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EAN : 9782363081995
124 pages
Arléa (05/09/2019)
3.28/5   129 notes
Résumé :
Le titre, Un dimanche à Ville-d’Avray, est un lointain écho du film féérique – et mystérieusement inquiétant –, sorti en 1962, qui a marqué, tel un météore, le cinéma français.
Même sentiment d’inquiétude dans le livre de Dominique Barbéris : deux sœurs se retrouvent, alors que fléchit la lumière, dans un pavillon de Ville-d’Avray, avec chacune dans le cœur les rêves et les terreurs de l’enfance, le besoin insatiable de romanesque, de landes sauvages dignes d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
3,28

sur 129 notes
Après une enfance étriquée et morose dont elles s'évadaient par de grandes rêveries romanesques inspirées de Jane Eyre, deux soeurs, l'une parisienne, l'autre habitant Ville-d'Avray, mènent désormais une vie rangée, sans éclat ni surprise, entre mari et enfant. Un dimanche d'ennui, l'aînée et narratrice rend visite à sa cadette. Au cours de leur tête à tête au jardin, le soir tombant, elle recueille avec stupéfaction les confidences de sa soeur sur ses envies vagues et réprimées d'autre chose, qui l'ont un jour conduite à une rencontre inattendue, à quelques rendez-vous secrets, et à l'éternel regret d'un possible finalement repoussé.


Il se passe peu de choses dans cette histoire, à l'image de l'existence étale de ces deux femmes engluées dans un quotidien morne et sans vie. Pourtant, bien des courants serpentent dans les profondeurs de ses non-dits, venant soudain troubler la surface apparemment sans ride de ce qui semblait un bonheur tranquille. Un bonheur dont avait d'ailleurs fini par se persuader la narratrice, perturbée que sa soeur ose laisser le doute s'infiltrer. Etait-ce donc finalement cette vie à laquelle aspiraient les deux fillettes romantiques, quand elles rêvaient de grands sentiments passionnés dans leur quotidien gris ? En toute honnêteté, n'ont-elles pas refoulé au fond de leur âme bien des élans déçus, piétinés par une réalité aussi morne aujourd'hui qu'autrefois ?


Par simples allusions où insidieusement le doute affleure, se laissent peu à peu deviner désenchantement et regrets, d'autant plus prégnants que l'une des deux femmes aura cru croiser un parfum d'aventure, presque tendu la main pour l'attraper, pour finalement reculer au moment de confronter rêve et réalité. Au gré de petites touches presque sans couleur, imprégnées des ombres du couchant et de l'odeur de la pluie d'automne, se dessinent deux silhouettes de femmes restées en marge de leur vie, portant au plus creux d'elles-mêmes les rêves et les aspirations qu'elles auront laissé échapper.


Un texte délicat, subtilement et poétiquement empli de sensations et d'impressions mouvantes, où la nostalgie du temps passé et des possibles à jamais perdus donnent vie à une très vraisemblable Bovary contemporaine.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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C'est au dernier moment que j'ai pris connaissance de cette masse critique de septembre. J'ai choisi ce livre de Dominique Barberis dans l'urgence, ne sachant rien d'elle (j'ai dû consulter plus tard Wikipédia pour apprendre qu'elle était une femme). À ma décharge je dois avouer que je lis peu mes contemporains sauf à l'occasion des masses critiques de Babelio.
Alors pourquoi mon choix s'est porté sur ce livre ? Sans doute pour le titre qui a réveillé mes souvenirs d'enfance. De ce jour qui était synonyme de solitude, de vide et d'inquiétude. Le dimanche naissait l'appréhension de la semaine à venir. Le soir j'aurais voulu tomber malade.
C'est aussi le nom de Ville-d'Avray qui sonne bien à mes oreilles. J'imaginais une ville au bord de la Seine (je dois revoir ma géographie) où j'aurais pu regarder passer les péniches le ventre plein de sable ou de charbon, avec au loin le cri du train passant dans un tunnel sans déranger des vaches pensives.
Ce tableau impressionniste était effacé par la couverture en noir et blanc d'un homme sous un parapluie, au milieu de la chaussée humide, que des réverbères éclairaient d'un halo mystérieux. Qui est-il ? où va-t-il ?

"L'autre dimanche, je suis allée voir ma sœur".
C'est ainsi que débute un Dimanche à Ville-d'Avray qui nous parle de la nostalgie de l'enfance, des bonheurs simples, mais aussi du temps qui passe, des occasions manquées, des regrets inutiles, de l'incompréhension des êtres, de la difficulté de communiquer en créant une atmosphère de confidence.
Claire-Marie a-t-elle raison d'en demander plus à la vie, d'être à la recherche d'un bonheur factice et sans doute illusoire ? Elle sait si peu sur cet homme qui rentre dans sa vie par effraction alors que le bonheur est devant elle dans son pavillon de banlieue avec sa fille, dans des petits riens, de petites habitudes, des bonheurs minuscules qui deviennent grands une fois perdus.
Les personnages des deux sœurs sont formidables de justesse sous la plume de Dominique Barbéris qui trouve le ton précis pour recréer cette ambiance de confidence au cœur de ce jour languide.
C'est un livre davantage nourri de sensations, d'impressions que d'action, ce qui rend à cet ouvrage un air de tableau impressionniste tant par l'évocation des étangs entre chien et loup que par la présence de la jeune fille qui joue du piano la fenêtre ouverte sur le jardin au grand cèdre.
On pourra être sensible à cette France apaisée, sans bruits ni fureur, sans pour autant oublier que dans ce pays un rappeur a chanté : pendez les blancs, pendez les blancs, pendez les ...

Merci à Babelio et aux Éditions Arléa pour l'envoi de ce livre. Remerciements particuliers à Lise aussi mystérieuse que Marc Hermann...
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Je suis parvenue au bout de ce roman pour deux raisons : une écriture qui m'a captée, la belle écriture de cette autrice que je ne connaissais pas, et parce que le récit est court, heureusement, car l'histoire m'a semblé des plus banales : deux soeurs qui se voient rarement, des conjoints qui ne semblent pas apprécier la belle famille, la narratrice, pour qui il est compliqué de se rendre de Paris à Ville-d'Avray, qui passe le Dimanche avec sa soeur avec qui elle ne semble pas très complice, la soeur, femme de médecin, lui raconte un événement survenu dans sa vie, un événement que de nos jours, on qualifierait de banal, pas très passionnant. Ce type de roman n'est pas pour moi : pas d'action ou très peu, deux vies, ou plutôt une vie et demie, car si l'une des deux femmes raconte son aventure, l'autre ne fait que rapporter les faits ce qui la rend bien transparente.

L'histoire semble ne pas avoir de fin, ou laisse le lecteur imaginer cette fin.

Concernant l'écriture, les descriptions sont magnifiques, on sent les odeurs, on imagine sans peine les couleurs d'automne, on entend les bruits, on vit dans le roman. Cela atténue vraiment l'ennui généré par le récit.

Lecture mitigée bien qu'intéressante.
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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Il y a des livres qui ont leur petite musique intime, ce court roman de Dominique Barbéris, auteure que je découvre, a murmuré la sienne...Et je l'ai écoutée avec plaisir.

La narratrice, plus témoin que personnage à part entière, se rend comme le titre l'indique chez sa soeur, qui habite un quartier résidentiel à Ville-d'Avray. " C'était typiquement un dimanche, le degré de vide, d'incertitude légère , d'appréhension vague, qui caractérise un dimanche".... Au cours de leur conversation, Claire-Marie va lui confier un secret troublant: ses rencontres clandestines, il y a quelques années, avec un homme mystérieux d'origine hongroise.

La trame du roman est légère, presque inconsistante, et tient en quelques souvenirs d'enfance des deux soeurs, qui rêvaient à autre chose pour échapper à la morosité familiale, et en confidences de Claire-Marie, dont les déambulations amoureuses un peu erratiques font penser à l'univers de Modiano.

Pourtant, le lecteur est sous le charme des mots emplis de nostalgie, il est ému par cette quête d'un ailleurs, d'un rêve. Car Claire-Marie imagine-t-elle? Ou a-t-elle vraiment vécu ce qu'elle raconte?

Si vous aimez " le bruit frissonnant et permanent" des pluies d'automne, la douce lumière réconfortante des lampes en fins d'après-midi, les promenades de hasard, les vers lancinants du passé qui reviennent en ritournelle,
" La pluie au jardin fait des bulles;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules"...

alors, vous serez envoûtés par ce roman doux-amer, doux comme les gouttes fines s'écoulant sur les feuilles, amer comme un songe inaccessible, déjà enfui...


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Une enfance à Bruxelles, des dimanches qui puent l'ennui, on fait le tour du parc avec la consigne de prendre l'air en respirant « bien par le nez, pour ne pas avaler l'air humide. » Au retour, on a le droit de regarder Thierry la Fronde à la télé.
Les études, c'est pas terrible alors la mère brandit la menace suprême à ses deux filles : « Si vous ne travaillez pas, vous finirez caissières. Caissières à Prisunic. »

Pour échapper à la monotonie de la vie, Claire-Marie s'est enlisée dans un mariage sans surprise, sans amour, même si elle peine à se l'avouer.
Installée à Ville d'Avray, « Ville provinciale et tranquille avec ses rues bordées de maisons particulières, leurs baies vitrées luisantes, leurs vérandas, leurs faux airs de villa Art déco ou de villa normande, leurs jardins plantés de rosiers et de cèdres. »

Sa soeur cadette ne partage pas cette vision du bonheur monotone, parisienne convaincue, cette petite commune des Hauts-de-Seine ne lui inspire qu'ennui et malaise lors de ses rares visites.
Un jour, Claire-Marie lui avoue ; « J'ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l'ai jamais dit. Il m'est arrivé quelque chose. »

« Un dimanche à Ville d'Avray est un roman intimiste et envoûtant qui lève un pan de voile sur une histoire gardée secrète comme un ultime rempart face à la solitude d'une vie sans relief.
Beaucoup de non-dits au cours de cette histoire et c'est peut-être ce que j'ai le plus aimé, car après tout, chacun d'entre nous n'a-t-il pas droit à sa part d'ombre, à son jardin secret ?

J'ai lu ce livre d'une traite et une fois refermé, j'ai ressenti un grand vide, empli de la nostalgie du temps qui passe, de ce qui aurait pu être et qui n'a pas été, des souvenirs qui mis bout à bout font une vie.
Ce n'est pas triste, seulement troublant.
L'écriture est belle, précise. Dominique Barberis réussi à dépeindre une magnifique héroïne, sorte de Madame Bovary moderne.
Une belle lecture.


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critiques presse (3)
LePoint
06 novembre 2019
Dominique Barbéris capture avec une délicatesse et une précision déchirantes ce besoin de romanesque impossible à rassasier, la torture des peut-être égrenés trop tard, et ces désirs vagues dont nous ne savons pas faire une vie nouvelle.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox
06 novembre 2019
D'une plume précise et sensible, Dominique Barbéris raconte les tiraillements de ses personnages, entre désir et doute, curiosité et peur. Un grand soin est apporté aux décors : on se perd sur les chemins sinueux de la forêt de Fausses-Reposes et les gares du transilien prennent des allures inquiétantes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde
23 septembre 2019
La romancière fait se confier deux sœurs que le temps a éloignées. Un texte troublant sur la mémoire et les griffures du regret.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout. Qui sait la vérité ? Ma sœur m’avait-elle vraiment dit la vérité ? Qui la saura ? Qui se souviendra de nous ? Avec le temps, notre cœur deviendra obscur et poussiéreux comme le cabinet de consultation du docteur Zhang.
Une salle d’attente où on attendait toute sa vie. Aucun bruit de l’autre côté. Aucun signe.
Je sentais une sorte d’angoisse. Je me disais toujours : Si elle s’était trompée ? Qui est-ce que j’attends, moi aussi ? Qui, pour moi, est venu ?
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C'était toute la paix qu'on peut parfois, à certains moments, retirer de la vie, cette paix fragile , si provisoire que nous avons si peur de perdre , dont on goûte, certains soirs , le sentiment si blessant, si aigu: un temps comme arrêté, une fin d'été, des bruits de voix dans un jardin, une lampe allumée à une fenêtre.
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Elle rêvait certainement d'être une pianiste élégante et raffinée que les hommes admireraient. Elle était peut-être amoureuse de son professeur de piano. Un classique.
Et malheureusement, le professeur de piano dirait : " Ce n'est pas fameux ; mais pas fameux du tout."
C'était ainsi, la vie ; on essayait de porter vaillamment ses rêves ou ceux des autres.
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Je pensais à ces foules qui en ce moment même sortaient des parcs et des jardins publics. Peut-être que la plupart des hommes traînent les dimanches soir avec la peur de voir la journée finir, la peur d'ébranler en eux une tristesse ancienne ; peut-être que cette tristesse, nous la partageons tous, cette tristesse qu'on sent quand les choses ferment, quand elles finissent.
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Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout. Qui sait la vérité ? Ma sœur m'avait-elle vraiment dit la vérité ? Qui le saura ? Qui se souviendra de nous ? Avec le temps, notre cœur deviendra obscur et poussiéreux comme le cabinet de consultation du docteur Zhang.
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Videos de Dominique Barbéris (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Barbéris
Dominique Barbéris a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie française pour son 11e roman "Une façon d'aimer", paru chez Gallimard. L'autrice embarque les lecteurs dans la France coloniale des années 50 et déroule l'histoire à travers les souvenirs reconstitués de Madeleine, jeune femme simple et sans histoire jusqu'à ce que....
Photos, coupons de journaux, vêtements, la narratrice remonte le fil de cette vie à la fois discrète et mélancolique. Elle est l'invitée de Géraldine Mosna-Savoye et Nicolas Herbeaux.
#littérature #souvenir #memoire
______________ Écoutez d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture dans Les Midis de Culture par ici https://youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrrNrtLHABD8SVUCtlaznTaG&si=FstLwPCTj-EzNwcv ou sur le site https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture
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