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EAN : 9782501122429
208 pages
MARAbulles (18/09/2019)
3.47/5   98 notes
Résumé :
Le parcours de Guylaine de sa naissance jusqu’à ses 60 ans. Sa particularité : être née moche. Pendant des années elle va ruser à coup de maquillage et de vêtements pour s’arranger avec la réalité. Les défauts s’atténueront avec le temps. Ce récit résolument féministe est porté par les dessins délicats et émouvants de Cécile Guillard.
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 98 notes

Ladybirdy
  02 novembre 2019
Un album dénué de couleurs mais assurément interpelant pour un voyage au long court dans les aphtes de la laideur. Guylaine est née moche, du moins c'est l'image qu'elle porte sur elle, faute aux autres, faute à la société qui édicte les codes de la beauté. Depuis ce jour où les autres enfants de l'école refusent de jouer avec la moche, Guylaine se cherche à travers les autres ou à travers sa solitude.
De rencontres calculées pour tracer son chemin, ce récit féminin fait l'apogée de la beauté, de la laideur, à travers tous les âges.
La quatrième de couverture nous promet un récit jusqu'à l'acceptation de soi, j'ai pourtant ressenti des allures assez fatalistes et sombres ici. L'héroïne semble traîner inexorablement un boulet gigantesque sans jamais vraiment s'en séparer.
On oublie que les gens moins gâtés par la nature sont souvent des êtres exceptionnels, drôles, confiants, intéressants. Guylaine ici traîne sa laideur comme si elle faisait corps avec elle. Un message un peu plus optimiste n'aurait pas été de trop. Même si l'album se lit avec intérêt et que j'en ai apprécié l'analyse des codes esthétiques.
Merci à Babelio et aux éditions Marabulles pour cette masse critique bien agréable et singulière.
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marina53
  17 novembre 2019
Un grand merci à Babelio et aux éditions MARAbulles...
Enfant unique choyée par ses parents, la petite Guylaine vit harmonieusement et pleinement sa vie de petite fille. Elle est inséparable de Gilles, le fils des voisins d'en face, et passe beaucoup de temps avec lui. Comme un frère et soeur, dont ils aiment entretenir la confusion du lien. Lorsqu'ils aperçoivent un trio de garçons de leur âge jouer au ballon, Gilles leur demande s'ils peuvent venir avec eux. Et là, c'est un coup au ventre pour Guylaine. Ils ne veulent pas de la moche ! Désappointée, attristée, la petite fille court se réfugier chez elle. Serait-elle moche ? Évidemment que non aux yeux de sa mère. Mais une phrase maladroite de la part de son père finit de l'assommer. Un véritable coup de poignard. Dès lors, il en sera ainsi pour Guylaine tout au long de sa vie : elle est moche et le restera...
Un petit mot. Tout simple. Impénétrable. Inexplicable... Et la vie de Guylaine, jusque-là gamine insouciante et pleine de joie, s'en trouve à jamais bouleversée. Aux yeux de qui est-elle moche ? Par rapport à qui ? En quoi son nez, sa bouche, ses yeux sont-ils disgracieux ? Et pourra-t-on seulement l'aimer un jour si elle est moche ? Guylaine va ainsi vivre sa vie à partir de ce simple fait et traîner sa "mochitude". François Bégaudeau cosigne avec Cécile Gaillard un récit introspectif, pertinent et habile sur la notion de beauté. En ces temps où les publicités et les magazines mettent en avant la beauté (quelque soit le produit), où la chirurgie se banalise, où l'on nous vante tout le temps le culte de la minceur (là encore, on ne peut visiblement pas être beau si on est "gros"), il semble difficile de grandir et vieillir au coeur de la société. Cet album met en avant également la notion d'acceptation de soi et la violence des mots. le dessin monochrome de Cécile Guillard, tout en délicatesse et courbes, allège la dureté du propos et des mots.
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Ydamelc
  01 novembre 2019
Guylaine naît d'un père et d'une mère qui l'ont beaucoup attendue.
Elle restera fille unique.
Le petit trésor de ses parents.
Elle grandit auprès d'eux, si aimants et de son petit voisin avec qui elle fait les 400 coups.
Insouciante.
Insouciante, jusqu'à cette réflexion d'un petit groupe de garçons.
"La moche !"
La vilaine...
Et vilaine, ça rime avec Guylaine...
Il en faut pas plus à la petite fille pour chambouler sa vie.
Ses parents ne sont d'aucun réconfort.
Parce que, on est toujours les plus beaux pour ses parents.
L'adolescence arrive.
Avec ses transformations physiques et tous les complexes qui vont avec.
Guylaine est la rigolote.
Mais jamais la fille avec qui les garçons ont envie de sortir, de s'afficher.
Trop moche.
Elle s' éloigne de tous.
Guylaine se renferme. S'efface.
Se sous-estime.
Tout en se cherchant une place.
De moche...
Elle expérimente.
Vieillit.
Seule.
Avec ce corps, qu'elle a en horreur.
Jamais Guylaine ne se plaint.
Elle constate seulement.
Il y a des vérités. Oui.
Mais surtout des complexes qui pourrissent l'existence.
Des réflexions, des mots de gamins, aux répercussions désastreuses.
Qui te changent la vision que tu as de toi, du monde, de la vie.
Qui te changent à jamais.
Qui te mettent dans une situation de doutes perpétuels.
Cette bd m'a touchée.
Guylaine, c'est un peu moi.
Guylaine, c'est un peu toutes les femmes.
Guylaine, c'est l'imperfection de toutes les femmes, qui n'est pas permise.
Une femme se doit d'être parfaite.
Mais les femmes sont pleines de ressources.
Et savent prendre leur revanche tôt ou tard....
Admiration à François Bégaudeau pour ce scénario, si proche de la réalité. De mon vécu de femme, peut être, surtout.
Tous mes honneurs à Cécile Guillard pour cette mise en images d'une sobriété et d'une justesse si touchantes.
(Et dire qu'à quelques jours près, j'aurais pu vous rencontrer tous les deux, aux quais des bulles de St Malo... )
Merci à Babelio et à MARAbulles pour ce somptueux cadeau.
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Crossroads
  22 novembre 2019
Une Vie de Moche fleure bon le récit optimiste et guilleret, crois-je pouvoir affirmer sans trop m'avancer.
Bon, je viens de le terminer. Je crois qu'on est parti sur de mauvaises bases. Surtout moi.
Elle le pressentait, la Guylaine. Avec un tel prénom rimant avec vilaine, difficile d'échapper à la disgrâce.
Il aura suffi d'une malheureuse (souvent synonyme de parfaitement conne et déplacée) phrase lapidaire lâchée par une bande de gamins malveillants pour instiller le doute. « La moche ».
Même plus un prénom. Encore moins une personne. Juste moche. Réducteur. Parfaitement inapproprié mais suffisamment blessant pour tarauder un être en construction en proie au doute et à l'introspection. Ajoutez-y une phrase malheureuse de la part d'un géniteur qui ne pensait pas à mal pour confirmer ce pseudo état de fait. Moche j'étais. Moche je resterai.
# VDM.com !
Le dessin n'est pas le plus léché qui soit.
L'encrage n'est pas le plus claquant qui soit.
Il n'en reste pas moins un superbe portrait féminin très actuel.
Qu'est-ce que la mocheté ?
Qu'est-ce qui la définit ?
Une société ultra codifiée du beau et du paraître suffit-elle à briser les rêves d'un être encore balbutiant ?
Oui. Mille fois oui tant la pression exercée par les médias, la mode, de pseudos esthètes...de noeuds contribuent à ce mal-être ambiant et persistant.
Le récit se veut amer et monstrueusement injuste mais il est un miroir sociétal de plus en plus actuel. Pire, un marqueur social, un prescripteur de vie qui fait de la vôtre un véritable enfer. La quête du beau à tout prix. Celle que l'on chérit plus que tout. Celle sans qui l'on est rien. Ah si, une invisible, une chimère. Un anachronisme déplacé dans ce monde de grâce absolue.
Récit sur la souffrance qui vous ronge tel un acide mais également sur l'acceptation de soi.
Une quête identitaire de longue haleine qui parlera au plus grand nombre. Ami nombriliste, poseur patenté et légèrement imbu de ta p'tite personne, je te dispense tout de go de cette lecture parfaitement vaine à tes yeux de perfection incarnée.
À la fois d'une douceur et d'une tristesse confondante, une vie de moche parvient à trouver le juste équilibre entre émotion et questionnement.
Très joli moment...
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Iboo
  19 janvier 2020
Je me suis fait offrir ce livre à Noël. Non pas que le sujet me concernait ; je suis d'une beauté renversante.
En fait, c'est le titre qui m'avait interpellée ; je m'étais imaginé qu'il présageait quelque chose de pêchu, d'énergique, de positif... Mais, en découvrant la quatrième de couverture : "Ce récit résolument féministe prône l'acceptation de soi", une légère suspicion est venue doucher mes attentes.
Me voici donc à lire les jérémiades d'une fille amorphe qui se trouve moche et qui est assez centrée sur elle-même pour nommer cela un "handicap". D'une inertie bornée, notre geignarde rabâchera durant tout le bouquin ce leitmotiv stérile : "je suis moche, ma vie est définitivement ratée".
Ce personnage, dont je souhaite pour l'auteur qu'il ne soit pas autobiographique, n'attire pas la sympathie, ni même l'empathie. Elle est gnangnan, envieuse, vindicative, égocentrique et d'une relative pauvreté intellectuelle.
Naturellement, avec un personnage central d'une telle inconsistance, on tourne en rond et on s'ennuie ferme.
Quant au graphisme nébuleux, il reflète bien la maussaderie du discours tenu et, par conséquent, il n'a pas suscité de ma part plus d'intérêt que ce dernier.
Bref, un flop.
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critiques presse (5)
LeSoir   16 janvier 2020
Dans son premier roman graphique, « Une vie de moche », la dessinatrice Cécile Guillard [...] énonce, de l’intérieur, la souffrance de ne pas avoir le physique glamour d’une couverture de magazine.
Lire la critique sur le site : LeSoir
BoDoi   15 janvier 2020
Le dessin, tout à l’encre et en lavis de Cécile Guillard est très agréable. [...] Une vie de moche est une œuvre qui a indéniablement du chien, mais qui déçoit un peu parce qu’elle révèle plutôt un archétype qu’un vrai cri du cœur.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Auracan   04 décembre 2019
Sous un format dans l'air du temps, François Bégaudeau et Cécile Guillard signent un album qui ne peut laisser insensible et qui, plus largement encore qu'un débat beauté-mocheté, traite surtout de la différence. L'approche est intelligente et délicate et appelle indéniablement à la réflexion.
Lire la critique sur le site : Auracan
Sceneario   13 novembre 2019
Le scénario de François Bégaudeau est particulièrement subtil, se penchant sur cette douleur intime du rejet de soi, il explore les remises en question de la jeune femme qui vieilli petit à petit, qui se résigne. [...] Mais il ne faut pas oublier le trait de la jeune artiste, Cécile Guillard, qui rend une copie absolument fascinante.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest   29 octobre 2019
La vie d’une moche est de ces albums qui amènent à se poser, ne serait-ce qu’un instant, une foultitude de questions et à regarder le monde différemment… La vraie beauté est intérieure, dit-on, mais uniquement pour ceux/celles qui se donnent la peine de la rechercher !
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   26 octobre 2019
Evidemment, les parents trouvent toujours que leurs enfants sont les plus beaux du monde, par le fait d'une heureuse coïncidence. C'est mieux comme ça.
C'est une illusion que se donne l'animal pour garantir assez d'amour aux nouveaux-venus.
Mais peut-être vaudrait-il mieux qu'ils soient doués de lucidité et qu'ils préviennent leurs enfants :
- Tu vois, mon petit, le monde est divisé en deux, et comme tu n'es pas tombé dans la bonne catégorie, il faut que tu saches que ça ne sera pas facile… Ce sera parfois brutal, il y aura des jours de peine et d'aigreur.
(p. 31)
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ZilizZiliz   27 octobre 2019
Moi, issue de la classe moyenne, mon physique me parachutait dans la classe moyenne inférieure. Elle faisait baisser mon capital social.
Partant de là, je préférais éviter de me mettre sur le marché libéral du travail, où règne la prime au physique. Sans parler de promotion canapé, un employeur aimerait toujours mieux s'entourer de jolies plantes qui le réhaussent aux yeux des clients.
J'ai opté pour un concours de la fonction publique. Au moins les belles plantes n'y sont pas favorisées. La fonction publique, c'est la chance des moches.
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LadybirdyLadybirdy   01 novembre 2019
Nous ne naissions pas égaux. C’était la loi de la nature, dans le règne animal, il y avait des distinctions. Il y avait des crapauds et des coccinelles. Chacun fuyait les uns et cherchait les autres.
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ZilizZiliz   01 novembre 2019
Il existait une parade à la gêne, et c'était le look. Le mot avait débarqué pendant la décennie [80's]. Il était gratifiant d'avoir un look. Une chanson le clamait.
'T'as le look, Coco, Coco t'as le look' ♪♫
Moi, c'était un super look qu'il me fallait. Un look outrancier vous projetait par delà beau et laid.
En croisant un individu super looké, le premier réflexe n'était pas de l'évaluer esthétiquement.
(...)
La niche punk était le refuge des éclopés et des gueules cassées.
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colimassoncolimasson   10 décembre 2019
Beaucoup de gens vivent comme ça. Et l’amour ne vient jamais. Et ils s’en accommodent. Certains trouvent même que la vie sans cet espoir est plus légère.
Commenter  J’apprécie          70

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Videos de François Bégaudeau (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Bégaudeau
On ne compte plus les films adaptés de romans, mais ceux qui ont été récompensés de la palme d'or sont plus rares ! François Busnel et ses invités reviennent sur ces chefs-d'oeuvres qui ont été primés au Festival de Cannes pour créer la légende de la littérature et du cinéma. 
Quels livres ont inspirés quels films ? En 2013, Abdellatif Kechiche recevait la timbale pour "La vie d'Adèle" avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, un petit bijou de cinéma tiré d'une bande dessinée de Julie Maroh. L'auteure de "Le bleu est une couleur chaude" s'est-t-elle reconnue dans le film ? "Elle a dit qu'elle reconnaissait son oeuvre, que les deux actrices ressemblaient aux personnages qu'elle avait dessiné et elle disait dans le même temps que le fils était Kechichien" explique Laurent Delmas avant d'ajouter que le réalisateur "a ajouté une dimension sociale qui était peu dans la bande dessinée". Pour le fondateur du magazine Synopsis, une adaptation est toujours un peu trahie. 
Parmi les quelques adaptations récompensées qui ont réussi à décrocher une palme d'or, "Entre les murs" tiré du roman de François Bégaudeau qui joue lui-même dans le film, a marqué l'histoire du Festival. C'est la première fois qu'un écrivain décroche le titre suprême pour son livre et pour son rôle ! 
Dernier film de la short list des adaptations saluées, un film multi-récompensé signé par Roman Polanski avec "Le pianiste". Adrian Brody a été révélé dans cette adaptation du livre de Wadysaw Szpilman. Est-ce également la consécration du réalisateur couronné de sept Césars et un Oscar ? "C'est l'histoire de sa vie, c'était très important pour lui sentimentalement mais ce n'est pas une consécration" affirme Christine Masson.
Nos invités reviennent sur ces adaptations sacrées au Festival de Cannes.


Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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