , le Petit et le Grand Ross.
Et bien au contraire cette énumération de vaux, de cabanes , de lacs , de montagnes, de fjords nous emmène dans la marche et dans l'intérieur de Kerguelen.
Bien que les hommes aient eu besoin de nommer pour se reconnaître , pour prendre la propriété des Iles Kerguelen , celles -ci restent un territoire inhabité , à découvrir et hostile à la vie humaine.
Cette longue marche confronte ces quatre hommes à cette réalité.
La vie humaine ne s'installe pas sur Kerguelen hormis la base scientifique de Port aux Français.
A l'inverse la vie naturelle explose : l'eau , le ciel, les nuages , les éléphants de mer, les manchots royaux, les pingouins gorfou, mais aussi les pétrels ,les skuas, les goélands .
Des tentatives d'implantation des hommes il reste des rennes , des chats de rats. Ceux ci conquièrent l'intérieur des terres de Kerguelen alors que la faune originelle reste sur les plages et au abords de l'Océan car c'est là qu'il y a la vie.
Et puis il y a ces paysages que nous imaginons : Ces falaises de basaltes ruisselantes d'eau dans lequel le vent vient s'engouffrer. Ces longues vallées souilleuses et spongieuses , le vert tentant d'éliminer le gris. Ce ciel bas avec dans la brume les langues glacières.
Dans son journal François Garde nous raconte tout cela , mais il nous raconte bien plus .
Il nous raconte la marche. Il nous raconte le vent , le vent de l'Esprit. Il nous raconte nos rêves.
Extrait page 233 : "Les trésors de Kerguelen ne sont ni monétisables ni exploitables. cette île n'a jamais enrichi personne. Tout ce que la nature donne à profusion reste sur place. Un seul produit d'exportation : le rêve -le rêve décliné n souvenirs, en désirs, en timbres, en nostalgies, en images, en contemplations. de ce fret là, je me revendique négociant."
C'est un beau livre sur la recherche de nos rêves mais aussi sur la recherche de soi.
A la fin de la lecture , se confronter au photos de Mika ou de Bertrand donne une autre couleur à ce journal. Les couleurs sombres qui dominent durant la lecture prennent un éclat extraordinaire.
Ventus est vita mea
C'est inscrit sur la Chapelle Notre Dame du Vent à Port aux Français.
Le Vent est ma vie.
"il faut le silence des vents au dehors pour être attentif et présent au Vent de l'Esprit "François Garde.

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Davjo
  06 août 2018
François Garde, écrivain et haut fonctionnaire français, a administré (et un peu visité) l’archipel des Kerguelen. Cette île le hante. Il monte une expédition.
Nommer le grandiose
Pour s’y rendre, 4 rotations par an du Marion Dufresne qui part de La Réunion à 3360 km, 10 jours de voyage. Il choisit les membres de son équipe et ils se lancent en novembre 2015. Avec lui, Mika, un spécialiste des expéditions au Groenland, Fred, le médecin aguerri aux secours en haute montagne et Bertrand, le capitaine de marine qui a lutté contre la pêche illégale autour de l'archipel.
Tous les soirs, sous la tente, il tient son journal. Il essaie de nous faire ressentir le coté grandiose des paysages, à la fois pauvres en couleurs - absence de végétation- mais riches en images de murailles, de rocs, de monolithes, vallées, estuaires...
Tous ces endroits ont des noms « Baptiser, c'est arracher au néant. »
On peut trouver en ligne les photos de Mika (Michael Charavin) et Bertrand (Lesord).
Bertrand Lesort L'instant inné
Le portfolio de Michaël Charavin
La horde du contre-vent
C’est un des personnage principaux : « Kerguelen est voué au vent. Son souffle ne semble jamais devoir cesser, ni cesser de nous surprendre », il hurle la nuit et menace d'emporter leur tente arrimée au sol par d'énormes pierres. Détourne des cascades vers le ciel tellement il est puissant...
La pluie incessante
Et puis il y a des journées de pluie, des traversées à gué de torrents tumultueux ou de lacs de montagne en repérant le meilleur endroit, retirer à chaque fois les chaussures de montagne et le pantalon, franchir des chutes d'eau, des montées d'éboulis, des plages de graviers noirs où l’on côtoie des manchots royaux ou des éléphants de mer qui n'ont pas peur de l'homme.
Doute, danger et bonheur
Ils éprouvent la fatigue, le doute, les journées de marche harassantes, à la carte et à la boussole, dans un monde sans repères, sans balisage ni sentiers tracés. La crasse, les vêtements sales, l’absence de miroir et d’électricité font partie du jeu.
Ils ont laissé leur montre et leur portable sur le navire, les nuits rythment le temps. L'auteur parle aussi du bonheur, de l’euphorie d'être dans ce monde sauvage où ils se sont abandonnés...Comme cette source d’eau chaude:
« Aucun bassin, aucun spa de palace ne m’a plongé dans des délices plus exaltés que ce trou dans un ruisseau d’eau tiède, courant dans une prairie sans arbres, au travers d’une vallée battue par les vents et les brumes.»
Des animaux amenés par l'homme
Ils entrent dans la zone qui subit la présence des espèces introduites par l'homme, le lapin qui mange le chou, le chat devenu haret, les troupeaux de rennes - extraordinaire vision de deux rennes morts aux bois entremêlés.
Ils franchissent un col impossible, ils marchent en aveugle, dans la neige tourbillonnante. Un lac s'est déplacé, les cartes ne sont plus à jour.
Les cabanes rouges
Elles sont disséminées sur l’île pour permettre aux hivernants de se ravitailler. Ce sont des haltes bienvenues, des petits paradis pour les marcheurs habitués à la tente, énumération des boîtes de conserve et autres friandises qui les change des repas lyophilisés répétitifs. Sur des cahiers, on note son passage par un petit mot qui sera lu par les rares voyageurs. Souvent des scientifiques en mission.
Marcheurs solidaires
Ses compagnons sont comme ses frères, on veille sur eux, on fait attention à ne pas rompre le fil, il pense à Abel, Cain, la réponse de Dieu. La gelure de Fred qui se réveille, la cheville de l’auteur... La question des vivres, remplir et alourdir les sacs, préparer le retour...
Le vrai bout du monde
Ils parviennent à la pointe sud-ouest de l’archipel, leur but ultime, la plage de la Possession dans la péninsule Rallier du Baty. Les élephants de mer barrissent puis les ignore, se prélassant dans leur baignoire.

« Il n’y a plus rien entre moi et l’Antarctique. Je suis arrivé au bout».
Mais il faut revenir.
« Cette extrémité que je poursuis depuis dix-sept jours, à laquelle je rêve depuis dix ans, est désormais derrière nous.»
La dernière partie du livre conte le retour vers la bas de Port aux Français. Il ne faut pas rater le Marion Dufresne.
Un beau livre qui essaie de faire comprendre au lecteur ce que ça fait d’être dans un bout du monde, un endroit où très peu de gens sont allés, accessible seulement par bâteau.

Lien : http://killing-ego.blogspot...
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michdesol
  25 avril 2019
Le problème quand on marche à Kerguelen, c'est qu'on n'y rencontre personne. Il n'y a que la nature et les marcheurs. Kerguelen est le pays de la pierre, du vent et de l'eau. Curieusement ici, les trois camarades de marche de l'auteur n'existent pas ou si peu. Dans ces conditions que raconter ? Les pierres, le vent, et l'eau ? La nature écrase tout et cela devient lassant.
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critiques presse (2)
LeMonde   16 février 2018
L’écrivain a traversé à pied la plus grande des îles Kerguelen, cette lointaine terre française. Vivifiant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   02 février 2018
Les univers maritimes n'ont cessé de passionner les écrivains. Dans son livre, François Garde raconte son expédition à pied de trois semaines à travers l'île de Kerguelen.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   12 avril 2018
Kerguelen est voué au vent. Son souffle ne semble jamais devoir cesser, ni devoir cesser de nous suprendre. Il varie en force et en direction selon des logiques qui m'échappent, où se conjuguent perturbations océaniques, effets du relief, influence du soleil et pur caprice. Imprévisible et souverain, il décide de nos journées. Au-delà de trente noeuds, il rend la progression pénible ; allié à la pluie, il nous accable de froid ; virevoltant il prend appui sur les sacs à dos pour nous infliger de rudes bourrades ; bavard, sifflant, hurlant, grondant, il nous empêche de parler ; tourbillonnant, il nous aveugle.
Et lorsqu'il cesse, que rien ne bouge ni ne vibre dans l'air, que le murmure du ruisseau devient perceptible, et le rebond du caillou dérangé, et le bruit sourd des bâtons de Bertrand devant moi, son absence provisoire fait ressortir plus encore sa domination --- absence aussi étonnante, aussi déconcertante qu'une éclipse.
Le vent n'est pas un élément du paysage de Kerguelen, il en est l'essence même...
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   11 avril 2018
Jeudi 26 novembre--4ème jour
Les grandes eaux de Versailles ne sont que ruisselet, mesurées au débit de ce qui m'environne. Ce sont les jeux d'eau de la villa d'Este démultipliés à l'infini, les fantaisies d'un fontainier de génie pour un cardinal romain devenu fou. Hippolyte d'Este avait son allée des cent fontaines ? Qu'il pâlisse, qu'il jalouse cette vallée des dix mille cascades.
Malgré le froid et le déluge que nous subissons, cette remontée est un enchantement, et je la parcours avec une joie sans limite : c'est bien cela que je suis venu chercher, ces excès dans le paysage, ces scènes que bien peu ont vues. Autour de moi tout chante la puissance souveraine de l'eau, le lac, les cascades, les névés suspendus, la pluie, mes vêtements trempés, la brume, tout se mêle, se confond, déborde, dans une fantaisie baroque hallucinée.
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AchilleviAchillevi   26 mai 2018
Nous sommes pauvres d'une pauvreté choisie. En somme nous avons prononcé des voeux temporaires. Pauvreté, donc. Chasteté évidemment. Obéissance, non au chef que nous nous sommes donnés, mais au projet.
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rkhettaouirkhettaoui   26 février 2018
J’avoue pourtant que j’ai éprouvé un plaisir constant et singulier dans l’établissement des listes de vivres et d’équipements, la mise au point de l’itinéraire et des dépôts, les mille tracas qui devaient rendre possible notre itinérance. Avec la minutie d’un état-major arrêtant un plan de bataille et manœuvrant ses bataillons, nous calculons à l’unité près le nombre de sachets de thé, et leur répartition dans les différents stocks. Cent fois dans ma tête et dix fois sur le papier, je fais la liste des vêtements à emporter. Je jubile dans le magasin en choisissant deux paires de chaussettes. Et l’achat de pansements pour les ampoules aux pieds m’enivre tel un verre de champagne.
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nadejdanadejda   11 avril 2018
Vers la cabane Ring
Lundi 23 novembre--1er jour
Les îles Nuageuses ferment l'horizon, et, fidèles à leur nom, restent encapuchonnées comme deux vieilles dames craignant de s'enrhumer. L'océan austral, animé d'une faible houle, comme un coeur qui bat, s'irise de nuances ardoise, suggérant une dureté qu'aucune étrave ne parviendrait à fendre. À gauche, un cap parallèle, empilement tabulaire de coulées basaltiques, protège une baie ouverte au Nord, en apparence accueillante.
... Je me tiens au Sud du monde, sur une terre inhabitée.
... Nous ne parlons pas. Nous nous préparons à traverser un néant
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Marcher à Kerguelen, de François Garde
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