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EAN : 9782363081995
Éditeur : Arléa (05/09/2019)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Le titre, Un dimanche à Ville-d’Avray, est un lointain écho du film féérique – et mystérieusement inquiétant –, sorti en 1962, qui a marqué, tel un météore, le cinéma français.
Même sentiment d’inquiétude dans le livre de Dominique Barbéris : deux sœurs se retrouvent, alors que fléchit la lumière, dans un pavillon de Ville-d’Avray, avec chacune dans le cœur les rêves et les terreurs de l’enfance, le besoin insatiable de romanesque, de landes sauvages dignes d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
moravia
  23 septembre 2019
C'est au dernier moment que j'ai pris connaissance de cette masse critique de septembre. J'ai choisi ce livre de Dominique Barberis dans l'urgence, ne sachant rien d'elle (j'ai dû consulter plus tard Wikipédia pour apprendre qu'elle était une femme). À ma décharge je dois avouer que je lis peu mes contemporains sauf à l'occasion des masses critiques de Babelio.
Alors pourquoi mon choix s'est porté sur ce livre ? Sans doute pour le titre qui a réveillé mes souvenirs d'enfance. De ce jour qui était synonyme de solitude, de vide et d'inquiétude. Le dimanche naissait l'appréhension de la semaine à venir. Le soir j'aurais voulu tomber malade.
C'est aussi le nom de Ville-d'Avray qui sonne bien à mes oreilles. J'imaginais une ville au bord de la Seine (je dois revoir ma géographie) où j'aurais pu regarder passer les péniches le ventre plein de sable ou de charbon, avec au loin le cri du train passant dans un tunnel sans déranger des vaches pensives.
Ce tableau impressionniste était effacé par la couverture en noir et blanc d'un homme sous un parapluie, au milieu de la chaussée humide, que des réverbères éclairaient d'un halo mystérieux. Qui est-il ? où va-t-il ?
"L'autre dimanche, je suis allée voir ma sœur".
C'est ainsi que débute un Dimanche à Ville-d'Avray qui nous parle de la nostalgie de l'enfance, des bonheurs simples, mais aussi du temps qui passe, des occasions manquées, des regrets inutiles, de l'incompréhension des êtres, de la difficulté de communiquer en créant une atmosphère de confidence.
Claire-Marie a-t-elle raison d'en demander plus à la vie, d'être à la recherche d'un bonheur factice et sans doute illusoire ? Elle sait si peu sur cet homme qui rentre dans sa vie par effraction alors que le bonheur est devant elle dans son pavillon de banlieue avec sa fille, dans des petits riens, de petites habitudes, des bonheurs minuscules qui deviennent grands une fois perdus.
Les personnages des deux sœurs sont formidables de justesse sous la plume de Dominique Barbéris qui trouve le ton précis pour recréer cette ambiance de confidence au cœur de ce jour languide.
C'est un livre davantage nourri de sensations, d'impressions que d'action, ce qui rend à cet ouvrage un air de tableau impressionniste tant par l'évocation des étangs entre chien et loup que par la présence de la jeune fille qui joue du piano la fenêtre ouverte sur le jardin au grand cèdre.
On pourra être sensible à cette France apaisée, sans bruits ni fureur, sans pour autant oublier que dans ce pays un rappeur a chanté : pendez les blancs, pendez les blancs, pendez les ...
Merci à Babelio et aux Éditions Arléa pour l'envoi de ce livre. Remerciements particuliers à Lise aussi mystérieuse que Marc Hermann...
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Lune
  22 septembre 2019
Livre en clair-obscur.
Dès les premières lignes, une atmosphère happe le lecteur.
Ceux qui ont connu des émotions en noir et blanc frémiront à l'évocation d'un Thierry la Fronde chevaleresque et d'un Edouard Rochester (Jane Eyre) bâti comme un roc et si fragile pourtant.
Comme Claire-Marie dans le livre, le silence se fera, les yeux iront au-delà, là où les rêves se meuvent.
Deux soeurs se rencontrent en un dimanche qui pleure d'oisiveté triste et d'espoir retenu.
L'une se raconte, l'autre écoute, subjuguée par celle qui se dévoile.
Nuages et pluie accompagnent le récit.
On entend les gouttes tomber, on sent la fraîcheur s'insinuer entre les vêtements, on parcourt les rues scintillantes sous les réverbères, on marche le long des berges de l'étang (ah! Corot), les arbres au loin tendent leurs bras inquiétants.
Un homme est là, étrange, un peu effrayant. Une époque lourde (la Hongrie - 1956) est évoquée et l'entoure de mystère.
Tout est dit. Rien n'est dit.
Le romanesque entoure la rencontre et poursuit le lecteur qui accompagne Claire- Marie sous la pluie sempiternelle.
Une maison de lotissement cossu, des rues en pente, des étangs, des lumières dans le soir qui tombe, l'automne odorant, une voisine âgée qui observe, une enfant, un mari médecin tout à sa tâche, … une vie qui s'enferre…
« Un dimanche à Ville- d'Avray » n'est pas « Les dimanches de Ville- d'Avray » mais les images du film surgissent… et tout et rien (n') est pareil.
Livre en clair-obscur : « simenonien », « chabrolien » à déguster lentement, en étant là tout en ne l'étant pas.
Tour à tour subtil, poétique, délicat, insinuant.
Quant à l'histoire, elle se développe autour d'un fil conducteur faisant apparaître des touches psychologiques, sociales où le chemin tracé ne coïncide pas toujours avec le chemin rêvé.
Là réside tout le charme du livre où récit et atmosphère se complètent pour nous suggérer un éclat de vie en "Un dimanche à Ville- d'Avray".
N.B
-La délicatesse des Editions Arléa : livre édité sur la musique du Concerto n° 2 de Rachmaninov.
-discordance d'avis : Jean-Claude Drouot ne m'a jamais déçue.Il est et restera pour moi un immense comédien.
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oiseaulire
  18 février 2020
Exquise écriture, pleine de couleurs et de sensations, toute en émotions retenues : une femme vivant dans Paris visite sa soeur qui habite une banlieue aisée. Elle écoute en rêvant ses confidences. Elle redoute l'atmosphère d'ennui qui baigne Ville-d'Avray, et pourtant, n'est-ce pas là que se passent les vraies choses de la vie, inachevées, énigmatiques, peut-être imaginaires ? Les souvenirs ne sont-ils pas toujours imaginaires ?
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adeleperroud
  19 novembre 2019
J'ai lu ce court et magnifique roman (conseillé ce dimanche 17/11/19 par le Masque et la Plume) après une critique de Fabrice Gabriel dans AOC : « publié par une petite maison d'édition, écrit par une auteure bien identifiée mais peu connue, irréductible surtout au moindre « pitch », puisqu'il ne s'y passe à peu près rien, à part le récit d'un souvenir incertain, le temps d'un dimanche dans une banlieue paisible »
Sur la sélection du Goncourt jusqu'au 2ieme tour, finaliste du Femina (qui a oublié sa vocation en couronnant 6 hommes d'affilée depuis 2014...), ce roman sort sans prix de la rentrée littéraire, et malgré tout c'est un OVNI avec de grands articles dans les quotidiens, dans Elle et jusque dans Paris Match.
Alors pourquoi? Et bien sans doute parce que cette fiction est irréductible et s'attache profondément à dire ce qu'est « la vie ».
La narratrice, parisienne (qu'on sent branchée ou plutôt qui se « sent branchée ») rend visite à sa soeur un dimanche Ville d'Avray : déjà tout est campé, Claire-Marie sa soeur épouse d'un médecin (flaubertien) coule une existence (réputée) tranquille dans son beau pavillon de cette banlieue chic et résidentielle (mais angoissante, surtout un dimanche soir d'automne).
Et là sortent toutes les notations, cette angoisse du dimanche soir, les jardins, le soir qui tombe... et on sent la vie qui passe comme dans une pièce de Tchekov. Pas de social, pas de grand dessein, pas de politiquement correct... seulement la vie, et c'est ce qui est le plus difficile à faire en littérature (Virginia Woolf le dit dans une page inoubliable sur Jane Austin).
Alors, Claire-Marie, dans la pénombre, raconte sa « rencontre », et on est saisi : c'est elle qui a eu la meilleure part, celle du rêve, de l'enfance, du romanesque pur...
On sort de ce roman songeuse, et il vous habite longtemps, sans doute parce que c'est, et cela restera, une grande oeuvre, qui vous tient ensuite pendant longtemps, comme ces « romans français » de la grande tradition, courts, ciselés, d'une écriture remarquable qui les porte, de la Princesse de Clèves au Bal du comte d'Orgel.
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Dixmont
  16 décembre 2020
Prise au piège d'une effraction "romanesque"
Se taire, ne rien dire, ce sont les mots qui me sont venus à la dernière page hier. J'ai le souvenir d'une lecture durant mon adolescence, je n'avais que 16 ans mais elle ne parvient à s'effacer malgré les années. le titre de ce roman était "méchant garçon", j'ai complétement oublié l'auteur de consonance étrangère mais j'ai encore les appels de ma mère, en mémoire, de passer à table et sa colère devant mon refus de stopper ma lecture. J'étais pour la première fois confrontée à mon angoisse existentielle, celle de l'effraction d'un lieu sanctuarisé du monde extérieur : notre chez soi , notre entre-soi, notre maison et notre famille.
C'est l'histoire d'un jeune homme, qui après avoir commis un crime à la suite d'une méprise menant à un viol en vient à tout avouer à sa mère. Sa mère refuse de reconnaître le geste de son fils et décide de le couvrir malgré tout. L'amour d'une mère, c'est l'art d'aimer pieusement avec des mots mais avec des solutions très concrètes par manque d'éthique. Aussi, imagine-t-elle de murer la porte de la salle de bain qui se trouvait sous l'escalier offrant ainsi à son fils une prison dorée où nul ne pourrait le trouver puisque il existait d'autre sanitaire à l'étage: il avait toutes les commodités, une issue de secours vers l'extérieur et même une trappe dans la cuisine pour sortir quand le besoin se faisait sentir. Elle avait trouvé le moyen de le garder pour elle seule sans rien dire à personne et où même la police n'irait jamais le chercher. Elle gagna à ce jeu-là mais la vie a eu raison d'elle, elle mourut. Son fils fut vendu avec la maison comme parfois on est l'épouse d'un homme avec les souvenirs de quelqu'un d'autre en tête. C'est là que mon angoisse commença et que ma lecture devint inquisitrice et mortifère. Ce garçon s'invita dans la vie de cette famille sans l'autorisation de quiconque et les regarda vivre par son oeil de boeuf. Il vit les jeunes filles en culotte, participa aux repas de famille, se délecta de leurs conflits et disputes.
C'est la première fois aussi que je découvrais que le monde intime pouvait s'écrire dans ses affres pulsionnelles mais aussi dans son voyeurisme sans fausse pudeur. Il se délectait de tout dire et de tout décrire. Je lisais l'histoire d'un viol d'intimité familiale que j'évaluais comme bien plus violent que l'acte physique lui-même et qui justement devient moins conséquent par voie de fait.
Bref, c'est étrange comme cette lecture blessante me revient à l'esprit en fermant ce livre machiavélique dont le mobile "réel" m'échappe totalement.Quel sens donné à cette intrusion dans notre intimité à notre insu ?
"Une devinette inscrite sur un cadran solaire romain : Toutes blessent, la dernière tue. "
Game over
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critiques presse (3)
LePoint   06 novembre 2019
Dominique Barbéris capture avec une délicatesse et une précision déchirantes ce besoin de romanesque impossible à rassasier, la torture des peut-être égrenés trop tard, et ces désirs vagues dont nous ne savons pas faire une vie nouvelle.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox   06 novembre 2019
D'une plume précise et sensible, Dominique Barbéris raconte les tiraillements de ses personnages, entre désir et doute, curiosité et peur. Un grand soin est apporté aux décors : on se perd sur les chemins sinueux de la forêt de Fausses-Reposes et les gares du transilien prennent des allures inquiétantes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   23 septembre 2019
La romancière fait se confier deux sœurs que le temps a éloignées. Un texte troublant sur la mémoire et les griffures du regret.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   10 octobre 2019
Elle rêvait certainement d'être une pianiste élégante et raffinée que les hommes admireraient. Elle était peut-être amoureuse de son professeur de piano. Un classique.
Et malheureusement, le professeur de piano dirait : " Ce n'est pas fameux ; mais pas fameux du tout."
C'était ainsi, la vie ; on essayait de porter vaillamment ses rêves ou ceux des autres.
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moraviamoravia   21 septembre 2019
Je pensais à ces foules qui en ce moment même sortaient des parcs et des jardins publics. Peut-être que la plupart des hommes traînent les dimanches soir avec la peur de voir la journée finir, la peur d'ébranler en eux une tristesse ancienne ; peut-être que cette tristesse, nous la partageons tous, cette tristesse qu'on sent quand les choses ferment, quand elles finissent.
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moraviamoravia   23 septembre 2019
Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout. Qui sait la vérité ? Ma sœur m'avait-elle vraiment dit la vérité ? Qui le saura ? Qui se souviendra de nous ? Avec le temps, notre cœur deviendra obscur et poussiéreux comme le cabinet de consultation du docteur Zhang.
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moraviamoravia   20 septembre 2019
Ces enfants ont les nerfs détraqués, criait maman quand elle ouvrait la porte. Quand allez-vous commencer vos devoirs ? Si vous ne travaillez pas, vous finirez caissières.
Caissières à Prisunic.
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moraviamoravia   21 septembre 2019
[......] ; une devinette inscrite sur un cadran solaire romain : Toutes blessent, la dernière tue.
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Videos de Dominique Barbéris (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Barbéris
Dominique Barbéris dans son dernier roman "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa, 2019) explore les enfances rêveuses et la mélancolie de certains dimanches.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 28 octobre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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