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EAN : 9782742758401
442 pages
Éditeur : Actes Sud (08/02/2006)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 241 notes)
Résumé :
A Paris, dans un hôpital de jour, Véronique, psychanalyste, prend en charge Orion, un jeune adolescent gravement perturbé. Malgré ses difficultés, elle discerne qu'il est doué d'une imagination puissante et entreprend de l'orienter vers le dessin et la sculpture. Les chemins de la création et ceux de la vie quotidienne sont semés d'incertitudes et d'échecs, mais dans ses "dictées d'angoisse", Orion parvient à s'ouvrir à la parole et à mettre en mots ce qui le hante.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  10 juillet 2020
L'enfant bleu est une de ces histoires de vie poignantes, bouleversantes, qui délimitent les lignes de fuite et les manifestations de l'imaginaire.
Henry Bauchau sait jusqu'où aller lorsqu'il nous fait entrer dans la tête d'un psychotique, faisant accepter aux lecteurs toutes les déchirures du récit, des corps et des destins.
L'auteur nous fait cadeau de cette perception différente du monde, de son langage propre et de l'incapacité à comprendre le monde et ce que s'y passe.
C'est une lecture complexe et déroutante, parfois un peu longue, avec des répétitions, mais qui sait captiver par sa psychologie sûre, persillée de certaines formules décoiffantes, faisant souffler dans le bons sens le vent de cette aventure intime.
Persécutés par un démon intérieur doté de volonté propre, habités par un autre être, obligé de cacher une partie d'eux-mêmes, les victimes de cette maladie, se sentent bâillonnées par un mors invisible.
Nous assistons à la transformation d'un albatros dont les grandes ailes l'empêchent de marcher en oiseau capable de voler, grâce au dévouement et l'acharnement d'une psychanalyste. L'expérience/aventure humaine, nuancée de transfert et contre-transfert, finira par les libérer chacun à leur façon et à trouver leur voie.
C'est doucement poétique, tendre, vivant et surtout si crédible dans cette parole lourde de souffrances.
Une histoire de résilience, de lutte, mais surtout d'espoir.
Non pas l'espoir de guérir les blessures, mais de parvenir à vivre avec, d'être capable de les apprivoiser et d'en tirer du bonheur.
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moussk12
  06 novembre 2015
Je choisis ce livre pour une île déserte, tant pour la beauté de son écriture, que pour le sujet et la manière poétique dont il est traité.
C'est l'histoire d'un garçon de 13 ans, Orion, psychotique, suivi quotidiennement dans un centre adapté à ses besoins. La nouvelle psychothérapeute, Véronique, va découvrir, à travers les dessins qu'elle lui fait réaliser, que les crises de cet enfant s'amenuisent pendant ces périodes de "création artistique".
Petit à petit, elle va approfondir sa technique dans cette voie, et il naîtra, du fond de cet enfant, un véritable don en peinture et en sculpture. Véronique fera tout son possible pour l'aider à grandir, à se trouver une place dans la société, à travers son art, à trouver l'amour d'une jeune fille aussi démunie que lui.
Bien entendu, on est loin de la réalité par le seul fait qu'il n'y a pas de centre thérapeutique où une seule personne est chargée d'un seul enfant, tous les jours. Quand on lit ce livre, on le regrette car on se rend compte qu'alors, beaucoup d'enfants pourraient être délivrés de leur état léthargique ou d'autiste dans lequel ils demeurent, par manque de moyens surtout.
Mais bon, je ne suis pas experte dans ce domaine; c'est simplement mon ressenti.
En tous les cas, ce livre est un énorme livre d'amour. ET on sent que l'auteur en avait énormément en écrivant ce livre.
Henry Bauchau, c'est un grand monsieur.
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pyrouette
  26 janvier 2020
Quand Véronique trouve ce travail de psychanalyste à l'hôpital de jour, elle est criblée de dettes et sa vie perso est difficile. Ce travail, dans Paris, loin de chez elle, est plus que nécessaire. Véronique doit trouver sa place parmi ses collègues et trouver son rythme avec les trajets en train et à pieds fatigants.
Pour Orion, adolescent psychotique, qui vit avec son démon, c'est sa dernière chance de passer ses journées avec d'autres enfants. Orion, ou plutôt son démon, est violent quand on le provoque et ses camarades de classe adorent le pousser à bout.
Un gamin dont personne ne veut plus s'occuper, une nouvelle qui a besoin de son travail et surtout de son salaire, leur destin vient de se lier.
Véronique va accompagner Orion pendant plus de dix ans. Elle voit dans les premiers dessins d'Orion l'artiste qu'il deviendra, mets en place les dictées d'angoisse à la demande, Orion dicte et raconte ses angoisses.
Pour accompagner un adolescent comme Orion, Véronique a du sortir du cadre de son travail et faire un transfert, il a pris place dans sa vie et lui a permis de se reconstruire.
Ce récit ressemble à un conte dans la relation unique d'une psychanalyste et d'un gamin psychotique, mais est réaliste dans cette relation.
Une utopie réaliste que j'ai aimée lire.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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araucaria
  01 juin 2014
Un beau roman que j'envisageais de lire depuis longtemps. Je ne suis pas déçue. Henry Bauchau y transcrit son expérience personnelle et professionnelle, et nous présente le handicap mental avec un regard neuf, empli d'espoir. Les personnages sont attachants. L'histoire est belle, sans pathos. Je trouve seulement quelques longueurs à ce texte. Je pense qu'il aurait pu être amputé de certains passages sans que cela nuise à la compréhension du récit. Mais c'est quand même un très bon roman, digne de son auteur.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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isanne
  12 septembre 2019
Cela aurait été une lecture éprouvante mais également superbe pour moi.
Elle fait partie de ces rencontres "livresques" nécessaires, à mon humble avis.
J'ai dû attendre un peu après la fin de la lecture pour pouvoir en parler plus sereinement.
Je crois que pour l'apprécier et y pénétrer, il faut être, d'une certaine façon, en pensées ou plus au réel, concerné par le handicap, quel qu'il soit. Dans ce texte, il est question de psychose mais son ne peut s'empêcher de penser aux handicaps physiques ou mentaux autres.
L'écriture au présent fait partie intégrante de la construction du récit : comment dire : tout va vite dans le quotidien d'Orion, les réactions, les emprises du Démon, les humeurs si variables et ce temps de conjugaison dans la narration restitue vraiment l'urgence d'aider Orion à voler de ses propres ailes.
Véronique est tant à l'écoute d'Orion, des autres en général, qu'elle force notre respect et notre admiration. Elle seule croit qu'Orion peut faire du bouillonnement qui l'habite , le creuset d'un artiste et ainsi le guider vers une vie plus autonome et inspirante.
Magnifique texte qui pose tant de questions au fil des pages sur le regard des dits " normaux" devant ceux qui le sont considérés un peu moins.
Quel chemin à gravir encore pour que nous acceptions tous, l'autre dans sa différence , en faisant de cette prise de conscience une richesse et non un refus et ainsi vivre ensemble.
A lire en prenant le temps...
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   31 mai 2014
Je sens une tristesse en moi en voyant Roland s'éloigner. Il est venu me voir hier, la séance a été bonne, au moment de partir il m'a donné un petit carton à dessin : "C'est pour toi. C'est un portrait de mon père". Il est parti sans rien ajouter.
En ouvrant le carton j'ai vu un dessin maladroit en noir et blanc. Ce n'est pas du tout un portrait. Roland ne pourrait pas faire un portrait, il ne sait pas dessiner et pourtant ce dessin évoque mystérieusement la mort de son père. C'est un ensemble enchevêtré de lignes lourdes et de taches d'encre noire qui suggère irrésistiblement le malheur né de quelque événement obscur. C'est le témoignage d'une immense tristesse, incomprise, celle qui l'a si longtemps retenu d'évoluer. Roland si doué pour les couleurs, a su avec un peu d'encre exprimer la mort sur un bout de papier, qu'il m'a donné peut-être pour que je partage sa douleur.
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araucariaaraucaria   22 mai 2014
En arrivant je vois, affiché sur le mur par le professeur d'art, un dessin qui m'enchante et s'accorde à la détresse bien cachée que j'éprouve. C'est une très petite île, une île bleue, entourée de sable blond et couverte seulement de quelques palmiers. Cette île, son ciel, sa lumière, sa minuscule solitude protégée par une mer chaude expriment le désir, la douleur d'un coeur blessé. Le dessin naïf, d'une manière frustre, toute pénétrée de rêve, me fait sentir avec force le silence, l'exil terrifié, la scandaleuse espérance dont il est né.
On me dit que c'est l'oeuvre d'Orion, un garçon de treize ans, en qui alternent l'application, de fortes inhibitions et des crises de violence.
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araucariaaraucaria   25 mai 2014
Chaque semaine Orion va à la piscine et M. Dante, un moniteur de sport très patient, s'occupe de lui seul, un moment. Il vient me voir et me dit : "Hier, Orion a fait en eau profonde trois brasses impeccables, soudain il a pris peur et il est revenu à toute vitesse s'accrocher au bord. Je lui ai dit : Tu vois, tu sais nager. Recommence et traverse le bassin. Je lui ai dit cela tranquillement, sans le toucher ni rien, car je le connais. Il s'est mis à trembler et brusquement, avec une rapidité incroyable, il m'a mordu la main. Et pas un peu, regardez la trace. Sur le coup, j'ai crié de surprise, je me suis vite repris et lui, en sortant de l'eau, il avait l'air plutôt fier. Pourtant ce garçon m'aime bien. Ah! celui-là! Mais nous arriverons à le faire nager, j'en fais mon affaire.
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araucariaaraucaria   30 mai 2014
Il bat un peu l'air de ses bras : "Tu as eu peur, Madame, quand le démon a cassé la porte en entrant?
- Très peur. Je n'avais jamais vu le démon avant ça."
Il rit très fort, il est content : "C'est que le démon avait attendu longtemps à la gare. Il avait sauté sans personne pour l'arrêter. Il avait couru jusqu'à la maison, il avait eu le temps de s'emparer de la tête et du corps.
- Est-ce que le démon est sorti maintenant...
- On ne sait pas, Madame."
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araucariaaraucaria   23 mai 2014
Il rit : "Moi, on veut dessiner. Pas les chevaux blancs, c'est trop difficile. Peut-être quand on sera grand."
Je lui donne une feuille, il commence un nouveau labyrinthe, très différent, toujours avec la même et surprenante rapidité. Attendant le moment où il me demandera peut-être d'intervenir, je me dis : Trois cents chevaux blancs qui poursuivent le démon de Paris, celui qui a vu cela a reçu un don, un rayon de douleur, un rayon de lumière. C'est peut-être un artiste? C'est peut-être sa voie, s'il en a une?
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Videos de Henry Bauchau (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry Bauchau
Photographie : Henry Bauchau (Sipa). Cinq entretiens avec Catherine Pont-Humbert (À voix nue / France Culture) [2009]. Par Catherine Pont-Humbert, réalisation : Bruno Sourcis. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Rediffusion des émissions du 31 août au 04 septembre 2009. « Poète, dramaturge, romancier, psychanalyste, Henry Bauchau est né en 1913 à Malines, en Belgique et décédé à Paris en 2012 à l'âge de 99 ans. Il avait un an et demi lorsqu'en août 1914, les Allemands, face à la résistance du peuple belge, décident d'incendier Louvain où il se trouvait avec ses grands-parents qui fuient la ville en flammes. Son entrée sur la scène du XXe siècle fut donc marquée par l'Histoire. Henry Bauchau ne l'a ensuite plus jamais quittée. Le récit de cet épisode fondateur de 1914 apparaît à plusieurs reprises dans l'oeuvre, notamment dans “La déchirure”, roman paru en 1966. Henry Bauchau a donc vécu les deux guerres mondiales du XXe siècle. L'écriture s'impose tardivement (il avait 45 ans lorsque parut, en 1958, son premier livre, “Géologies”, un recueil de poèmes) mais elle avait été préparée par de longs cheminements intérieurs, des explorations archéologiques intimes, dont la psychanalyse. Henry Bauchau entreprend une analyse chez Blanche Reverchon-Jouve (qu'il appelle “La Sibylle”), la femme de Pierre-Jean Jouve, avant de devenir lui-même psychanalyste dans les années 1970. L'expérience de l'inconscient dans la cure analytique donne naissance à un écrivain. Outre les richesses de l'inconscient (les rêves sont chez lui un matériau d'écriture essentiel), il découvre celles du langage poétique qu'il n'abandonnera jamais. Venant d'une famille où on lui avait donné à entendre que la vie en prose était la vie réelle, il a dû faire un immense effort pour reconnaître l'existence d'une vie poétique. C'est avec “Oedipe sur la route” en 1990 et le recours au mythe antique transposé à l'espace romanesque, que Bauchau accède à la reconnaissance en Belgique. Et c'est avec la publication d'un autre roman du cycle thébain, “Antigone” en 1997, qu'il s'impose en France. Autrement dit, c'est quand le roman ose réécrire le mythe, qu'arrivent reconnaissance et succès. Henry Bauchau n'écrit que ce qui s'est d'abord intériorisé en lui. C'est le retentissement intérieur des événements qui forme la chambre d'écho de l'écriture. L'oeuvre littéraire qu'il continue à bâtir aujourd'hui, à plus de 95 ans, est une oeuvre qui lui est “dictée”, dit-il. Cet ordre reçu le fait entrer dans ce qu'il appelle un “sillon d'oeuvre”. De là naissent des textes où s'impose l'idée que, derrière l'enfance, il existe un passé plus lointain, presque imaginaire, qui nous rattache à des forces ancestrales. Son oeuvre qui retrace les errements, les contradictions, les trébuchements d'un homme qui avance dans la vie et dans l'écriture, donne avec une rare beauté le sentiment du monde. Et si l'enfance a été perdue en partie, il en reste des “traces effilochées à tous les buissons, à toutes les ronces de la vie”. La Poésie complète d'Henry Bauchau est publiée chez Actes Sud, ainsi que le livret de l'opéra “La lumière d'Antigone”. » Catherine Pont-Humbert
1) Une enfance belge : 0:00 2) Les guerres : 28:17 3) Les chemins de l'oeuvre : 54:36 4) Le peuple des mots : 1:20:00 5) L'exigence d'écriture : 1:46:00
Invité : Henry Bauchau
Thèmes : Littérature| Littérature Française| Belgique| Mythologie| Oedipe| Antigone| Poésie| Psychanalyse| Henry Bauchau
Source : France Culture
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