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Michaël Charavin (Illustrateur)Bertrand Lesort (Illustrateur)
288 pages
Éditeur : Gallimard (08/10/2020)
3.67/5   49 notes
Résumé :
Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l’absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale.
Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l’océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe. Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l’auteur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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nadejda
  14 avril 2018
La nomination de François Garde en 2000 comme administrateur des terres australes et antarctiques va lui permettre de découvrir l'Archipel des Kerguelen. Il s'y rendra une dizaine de fois au cours de son mandat et ce sera pour lui une déchirure lorsque, ce mandat prenant fin, il devra s'éloigner de ce lieu dont il dit que plutôt qu'administrateur « il se sentait vice-roi des albatros, proconsul des îles froides, connétable des brumes, procurateur des manchots royaux… »

Il part alors à la découverte du Groenland, du Canada, de l'Islande, de la Patagonie, « comme certains amants cherchent, parait-il, dans leurs maîtresses successives le visage de leur premier amour. »… 
« l'archipel des Kerguelen comme un aimant » le ramènera vers la Grande Terre pour une redécouverte rude et éprouvante mais aussi pleine de beauté et de joie ; une marche du 23 novembre au 17 décembre 2015 qu'ils sont quatre à partager : Mika guide d'expédition, retrouvé au Groenland en 2007, Bertrand, ancien officier de marine photographe, Fred médecin et l'auteur.
Vingt cinq jours de marche, du cap d'Estaing et Port Christmas à l'extrême Nord à la plage de la Possession à l'extrême Sud et d'Ouest en Est de la plage de la Possession à Armor.


C'est un récit simple, plein de modestie face à cette terre battue par les vents, la pluie et la neige où la brume fait perdre les repères, une terre dénudée sans arbres où l'homme s'efface.

« L'île nous ignore, et n'a que faire de nous. Elle est. Nous passons.
Je ne cherche en rien à triompher d'elle. Je m'éprouve à son rugueux contact, je rends hommage à sa pesante réalité. Dans la froidure et la pluie, à l'intersection des océans les plus rudes de la planète, Kerguelen reste étrangère aux ambitions des hommes, et aux miennes. »


Moments de doute, d'incertitudes se mêlent à une exaltation et une joie profonde qui ne le quitte pas malgré les craintes et les difficultés de la marche. 

Au milieu du déchainement des éléments, de la traversée de chaos rocheux ou de souilles où ils s'enfoncent qu'ils ne peuvent pas toujours éviter, il y a aussi des éclaircies qui ouvrent sur des paysages surprenants de cascades, de plages où se prélassent des bonbons (jeunes éléphants de mer) des otaries, des manchots papous…


Sans oublier la variété des noms de lieux qui correspondent à la variété des visiteurs qui ont posé le pied sur l'île et sans y demeurer ont voulu laisser une trace ou se rappeler leur origine ou caractériser un lieu, un moment marquant.
Il faudrait en faire une liste : cabane de Mortadelle, du Val Travers, anse du gros ventre, îles Nuageuses, la Tête du Mage, les Trois Ménestrels, Mont du Chaos, mont des Rafales, Val de Longue Attente, vallée de la Mouche, Col de Dante, Doigt de Sainte Anne…

« … si je ne donne pas les noms et les formes des montagnes que nous apercevons, que nous longeons, puis qui passent derrière nous, comment faire partager notre progression, comment donner à voir ces journées apparemment si semblables et en fait si singulières ? Pas d'autres informations que ces noms qui suffisent à constituer un paysage en entier. Baptiser c'est arracher au néant ; donner à voir à ceux qui sont loin ; féconder l'imagination. »


Et ce livre effectivement donne à voir au lecteur et féconde son imagination.
Pour l'apprécier encore plus je conseillerais d'aller sur le site altitudes-nord.fr où vous retrouverez ces 25 jours de marche, en images, présentés par Michaël Charavin (Mika) et Bertrand Lesort photographe de l'expédition (voir d'autres photos sur son blog : www.linstantinne.com). Je n'ai découvert ces sites qu'après avoir lu le livre et j'ai ainsi pu me rendre compte que les images qui naissaient au fur et à mesure de ma lecture correspondaient parfaitement à celles offertes sur altitudes Nord et linstantinne. 
 Un grand merci à François Garde et à ceux qui l'ont accompagné qui offrent là un bien beau voyage.
PS : précisions transmises par Michaël Charavin pour retrouver plus directement les images de cette belle traversée :
Lien direct : http://latitudes-nord.fr/carnets-et-photos/trekker-traversee-de-l-ile-de-kerguelen
Si le scroll horizontal pour faire défiler les images vous pose des problèmes, retrouvez les images de Kerguelen sur son portfolio à l'adresse suivante :
https://www.flickr.com/photos/127471718@N04/albums/72157663030557449
Concernant les photos de Bertrand Lesort :
http://www.linstantinne.com/fr/portfolio-58227-0-40-kerguelen-2015.html
et https://www.flickr.com/gp/152167950@N04/fsogr5
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saphoo
  21 septembre 2020
Un très beau récit qui m'a permis de découvrir Kergulen. Île que je ne connaissais nullement avant de tomber sur ce livre. J'affectionne les récits de voyage, d'aventure et une fois encore ce qui me frappe souvent et je pense ne pas me tromper en affirmant ceci : les grands marcheurs sont aussi de grands poètes. Une seule fois durant ma vie de lectrice j'ai été déçue par la plume d'une voyageuse qui n'avait fait que nous citer comme un inventaire ses différentes étapes sans un vrai regard ni émotion sur l'environnement. Et encore moins de poésie.
Bref, ici, je suis ravie et enchantée de parcourir ce lieu, et la générosité de l'auteur de nous faire partager son ressenti quant à cette marche pas toujours facile ni toujours agréable avec une météo tout autant peu facile et peu agréable. Et pourtant quel plaisir de se plonger au coeur de ce récit et de découvrir des paysages différents.
J'ai toujours une grande estime et admiration pour ces personnes qui s'engagent dans un périple où elles savent qu'un rien peu tout faire basculer, qu'ils devront souffrir, subir les affres de la nature, se contenter du rudimentaire, avoir parfois faim, froid, et que le seul fait d'avoir un refuge avec un toit, c'est Versailles.
Si j'aime autant ce genre de lecture, c'est qu'il permet au lecteur de vivre à travers ces témoignages la prise de conscience de la fragilité d'une vie, et que le bonheur n'est pas toujours là où l'on croit.
Certes je n'aurai pas les conditions physiques pour un exploit tel mais il me plairait de vivre une parcelle de cette aventure.
Marcher vous procure beaucoup de bienfait, et nous vide la tête, nous recentre sur l'essentiel d'être vivant tout simplement.
Une lecture qui répond et fait écho à bien d'autres grands marcheurs que j'ai pu lire et apprécier. Cet auteur va donc rejoindre les connus et moins connus sur les rayons de ma bibliothèque.

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Achillevi
  26 mai 2018
Une aventure improbable : traverser Kerguelen du nord au sud. Une aventure de vingt-cinq jours que François Garde relate d'une plume très agréable.
Vingt-cinq jours de vent, de pluie, de froid à traverser un paysage austère fait de rocailles, de souilles, de lacs, de rivières où il faut tracer sa voie car ces terres sont vierges.
Vingt-cinq jours à passer de fjords en éboulis, de moraines désertes en manchotières grouillantes de manchots et d'éléphants de mers indifférents.
Vingt cinq jours où le paysage est toujours le même et toujours changeant, baptisé des noms les plus divers et dont on se demande bien pour qui.
Enfin vingt-cinq jours partagés à quatre dans une tente pour trois, peinant sous le poids de sacs de vingt cinq kilos, où Michel Garde décrit admirablement le spectacle fascinant de ces Terres Australes en nous faisant partager les pensées profondes qui le traversent.
Une pérégrination qui cependant ne lui apporté ni sagesse, ni philosophie, car il n'en demandait pas tant et parce que Kerguelen ne se laisse pas conquérir.
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ChtiBaboun
  14 mai 2018
François Garde a été administrateur de l'une des Terres Australes et Antarctique sFrançaises (TAAF) durant les années 2000. il avait l'administration des Iles Kerguelen dans l'Océan Indien à 2 000 km du Continent Antarctique. Durant son mandat il vint une dizaine de fois sur les Iles Kerguelen. Il lui restera une nostalgie pour ces Iles du Bout du Monde.
et c'est tout naturellement qu'il reviendra sur Kerguelen pour un trek de 24 jours.
Pour cela il sera accompagné de Mika alpiniste et photographe , de Bertrand ancien officier de marine et photographe et de Fred alpiniste et patron de l'unité de haute montagne de Chamonix.
A quatre avec 25 kgs chacun sur le dos ils vont traverser Kerguelen du Nord à l'Ouest et au sud.
Mika et Bertrand vont relater cette marche à travers leur site photos.
Pour Mika sur Latitudes Nord et sur Flickr
Pour Bertrand sur son blog www.linstantinne.com/
François Garde lui va tenir un journal de cette longue marche jour après jour.
Marcher à Kerguelen nous relate ce journal
C'est un journal simple , plein d'humilité mais ô combien représentatif de cette marche et de l'état d'esprit de ces quatre marcheurs.
Il faut dire qu'il y a besoin d'une grande humilité devant Kerguelen.
Île battue continuellement par le vent et non les vents.
Île aux mille lacs , rivières et cascades
Iles aux souilles , aux falaises de basalte
Iles de la pluie et de la neige.
Et François Garde de nous raconter cette marche en reprenant régulièrement cette litanie : vent - neige -pluie- humidité-col-falaise - souille....
Cela aurait pu être répétitif. Sachant que toute les pages François Garde nous abreuve des noms des lieux qu'il traverse. Par-ici la Baie de L'oiseau, ou le lac de Rochegude. un peu plus loin le couloir Mangin ou le Val du Retour. Et puis encore des noms sortis de nulle part :le fjord des Portes Noires, la baie de Chimay, la vallée de la Mouche, la cabane Mortadelle, ou encore la péninsule Raillier du Baty sans oublier le Grand Rempart , le Petit et le Grand Ross.
Et bien au contraire cette énumération de vaux, de cabanes , de lacs , de montagnes, de fjords nous emmène dans la marche et dans l'intérieur de Kerguelen.
Bien que les hommes aient eu besoin de nommer pour se reconnaître , pour prendre la propriété des Iles Kerguelen , celles -ci restent un territoire inhabité , à découvrir et hostile à la vie humaine.
Cette longue marche confronte ces quatre hommes à cette réalité.
La vie humaine ne s'installe pas sur Kerguelen hormis la base scientifique de Port aux Français.
A l'inverse la vie naturelle explose : l'eau , le ciel, les nuages , les éléphants de mer, les manchots royaux, les pingouins gorfou, mais aussi les pétrels ,les skuas, les goélands .
Des tentatives d'implantation des hommes il reste des rennes , des chats de rats. Ceux ci conquièrent l'intérieur des terres de Kerguelen alors que la faune originelle reste sur les plages et au abords de l'Océan car c'est là qu'il y a la vie.
Et puis il y a ces paysages que nous imaginons : Ces falaises de basaltes ruisselantes d'eau dans lequel le vent vient s'engouffrer. Ces longues vallées souilleuses et spongieuses , le vert tentant d'éliminer le gris. Ce ciel bas avec dans la brume les langues glacières.
Dans son journal François Garde nous raconte tout cela , mais il nous raconte bien plus .
Il nous raconte la marche. Il nous raconte le vent , le vent de l'Esprit. Il nous raconte nos rêves.
Extrait page 233 : "Les trésors de Kerguelen ne sont ni monétisables ni exploitables. cette île n'a jamais enrichi personne. Tout ce que la nature donne à profusion reste sur place. Un seul produit d'exportation : le rêve -le rêve décliné n souvenirs, en désirs, en timbres, en nostalgies, en images, en contemplations. de ce fret là, je me revendique négociant."
C'est un beau livre sur la recherche de nos rêves mais aussi sur la recherche de soi.
A la fin de la lecture , se confronter au photos de Mika ou de Bertrand donne une autre couleur à ce journal. Les couleurs sombres qui dominent durant la lecture prennent un éclat extraordinaire.
Ventus est vita mea
C'est inscrit sur la Chapelle Notre Dame du Vent à Port aux Français.
Le Vent est ma vie.
"il faut le silence des vents au dehors pour être attentif et présent au Vent de l'Esprit "François Garde.

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Franz
  08 avril 2021
Aller au TAAF.
Les TAAF, cet acronyme administratif bien connu des philatélistes, frappent l'imaginaire des happy few comme une gifle de vent vivifiante. L'archipel Kerguelen se situe à 3 400 km au sud de la Réunion, à seulement 1 950 km des côtes antarctiques et constitue un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). La Grande Terre, avec ses 150 km dans sa plus longue étendue devient partie prenante d'un rêve de traversée pédestre longuement porté par François Garde qui se concrétise en 2015, durant trois semaines. L'expédition en autonomie avec dépôt de vivres sur le parcours est constituée par François Garde, écrivain, ancien administrateur des TAAF, Michaël Charavin, guide, Bertrand Lesort, photographe, Frédéric Champly, médecin. le récit de cette pérégrination humide et ventée paraît en 2018 aux éditions Gallimard. Une nouvelle édition enrichie de photographies en couleur voit le jour en 2020. Loin d'être anecdotiques ou illustratives, les photographies révèlent des paysages premiers, un regard différent et dessinent un parcours croisé, nourrissant la relation de voyage écrite par François Garde. Parfois on aimerait avoir le point de vue des autres membres de l'équipe quand ils cherchent des voies de passage, tergiversent, doutent, lorsqu'ils s'effraient, s'enthousiasment. On sent que la cohésion, la fraternité et la présence les uns aux autres conditionnent la réussite du projet. Des liens humains forts s'instaurent le temps de la traversée dans un milieu inhospitalier. de rares embellies transfigurent parfois le paysage comme pour mieux exercer une flagellation mentale dès que l'archipel sombre à nouveau dans la tourmente et les cieux déprimés. Avec un portage de vingt-cinq kilos, des marches interminables sur des terrains instables, des passages improbables qu'il faut dénicher in situ, une météorologie démente, des vents hurleurs, des pluies continues, des traversées de rivières glaciales, la nécessité de passer les obstacles à mesure qu'ils se présentent, de marcher hors de tout cheminement préexistant, tout concourt à saper les forces humaines et pourtant François Garde jubile, s'émerveille et ne cèderait jamais sa place. Il se met à nu, ne cache rien, expose sa fragilité et impose sa volonté malgré les doutes et les errements. Les jours défilent. Les obstacles se franchissent et la peur de l'échec s'estompe à mesure de l'avancée de l'expédition. En donnant à voir et à sentir la rude réalité des Kerguelen, le journal de marche entraîne le lecteur vers une dérive heureuse puisque enfin, ces terres désolées qui ont dû effrayer Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec quand en février 1772, il dépêcha son enseigne pour débarquer à sa place, cet archipel devient enfin accessible le temps d'une traversée pédestre fugace. A la fin du récit, il est alors loisible, pour le lecteur amoureux par procuration de tels endroits, à l'instar de François Garde, de prendre sereinement congé des lieux.
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critiques presse (3)
LeFigaro   07 décembre 2020
En novembre 2015, le romancier s’embarquait pour trois semaines de traversée de Kerguelen.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   16 février 2018
L’écrivain a traversé à pied la plus grande des îles Kerguelen, cette lointaine terre française. Vivifiant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   02 février 2018
Les univers maritimes n'ont cessé de passionner les écrivains. Dans son livre, François Garde raconte son expédition à pied de trois semaines à travers l'île de Kerguelen.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   12 avril 2018
Kerguelen est voué au vent. Son souffle ne semble jamais devoir cesser, ni devoir cesser de nous suprendre. Il varie en force et en direction selon des logiques qui m'échappent, où se conjuguent perturbations océaniques, effets du relief, influence du soleil et pur caprice. Imprévisible et souverain, il décide de nos journées. Au-delà de trente noeuds, il rend la progression pénible ; allié à la pluie, il nous accable de froid ; virevoltant il prend appui sur les sacs à dos pour nous infliger de rudes bourrades ; bavard, sifflant, hurlant, grondant, il nous empêche de parler ; tourbillonnant, il nous aveugle.
Et lorsqu'il cesse, que rien ne bouge ni ne vibre dans l'air, que le murmure du ruisseau devient perceptible, et le rebond du caillou dérangé, et le bruit sourd des bâtons de Bertrand devant moi, son absence provisoire fait ressortir plus encore sa domination --- absence aussi étonnante, aussi déconcertante qu'une éclipse.
Le vent n'est pas un élément du paysage de Kerguelen, il en est l'essence même...
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nadejdanadejda   11 avril 2018
Jeudi 26 novembre--4ème jour
Les grandes eaux de Versailles ne sont que ruisselet, mesurées au débit de ce qui m'environne. Ce sont les jeux d'eau de la villa d'Este démultipliés à l'infini, les fantaisies d'un fontainier de génie pour un cardinal romain devenu fou. Hippolyte d'Este avait son allée des cent fontaines ? Qu'il pâlisse, qu'il jalouse cette vallée des dix mille cascades.
Malgré le froid et le déluge que nous subissons, cette remontée est un enchantement, et je la parcours avec une joie sans limite : c'est bien cela que je suis venu chercher, ces excès dans le paysage, ces scènes que bien peu ont vues. Autour de moi tout chante la puissance souveraine de l'eau, le lac, les cascades, les névés suspendus, la pluie, mes vêtements trempés, la brume, tout se mêle, se confond, déborde, dans une fantaisie baroque hallucinée.
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AchilleviAchillevi   26 mai 2018
Nous sommes pauvres d'une pauvreté choisie. En somme nous avons prononcé des voeux temporaires. Pauvreté, donc. Chasteté évidemment. Obéissance, non au chef que nous nous sommes donnés, mais au projet.
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nadejdanadejda   11 avril 2018
Vers la cabane Ring
Lundi 23 novembre--1er jour
Les îles Nuageuses ferment l'horizon, et, fidèles à leur nom, restent encapuchonnées comme deux vieilles dames craignant de s'enrhumer. L'océan austral, animé d'une faible houle, comme un coeur qui bat, s'irise de nuances ardoise, suggérant une dureté qu'aucune étrave ne parviendrait à fendre. À gauche, un cap parallèle, empilement tabulaire de coulées basaltiques, protège une baie ouverte au Nord, en apparence accueillante.
... Je me tiens au Sud du monde, sur une terre inhabitée.
... Nous ne parlons pas. Nous nous préparons à traverser un néant
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rkhettaouirkhettaoui   26 février 2018
J’avoue pourtant que j’ai éprouvé un plaisir constant et singulier dans l’établissement des listes de vivres et d’équipements, la mise au point de l’itinéraire et des dépôts, les mille tracas qui devaient rendre possible notre itinérance. Avec la minutie d’un état-major arrêtant un plan de bataille et manœuvrant ses bataillons, nous calculons à l’unité près le nombre de sachets de thé, et leur répartition dans les différents stocks. Cent fois dans ma tête et dix fois sur le papier, je fais la liste des vêtements à emporter. Je jubile dans le magasin en choisissant deux paires de chaussettes. Et l’achat de pansements pour les ampoules aux pieds m’enivre tel un verre de champagne.
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