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EAN : 9782707302885
54 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/12/1970)
4.25/5   53 notes
Résumé :
Comme un thème que propose un compositeur, auquel les interprètes musiciens peuvent apporter toutes sortes de variations personnelles, c’est un thème que Samuel Beckett nous propose dans Le Dépeupleur. Il crée avec une rigueur mathématique et géométrique un microcosme totalement clos, un « cylindre surbaissé » qu’il peuple d’une foule d’êtres captifs. Il y fait régner des castes, des hiérarchies très précises, et des lois extrêmement rigoureuses. Pour autant, l’inte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Buster_Keaton
  05 août 2008
Beckett n'écrit pas sur le silence, il "DIT" le silence…
Au fil de ses ouvrages les pages se raréfient, les mots se concentrent, mettant en exergue l'absurdité de l'existence.
Les mots ne sont plus alors des signes chargés d'une signification (symboles), mais ils deviennent la chose qu'ils nomment (Rimbaud n'est pas très loin : A noir, I rouge, U vert, O bleu...)
John Coltrane avait un idéal: écrire une musique ou il n'y aurait aucune note.
Samuel Beckett a finalement écrit sans mots au sens strict : seule l'émotion est présente.
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Lulu-la-fourmi
  14 décembre 2012
Petit livre et grosse impression. J'enrage presque que personne ne m'ait fait lire ce chef d'oeuvre lorsque j'étais adolescente.
Beckett nous enferme dans une mécanique à la fois totalement surréaliste et parfaitement connue. Terrible sensation.
« Séjour où les corps vont cherchant son dépeupleur. Assez vaste pour permettre de chercher en vain. Assez restreint pour que toutes fuite soit vaine. C'est l'intérieur d'un cylindre surbaissé ayant cinquante mètres de pourtour et seize de haut pour l'harmonie. » « Un corps par mètre carré soit un total de deux cents corps chiffre rond. (…) Premièrement ceux qui circulent sans arrêt. Deuxièmement ceux qui s'arrêtent quelquefois. Troisièmement ceux qui à moins d'en être chassés ne quittent jamais la place qu'ils ont conquise et chassés se jettent sur la première de libre pour s'immobiliser de nouveau. (…) Quatrièmement ceux qui ne cherchent pas ou non-chercheurs assis pour la plupart contre le mur dans l'attitude qui arracha à Dante un de ses rares pâles sourires. »
Le monde devient un univers concentrationnaire dont tout espoir est lentement et méticuleusement chassé et où pourtant l'espoir résiste (Dante sourit encore pâlement). On y croise une charge féroce contre notre besoin de foi aveugle en « autre chose » alors que les solutions seraient en nous. Une issue dans le sans-issue, rejoignant alors le Camus de Sisyphe, le Calaferte du « il faut vivre l'absurde ou mourir » et le Primo Levi de Ecce Homo :
« Et le voilà en effet ce dernier si c'est un homme qui lentement se redresse... »
C'est beau, poignant, émouvant, chavirant.
Lien : http://lejourelleparlaitdesl..
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blanchenoir
  29 décembre 2019
Le dernier livre de Beckett. "Si la notion est maintenue". A lire, de toute urgence, temporairement.
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cicou45
  18 juin 2011
Court roman énigmatique dans lequel des personnages sont cloîtrés dans un vaste «cylindre surbaissé» de 50 mètres et 16 de hauteur. Roman mathématique rempli d'énigmes que les êtres qui y sont retenus captifs, tout comme le lecteur, doivent chercher la clé. Ces êtres y vivent comme dans un petit monde miniature puisque subsistent à l'intérieur du cylindre des castes et des hiérarchies.
Ouvrage que j'ai trouvé assez difficile d'accès (je dois avouer que j'ai un peu de mal avec l'écriture de Beckett) sans toutefois nier ses qualités littéraires (c'est ce qui explique ma notation pour cet ouvrage).
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Idasha
  10 février 2020
Formidable texte qui constitue, avant tout, une expérience troublante, interdisant de se défendre par l'interprétation. Aucune limite au désarroi (existentiel ?) que génèrent les mots, le rythme, aucun bord. le cylindre, au lieu de circonscrire, dessine, au mieux, une boucle infinie.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
CDILyceeMatisseCDILyceeMatisse   10 février 2014
Un corps par mètre carré soit un total de deux cents corps chiffre rond. Parents proches et lointains ou amis plus ou moins beaucoup en principe se connaissent. L'identification est rendue difficile par la presse et l'obscurité. Vus sous un certain angle ces corps sont de quatre sortes. Premièrement ceux qui circulent sans arrêt. Deuxièmement ceux qui s'arrêtent quelquefois. Troisièmement ceux qui à moins d'en être chassés ne quittent jamais la place qu'ils ont conquise et chassés se jettent sur la première de libre pour s'y immobiliser de nouveau. [...] Quatrièmement ceux qui ne cherchent pas ou non-chercheurs assis pour la plupart contre le mur dans l'attitude qui arracha à Dante un de ses rares pâles sourires.
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brigetounbrigetoun   03 février 2009
«Un moment de fraternité. Mais celle-ci en dehors des flambées de violence leur est aussi étrangère qu’aux papillons. Ce n’est pas tant par manque de cœur ou d’intelligence qu’à cause de l’idéal dont chacun est la proie. Voilà pour ce zénith improbable où se cache aux yeux des amateurs de mythe une issue vers terre et ciel. »
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CDILyceeMatisseCDILyceeMatisse   10 février 2014
La passion de chercher est telle qu'elle oblige à chercher partout.
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CDILyceeMatisseCDILyceeMatisse   10 février 2014
Tout n'a pas été dit et ne le sera jamais.
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Vidéo de Samuel Beckett
Taillé pour le succès, Un triomphe, d'Emmanuel Courcol, en salles ce 1er septembre, boxe dans la catégorie « feel good movies » avec un poids lourd de la comédie française : Kad Merad. Qui fait ici plutôt office de clown blanc, dans le rôle d'un comédien en galère contraint, pour cumuler « ses heures », d'animer un atelier-théâtre en prison. Que proposer à des hommes condamnés à attendre ? En attendant Godot, sommet de l'absurde signé Samuel Beckett, évidemment !
« C'est un film de troupe », se réjouit la star de Bienvenue chez les Ch'tis (2008), qui s'y connaît en matière de triomphes. Quinze ans après son virage « sérieux » dans Je vais bien, ne t'en fais pas – avec, à la clé, un César du meilleur second rôle –, celui qui fut aussi bien le papa du Petit Nicolas (2009) que le redoutable politicien de la série Baron noir (trois saisons sur Canal+) nous parle de ce Triomphe qui lui tient à coeur. Et qui lui rappelle l'époque où les réalisateurs ne se bousculaient pas à sa porte…
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