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ISBN : 2070367703
Éditeur : Gallimard (09/06/1972)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 91 notes)
Résumé :
On a toujours embarrassé les écrivains en leur demandant : pourquoi écrivez-vous ? Mais jamais sans doute ne se sont-ils sentis aussi perplexes qu'au lendemaim de la dernière guerre. Etonnés par quatre années d'horreur et par les perspectives qui s'ouvraient soudain au monde, ils découvraient que les vieilles valeurs avaient fait long feu et qu'une nouvelle figure de l'homme était en train de naître : quel rôle l'avenir leur réservait-il? les mots pouvaient-ils enco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
brigittelascombe
  15 août 2011
Deuxième volet des Mandarins qui a obtenu le Goncourt en 1954.
Autofiction dans laquelle nous retrouvons le milieu d'intellectuels de gauche de l'après guerre du premier tome.
Anne(sans doute Simone de Beauvoir) psychiatre,végète dans une tiède relation avec son mari Robert Dubreuilh qu'elle admire par ailleurs.Ils ont une fille Nadine. Encore désirable, lors d'un déplacement professionnel aux Etats Unis,Anne va vivre une folle passion avec Lewis Brogan( en vrai Nelson Algren auquel l'auteur dédie d'ailleurs ce livre).
Robert Dubreuilh(sûrement Jean Paul Sartre), écrivain engagé connu du monde politique et littéraire convainc Henri Perron (on pense Albert Camus) résistant et écrivain qui dirige L'espoir de rallier L'espoir à la gauche SRL pour diffuser plus amplement les idées de gauche vers le monde ouvrier.
Henri,au départ marié à Paule qu'il n'aime plus, puis amant de Nadine qu'il quitte, va rencontrer une actrice Josette pour laquelle il écrit une pièce financée par sa mère.Les rumeurs de collaboration des deux femmes avec la gestapo sont elles justifiées?
Découverte de la shoah.
Il faut choisir son camp, pro- américains ou pro- russes.
Une brouille éclate entre Robert et Henri (qui sable un peu trop le champagne au goût de certains) suite en 47 à l'article écrit par ce dernier pour dénoncer les camps de travail soviétiques.
"Toute la droite le couvre de fleurs c'est gênant".
"Socialtraitre,tu n'es plus celui que tu étais" lance Nadine. Leur rupture est elle définitive?Et piégé ne serat il pas entravé?
Et toujours ce chassé croisé amoureux retrouvé dans ce deuxième tome.Ca va,ça vient,ça change!
Un climat passionnel fort bien rendu puisque vécu.Beaucoup d'émotions palpables!
Anne la passionnée y laissera des plumes. "C'est une bien étrange entreprise de vivre un amour tout en le refusant". de beaux portraits psychologiques d'hommes et de femmes vrais.
Un reportage,un témoignage,un pan d'histoire:"Les écrivains qui ont fait de la politique en ont marre et veulent partir à l'étranger pour couper les ponts".
Alors nous revient en mémoire la phrase de fin du premier tome:"
Si le mal est partout,il n'y a aucune issue ni pour l'humanité ni pour soi même.Est ce qu'il faudra en arriver à penser à ça?"
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jeeves_wilt
  02 janvier 2018
Attention chef d'oeuvre!
Un régal, tout y est, malheureusement grâce aux évènements.
Un vrai Goncourt, eu égard aux frères dont il faut lire leur journal pour bien situer la difficulté d'en faire partie. Là! c'est le cas.
C'est alléchant de bout en bout, l'écriture j'en parle plus, on va dire que je rabâche, mais quand même quelle claque Mme de Beauvoir arrive à nous asséner des décennies plus tard.
L'après guerre et quelle guerre, on est jeté dans la direction d'un journal, par le truchement des personnages, qui cherche à rester indépendant, moi qui ai aimé "Charlie " je peux vous dire que ça rajoute au suspense.
Et oui... du suspense, du sexe et de la philosophie, plus, tout ce que je n'ai pas été capable de voir en une seule lecture...
Vraiment un livre qui nourrit l'esprit et les conversations pour ceux qui ont la chance de connaitre quelque intello(s) rigolo(s)...
Un conseil: Ne faites pas l'erreur de chercher une réalité dans les personnages, c'est un roman.
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esblandin
  05 mars 2019
J'avais eu du mal à lire le premier tome qui est assez dense et finalement je n'ai pas résisté au deuxième je tenais à suivre tous les personnages que j'avais trouvé attachant pour savoir ce qu'ils allaient devenir. J'ai trouvé le deuxième tome plus prenant que le premier, les personnages touchant dans leurs errances et leur questionnement. Bref j'ai aimé
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MimiCarmenMimiCarmen   16 mai 2019
Henri haussa les épaules et se rapprocha de Louis qui discourait d’une voix violente devant Marie-Ange et Anne ; il avait l’air tout à fait saoul; il ne supportait pas l’alcool, c’était la rançon de sa sobriété.

— Regardez moi cette chose, disait-il en désignant Marie-Ange, ça couche avec tout le monde, ça se peint la figure, ça montre ses jambes, ça se rembourre les seins et ça se frotte aux hommes pour les exciter : et soudain, ça se met à jouer les Saintes Vierges…

—J’ai quand même le droit de coucher avec qui ça me plaît, dit Marie-Ange d’une voix plaintive.

— Le droit? quel droit? qui lui a donné des droits? cria Louis. Ça ne pense rien, ça ne sent rien, ça palpite à peine, et ça réclame des droits! La voilà la démocratie! C’est du joli…

— Et le droit d’emmerder le monde, où le prenez-vous? dit Anne. Regardez-moi ce type qui se prend pour Nietzsche parce qu’il engueule une femme!

— Une femme, il faudrait se prosterner devant! dit Louis. Vous parlez d’une déesse! Elles se prennent pour des déesses, mais ça n’empêche qu’elles pissent et qu’elles chient comme tout le monde.

—Tu as trop bu, tu es grossier, tu ferais mieux d’aller te coucher, dit Henri.

— Naturellement! tu les défends! les femmes, ça fait partie de ton humanisme, dit Louis d’une voix qui s’empâtait.Tu les baises tout comme un autre, tu les fous sur le dos et tu leur montes dessus, mais tu les respectes. Marrant. Ces dames veulent bien ouvrir les cuisses, mais elles veulent être respectées. C’est ça, hein? respectez-moi et j’ouvre les cuisses.

— Et d’être goujat, ça fait partie de ton mysticisme? dit Henri. Si tu ne la boucles pas Tout de suite, je te reconduis…

— Tu prends avantage de ce que j’ai bu, dit Louis en s’éloignant d’un air sombre.

— Il est souvent comme ça? dit Marie-Ange.

— Tout le temps ; seulement c’est rare qu’il jette le masque, dit Anne. Ce soir, il est fou de jalousie.
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jeeves_wiltjeeves_wilt   02 janvier 2018
Il observait avec un plaisir méchant le visage affaissé, et dans sa tête des mots filaient comme le vent : amoureuse d'un capitaine allemand, elle m'a bien eu ; imbécile! pauvre imbécile ! il se croyait sûr de son plaisir, de sa tendresse : imbécile! elle ne l'avait jamais considéré que comme un instrument. Lucie était une femme de tête, elle voyait loin ; si elle avait pris en main les intérêts d'Henri, si elle lui avait jeté Josette dans les bras, ce n'était pas pour assurer la carrière d'une fille dont elle se foutait bien: c'était pour s'attacher un allié utile ; et Josette avait joué son jeu ; elle racontait à Henri qu'elle n'avait jamais aimé afin d'excuser la réserve de son coeur : mais tout l'amour dont ce coeur futile était capable, elle l'avait donné au capitaine allemand qui était si beau garçon. Il avait envie de l'insulter, de la battre et on lui demandait de la sauver! P313
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jeeves_wiltjeeves_wilt   02 janvier 2018
On ne peut pas toujours être modeste, on ne peut pas toujours être orgueilleux et dédaigner tous les signes ; si on passe le meilleur de ses journées à essayer de communiquer avec autrui, c'est qu'il compte, et on a besoin de savoir, par moments, qu'on a réussi à compter pour lui ; on a besoin d'instants de fête où le présent ramasse en soi tout le passé et triomphe de l'avenir... P117
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jeeves_wiltjeeves_wilt   02 janvier 2018
Julien a descendu l'escalier en même temps que moi et il m'a dit de sa voix policée : " Une femme bien charmante, Paule Mareuil ; seulement elle aime trop les queues ; remarquez qu'en soi une queue ce n'est pas une mauvaise chose ; mais les collectionneurs m'ennuient.
-- Il me semble que vous avez aussi vos collections, dis-je.
-- Non! ce qui définit le collectionneur, c'est le catalogue ; je n'ai jamais tenu de catalogue." P375
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ElsbndElsbnd   07 avril 2019
En vérité, je ne pleure pas, me dis-je ; ce sont les lumières de la nuit qui tremblent en moi, et leur scintillement se condense en gouttes salées au bord de mes cils. Parce que je suis là, parce que je ne reviendrai pas, parce que le monde est trop riche, trop pauvre, le passé trop lourd, trop léger ; parce que je ne peux pas fabriquer du bonheur avec cette heure trop belle, parce que mon amour est mort et que je lui survivrai.
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#Sauramps #jeanneTeisson
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