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EAN : 9782330143503
256 pages
Éditeur : Actes Sud (03/02/2021)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 22 notes)
Résumé :

La mère va mourir. Et qu'importe son âge, qu'importe celui de ses enfants, dont fait partie le narrateur : à cette heure de la fin de vie, il n'est plus rien que son fils. Confronté à l'ombre de la mère, il fait appel à toute la force de sa mémoire pour retrouver celle qu'elle fut, et rejoindre par là même un peu de l'enfant qu'il était. Les souvenirs affluent et se mélangent bientôt avec le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
moussk12
  08 juin 2016
Ici, Henry Bauchau raconte la mort de sa mère. Ou plutôt, il se raconte. Car, bien que la présence de la mère agonisante est omniprésente, elle m'a parue complètement voilée par le ressenti du narrateur.
Jamais, je n'ai lu quelqu'un qui se découvre au lecteur de manière aussi entière. Il nous emmène au plus profond de son intériorité d'homme et de fils.
Avec pudeur, mais sans retenue, Henry Bauchau nous invite sur son divan.
La déchirure ravira les professionnels et les amateurs de ce thème qu'est la psychanalyse et de sa complexité.
Pour ma part, j'avoue ne pas avoir tout compris. Je me suis perdue plusieurs fois dans ce récit, me demandant où j'étais, dans la réalité ou le rêve, étaient-ce des paroles prononcées ou pensées ? Ou des intentions ?
Bien que sa compréhension me soit parue difficile, chaque jour j'avais une envie folle de reprendre la lecture. Car pour moi, La déchirure est avant tout un livre de sincérité et de profondeur.
A la fin de cette édition, Jean Florence, psychanalyste, analyse ce roman dans une "lecture". Là, j'ai complètement décroché. Niveau trop haut pour moi. Peut-être dans quelques années...
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emmabertrand34
  01 mars 2021
Ce livre me suit depuis le décès de ma mère, à l'adolescence. J'en ai lu souvent des passages mais son écriture brutale me bouleversait trop pour que je puisse le lire. Plus d'une dizaine d'années après, je l'ai lu. Il est magnifique. C'est un vrai bijou d'analyse, d'introspection et de la grande littérature. L'auteur joue avec les mots et j'ai relu plusieurs fois des passages qui sont des perles de concision et de force. Un grand livre.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   24 juillet 2013
Maman ne lui répond pas, elle ne peut plus parler, mais elle la regarde de loin, de toujours plus loin. On a l’impression qu’elle ne la voit plus, quand soudain, avec l’ombre esquissée d’un sourire, elle fait deux fois ce petit geste de la main gauche qui lui est devenu familier depuis sa maladie. Un geste d’adieu. Adieu pour toujours, ma chère, c’est la dernière fois que nous nous voyons sur la terre et nous le savons très bien toutes les deux, malgré ce que tu racontes. Et un autre d’indifférence paisible pour ces paroles, qui mangent de l’air, qui mangent du souffle et qui ne sont plus nécessaires. Un mouvement infime, mais d’une ironie tendre, sainte, supérieure. Je ne suis plus là où tu crois, je n’ai rien à offrir. Celle qui croyait pouvoir le faire n’existe plus. Ce que j’ai de souffle, je le conserve pour aller à la rencontre de ce que je n’ai pas été, de ce que je suis, de ce que je n’ai pas assez aimé. Je ne dépenserai plus ma mort que pour cela. Sa main est retombée sur le lit, elle ferme les yeux, elle ne les ouvrira plus. Elle ne fera plus un geste, avant d’avoir épuisé ses dernières forces et de mourir.
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LupestherLupesther   08 septembre 2015
Depuis sa maladie je pense à maman comme à un enfant , un enfant de plus dont je suis responsable .Non sans irritation pour les problèmes que cela me pose . Non sans douceur à cause de sa faiblesse,des larmes qui s'emparent d'elle et bouleversent son pauvre visage en partie paralysé . La mort n'y a rien changé . Le silence ne s'est pas rétabli entre nous , ni l'absence et le froid qui nous ont séparés pendant tant d'années .Elle demeure en moi sans ses méfiances passées,avec le rire charmant qui parfois jaillissait d'elle et ce geste un peu vague de sa main encore vivante .Un geste humble,un peu ironique et qui semblait dire qu'elle ne savait pas très bien,qu'elle n'était pas très sûre.Comme moi.
Aujourd'hui c'est la mer qui me fait penser à elle et qui me presse d'aller à sa recherche.Après la tempête d'hier,la matinée est légère,à peine ensoleillée et la mer,étendue,semble dormir sur les rochers.C'est cela qui évoque le mystère de sa vie et de sa mort en moi .
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ViannaVianna   04 août 2014
Encore quinze ans, encore douze, encore dix avant d'être grand. On croyait ne jamais pouvoir le supporter. Et voici que l'enfance est finie aux yeux de tous, alors que l'enfant est encore là tout entier, tel qu'il a été marqué par les dures années sous-marines.
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Alice_Alice_   25 juillet 2013
Que la lumière est pauvre dans cette chambre. C’était ainsi dans les maisons de province. Elle aura donc vécu sa vie avec une lumière de province. Sa jeunesse s’est écoulée avec des lampes à pétrole, des bougies et la grosse lampe verte à acétylène qu’on posait sur la table ronde de la véranda à Blémont. (…) On peut seulement se demander ce que maman serait devenue avec une autre lumière. Si elle avait su conduire. Si elle avait pu comprendre le Cubisme en 1910 ou même en 1920. Si elle avait, une fois, nagé nue dans la mer.
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Alice_Alice_   24 juillet 2013
A l’entrée d’une chambre, une infirmière est en train de tancer un vieillard qui sonne trop souvent.
On coupera votre sonnette si vous continuez ainsi.
C’est que j’ai peur.
De quoi avez-vous peur, mon Dieu, dans votre chambre.
La réponse vient, d’une voix terne : J’ai peur de mourir.
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Videos de Henry Bauchau (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry Bauchau
Photographie : Henry Bauchau (Sipa). Cinq entretiens avec Catherine Pont-Humbert (À voix nue / France Culture) [2009]. Par Catherine Pont-Humbert, réalisation : Bruno Sourcis. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Rediffusion des émissions du 31 août au 04 septembre 2009. « Poète, dramaturge, romancier, psychanalyste, Henry Bauchau est né en 1913 à Malines, en Belgique et décédé à Paris en 2012 à l'âge de 99 ans. Il avait un an et demi lorsqu'en août 1914, les Allemands, face à la résistance du peuple belge, décident d'incendier Louvain où il se trouvait avec ses grands-parents qui fuient la ville en flammes. Son entrée sur la scène du XXe siècle fut donc marquée par l'Histoire. Henry Bauchau ne l'a ensuite plus jamais quittée. Le récit de cet épisode fondateur de 1914 apparaît à plusieurs reprises dans l'oeuvre, notamment dans “La déchirure”, roman paru en 1966. Henry Bauchau a donc vécu les deux guerres mondiales du XXe siècle. L'écriture s'impose tardivement (il avait 45 ans lorsque parut, en 1958, son premier livre, “Géologies”, un recueil de poèmes) mais elle avait été préparée par de longs cheminements intérieurs, des explorations archéologiques intimes, dont la psychanalyse. Henry Bauchau entreprend une analyse chez Blanche Reverchon-Jouve (qu'il appelle “La Sibylle”), la femme de Pierre-Jean Jouve, avant de devenir lui-même psychanalyste dans les années 1970. L'expérience de l'inconscient dans la cure analytique donne naissance à un écrivain. Outre les richesses de l'inconscient (les rêves sont chez lui un matériau d'écriture essentiel), il découvre celles du langage poétique qu'il n'abandonnera jamais. Venant d'une famille où on lui avait donné à entendre que la vie en prose était la vie réelle, il a dû faire un immense effort pour reconnaître l'existence d'une vie poétique. C'est avec “Oedipe sur la route” en 1990 et le recours au mythe antique transposé à l'espace romanesque, que Bauchau accède à la reconnaissance en Belgique. Et c'est avec la publication d'un autre roman du cycle thébain, “Antigone” en 1997, qu'il s'impose en France. Autrement dit, c'est quand le roman ose réécrire le mythe, qu'arrivent reconnaissance et succès. Henry Bauchau n'écrit que ce qui s'est d'abord intériorisé en lui. C'est le retentissement intérieur des événements qui forme la chambre d'écho de l'écriture. L'oeuvre littéraire qu'il continue à bâtir aujourd'hui, à plus de 95 ans, est une oeuvre qui lui est “dictée”, dit-il. Cet ordre reçu le fait entrer dans ce qu'il appelle un “sillon d'oeuvre”. De là naissent des textes où s'impose l'idée que, derrière l'enfance, il existe un passé plus lointain, presque imaginaire, qui nous rattache à des forces ancestrales. Son oeuvre qui retrace les errements, les contradictions, les trébuchements d'un homme qui avance dans la vie et dans l'écriture, donne avec une rare beauté le sentiment du monde. Et si l'enfance a été perdue en partie, il en reste des “traces effilochées à tous les buissons, à toutes les ronces de la vie”. La Poésie complète d'Henry Bauchau est publiée chez Actes Sud, ainsi que le livret de l'opéra “La lumière d'Antigone”. » Catherine Pont-Humbert
1) Une enfance belge : 0:00 2) Les guerres : 28:17 3) Les chemins de l'oeuvre : 54:36 4) Le peuple des mots : 1:20:00 5) L'exigence d'écriture : 1:46:00
Invité : Henry Bauchau
Thèmes : Littérature| Littérature Française| Belgique| Mythologie| Oedipe| Antigone| Poésie| Psychanalyse| Henry Bauchau
Source : France Culture
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