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ISBN : 2070132927
Éditeur : Gallimard (10/03/2011)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 293 notes)
Résumé :
Pour certains, il s'agissait d'un rendez-vous réservé aux hommes, où il était question de femmes. D'autres, en mal de solidarité, y voyaient le dernier refuge des grands blessés d'une guerre éternelle. Pour tous, d'où qu'ils viennent et quoi qu'ils aient vécu, c'était avant tout le lieu où raconter son histoire.
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Critiques, Analyses & Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  11 mai 2017
C'était le lieu où l'on venait raconter son histoire. La plupart à propos de femmes. Une sorte de rendez-vous réservé aux hommes, le jeudi soir. Certains parlaient même d'une confrérie, tenue secrète. Une centaine d'hommes qui venaient se livrer, sans souci de thérapie ou de jugement. Se débarrasser de son histoire. le lieu changeait régulièrement : appartements vides, salons privés de bistrots, cinémas désaffectés... En ce début de printemps, vers la place de la Nation, dans les locaux préfabriqués d'un lycée technique, on vit apparaître de nouveaux visages dont un certain Yves Lehaleur, la quarantaine, poseur de vitres, arborant un air détaché. Ce jour-là, c'était Denis Benitez qui intervenait. Serveur dans une brasserie, célibataire depuis des années, il déprimait de ne plus plaire, de ne plus faire de rencontres malgré ses multiples tentatives. Philippe Saint-Jean, philosophe de profession, écoutait attentivement cet homme, tentant de décrypter ce récit. Épaté par la façon dont ce Denis présentait sa solitude : comme le résultat d'une conspiration d'un clan adverse.
Tonino Benacquista nous fait découvrir cette confrérie pour le moins inhabituelle et originale. Une confrérie au sein de laquelle les hommes, s'ils le souhaitent, se livrent sans retenue et librement sur les relations qu'ils entretiennent avec les femmes. Certains ne sont présents que pour écouter, certains pour prendre des notes, d'autres pour analyser leurs propres situations. L'auteur s'intéresse à trois d'entre eux, Yves Lehaleur, Denis Benitez et Philippe Saint-Jean et, au fil des pages, déroulera peu à peu leur histoire. D'amour, cela va s'en dire. Qu'il se sente complice d'une conspiration féminine, qu'il ait quitté la femme de sa vie après qu'elle l'ait trompé avec un gogo-dancer ou que sa femme l'ait quitté pour ce qu'il est devenu, chacun tentera de se construire une nouvelle vie. Qu'il soit question d'amour, de sexe, de prostitution, de désir, de séduction, l'auteur s'attarde avec précision et justesse sur ces relations homme/femme, faisant par là même un portrait de l'âme masculine un peu fragile et déboussolée. Les personnages sont finalement tous attachants dans leur quête de bonheur. Ce roman, à la fois drôle et dramatique, plein de fantaisie et plus subtil qu'il n'y paraît, pose de vraies questions existentielles.
Merci pour le prêt, Cécile...
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nameless
  03 juin 2016
Tonino Benacquista appartient à cette génération d'écrivains qui a enchanté ma jeunesse lorsque j'ai découvert, médusée, le drôlatique La maldonne des sleepings, le déjanté La commedia des ratés, ou Trois carrés rouges sur fond noir. Il a accompagné ma découverte de la littérature noire dynamitée par ses potes du néo-polar et c'est toujours avec curiosité que j'ai suivi sa trajectoire littéraire, qu'il a su enrichir et diversifier, y compris dans La machine à broyer les petites filles, recueil de nouvelles impeccables. Un parcours irréprochable !

Homo Erectus serait-il le roman de la maturité ? L'idée de départ est originale, faire entrer les lecteurs dans la tête et donc la psychologie d'hommes qui se réunissent secrètement, en prenant pour modèle celui des AA (alcooliques anonymes) pour partager un rare moment de tolérance, échappant à toute grille de lecture, aux dogmes les plus fumeux. Ils peuvent se lâcher, raconter sans intervention orale tolérée des participants, leurs difficultés sentimentales, sexuelles, inventant une thérapie de groupe sans thérapeute, un étonnant bureau des pleurs masculins, une occulte et mâle congrégation à laquelle on peut accéder sans rite d'intronisation, sans cooptation, sans enquête préalable, et au sein de laquelle on peut parler librement de sexisme, discrimination, muflerie, harcèlement, misogynie, tyrannie domestique, brutalité. Dans cette confrérie, la propre histoire de chacun devient anecdotique, et seule compte celle qu'un inconnu raconte au micro, aux antipodes de celles des auditeurs présents.

Ca partait bien, et même sur les chapeaux de roue. Si l'auteur avait concentré l'histoire sur ce curieux mélange d'hommes n'ayant rien à voir entre eux en les laissant dans l'anonymat requis dans ce type de réunion, je crois que je me serais laissée embarquer. Mais il a dirigé son attention sur trois d'entre eux peu sympathiques selon mes critères, dont l'histoire individuelle décortiquée et reliée m'a dérangée. La relation qui se noue entre Philippe, philosophe et la taupe-model, une créature aux mensurations frôlant le mystère mathématique, m'a laissée de marbre. Les justifications d'Yves pour utiliser les services tarifés de prostituées m'ont paru fallacieuses, et enfin, je n'ai pas compris l'intrusion dans la vie de Denis de cette mystérieuse Marie-Jeanne.

Allez Tonino, j'oublie ça rapidement, et tu retournes à tes crayons ou à ton clavier pour me pondre toutes affaires cessantes, la suite de Malavita et de Malavita encore. C'est le moins que tu puisses faire pour moi qui t'adore depuis tes débuts. Sans rancune !
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carre
  08 mai 2013
Mama Mia, qu'il est bon le Tonino !!! Pas à dire dès qu'il mets la main sur un crayon,
C'est tout bénèf pour le lecteur. Pourtant son « Homo Erectus », j'y suis presque allez à reculons, pas de la famille comme le camarade Ygounin, mais des rencontres régulières avec le trouillomètre à zéro de peur d'être déçu. Et bien Tonino Benacquista me mets en joie, oui joyeux c'est le mot qui me vient quand je le lis.
Ces réunions entre hommes AAA (ancien amoureux amoché) qui viennent raconter leurs déboires est un vrai plaisir. A travers le portrait de trois d'entre eux, l'auteur de « Malavita » nous livre un roman, drôle et attachant sur des thèmes (l'amour, le sexe tarifé ou non, le couple, la reconnaissance, la fidélité ou l'adultère, la difficulté d'aimer et d'être aimé. la solitude) universels. Son regard est plein de malice, ces personnages dessinés au cordeau. On passe d'une histoire à l'autre sans que l'intérêt ne se dissipe. Joyeux, je vous l'ai dit !
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Lolokili
  20 juillet 2017
« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer... » alléguait Marguerite D.
Et Tonino B. de renchérir sur le concept avec son « Homo erectus ».
Car il faut beaucoup les aimer ces hommes en désarroi sur lesquels, avec malice et bienveillance, il a choisi de se pencher. Trois portraits en particulier, trois hommes issus d'une assemblée secrète et insolite, exclusivement masculine, où chacun vient librement se confier sur son rapport aux femmes et ses expériences (parfois calamiteuses) avec icelles.
« Pour Laurence, qui va tout savoir des hommes ! » qu'il a écrit, Tonino, en dédicace de mon exemplaire.
Miam, que je me suis dit.
Bon, « tout savoir »… faut pas pousser (hélas), car tout humaniste qu'il soit Benacquista ne se revendique pas sociologue, évidemment. Pour autant les questions existentielles qu'il aborde ici n'en sont pas moins riches, intéressantes et perspicaces. Raison de plus pour savourer cette comédie de moeurs drôle et grave, agréablement rythmée, teintée de fantaisie truculente et d'affectueuse ironie.
Un roman qu'aimeront les femmes qui aiment les hommes. Un roman qu'aimeront les hommes qui ne se prennent pas au sérieux. Quant aux autres, autant prévenir qu'ici on ne pourra pas grand-chose pour eux.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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ondamania
  14 janvier 2014
Des hommes qui raisonnent, évaluent, méditent, jugent, s'intéressent, souhaitent, espèrent, rêvent et/ou se projettent..... ça existe vraiment ?
En tous les cas, c'est ce que Tonino Benacquista veut nous faire croire.
Mouai .....
Allez, je plaisante, je vois déjà les soupirs et les réactions de ces chers mâles !!
Moi, j'adore !!!

Chaque jeudi soir, une pseudo confrérie exclusivement masculine, se retrouve dans un lieu, différent ou non, pour se livrer, raconter son histoire, sa relation avec la ou les femmes.
Les règles sont simples, l'intervention est unique, ne peut être commentée ou jugée à haute voix .
Les participants se croisent, se toisent sans jamais s'adresser la parole, à l'exception de ce soir là, où Yves se livrent et fait la connaissance de Denis et de Philippe.
Chacun a un vécu et une approche différente des femmes et tout l'intérêt réside dans les commentaires que chacun exprime sur sa vie.
On pourrait à tort le juger léger même si on ne doit pas tout prendre au sérieux, c'est grinçant, franc, souvent drôle, attendrissant (les écorchés ont toujours cet effet attrayant voire désirable .... enfin je parle pour moi !! ).
C'est bon d'être bousculé, être consensuel ne rend pas service, alors dégustez et appréciez.
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Citations & extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   14 mai 2017
S'il fallait jouer le jeu [des clichés], je dirais que l'homme est avant tout taxé de mutisme, parce que l'homme ne sait pas, ou ne veut pas exprimer ses sentiments. Soit par refoulement, soit par peur de paraître moins viril. Mais il est aussi de notoriété publique que les hommes sont sourds aux doléances des femmes. Soit parce qu'ils sont trop préoccupés d'eux-mêmes, soit pour se dérober à leurs responsabilités. On rejoint alors un autre lieu commun : Dieu que les hommes sont lâches. Mais n'oublions pas pour autant la cécité. Les hommes ne voient rien, c'est bien connu. Une femme, elle, va repérer immédiatement la trace d'une autre femme sur son mari. Un homme jamais. (...) Heureusement, les femmes sont là pour créer un équilibre. La femme est à l'écoute de l'autre, parfois jusqu'à la complaisance. La femme observe, parfois jusqu'à l'indiscrétion. La femme formule, parfois jusqu'à la jacasserie. Est-ce que tu as ton compte d'idées reçues ou tu en veux d'autres ?
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marina53marina53   11 mai 2017
Il jeta enfin un œil sur le menu, qui l'exaspéra d'emblée. Philippe n'avait rien d'un goinfre et se préoccupait peu de gastronomie, mais il détestait par-dessus tout le terrorisme diététique, ultime hypocrisie d'une poignée de nantis prêts à payer le prix fort l'angoisse de prendre un gramme. Il lui suffisait de lire Saint-Pierre juste vapeur et son buisson de pousses de cresson 45€ pour lui donner envie de rôtir en broche le cuisinier, avec une pomme dans la bouche.
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marina53marina53   11 mai 2017
On ne saurait plus comment Philippe essayait de retrouver Juliette dans le lit des autres femmes. Aucune n'avait son odeur, aucune ne savait se cambrer comme elle dans une position en cuillère, aucune ne poussait ce râle de plaisir, discret mais si intense. Il avait cherché à se consoler avec la première venue, puis la deuxième, et à chaque étreinte il s'était imaginé le corps de Juliette pour provoquer l'orgasme de sa partenaire et l'atteindre lui-même, prouvant à sa façon que la simulation n'était pas qu'un apanage féminin.
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GwordiaGwordia   09 septembre 2011
- Il y a pourtant une ombre au tableau. Emilie et moi ne nous aimons pas à la même vitesse. Il ne s'agit pas d'une différence d'intensité mais de style. Je suis passionnée, Emilie est réfléchie. J'anticipe le moment à venir, elle goûte l'instant présent. Je l'appelle dix fois par jour, elle pense que les mots se vident à force d'être répétés. J'aime savoir tout ce qu'elle fait, Emilie ne me pose aucune question. Je veux connaître ses amis, elle m'encourage à faire la fête avec les miens. Toutes mes phrases sont pleines de jamais et de toujours, elle pense que l'absolu n'existe pas. Au fil des mois, je me suis demandé si tant de disparités ne révélaient pas quelque chose de plus profond. N'allaient-elles pas se cristalliser à la longue et s'insinuer entre nous au point de contredire ce qui nous avait réunis ? J'étais bien conscient de créer le problème rien qu'en le formulant mais, au lieu de me sentir rassuré par le confiance d'Emilie, qui prône le droit à la différence, qui a le don de relativiser ce qui doit l'être, je me suis mis à guetter les fausses notes, parfois à les provoquer afin d'en tirer des conclusions. Je lui ai reprochée de n'être pas aussi empressée que moi, de rester maîtresse en toutes circonstances, de ne jamais lâcher prise. Il m'est arrivé d'être impatient, irritable, injuste, et de plus en plus fréquemment. Jusqu'à ce qu'Emilie, un matin où j'avais passé les bornes, cesse de croire en notre avenir commun. Vous me direz, je l'avais bien cherché...
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LolokiliLolokili   19 juillet 2017
Mia, s’étonnant que Philippe ait éjaculé en elle, et non sur elle, lui avait dit:
– Ronnie, mon ex, se retirait toujours avant et m’aspergeait le ventre.
– … ?
– Il disait qu’éjaculer dans la fille était « réducteur ». C’était son terme.
– Réducteur ?
– Il n’était pas le seul. Corrado, celui d’avant Ronnie, ne s’en privait pas non plus. Mais toi, sur la question, tu es un peu « old school ».
– Vous avez tous appris à baiser devant le porno du samedi soir ?
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